Pokémon - Twisted Destinies

Entrez dans le merveilleux monde de Pokémon. Votre aventure ne fait commencer et pourtant, le monde est contre vous. L'influence de la Team Plasma se fait de plus en plus grande. Quelles intentions se cachent derrière leurs beaux discours? Découvrez-le!
 
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 Codages

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Kaylie Monroe
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MessageSujet: Re: Codages   Mer 9 Aoû - 18:20

[Seuls les administrateurs ont le droit de voir cette image]
Quand le passé fait renaître la rancoeur
Facile, le jugement, derrière les portes closes de l’indifférence. De la méconnaissance. La distance rend chaque prise de décision plus facile, n’est-ce pas? «Pourquoi?» résonne encore sous mon crâne, résultat mat de mon analyse déconnectée. Je n’ai pas toutes les pièces en main et pourtant je la toise de derrière mes certitudes, l’écrase de loin de cette froide œillade ayant fait ma réputation au fil des lunes. J’aimerais tellement lui faire subir la peine ressentie, la détresse des pas égarés d’un Clan en perdition. J’aimerais calquer chaque soupir amer, chaque larme arrachée… et la sensation de déracinement qui s’en est suivi. Chassés de nos terres par les flots ayant fait notre nom, nous avons trouvé au sein du Clan du Vent un havre de tranquillité et autant de possibilités de nous rebâtir. Peut-être nous étions nous trop accrochés à la familiarité, à la fraternité de deux tribus jointes sous une même cause. Parmi le mur de haine qui nous composait alors, l’amitié du Vent apaisait un peu notre peine… À tâcher d’attiser la colère qui me hantait depuis la décision de nous chasser, je me rends compte que le feu s’est éteint. Ne subsiste que quelques braises fumantes de ce que je considérais autrefois telle une rage inépuisable. Le temps change bien des choses. L’oubli, plus fort que le pardon. Néanmoins la douleur, elle, subsiste et fait s’agiter dans mes prunelles une lueur désespérée. J’ai presque espoir maintenant de l’entendre me donner raison, tout en désirant ardemment le contraire. Cet échange m’étourdit, je le regrette déjà.

Ses mots se mutent progressivement en sanglots atrophiés au fond de sa gueule, chaque syllabe détachée avec douleur et culpabilité. J’aimerais me délecter de sa souffrance. M’amuser de ses remords. J’aimerais la toiser et enfoncer les griffes parmi la plaie encore fraîche que j’ai laissé à ma suite, grâce à mes accusations malheureusement fondées. Elle ne nie pas, encore une fois. Elle nomme ses raisons, qui lui paraissent peut-être aujourd’hui puériles. La distance change toutes les perspectives. Devant les sanglots de Brise Silencieuse, je ne ressens aucune satisfaction, simplement un grand vide. Les guerres et les conflits nous emportent, créant des gouffres. Nous ne sommes que des soldats, blessés. Je ne comprendrai pas, je ne comprendrai jamais ses raisons. Je n’ai jamais cherché l’approbation des miens, pas comme la guerrière du Vent. Le mépris des autres me nourrit, et cette solitude aura été un choix. J’ai goûté à la vie de la communauté, cependant, je parviens à visualiser ce dont la chatte se languit.

«Nous ne pouvions pas rester. Nos réserves de nourriture s’amenuisaient, le territoire insuffisant pour tous les chats de deux Clans réunis. Les flots de la rivière s’étaient résorbés, nous pouvions traverser.»

Je ne la regarde plus, plongée parmi mes souvenirs. Si ma voix est plus douce désormais, on y perçoit encore les accents douloureux de l’amertume. Mes paroles viennent justifier une action que j’ai jugé impardonnable pendant très longtemps. Encore maintenant, j’en souffre. Toute motivation ne peut effacer ce sentiment, si irrationnel soit-il.

«Nous avions besoin de vous. De cette cause, cette guerre contre le Tonnerre. Nous avions besoin de vous pour guérir. C’était trop demander, mais nous avions mal, nous avons encore mal, et pardonner est difficile. Mais oublier… Oublier je crois que c’est possible.»

Je soupire, avant de reporter mon attention sur la guerrière affligée par mes mots. Je la regarde sans mépris cette fois, mais mes yeux trahissent encore de la rancœur, une rancœur qui finira peut-être un jour par s’estomper.

«Cette décision t’a-t-elle servie, Brise Silencieuse? Ton Clan t’accepte-t-il mieux maintenant?»

Peut-être ai-je encore le désir finalement, celui de remuer la griffe dans la plaie.
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Kaylie Monroe
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MessageSujet: Re: Codages   Dim 5 Nov - 19:49

«Pourquoi ne pas commencer par le tout début? Je vous vois réticente. Nous n’avons pas besoin de parler tout de suite de ce qui vous blesse.»

La jeune femme à la chevelure rose observe le thérapeute, à l’opposé de la pièce, tapi parmi les ombres. Quelque chose en elle se déchire un peu plus, comme à chaque nouvel expert lui demandant de relater son vécu. Sous ses ambitions de guérison elle s’épuise un peu plus à chaque fois que son parcours débute à nouveau. Telle une automate, défaite de ses propres émotions, elle décrit ses premières années d’existence.

«Je suis née ici, sur Enola. Mes parents biologiques sont Martha Kendoc-Jenkins et Carter Turnac. Ma mère était une jeune journaliste, une étoile montante. Mon père était… issu d’une des plus anciennes et prestigieuses familles de l’île. Il n’arrivait pas vraiment à s’y sentir à sa place. À l’époque, il faisait un peu n’importe quoi de sa vie. J’imagine que ça n’a pas tellement changé. Enfin. Les deux ont convenu qu’il était préférable de me mettre en adoption. J’ai donc passé les premières années de ma vie dans un orphelinat de Baguin. Je n’en conserve que peu de souvenirs, même que pendant la majorité de ma vie je n’ai jamais même su qui étaient mes véritables parents et mes origines enoliannes. J’ai grandi au Canada, auprès d’un couple aimant vivant au Québec, en banlieue de Montréal. Si on me le demande, ce sont eux mes véritables parents. Ils m’ont élevée après tout. J’avais quatre ans lorsqu’ils m’ont récupérée à l’orphelinat. J’imagine qu’à cette époque l’adoption internationale était moins difficile. Mes parents ne m’ont jamais caché que j’étais adoptée mais je ne cherchais pas à savoir. Je n’en ai pas senti le besoin vous voyez?»

Elle soupire. La partie aisée se termine. Mercedes lève les yeux. Le thérapeute prend ses notes, comme une promesse de l’aider. Elle, mise à nu, doit encore parler, car tout reste encore à faire.

«J’ai vécu une enfance plutôt banale. J’étais une enfant plutôt débrouillarde, très énergique mais disciplinée et plutôt douée à l’école. J’étais populaire auprès de mes pairs, j’avais une foule d’amis. Puis mes parents se sont divorcés, comme beaucoup de parents j’imagine. J’ai pris la nouvelle très durement. C’était ma première véritable déception en quelque sorte. J’étais romantique à l’époque, je croyais fermement en le grand amour et l’éternité, des concepts qui se sont trouvés effrités par la nouvelle. Je n’ai guère changé, mais j’ai certainement mûri. J’ai dû le faire car ma mère vivait une profonde dépression et elle avait ma garde la majorité du temps. Quant à mon père, je le voyais une fin de semaine sur deux. C’est lui qui avait quitté ma mère, vous voyez? C’était très difficile pour elle car elle était orgueilleuse, elle l’est toujours. D’autant plus qu’il la quittait pour une autre femme. Il est toujours avec elle aujourd’hui. Mon père a eu un autre enfant, cette fois biologique. Brandon Blanchett qu’il s’appelle. J’avais 9 ans quand il est né. C’est un chic type mon demi-frère. Je ne le voyais pas souvent mais je l’ai toujours apprécié. Je faisais la navette entre mes parents, parfois envenimée par les discours peu flatteurs de ma mère au sujet de mon père. Tout ceci est derrière eux à présent et ils s’entendent bien. Mais à l’époque c’était plutôt difficile de toujours me séparer entre les deux. Tout de même, je m’en suis sortie plutôt pas mal. Je réussissais très bien à l’école, surtout en français et en anglais. C’est vers cette époque où j’ai découvert ma passion pour l’écriture. De poèmes aux petites nouvelles, j’écrivais de plus en plus, mais je rêvais déjà de devenir journaliste.»

Un sourire étire ses lèvres, rapidement étiolé. La passion brûle toujours dans ses veines, malgré les conséquences tragiques de son métier sur son existence.

«Ma mère m’y a toujours encouragé. Ainsi à mon entrée à l’école secondaire, j’ai tout de suite intégré le journal de l’école. À l’époque, ce n’était pas grand-chose… Quelques histoires et potins. Puis je me suis trouvé un côté revendicateur et profondément curieux. J’ai exposé des problématiques de l’école et me suis mêlée de dossiers qui ne me concernaient pas. De fil en aiguille, je me suis retrouvée représentante de classe puis membre du conseil des élèves. J’aimais bien. Puis j’avais beaucoup d’amis. À cette époque, je me suis rapproché beaucoup de mon cousin Jonas. Il était un peu plus âgé que moi, et c’était l’image même du «bad boy» dont toutes les jeunes filles raffolent à l’adolescence. Jonas… il avait beaucoup de charme et de charisme. Plusieurs filles s’intéressaient à lui mais c’est moi qu’il a choisi. J’étais sa petite-amie en secret. Nous ne voulions pas que notre famille l’apprenne. Même si nous n’avions pas réellement de lien de sang, c’était tout de même bizarre pour des cousins germains de se fréquenter ainsi.»

Mercedes se tait, ses yeux s’embuent. Sa gorge s’entrave et le silence s’étire, si bien que l’expert redresse la tête pour observer la demoiselle, le regard perdu dans le vide. Aspirée peu à peu par ses souvenirs.

«Miss Blanchett?»

«J-Jonas et moi, ça s’est mal terminé. J’ai fait comme si rien ne s’était passé, j’ai nié pendant de très nombreuses années, j’ai tout fait pour effacer les conséquences de ce qu’il m’a fait subir. Encore maintenant, ce moment me hante. Je me suis promis de ne plus en reparler, pas si ce n’est pas nécessaire.»

Le thérapeute n’insiste pas, mais sa main court ostensiblement contre la feuille de papier. Pour sa part, la jeune femme à la chevelure rose s’est réfugiée dans un monde silencieux et contemplatif. Elle sent qu’elle ne sera pas au bout de ses peines car d’autres traumatismes doivent encore être abordés. C’est ainsi qu’elle guérira, elle peut se l’imaginer. C’est en partie pourquoi elle s’est dénoncée en tant que Azmitia et accepté de purger cette peine. Elle y a vu l’occasion de laisser son passé derrière et faire taire la culpabilité qui jusque-là l’a toujours poursuivie.

«C’est ainsi que s’est terminé mon adolescence, sur une queue de poisson. J’ai mis du temps à me remettre de tout ceci. J’ai cherché à y faire du sens mais pour une adolescente de seize ans, il y a plus facile. J’ai donc opté pour la seule solution qui m’apparaissait viable sur le coup : j’ai tenté d’oublier, de refouler jusqu’au plus profond de moi ce qui s’est passé et de passer à autre chose. J’ai un talent considérable pour couvrir les apparences. Même ma mère n’en a rien su, même si elle devait se douter de quelque chose. Dans tous les cas, j’ai gradué comme prévu en secondaire cinq, entreprenant des études collégiales en littérature. Je me suis mise en tête de devenir journaliste, mais j’ignorais comment me faire connaître et j’ai profité de mon passage au CÉGEP pour vivre ma jeunesse. Je me suis retrouvée un peu sans rien, du coup j’ai débuté mon propre blogue sous le nom de journaliste Azmitia et j’ai fait quelques jobines par-ci et par-là sans grand succès. J’ai amené seule, car je voulais vivre mon indépendance. Je vivais plutôt pauvrement, jusqu’à ce que je sois approchée par Montréal Presse. C’est là que ma vie a changé. J’ai été engagée et comme je disais «oui» à absolument tout, on m’a souvent envoyé pour écrire des articles à l’étranger. Je vivais le rêve, du moins je le croyais jusqu’à ce que mon patron m’approche pour me donner la mission qui m’amènerait à Enola. J’avais alors 22 ans.»

Un sourire mi-figue, mi-raisin se peint sur son visage. Sans cette assignation, à quoi aurait ressemblé sa vie? Tant de choses auraient été différentes, peut-être en aurait-il mieux été pour elle.

«J’avais, à l’origine, mission de me rendre sur Enola pour infiltrer la Compétition. Mon objectif était de passer pour une jeune Compétitrice qui cherchait à accomplir les dernières volontés de son père. En fait, je devais enquêter sur le Régime. J’oeuvrais sous le nom de Victoria Hills. J’ai connu à cette époque Kinu et Shadaya, alors un Kaïminus et une Lixy. Je n’avais jamais eu de contacts vraiment avec les Pokémon jusqu’alors et je n’avais… pas particulièrement d’affinités avec eux. Lors de mon arrivée sur Enola, j’ai dû apprendre rapidement, en plus de prendre mes marques dans un monde auquel je n’étais pas réellement préparée. J’ai écrit mon premier article, racontant la pendaison sur la place publique d’Eliza Turnac. J’ai assisté à l’événement et j’ai été renversée. C’était la première fois que je sentais une telle douleur, chez tout un peuple. Je me dis que sans Solène, je n’aurais probablement pas réussi à m’ajuster à tout ceci et à ma vie de dresseuse.»

«Solène?»

«Solène était mon contact sur Enola. En plus de vulgariser son monde, elle m’a aussi formée en tant que dresseuse. J’ai voyagé un certain temps avec elle et sa fille Crystal, un petit ange de quatre ans avec qui je me suis liée malgré moi. De fil en aiguille, nous sommes devenues amies proches. Même lorsque nous nous sommes séparées pour suivre nos destins à chacun, nous sommes toujours restées en contact très régulièrement. Sa famille m’a bien accueillie. Lorsqu’une photo de son ex-amant et ami d’enfance a été révélée, j’ai tout fait pour l’aider à le sortir de prison, Damien de son nom. Ça a été la première fois où je suis intervenue réellement, en aidant mon amie à trouver la prison du Régime où il était enfermée. De nombreux Résistants et innocents ont été libérés ce jour-là… et Crystal a retrouvé son père. Cet événement m’a beaucoup marquée.»

Elle se tait quelques instants avant de reprendre.

«J’ai rencontré Weston peu de temps après. Une soirée un peu débridée et nous étions à peu près inséparables. Ce n’était pas facile, à l’époque, il se droguait. J’imagine que j’aurais dû fuir, mais il était mon âme sœur, en quelque sorte. Nous étions faits pour nous compléter. Il a vécu son lot de misères pendant mes années sur Enola. Il a conduit en état d’ébriété et frappé quelqu’un. Il a failli se suicider. J’ai dû le récupérer à chaque fois… Mais bon, nous n’étions pas au bout de nos peines. Lui, il m’a surtout aidée lors de la frappe de janvier 2014. Le Régime a débarqué à une compétition amicale, a capturé de nombreux innocents pour les enfermer dans l’une de ses prisons. J’en faisais partie, même si on pourrait argumenter que je n’étais pas parfaitement innocente. Pendant dix jours on m’a torturée mais je n’ai rien dit. Je savais que les conséquences seraient bien pires si j’ouvrais la bouche. Alors je me suis tue. Puis on nous a libérés. C’est Weston qui m’a récupérée et qui a pris soin de moi par la suite. Je pense qu’à partir de ce moment, nous savions que nous serions ensemble réellement.»

Mercedes soupire, ce qui surprend quelque peu le psychologue. Il discerne au creux de ses prunelles une profonde amertume et une blessure pas encore cicatrisée.

«Je me suis engagée dans la Résistance cette année-là, à l’été 2014. Il faisait un an que j’étais là, et je savais bien désormais que mes articles prenaient un tournant personnel. J’ai donc décidé d’écrire pour eux, pour qu’on connaisse la vérité. Ça me faisait du bien, même si je n’étais pas certaine que c’était une bonne idée. Peu de temps après, j’ai remporté la Compétition. Ça a facilité bien des choses, notamment au niveau financier. Je pouvais désormais vivre confortablement sur Enola et poursuivre mon investigation du Régime en toute tranquillité. Cet été-là j’ai aussi découvert mon appartenance à la famille Turnac. Mon père est en fait le frère de l’ex-présidente Eliza Turnac. J’ai en même temps découvert que j’avais un demi-frère, John. Nous avons profité des années à venir pour nous rapprocher et mieux nous connaître. Lui et quelques personnes connaissaient ma réelle identité, comme Solène et Faust, et bien sûr Weston qui n’a pas bien apprécié quand il a su que je lui mentais depuis des mois. Il a toujours eu du mal à voir le portrait global des événements, à se détacher de sa propre perspective. J’ai aussi connu Adélia, ma cousine, que j’ai toujours protégée et défendue… Nous sommes devenues très très proches elle et moi, même si je n’ai pas toujours su être tendre avec elle. C’est elle qui m’a introduite à mon père, Carter, avec qui j’entretiens une assez drôle de relation.»

Elle boit une nouvelle gorgée, bien plus détendue maintenant.

«Carter, je l’ai rencontré chez elle, j’ai cru que c’était un membre du Régime. Lorsqu’il s’est expliqué, je n’ai pas cherché à comprendre. Mais lorsque Benjamin est atterri dans ma vie, c’est lui que je suis allée voir pour comprendre comment je me sentais. Benjie, c’est le fils de Weston, qui est arrivé dans notre vie après notre mariage. Sa mère s’est suicidée et nous avons hérité de lui. Je ne voulais pas au début… Pas de lui dans ma vie, pas assumer ce rôle. Mais le petit a touché mon cœur et je suis devenue… sa mère en quelque sorte. Comment pouvais-je refuser ce petit brin d’amour de trois ans, cette copie conforme de son père au niveau physique? Les années 2015 et 2016 a été forte en émotions avec la marche pacifique dans les rues d’Amanil qui a mal tourné, ma rencontre avec mon père et puis Benjamin. J’avais du mal à trier tous mes ressentis et mon couple en a pâti. Weston ne comprenait pas pourquoi j’étais si impliquée dans la Résistance, il était inquiet et il me faisait sentir coupable de mon implication. Il m’a fait promettre de ne jamais mettre notre famille en danger par mes activités au sein du mouvement rebelle. Sauf que je n’ai pas écouté. Plus les mois passaient, plus je me radicalisais. La vengeance vibrait en moi et j’avais l’impression de devoir faire quelque chose pour essuyer… tout le mal que le Régime laissait derrière lui.»

Cette fois la jeune femme se tient bien droite contre son dossier.

«Il y a eu la mise à mort de Gears, puis l’annonce du Régime quant à l’emergya. J’étais avide de les mettre à la porte et j’ai senti que notre mouvement grossissait à cette époque, que l’indignation gonflait en un million de murmures. Quelque chose se produirait et cette perspective allumait une flamme en moi. Ces mois-là, j’ai été très active. Jusqu’à janvier 2017, où j’ai découvert tous mes collègues Résistants assassinés. Nous avions monté une équipe d’experts en communications. Nous aimions brouiller les ondes et faire entendre notre message. Sauf qu’un jour je suis rentrée pour ne trouver plus personne. Je n’ai pas su quoi faire devant les corps mutilés de mes compagnons. Alors j’ai fui. J’ai repris le chemin vers Anula où je résidais, la peur au ventre. Lorsque je suis arrivée chez moi, j’ai constaté l’horreur. On avait attaqué aussi ma demeure car bien de mes Pokémon gisaient sur le sol, inconscients et blessés gravement pour la plupart. Parmi eux, il y avait Silver, mon Dimoret, qui ne respirait plus. À l’étage, son assassin m’attendait avec deux de ses alliés.»

Elle pleure maintenant, c’est plus fort qu’elle. Elle pleure en silence, avec courage et dignité, du moins ce qui lui en reste. Son corps la trahit. Elle tremble profondément et le psychologue sait qu’elle évoque ce qui l’a traumatisé le plus dans son parcours, ce qu’elle porte encore sur ses épaules.

«Nous avons combattu… Nous avons combattu pour la vie et pour la mort. Il faisait partie du Régime et il avait l’intention de me capturer. Il devait faire de moi son prix et Weston et Benjie ses victimes collatérales. Je ne pouvais pas accepter. Je n’avais plus que Golden, mon Alakazam, et Aria, ma Roitiflam, avec moi mais nous n’avons pas fui, nous ne pouvions pas cette fois. Alors lorsque le pistolet a surgi à mes pieds, je n’ai pas hésité. J’ai tiré. C’était la… c’était la première et la dernière fois. Je veux dire… que je tuais quelqu’un. Il était trop tard, il avait emporté Aria avec lui. Cette nuit-là je me suis évanouie de chagrin et de désespoir.»

Elle pleure longtemps. Le thérapeute la laisse exprimer ses émotions. Il la sait sensible, il le devine. Il sait aussi que son orgueil la retient trop souvent ce laisser-aller.

«C’est Cape Grise, une alliée Résistante qui m’a récupérée cette nuit-là. Je me suis éveillée à l’hôpital. Mes Pokémon ont été amené à Baguin, auprès de la Médecin-Chercheur, une amie. Pour ma part, j’ai été traitée par une médecin du mouvement. Elle ne pouvait rien pour moi, mes blessures étaient psychologiques. Ce matin-là, Weston m’a visitée et il m’a annoncé que nous n’étions plus. Il m’a abandonnée au moment où je me languissais d’une aide, d’un peu de chaleur. Je venais de perdre… de tout perdre, y compris lui et Benjie. J’ai cru… j’ai voulu mourir. Je ne peux même pas décrire mon chagrin. Je n’ai pas tenté de le convaincre, après tout j’avais failli à ma promesse et lui à la sienne. Brisés. Voilà. Nous étions brisés. Sans Lexie, nous aurions probablement fait tous les efforts pour jamais nous croiser à nouveau, mais j’ai appris au mois de mai que j’étais enceinte de lui. Une conversation avec Cape Grise, qui m’a révélé être ma mère biologique, m’a convaincue de poursuivre la grossesse. À cette époque, j’ai rejeté à peu près tous mes proches. Je ne pouvais pas supporter la compagnie, je m’effrayais pourtant seule. J’ai trouvé refuge chez Faust quelques mois, même aujourd’hui il ignore qu’en m’ouvrant les portes, il m’a sauvé d’une mort certaine.»

Le psychologue hoche la tête, sachant déjà comment aborder la prochaine séance. Celle-ci s’achève, mais au moins il aura eu un bon portrait de la situation de sa nouvelle patiente. Il s’apprête à mettre fin à la rencontre quand la rose reprend la parole pour un dernier chapitre.

«Le 28 août 2017, Amanil s’est soulevée. J’étais parmi eux, j’ai été la voix pour précipiter la chose, j’ai incité à la violence, au feu et au sang. À l’aube du 29 août, je regrettais déjà. J’ai cherché, dans la cacophonie d’Enola, à sauver la personne que je m’étais jurée de ne plus jamais rencontrer. Je suis allée chercher Weston et Benjamin à Anula mais il n’a pas apprécié ma présence. Il m’a menacé de me prendre Lexie, il m’a bousculée et je suis tombée. Ce n’est pas le choc qui a provoqué l’accouchement prématuré mais probablement tout le stress que j’ai pu vivre pendant ma grossesse. Nous nous sommes rendus à l’hôpital où j’ai été accueillie dans la confusion. Je n’ai pas choisi mon jour. L’accouchement a été très difficile, douloureux et pénible. Lexie était un petit bébé à sa naissance et avait quelques problèmes de santé. Mais elle était là. Et dans la misère que connaissait Enola, j’ai su que nous nous en sortirions, et que moi je survivrais à ma douleur. J’ai pris la décision de faire tout en mon pouvoir pour la conserver auprès de moi, même si ça devait signifier de la partager avec son père. À ce jour, je ne peux pas décrire de moment plus précieux que celui où on l’a remis dans mes bras, ce tout petit bébé aussi amoché que sa mère. J’ai su que jamais au monde je n’aimerais quelqu’un autant qu’elle.»
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MessageSujet: Re: Codages   Ven 10 Nov - 14:38

«Répétez, je n’ai pas compris. Pourquoi êtes-vous ici?»

Les deux femmes prennent place autour de la table où une bénévole de la maison vient poser du thé. Intimidée par la présence de l’une d’entre elles, la directrice de la Compétition Éléanore Swan, l’intervenante se presse à faire le service de la boisson chaude et de disparaître, les laissant seules. L’autre, une jeune femme d’une trentaine d’années aux cheveux roses désormais coupés aux épaules, scrute sa vis-à-vis en attendant une réponse. Ses prunelles semblent calmes, ce qui rassure Madame Swan, malgré l’étincelle de méfiance et d’incompréhension qu’elle y décèle.

«Un investissement possible. Mais avant j’ai besoin de savoir certaines choses, Mercedes. Vous me permettez que je vous appelle ainsi?»

«Euh… Oui bien sûr. Je ne sais pas trop en quoi je pourrais vous être un investissement sincèrement.»

«Hum, vous vous trompez. Selon la demoiselle qui vient de quitter à l’instant, vous faites d’importants progrès. Votre sortie est même prévue le mois prochain.»

Mercedes se tait. Il fait maintenant plusieurs mois qu’elle suit une thérapie dans une maison pour femmes aux prises avec des problèmes de santé mentale divers. Pour elle, c’était la dépression et bien sûr le syndrôme post-traumatique dont elle souffre depuis cinq ans. Sa dépression sous contrôle désormais, plus que ce dernier trouble lui reste à surmonter. Or, les dires de la directrice ne sont pas sans fondement. Le psychiatre lui a en effet annoncé sa sortie de la maison le mois prochain. Une perspective qui enchante et terrorise la jeune femme à la chevelure rose.

«Si je suis prête, oui.»

Éléanore Swan peut sentir les réserves et les craintes au creux de la voix de Mercedes. Elle décide de ne pas y prêter attention. La jeune femme lui fait énormément penser à elle, à une autre époque, lointaine désormais.

«Miss Blanchett, j’ai conscience que de sortir de ce cadre rassurant peut s’avérer quelque peu difficile. Mais comme je vous l’ai dit, j’ai une opportunité qui pourrait se présenter à vous.»

«Sous quelles conditions?»

«Hum… Disons que je suis intéressée à connaître votre histoire. Le reste de votre histoire. Ce que je n’ai pas eu le loisir de découvrir.»

«Par où commencer?»

Son histoire, elle l’a raconté si souvent désormais que l’exercice ne l’émeut plus. Seule la curiosité la pousse à venir à bout de cet échange quelque peu présomptueux de la part de la directrice de la Compétition. Cette opportunité promise, quelle qu’elle soit, l’attire malgré elle.

«Pourquoi pas le 29 août 2017? C’est une journée qui a changé bien des choses pour les Enolians tels que vous.»

«Certes… Hum. Le 29 août 2017, j’étais à Anula, à fournir l’aide que je pouvais aux rescapés de la ville. À l’époque, la cité était inondée. Les habitants cherchaient secours, criaient et se débattaient parmi les flots. J’ai fait appel à mon équipe pour venir en aide au plus de gens possibles. Moi, je survolais les immeubles, et dans les vitres de l’une d’entre elles, j’ai vu Benjamin, le fils de Weston. J’ai accouru pour le sauver dans son appartement penthouse. L’intégrité de l’édifice était compromise. Je n’ai pas hésité à le prendre dans mes bras et l’emmener en sécurité. Son père a surgi, je ne l’avais pas vu. Il a refusé que j’emmène son fils, il m’a bousculée et… je suis tombée, je crois. Mes contractions se sont alors déclenchées. Nous avons fait appel à Golden, mon Alakazam, qui nous a transportés à l’hôpital. J’étais dans une souffrance abominable. À vrai dire, l’accouchement ne s’est pas très bien déroulé et Lexie est née prématurée, avec quelques problèmes de santé. Mais elle était la plus belle chose qui existe. Pour moi, cette journée marquait un nouveau tournant dans ma vie, pour le meilleur et pour le pire. Malheureusement, ça a surtout été pour le pire.»

Elle baisse les yeux.

«Sitôt notre fille née que nous avons dû nous battre. Je ne désirais pas vraiment lutter, mais je sais qu’il m’aurait tout pris si je ne le faisais pas. Vous voyez, il n’y avait pas de limite à son égocentrisme et sa cruauté à l’époque. Alors un juge a tranché. Garde partagée. Rien au monde ne me procurait plus de bonheur que de prendre soin d’elle. Solène et Damien passaient m’aider, car j’avais beaucoup de mal. Mon humeur et la fatigue rendaient ces moments particulièrement ardus, et de rendre l’enfant à son père à chaque semaine causait par la suite d’interminables crises de larmes. À chaque nouvelle semaine je craignais qu’il ne me l’enlève. Nous avons dû apprendre à nous faire confiance. Puis à nous appuyer l’un sur l’autre. Après un moment, nous échangions par téléphone, de façon cordiale du moins, pour le bien-être de la petite. Mais malgré les progrès dans notre relation familiale, je m’enfonçais. La fatigue me tuait à petit feu. Après les six mois de Lexie, elle passait de plus en plus de temps avec Weston car je ne pouvais tout simplement pas m’en occuper. Je tentais tant bien que mal de garder la tête hors de l’eau. Les projets de reconstruction de l’île et l’implication de la Résistance dans les procès des anciens membres du Régime m’a permis d’y arriver pendant quelques temps.»

Éléanore la scrute intensément avant de commenter.

«Avec ce que vous aviez vécu avant, ce n’était guère surprenant que vous tombiez. Je suis passée par un divorce difficile aussi, mais ce n’était qu’un des éléments qui ont précipité votre dépression. Vous avez témoigné de beaucoup de courage.»

Mercedes relève les yeux vers la directrice de la Compétition, touchée par sa compassion. Avec un bref sourire, elle poursuit son récit, bien plus en paix désormais, même si elle regrettera toujours d’avoir manqué à son devoir de mère. Encore aujourd’hui, toutes ses décisions s’orientent vers le bien-être de sa fille Lexie, pour qui elle a suivi cette thérapie.

«Lorsqu’est venu le temps de juger les Résistants extrémistes, je n’ai pas hésité. Ce soir-là je suis passée chez Weston et je lui ai dit ce que je m’apprêtais à faire et dans quel objectif. Je lui ai dit que j’étais prête à assumer mes actions, mais que cela voudrait dire que je devrais laisser Lexie grandir sans moi pendant quelque temps. Je ne sais pas s’il a compris que j’avais confiance en lui pour élever notre fille. Il y réussissait si bien, à vrai dire. Aussi, s’il a vu à quel point cette décision m’en a coûté, mais que je ne pouvais plus vivre ainsi. Ce soir-là, j’ai aussi annoncé la nouvelle à mon équipe. Jeda ma Steelix et Peach ma Fouinar ont toutes les deux décidé de repartir de leur côté, dans la nature, pour vivre une autre vie. Tous les autres ont juré de m’attendre, sous la tutelle de Adélia à qui je les ai confiés. Le procès a duré quelque temps. Vu ma bonne volonté, on a été clément. On m’accusait d’incitation à la violence et de meurtre d’un Officier du Régime. J’ai été condamnée à trois ans de prison pour la première offense. Sous le nom de Azmitia, j’ai effectivement incité la foule à la violence dans les rues d’Amanil. Pour ce qui est des accusations de meurtre, celui-ci a été reconnu de légitime défense. J’ai donc été pardonnée. Je suis entrée en prison le 24 février 2019, je n’oublierai jamais la date.»

La jeune femme boit une gorgée de thé, assumant pleinement son passé de Résistante extrémiste ainsi que les conséquences de ses actes sur sa vie.

«La prison m’a sauvée. À l’intérieur de ces murs, j’ai enfin pu guérir. J’ai bénéficié des services de nombreux spécialistes. Trois ans ont été une opportunité pour moi de contempler ma vie jusqu’à cette époque. Je n’ai pas chômé. J’ai participé à toutes les thérapies proposées, les cours, les activités. J’ai appris toutes sortes de choses et j’ai réfléchi, je me suis reposée enfin aussi, dans un univers reclus où je n’avais qu’à moi à penser. J’ai reçu quelques uns de mes proches, même si c’était toujours difficile. Et Weston et Lexie aussi, quelques fois. Devant mes yeux, ma fille a grandi, à présent une étrangère. J’ai mûri, et je me suis pardonnée les erreurs que j’ai pu faire. Je suis sortie de prison avec un tout nouveau bagage et une nouvelle perspective. En mars 2022, je suis passée directement de prison à ici, où nous nous trouvons présentement, non sans avoir retrouvé avec beaucoup d’enthousiasme mes Pokémon, dont Nueria qui a évolué en une magnifique Muplodocus pour fêter nos retrouvailles. Je savais que j’avais encore du travail à faire sur moi, notamment du côté de mon syndrome post-traumatique. Je ne regrette rien, même si cela voulait dire attendre encore de revoir ma fille. Encore une fois, j’ai été assidue et j’ai tenté tout ce qu’on m’a proposé. Je me sens mieux, vraiment mieux, même si l’idée de sortir m’effraie encore toujours autant. Je n’ai pas vu le monde depuis près de quatre ans, miss Swan.»

Éléanore Swan reste silencieuse un très long moment, contemplative de cette histoire si touchante que lui expose la jeune femme. Mercedes, elle, s’est laissée voguée à des pensées lui étant propre, mais chez elle, la directrice peut sentir un sentiment de paix. Oh, la rose ne sera plus jamais la même après les événements ayant marqué sa vie, mais elle perçoit chez elle exactement ce qu’elle était venue chercher. Une rage de vivre, d’aller de l’avant.

«Vous savez, je suis venue ici malgré les contre-indications de nombreux de mes collègues. Pourtant, je n’ai eu d’idée que de vous pour assurer la position que je vais vous proposer. Je pense qu’en tenant compte de votre vécu, votre cheminement, en plus de votre expérience de dresseuse, vous êtes exactement la personne qu’il nous faut. Vous sortiez d’ici dans un mois et il vous faudra un nouveau projet, je crois. Que diriez-vous de devenir Championne de la toute nouvelle Arène à Dimaras?»

Mercedes ne réagit pas, incrédule devant une telle proposition. À vrai dire, elle aurait dû s’attendre à quelque chose du genre, sans pour autant l’avoir envisagé ne serait-ce qu’une seule seconde. De sa courte expérience au sein de la Compétition, elle n’aura jamais entretenu l’ambition d’une position d’Élite et encore moins après. Les secondes se changent en minute tandis que la jeune femme accuse le choc, partagée entre l’envie de rire ou refuser. À ses yeux, elle n’a rien d’une dresseuse, mais rapidement, la suggestion lui fait du sens. Malgré ses dires, elle est effectivement une dresseuse compétente et aura poursuivi son entraînement même après son couronnement en tant que Gagnante de la 100e édition. Ayant rejeté son métier de journaliste lui ayant apporté trop de peine ces dernières années, Mercy se retrouve effectivement sans le moindre projet. À l’extérieur de ce cocon sécurisant, elle se sentira dénudée et vulnérable sans de quoi s’occuper l’esprit. Seule l’action la motive et lui permet d’avancer. Devant le silence à rallonge de son interlocutrice, Éléanore se permet de relancer la discussion.

«Je sais la proposition un peu… Toute droit sortie du néant. J’ai conscience qu’elle peut paraître un peu déstabilisante à ce point-ci. Néanmoins, je vous ai toujours appréciée en tant qu’ancienne Gagnante. Vous connaissez bien le jeu, vous savez ce que c’est. Vous avez un cœur altruiste et vif. Puis je sais que cette étincelle ne s’est pas éteinte en vous. La bénévole de toute à l’heure m’a raconté votre combat avec le Pokémon que vous avez capturé dernièrement, contre une autre pensionnaire.»

«Adowë? Hum, oui, j’ai capturé l’Arakdo dans l’étang de la cour… Cette drôle de chose venait souvent s’y aventurer, je pense qu’elle m’aimait bien car elle m’approchait toujours. Puis je lui ai proposé un petit combat et je l’ai capturée.»

«Oui, et il paraît que votre combat contre l’autre pensionnaire était spectaculaire, que vous étiez grandiose.»

«Les bénévoles sont parfois un peu… maternants. Il ne faut pas se fier à leurs discours.»

«Oh, mais je n’ai pas eu à interprété ses dires. Elle m’a montré la vidéo. Je sais que le feu du combat est en vous, mais ce n’est pas seulement pour cette raison que j’ai pensé à vous. Vous avez toujours été une fervente défenseuse de cette île. Vous avez à cœur le bien-être de ses habitants. Vous êtes impliquée, vous l’avez toujours été. Mercedes, le poste de Championne vous demanderait d’assurer les matchs, mais aussi de diriger la milice dans votre ville et d’assurer la protection de ses citoyens. Je vous en sais capable, je sais que cette cause résonne en vous.»

Chez Mercedes, ses mots forment une cacophonie de sons et d’idées. Cette étincelle soufflée trop vite, soufflée il y a plus de cinq ans maintenant, revit et palpite. À mi-mots, émue et un peu confuse, la jeune femme ne peut que répondre :

«J’accepte.»
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MessageSujet: Re: Codages   Jeu 16 Nov - 11:14

À l’orée de la porte, je m’arrête, pause intemporelle vestige de mes dernières hésitations. Un dernier coup d’œil derrière m’informe de tout ce que je laisse aujourd’hui parmi mon passé. La maison m’apparaît alors telle qu’elle le fut lors de ma première visite : un havre de paix parmi une demeure centenaire, ses escaliers de bois et ses moulures anciennes, avec ces femmes perdues qui me scrutent de loin en m’adressant de vagues sourires. Au-delà des liens tissés ici, ce qui me manquera davantage sera la sensation de paix et de tranquillité, de sécurité même procurée par ces quatre murs rassurants. La maison pour femmes aux prises avec des problèmes de santé mentale d’Anula m’aura permis de me remettre sur pieds, et c’est non sans réserve que je la quitte pour me jeter parmi un monde qui m’est totalement inconnu. Trois ans et demi d’isolement m’auront laissé craintive. J’ai quitté la vie active dans le chaos. Le monde extérieur me paraît maintenant si calme, comme apaisé. Mon regard se porte un peu plus loin sur la chaussée, où une grande femme à l’épaisse chevelure brune me scrute. Le soleil brille dans un ciel encore endormi, mais ses rayons se reflètent tout de même contre la voiture aux fenêtres teintées qui m’attend à l’entrée. Un nouveau départ, je titube en faisant mes premiers pas. Sitôt je me mets en mouvement que la femme soupire, comme soulagée, s’empressant d’ouvrir la portière comme dans la crainte de me voir changer d’idée.

Aucun retour en arrière ne sera envisagé. En marchant vers l’automobile, je m’arrête au flot de sentiments qui m’assaille, sachant désormais reconnaître chacun d’entre eux. Le plus puissant, la peur, se manifeste avec énergie, embourbant mes pensées dans une fibre fébrile. Je repousse les tentatives de ces vieux mécanismes usées, ceux que j’utilise sans cesse pour me préserver. Ici, pas d’évitement possible. Car derrière toutes mes craintes, j’ai l’impression réelle de revivre de ce projet proposé. Lorsque je m’arrête devant la femme, Éléanore Swan, c’est pour la prendre dans mes bras dans une étincelle de reconnaissance. La directrice de la Compétition se crispe quelques instants avant de renifler, probablement amusée. Je me détache d’elle sans mot dire, prenant place sur la banquette arrière. Lorsque la porte se referme et que la voiture se met en mouvement, je sais que plus rien ne sera pareil, que si les premiers temps promettent émotions et difficultés, que je pourrai enfin ranger ma vie parmi ce nouveau projet. Nous filons ainsi quelques heures dans le plus grand des silences, jusqu’à ce que Dimaras ne paraisse au loin, village maintenant bien plus étendu qu’en mes souvenirs. Le soleil désormais haut dans le ciel illumine les toitures colorées de la basse-ville, près de la mer. J’entends le chant des Goélise, perçois l’odeur salée du vent marin.

J’ai déjà choisi la maison, sans l’avoir visitée. Une assez vieille bâtisse, à une rue de la mer. Un cottage qui sera bien assez grand pour Lexie et moi ainsi que nos Pokémon, avec une cour certes plus petite que celle que nous avions à Anula mais qui fera. Je n’ai pas particulièrement hâte de m’y trouver. Je sais que ma vie y sera plutôt solitaire lors des moments où je n’aurai pas la garde de ma fille. Après toutes ces années passées sans la moindre intimité, j’aurai du mal avec la solitude. Heureusement, il y aura l’Arène pour me distraire et m’occuper.

«Nous la voyons d’ici.»

Je la cherche du regard dans la ville. Je sens Éléanore se rapprocher de moi, prenant mon bras pour me pointer au loin. Je mets quelques instants à réaliser que la bâtisse se trouve un peu en périphérie de la ville, juchée sur une grande falaise qui surplombe la ville. Quelques commerces l’entourent, mais l’Arène, un immeuble blanc parfaitement visible d’ici, est le plus grand. Mon cœur s’emballe. De là-haut, il y a probablement une vue imprenable sur le village en contre-bas et sur la mer qui se jette au pied de la falaise.

«Wow.»

«Il s’agit de l’ancienne piscine municipale. Abandonnée depuis belle lurette, depuis le début des années 2000 je dirais. Les citoyens n’ont pas eu le cœur de la détruire. Il a fallu les convaincre d’adapter cet artéfact de l’histoire de Dimaras mais ils ont fini par céder devant la promesse de rendre disponible la piscine lorsqu’il n’y aura pas de match.»

J’acquiesce, parfaitement d’accord avec cette proposition. En invitant la population de ma ville à venir nager, j’aurai aussi l’occasion de mieux la connaître. Je n’oublie pas que le poste de Championne vient nécessairement avec d’importantes responsabilités, celle de prendre en charge la milice et protéger la ville, par exemple. La voiture file à travers la ville et j’ai l’occasion d’un peu mieux connaître les environs. Je n’ai pas souvent visité ce village mais je constate vraiment que sa proximité avec Vanawi l’aura rendu plus populaire et aura favorisé son développement. La vie y est paisible. Voilà exactement ce qu’il me fallait. Je ne suis pas certaine d’avoir su gérer une cité telle que Vanawi ou Zazambes. Nous arrivons finalement devant l’Arène. Je constate aussitôt que d’importants travaux destinés à la rénover sont toujours en cours. De nombreux travailleurs s’attardent à repeindre la devanture d’un blanc immaculé, et ses détails en bleu. Je pénètre dans la bâtisse par la double-porte automatisée. L’air sent fortement le chlore et les autres produits pour piscine. Il y fait chaud, presqu’autant qu’à l’extérieur. Deux portes mènent à des vestiaires qui sont reconvertis en ceux pour les challengers et je suppose ma loge personnelle. Les deux portes du font nous mènent à la piscine. Ça sent la peinture fraîche ici. Les murs sont hauts, l’écho omniprésent. Les combats seront assourdissants ici sans aucun doute. Des méduses, coquillages et étoiles de mer sont peintes contre le mur devant l’estrade, brillantes et élégantes. Les dalles du plancher, les murs… tout est blanc à l’exception de quelques détails bleutés ou rosés qui donnent à l’endroit une apparence un peu rétro. Mais le meilleur reste encore la piscine, pas de taille olympique mais tout de même grande. À la surface, des plateformes permettront aux Pokémon terrestre de se défendre. Et derrière le terrain aquatique, derrière l’endroit où je prendrai place pour mes matchs, une magnifique baie vitrée permettant un regard sur l’océan qui se brise au pied de la falaise, et Dimaras.

Je prends le temps d'accueillir tout ceci, sous l'œil attentif d'Éléanore qui semble encore surveiller mes faits et gestes, comme dans la crainte de me voir refuser la place de Championne si généreusement proposée. Or, je fais le tour de la pièce, le claquement de mes bottes formant une cacophonie contre les dalles. Obnubilée par la vue, l'écho, le clapotis de l'eau contre le bassin, je me laisse ensevelir de toutes ces sensation. Dans un mouvement automatique, ma main court contre la ceinture de balles suspendue à ma taille, en libérant mes alliés. Une quinzaine de Pokémon envahissent l'espace. Si Pharos le Pyrax et Fiona la Goupix s'éloignent aussitôt de la piscine pour venir scruter la vue près de la baie vitrée, Opalyn la Lackmécygne, Kinu l'Aligatueur, Adowë l'Arakdo, Nueria la Muplodocus et Wanda la Carabaffe ont tous rejoint les flots de la piscine. Sirius se tient un peu à l'écart près de Teigon le Zoroark. Golden et Shadaya restent à mes côtés, comme à son habitude, tandis que Nemeroff et Hercules s'empressent de rejoindre leurs balles à nouveau. Tout le monde y est, sauf Dot bien sûr, disparue il y a des années maintenant. Je pense à la petite Porygon en cet instant, sachant très bien qu'elle aurait adoré l'Arène. Sa présence me manque terriblement. Cet épisode de nostalgie se trouve bientôt remplacé par une joie difficilement contenue. Mes alliés font vivre cette Arène, me tirant moult sourires.

«Avez-vous décidé qui, parmi eux, fera partie de votre équipe officielle?»

«Je pensais à Adowë, Wanda et Kinu.»

Je me suis approchée de la piscine, retirant bottes et chaussettes pour tremper mes pieds dans l'eau. Mes amis s'amusent à se bousculer et s'arroser dans une cacophonie enthousiaste. L'approche d'Éléanore me surprend, je ne m'attendais pas à la voir si près de la piscine. Or, elle se déchausse elle aussi et vient s'asseoir à mes côtés, le regard perdu dans les vagues comme s'il s'y trouvait quelque vieux souvenir. Nous scrutons un moment la piscine quand elle me tend une balle.

«Kinu est un peu trop féroce au goût de la Compétition, un peu trop puissant. Nous avions pensé à Opalyn pour assurer les matchs contre les challengers plus expérimentés. Pour ce qui est de Wanda, j'ai l'impression qu'elle tient un peu trop à sa liberté pour assumer une telle responsabilité.»
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MessageSujet: Re: Codages   Mar 23 Jan - 14:50

«Attends Kawa… Mais… Attends je te dis!»

Un rire franc lui échappe devant les réserves que lui montre encore le poisson tandis que son dresseur procède aux soins. Il aura été délicat de déplacer le Carvanha vers le ruisseau où il baigne désormais sous la surveillance étroite du jeune homme à ses côtés. L’humain aura dû s’armer de gants très longs et de s’y prendre à plusieurs fois pour avoir une prise solide sur le Pokémon aquatique qui, malgré son jeune âge, aura pris de l’expansion rapidement et un poids subséquent. Silas Fisher aurait pu procéder autrement, en utilisant la balle de son allié pour faire l’échange de milieu plus aisément. Cependant il tenait à établir un contact physique avec lui malgré sa peau rude. Construire un lien avec le piranha n’a rien d’aisé, mais l’éleveur s’y applique avec acharnement. Devant l’air gêné de son ami, Silas comprend qu’il y parvient, chaque jour un peu plus, à construire une confiance entre les deux. Là, le Carvanha s’est cambré, mais Silas l’a ramené vers lui sans trop s’en faire. Même que l’obstination de Kawa l’amuse à ce point-ci, car il sait que le poisson agit de manière épineuse pour paraître plus puissant et moins vulnérable. L’Hôte de Pension en demande beaucoup au Carvanha dans cet exercice hebdomadaire. De mettre de côté ses tendances territoriales pour accepter un brossage complet de ses écailles rugueuses. Même s’il résiste, Kawa aime bien la sensation de propre qui accompagne ces moments, même si cela veut dire de s’ouvrir un peu à l’humain.

Le rire de son dresseur lui tire d’ailleurs une mine déconfite. Le garçon pose une main délicate sur sa tête, un geste que le Carvanha accepte dans un grognement pour la forme. Son patient calmé, Silas se remet au récurage des écailles grâce à une brosse dure qui épouse la forme du poisson. Progressivement, Kawa se détend, apprécie les soins. Lorsque l’éleveur a terminé, le Pokémon aquatique a fermé les yeux. Silas reste auprès de lui tandis qu’il se détend, un sourire aux lèvres. Il aura mis un peu de temps à comprendre ce petit poisson agressif, mais il est plutôt fier des progrès qu’ils auront fait tous les deux. Sherine et Ellaria, sa petite Tiboudet, se sont couchées dans l’herbe sur la berge, profitant d’un doux soleil hivernal. L’eno-syrien sort de l’eau, offrant un peu d’intimité à Kawa. Lourd lui aussi de sommeil, il rejoint les deux femelles en s’étendant dans l’herbe à leurs côtés, contemplant le ciel dans un soupir tranquille.

La paisibilité qui a gagné le petit groupe ne dure pas. Soudain, Kawa se débat dans l’eau, son regard changé. Silas n’a le temps que de voir l’éclat du chasseur dans ses prunelles avant que le piranha ne remonte le flux tranquille du ruisseau en direction des montagnes. Ellaria et Sherine se redressent aussitôt, imitées par leur dresseur qui panique de voir son protégé s’enfuir ainsi. Il l’appelle, ne prenant même pas la peine de se chausser avant de suivre son Pokémon depuis la rive. Malheureusement pour les trois terrestres, le poisson est dans son élément et file avec aisance dans le ruisseau, jusqu’à disparaître de leur vue. Ne perdant pas espoir, nos alliés poursuivent leur course, suivant le chemin naturel de la rive, en recherchant des traces du passage de Kawa. Leur poursuite les mène loin, dans un territoire plus boisé qui borde probablement la jungle d’Anula et la région humide. Silas s’est fait silencieux, de plus en plus inquiet et renversé à l’idée que son Pokémon aille simplement décidé de le quitter ainsi. Ses yeux scrutent le ruisseau, ici beaucoup plus large et formant régulièrement de petit lacs entre les rochers probablement des habitats privilégiés pour les Pokémon aquatiques des parages. Pourtant, les créatures des environs se sont faites tout aussi discrètes que l’éleveur, ne percevant aux alentours que de vagues murmures. Bientôt, Ellaria hennit nerveusement, elle qui pourtant a un caractère plutôt tranquille et calme.

Sherine première repère le Carvanha, à l’endroit où le ruisseau prend fin dans une boucle entourée d’arbres visiblement anciens. Les traces de sang dans l’eau figent aussitôt Silas et ses Pokémon. Ce rouge qui, en filaments, brouille les flots. Pendant quelques instants d’horreur, le jeune homme relève les deux vers le cadavre, de l’autre côté de la rive, d’un Azumarill visiblement perdant d’un combat territorial, du moins songe-t-il. L’idée le traverse, que l’auteur de ce meurtre ne soit nul autre que ce Pokémon qu’il dorlote et protège depuis quelque temps déjà. Son regard, lentement, glisse à lui. Dans les flots, le Carvanha a levé la tête vers la forêt. Silas ne voit pas tout de suite ce qui flotte près de lui, jusqu’à ce que l’objet en question ne se mette à briller intensément. Kawa se met à grogner, ce qui tire un sursaut à son dresseur, obnubilé par l’œuf aux côtés du poisson. D’entre les arbres, une silhouette se dessine : un Jungko à l’air farouche, les griffes ensanglantées.

«C’est… c’est lui…»

L’auteur du crime, revenu chercher son prix : un œuf à se mettre sous la dent. L’Azumarill, probablement la mère de cette progéniture à naître, aura probablement défendu son petit jusqu’à la mort pour le préserver du même triste sort. Kawa repousse l’œuf derrière lui et gronde une fois de plus. Insensible à la menace, le lézard géant pose ses pattes dans l’eau du ruisseau, préparant une offensive.

«Kawa, attention!»

Le poisson esquive de justesse le Lame-Feuille du prédateur, un coup qui assurément l’aurait mis au tapis. Sherine, de la rive, tente de distraire le Jungko en faisant pleuvoir contre lui une pluie de feuilles qui ne font, au final, que l’ennuyer.

«Morsure Kawa!»

Le Carvanha se fige, surpris par l’ordre de son dresseur. Il se retourne un instant vers lui, constatant sur ses traits une détermination farouche qu’il ne lui aura jamais vu. Inspiré par cette vision, le mâle se jette à la gorge de son adversaire et y enfonce ses dents acérées. Le Pokémon couine de douleur, repoussant le poisson près de l’œuf. Blessé et attaqué de toutes parts par Sherine et Ellaria réunies, l’une de son Tranch’Herbe et l’autre de son Coup d’Boue. C’est l’effort réuni des trois Pokémon qui dissuade finalement le Jungko qui se retire du ruisseau pour s’éclipser dans la forêt. Silas soupire tandis que ses alliés se tournent vers lui, un peu bouleversés par ce qui vient de se produire. Même Kawa nage à lui, poussant l’œuf de sa tête.

«Merci mes amis. Ce petit vit grâce à vous. Grâce à toi Kawa. Tu as senti le sang depuis la Pension, n’est-ce pas mon ami?»

Dans les yeux de l’éleveur, un nouveau respect brille pour ce Pokémon au tempérament difficile et si différent du sien. Au final, Silas constate qu’ils ne sont pas si opposés et que bien des qualités les rassemble. Sauf que Kawa est doté d’un courage qui manque à son dresseur. Le jeune Carvanha hoche la tête, touché par la sincérité de l’homme qui vient cueillir délicatement l’œuf contre sa poitrine, encore tremblant d’adrénaline suite à ce combat inattendu. Comme s’il se savait enfin en sécurité, le bébé en profite pour naître, sous l’œil grave de ses compagnons. L’Azurill ouvre grand les yeux, considère tour à tour les membres du cercle qui l’entoure. Puis il se met à pleurer et gémir de faim, et peut-être un peu de tristesse. Que quelques minutes l’auront séparé de voir sa véritable mère en vie. Mais sans l’intervention de Kawa et de ses amis, il n’aurait jamais survécu. Ce jour-là, le Carvanha prend le bébé sous son aile, se promettant de toujours poursuivre son ambition de le protéger coûte que coûte.
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MessageSujet: Re: Codages   Sam 27 Jan - 17:51

Après quelques semaines aussi tranquilles qu’angoissantes, l’élevage du Moulin du Ruisseau s’est pourvu d’une vie nouvelle qui encourage énormément l’Hôte de Pension encore novice dans son domaine. Silas entrevoit ce début d’année telle un présage positif. Depuis quelques jours, de nombreux jeunes dresseurs ont sollicité ses services à divers degrés, de l’incubation et la mise au monde au pensionnat et d’autres soins plus spécifiques. Ce gain de clientèle, Silas l’attribue à son nom qui circule de plus en plus dans les parages et à de généreux voisins agriculteurs qui auront probablement glissé son nom dans une conversation auprès de dresseurs intéressés. Ce qu’il cherche maintenant à accomplir, suivant les conseils de son vis-à-vis Natsume dont la visite à sa propre Pension aura été très instructive, c’est de fidéliser ses tous premiers clients et offrir la meilleure expérience possible afin de gagner une réputation de qualité. Il n’aspire plus y parvenir rapidement, même qu’il aura mis bon nombre de ses projets de côté, mettant plutôt ses efforts dans les projets de rénovation les plus essentiels. Il a maintenant rendu disponible la chambre vacante de sa maison à louer maintenant qu’elle a sa propre salle de bain. Un atout de taille pour attirer les voyageurs, même si pour le moment il ne l’aura loué que trois nuits par-ci par-là. La majorité de son énergie se concentre justement à dispenser les services demandés et ses journées se déroulent majoritairement sans encombre, du moins si on exclue l’étrange rencontre avec un bébé Azurill survenue la veille, maintenant faisant partie de l’équipe.

Avec la présence de nouveaux pensionnaires, Silas et son équipe auront été bien occupés et l’éleveur se ravit de constater toute l’aide que ses Pokémon peuvent lui amener. Ellaria, la petite Tiboudet rescapée, semble parfaitement s’adapter à sa nouvelle vie et accompagne son dresseur dans les tâches quotidiennes de nourrir les pensionnaires, traînant dans sa gueule les seaux les plus lourds d’un air enthousiaste. Puis, elle se porte souvent volontaire pour faire un peu d’exercice avec les Pokémon accueillis par la Pension, soit par un combat ou une course. Épuisée, elle finit ses journées roulée en boule contre Sherine, avec qui elle s’est rapidement liée d’amitié. Depuis quelques temps la Germignon a même accepté de dormir dans le moulin avec les autres Pokémon plutôt que jalousement auprès de son dresseur. Silas perçoit ce lien tout nouveau entre les deux femelles comme un grand pas pour sa compagne de longue date. Suhana, elle, veille aux naissances et aux soins aux bébés. Elle surveille Kawa le Carvhana et son protégé Zaki l’Azurill, et plus des autres bébés de la pouponnière. Pour ce qui est de Noura la Togépi et de Idriss le Nosférapti, Silas avoue les voir rarement, ces derniers toujours occupés à explorer les environs, passant la grande majorité de leur temps ensemble.

Puis, il y a aussi Kogane. Ce Pikachu fraîchement arrivé dans son équipe, suite à une visite il y a quelques jours de la part de Natsume. S’étant entichée de Silas, les deux éleveurs auront convenu de la place de la souris électrique dans son équipe. Depuis, le Pikachu ne pourrait sembler plus heureux, se mêlant facilement aux autres alliés de l’eno-syrien et apprenant progressivement les différentes tâches associées à la Pension du Moulin du Ruisseau, somme toute pas si différentes de celle de l’élevage Forestier. Silas, lui, a reconnu chez Kogane énormément de ses propres caractéristiques. Il s’agit d’un Pokémon au tempérament très doux, facilement enjoué et un peu maladroit, mais avec toujours le cœur à la bonne place. Pas le plus brave de la bande, mais ses interventions auront souvent servi à surveiller et protéger adéquatement Noura lors de ses folles escapades autour du terrain. Tout comme son dresseur, le rongeur ne semble pas particulièrement intéressé aux combats, au contraire. Avec l’ajout du Pikachu dans son équipe, Silas a le sentiment de construire lentement mais sûrement son expertise. Il tente le plus possible d’étudier son lien particulier avec chacun de ses alliés et espère que ses efforts sincères pour améliorer leur relation s’en suivra à d’éclatantes évolutions. L’éleveur se sent prêt et plus confiant en l’avenir qu’au début du mois. Les bonnes nouvelles ne sont pas prêtes de s’arrêter pour lui, semblerait-il.

Justement, Kogane est le premier à repérer une forme sombre dans le ciel, qu’il pointe d’un petit cri inquiet. Silas, attiré par le trouble de son Pokémon, interrompt sa tâche de brosser Ellaria et suit la direction indiquée par la souris électrique. En effet, la silhouette caractéristique d’un Corboss se dessine dans l’azur tranquille du ciel, se dirigeant sans l’ombre d’un doute vers la cabane principale servant à la fois d’accueil aux clients et de maison à l’Hôte de Pension. Se dirigeant au trot vers le lieu où est atterrit l’oiseau, l’éleveur se voit rapidement accompagné de son équipe. L’oiseau au plumage de nuit les attend là, une lettre au bec et portant un colis. Silas s’approche sans méfiance, suivi de près par Kogane qui semble un peu moins assuré. L’eno-syrien met quelque temps à replacer le Corboss comme étant Stéréo, l’allié de Mina de la Nuit, Hôte de Pension ayant supervisé ses apprentissages dans le cadre d’un stage de quelques mois. Saluant respectueusement la créature, il s’empare du colis qu’il confie à ses Pokémon puis prend la lettre pour la lire attentivement. Son cœur se réchauffe aussitôt de cette attention particulière de la part de son ancienne mentor. Se pointe aussi un peu de honte d’avoir laissé cette famille d’éleveurs sans la moindre nouvelle. Il a cru, peut-être, déranger ses enseignants en les contactant de nouveau. Ou peut-être a-t-il simplement cru ne pas les avoir marqué autant. Dans tous les cas il sourit bêtement, se promettant d’y répondre et indiquant d’ailleurs son intention au messager qui attend un signe de sa part.

Reposant l’attention sur ses Pokémon, il constate que ces derniers s’évertuent à ouvrir le colis dans une pagaille de coups et de protestations, chacun désirant y voir ce qui se passe sans grande considération pour son contenu. Sherine, déterminée à y parvenir, extirpe finalement l’œuf de Rozbouton de la boîte sous l’œil fasciné de l’éleveur et de toute sa petite équipe. Suhana, qui supervisait les échanges jusque-là, prend délicatement l’objet des lianes de la Germignon qui ne proteste pas.

«C’est un Rozbouton, il devrait naître sous peu. Soyez doux, un Œuf ça reste fra…»

Silas s’interrompt en constatant la vive lumière qui se dégage de l’œuf. Il sourit, nullement inquiet. Ce petit ne devrait pas naître avant quelque temps s’il en croit la maturation de la coquille. Or, la lueur ne s’estompe pas et gagne en intensité. Dans les bras maternels de la Ronflex, un petit bourgeon prend forme, ouvrant les yeux sur une foule de Pokémon silencieux et surpris.

«Eh ben tiens, on dirait qu’elle était pressée celle-là!»

De concert, Suhana et son ami de toujours se dirigent vers la pouponnière pour procéder aux mêmes examens auxquels aura eu droit Zaki la veille. Il s’agit d’une femelle, légèrement en sous-poids d’ailleurs. L’éleveur s’empresse de lui préparer un biberon d’une solution riche qui s’assurera qu’elle ne manque d’aucune vitamine. Heureusement, la petite plante semble énergique et en parfaite santé malgré sa naissance précoce. Le souci de sa mise au monde écarté, Silas revient vers Stéréo pour s’excuser et rédiger la lettre à son ex-mentor, qu’il confie au Corboss. Alors que l’oiseau s’envole en direction de Nuva Eja, Silas rejoint toute la petite famille entourant la nouvelle venue dans la famille. La Rozbouton fait la pitre, tirant des sourires amusés à de nombreux Pokémon assemblés autour d’elle.

«Yassina que je vais t’appeler, ma jolie. En l’honneur de celle qui t’a généreusement offert à nous.»

Yassina approuve d’un cri enthousiaste. Affaire conclue.
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MessageSujet: Re: Codages   Mar 27 Mar - 12:08

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Humilité fait bon guerrier
Nuage d’Oiseaux se languit parfois d’une autre vie. Une où un chat n’aurait pas à se définir par le combat. Au fil de ses apprentissages, le jeunot prend de plus en plus goût à la chasse malgré ses réticences à tuer les proies. Il ne peut en être autrement : sa survie et celle de son Clan en dépendent. Mais la guerre est un concept que le petit ne peut simplement pas se représenter, ni sa nécessité. À ses yeux encore bien naïfs, le combat nuit à l’un comme l’autre des partis. Comment se résoudre à répandre le mal, même lors d’un entraînement? Ses réserves le rendent profondément évitant. Il a acquis les techniques de manière théorique mais la pratique lui échappe encore. En partant aux côtés de Nuage des Ombres il fait discrètement la moue, terrifié à l’idée de lui faire mal. Avec sa carrure d’adolescent, il surplombe sa cadette en poids et en taille. Ne pourrait-il pas lui faire mal, ainsi jumelé? Non, l’Oiseau se gardera bien de sortir les griffes, si même il arrive à se convaincre de passer à l’offensive. Peut-être parviendrait-il à l’influencer vers une autre tâche que celle que Patience de l’Araignée lui a assigné? Depuis le retour de son frère au Clan, l’apprenti au pelage blanc se montre de moins en moins coopératif et de plus en plus obstiné. Même le plus doux des moineaux peut se montrer récalcitrant, voire rebelle. On dira que Nuage de l’Oiseaux se trouve en pleine période houleuse de l’adolescence.

Au moins, Ombres l’accueille avec son calme implacable habituel, sans moqueries ou orgueil. L’Oiseau la remercie du regard, l’émeraude de son œil brillant quelques instants. Le pauvre se fait souvent victime des railleries de ses camarades, une position qu’il accepte par lâcheté. Il lui arrive souvent de se croire méritant de telles injures même si ses sœurs s’opposent à cette idée avec force. Son estime en miettes, il accepte de la suivre à la Colline Macabre en rêvassant d’une autre vie. Une où il se fait poète, où on se suspend à ses lèvres tandis qu’il récite chansons et vers. Nuage d’Oiseaux n’a d’adresse que celle du cœur, une qualité que personne au sein de son Clan ne remarque. Il se demande où est sa place, gardant le silence auprès de sa congénère qui de toute manière ne comprendrait pas. Il la regarde, découragé, en se disant qu’elle n’est pas différente des autres, à tenter à tout prix d’atteindre un idéal du soldat accompli. L’Oiseau se demande si elle sait ce que ça veut dire avec un peu de condescendance. Il va s’en dire qu’il ne sait pas plus que sa consoeur. Il le découvrirait bien assez tôt, pour s’en dégoûter davantage. Au moins, Nuage des Ombres se montre humble, une qualité que le matou blanc apprécie aussitôt.

«Patience de l’Araignée désire me voir entraîné au combat car elle sait qu’il s’agit d’une discipline où je n’ai ni intérêt ni talent. Son objectif aujourd’hui est celui de l’humiliation. Elle a l’ambition que je constate ta supériorité dans ce domaine tandis que je suis plus âgé et expérimenté. Nous ne sommes pas obligés de faire comme elle le désire.»

Nuage d’Oiseaux s’est remis à bouder, cette fois ouvertement. Il est plutôt surprenant de le voir ainsi, lui habituellement d’un optimisme à toute épreuve et d’une gentillesse inébranlable. Les événements récents de sa vie l’auront laissé amer et les perturbations de l’adolescence plus émotif qu’à son habitude. Réalisant qu’il n’est pas agréable et que Nuage des Ombres n’a rien mérité de sa mauvaise humeur, il se reprend, articulant lentement :

«J’imagine qu’il faudrait quand même que je m’exerce, surtout si nous devons nous battre contre les Étoiles Noires d’ici peu…»

Le pelage du novice s’hérisse d’un coup, trahissant la peur qui le ronge face à cet ennemi sans visage. Il se lèche le poitrail, gêné, avant de se reprendre :

«Nous pourrions peut-être pratiquer euh… l’esquive?»

Parce que ce qu’il a vraiment besoin de pratiquer, soit l’offensive, le rebute beaucoup trop encore.
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MessageSujet: Re: Codages   Mar 27 Mar - 12:35

J’ai crainte de sa réponse, mais d’exprimer enfin la plus profonde de mes angoisses de vive-voix me soulage. Le nœud formé à l’intérieur de ma gorge se descelle, me libérant d’une tension forçant les sanglots. L’angoisse me parcoure néanmoins l’abdomen, ce serpent glacé. Je frissonne devant le poids de mes interrogations, devant la lourdeur de leur nature. Je n’exprime plus un désespoir mais une crise de mon existence elle-même. J’ai la sensation que sa réponse pourrait bien déterminer le reste de ma vie et que je l’attendais depuis bien trop longtemps. Je ne trouverai pas l’apaisement aujourd’hui, car ses dires provoqueront nécessairement d’autres remises en question. Je me sens submergée par mes propres émotions, me noyant sous leur violence. Je me demande comment elle a pu mettre toute cette houle de côté pour prendre sa place en tant que meneuse des Orketas dans sa propre jeunesse, comment a-t-elle assumé tout ceci? Une chose m’apparaît claire : je n’ai pas une seule once de son courage. Tandis qu’elle me demande de m’asseoir, j’obéis, troublée. Rewa se poste aussitôt à mes pieds, prête à intervenir pour me protéger. Mais elle ne peut rien faire contre ma tempête qui anime mon cœur à cet instant.

Je l’écoute attentivement. Ses mots me paraissent calculés, ceux d’une guerrière assurément. Ma concurrence? N’a-t-elle pas compris que les autres apprentis représentent à mes yeux une nouvelle famille? Je ne les vois pas ainsi, pas comme mes potentiels meurtriers. J’y vois simplement les câlins rassurants de Saleem, les éclats de rire avec Shirin, les chamailleries avec Caleigh et les conseils d’Augias. Néanmoins elle a raison de dire que j’ai pleinement réfléchi à ce qui me différencie de mes camarades, même que j’y penses constamment. Je suis l’enfant avec un livre dans les mains aux petits pas feutrés, celle au grand sourire, la naïve. Celle qui préférerait courir les champs, grimper les arbres, jouer avec les animaux et tacher sa robe plutôt que d’assister aux enseignements au sujet du maniement des armes. Pendant quelques instants, mon petit cœur se couvre d’amertume. Je n’ai pas ma place dans un monde qui glorifie la violence. Qui se définit par le guerrier. Par le sang, la trahison. Même si Akeela représente la paix, à sa mort son successeur ne sera tout de même désigné que par un combat. J’ai beau n’avoir que quatorze ans, j’ai bien compris que bon guerrier ne fait pas nécessairement bon meneur. Heureusement, Nukka a bien intégré les deux. Sauf que je ne suis pas comme elle non plus.

Le reste de ses paroles me plongent dans un profond silence. Je mets un long moment à réfléchir à chaque mot qu’elle vient de prononcer. L’utilisation du futur dans sa phrase tout d’abord, me fait frissonner. Je n’ai jamais eu l’ambition d’être Ipa après Akeela, même que je vis avec l’idée qu’elle aura une longue et pacifique vie, puisque tout le monde l’aime bien non? Mais c’est surtout cette raison, cette raison qui me touche profondément. Je lève les yeux vers Nukka, osant pour la première fois croiser son regard. Elle m’a choisi car elle a bien compris qui je suis. Et cette idée me renverse plus que s’il en avait été autrement. Que s’il avait s’agit d’une erreur. Si elle s’était trompée à mon sujet, j’aurais pu argumenter afin qu’on me remplace. Peut-être était-ce que je désirais au final en l’approchant. Sauf que ses mots jettent une autre perspective sur ma vie actuelle d’apprentie. Je ne sais pas encore qu’en penser.

«Je… je n’y avais jamais réfléchi ainsi.»

Mon ton trahit mon trouble. Les pensées se bousculent sous mon crâne et je peine à y mettre de l’ordre.

«J’ai toujours pensé qu’il s’agissait d’une faiblesse. Ce côté pacifiste en moi… Je n’avais pas pensé que…»

Visiblement confuse, je caresse la tête de Rewa sous la table, le regard perdu dans le vide.

«Qu-qu’est-ce vous croyez que je devrais faire alors?»

La question peut paraître étrange. Elle exprime ma confusion. J’ai toujours pensé qu’un jour, Nukka me remplacerait, je constate désormais qu’elle me considère parfaitement à ma place. Alors pourquoi n’en ai-je pas le sentiment moi aussi? Comment faire pour chasser l’infidélité de mon cœur encore attaché à ma vie d’avant? Y a-t-il une chance pour moi de me faire à cette identité?
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MessageSujet: Re: Codages   Ven 30 Mar - 18:36

Rien ne m’apparaît plus doux que le visage de Skelt en ce moment. Je la scrute d’abord sans oser prononcer un mot, la peur paralysant tous mes sens. Je lève les yeux vers l’homme, incapable de faire sens dans cette situation. Seule la douleur m’importe, mais surtout ma propre survie. En voyant mon sauveur s’éloigner je me raccroche d’autant plus à la guérisseuse, espérant avoir l’occasion qu’elle ne s’occupe de ma cheville. Nous fuyons nous mettre à découvert et progressivement, j’entends la violence derrière nous s’étouffer, cet ennemi sans visage battre en retraite. Sous la tente où sont acheminés les blessés, je réalise enfin la signification de cette attaque, silencieuse tandis que Skelt s’évertue d’immobiliser ma cheville de mouvements précis et experts. Je l’observe sans véritablement la voir, hantée à la perspective de la guerre qui suivra nécessairement cette attaque haineuse et dépourvue de sens. Ma tête s’est alourdie et je n’ai plus le cœur à me montrer optimisme et désinvolte comme à mon habitude. Je prends lentement conscience que j’aurai à m’impliquer dans cette histoire malgré mon jeune âge. Et que ce à quoi je viens d’assister aujourd’hui aura de grandes répercussions sur ma vie. Je tâche de me remémorer les événements avec plus de vivacité, chassant la peur qui m’a animée lors de ma fuite pour mieux… comprendre. J’ai beau être une pacifiste, je sais qu’il existe des raisons de sortir les armes d’user de violence. Aujourd’hui, l’objectif était de semer la peur parmi l’Alliance. Un objectif atteint chez moi du moins.

Je regarde les gens autour de moi et mon cœur se serre. Je rentrerai bientôt dans la sécurité de la Citadelle mais beaucoup de ces gens devront vivre dans la crainte d’une nouvelle attaque des kelowniens. Je me sens égoïste d’accaparer l’attention de la guérisseuse alors que d’autres gémissent et implorent, les yeux déjà vitreux. Je soupire de soulagement en constatant que de toute manière, elle a terminé. Avant qu’elle ne quitte, je pose tendrement ma main sur son bras.

«Merci Skelt. Je n’oublierai jamais ce que vous avez fait pour moi aujourd’hui. Je suis Elanor, apprentie de l’Ipa. Si jamais vous avez besoin de quoi que ce soit dans l’avenir, n’hésitez pas à me contacter.»

Je lui offre un sourire, un sourire brave. Je ne possède pas le courage des autres apprentis mais ses gestes m’ont touché et m’offrent la force nécessaire pour passer outre ma terreur. Je reste immobile, sachant que de marcher ne ferait qu’aggraver ma blessure. Je cherche néanmoins dans la foule un visage connu, en espérant retrouver Saleem, Augias, Shirin, Caleigh et Akeela sains et saufs. Ma gorge se noue lorsque je réalise que si l’Ipa ne doit pas rentrer de ce combat que je devrai… Non, Akeela reviendra, je le sais, je l’espère de tout mon cœur. J’ai confiance qu’il ne pourrait rien lui arriver. Je m’approche doucement d’un petit garçon assis par terre à quelques pas de moi. Il pleure abondamment mais ne semble pas blessé. Sa mère reçoit des soins pour une entaille au bras que je devine faite par la lame de l’ennemi. Pour consoler, je me mets à chanter une comptine qui ne semble pas le faire réagir au départ. Mais lentement, ses larmes se tarissent et il lève les yeux vers moi. Le monde reprend son sens lorsqu’il se met à sourire.
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MessageSujet: Re: Codages   Ven 30 Mar - 19:19


Pour son bien...
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feat. Kido Tsubomi
L’inconnue se présente sous le nom de Kido Tsubomi, une Ranger de la région du Centre. Silas tilte un peu à la mention de son emploi. Il rencontre pour la première fois quelqu’un occupant cette position. Heureusement pour la verte, le jeune homme n’éprouve pas les mêmes réserves envers les patrouilleurs de la nature que celles qu’il peut vivre envers les miliciens parcourant les villes. Au contraire, il reconnaît leur utilité même s’il remettra toujours en question leur autorité. Ici, néanmoins, la visiteuse se montre particulièrement humble et son interlocuteur ne peut s’empêcher de s’inquiéter pour elle. La démarche entreprise afin de trouver un lieu de vie sain pour son compagnon semble avoir été particulièrement éprouvante pour elle. Le jeune homme se questionne sur l’accueil réservé ailleurs mais il peut imaginer que certains autres avant elle auront traité simplement le don sans véritablement se soucier de la personne souffrante devant eux. La perspective de laisser derrière lui un de ses compagnons le renverse. Il peut s’imaginer aisément à quel point la décision de se départir d’un ami peut être difficile et l’attachement que semble réserver la jeune femme au Métamorph le rassure en un sens. Si elle se retrouve aujourd’hui devant lui, c’est probablement que la décision a été profondément débattue et elle ne reviendra pas sur celle-ci. Silas a tout de même l’intention de lui poser quelques questions sur ses intentions.

D’ailleurs Kido semble dotée d’un doux caractère ce qui met un peu plus l’éleveur en confiance. Il la laisse bien sûr chatouiller son alliée qui se prête gaiment au jeu. Son commentaire au sujet de Noura lui tire un sourire franc. La Togétic suit son dresseur à la cuisine, juste à côté, tandis qu’il prépare un café réclamé par la demoiselle. Il refuse d’un sourire amusé tandis que la fée réclame d’y goûter… avec son côté énergique ce serait vraiment de rechercher la misère que de lui offrir un peu de caféine. Heureusement, Noura n’insiste pas et ils retournent tous les deux à la table afin d’écouter l’histoire de Kido et de son compagnon. Le jeune homme se fait discret, voire impassible, mais ses prunelles sombres trahissent ses émotions et la compassion qu’il ressent pendant le récit. Ce Métamorph semble être ce que Silas appelle un Pokémon aux besoins intenses. À la fois très affectueux mais aussi très énergique. Son regard glisse jusqu’à Noura tandis qu’elle explique son caractère et il peut s’imaginer que sans tout cet espace pour occuper la Togétic et lui permettre de bouger à sa guise, qu’il n’aurait probablement jamais su comment l’apprivoiser. Heureusement, l’évolution l’a passablement assagie mais elle restera toujours plus intense que les autres, une des raisons pour lesquelles l’Hôte de Pension l’apprécie autant. Il peut comprendre que Kido en soit venue à cette décision avec son travail de Ranger qui doit passablement l’occuper et qui demande une certaine discipline que son compagnon ne semble pas être en mesure d’avoir.

«J’ai cru, en vous accueillant ici, devoir vous convaincre de le garder. Ne prenez pas la chose à mal, j’ai simplement eu souvent l’occasion de rencontrer des dresseurs qui ont mis leurs intérêts personnels avant le bien-être de leur Pokémon sans même le réaliser. Sauf que je constate que cette décision, vous l’avez longuement réfléchie et que des circonstances extérieures à votre lien avec Jelly vous ont forcé à la prendre. Effectivement, compte tenu de votre métier et la tendance du Métamorph à se mettre en danger, il est sûrement plus sage de vous séparer. Vous avez beaucoup de courage, ça n’a pas dû être facile.»

Silas sent son propre cœur se serrer et il offre un sourire compatissant une fois de plus à madame Tsubomi en espérant ne pas trop la brusquer. Elle libère soudainement l’intéressé et Silas écarquille les yeux devant la bestiole élastique. Elle ne lui avait pas dit qu’il s’agit d’un chromatique! Le brunet l’observe, lui trouvant effectivement un petit air espiègle mais plutôt sympathique. Le petit vient se nicher au creux du cou de la jeune femme comme celle-ci l’avait promis et y émet un son semblable à un ronronnement. Silas ne peut s’empêcher de sourire, amusé.

«Oh vous savez, il faut se méfier des plus mignons. Alors que Noura était une simple Togépi, elle a cru bon d’aller explorer le coin toute seule alors que nous étions en visite dans la région du Titak et mes autres compagnons et moi l’avons cherché très longtemps! Nous nous sommes perdus dans les ruines pour la retrouver. Elle ne tenait pas en place, quoique ça n’a pas tellement changé.»

La petite émet un rire un peu coupable avant de s’envoler retrouver probablement son bien-aimé, Idriss le Nosféralto.

«Bonjour Jelly dans tous les cas. Ne précipitons rien dans tous les cas, vous aimeriez faire une petite visite de la Pension et jouer avec les autres Pokémon?»

Silas tente délibérément de détendre l’atmosphère dans l’espoir d’apaiser un peu la jeune femme.

(c)Golden

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MessageSujet: Re: Codages   Dim 1 Avr - 17:11

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SOUS LE SAPINfeat. Weston, Benjie & Lexie Elric


Je regrette un peu avoir posé la question, mais en même temps si Weston est incapable de faire face à un questionnement légitime, alors à quoi son abstinence tient-elle? Oh, je suis dure probablement, et même sûrement insensible. Mais sa consommation a apporté son lot de conséquences dans notre vie même si j’ai tout fait pour ne rien voir pendant longtemps. Mon but n’est pas de lui remettre sous le nez, j’ai simplement l’envie honnête de siroter un peu de vin car tout ceci me rend inconfortable. Je ne veux pas apporter le même malaise chez lui, je suis d’ailleurs surprise de la facilité avec laquelle il réagit, comme si tout ceci ne l’affectait pas. Au moins nous n’allons pas nous prendre la tête sur ce sujet, ce qui me rassure. Je laisse Benjie dénicher une bouteille de vin dont Weston n’avait même plus souvenir. Je me demande comment de se sortir une coupe peut être un vieux réflexe quand il a supposément été abstinent depuis plusieurs années mais je ne dis rien, sachant le sujet épineux. De toute manière, je n’aurais rien à dire, c’est moi qui a envie de combler mon anxiété avec de l’alcool maintenant. Je goûte à la boisson, en appréciant aussitôt le goût. Effectivement, Weston n’a pas menti, il s’agit d’une excellente bouteille. Je finis rapidement un premier verre avant d’en entamer un deuxième.

Pendant nos échanges, prudents quoique teintés de bonne humeur, j’offre souvent des coups d’œil du côté de Lexie. Elle semble un peu confuse, surveillant chaque mot. Elle n’a pas l’habitude de nous voir tous rassemblés. Je ne vois pas de paix chez elle, ce qui me rassure dans un sens. Je préfère qu’elle ne s’habitue pas à une réalité à laquelle elle n’aura jamais la chance de goûter pleinement. Elle ne semble pas troublée non plus, simplement incertaine de la manière de se conduire. Je sens son regard sur moi, comme si elle s’assurait de ma présence. Je me demande à quel point j’ai pu la blesser et si nous parviendrons un jour. Un jour à ne plus faire semblant. Nous passons somme toute une assez bonne soirée, bien que sobre, bien que bien des choses sont tues sans être toutefois ignorées. Je tente d’intervenir tout au long du repas afin d’établir des limites invisibles entre moi et Benjamin, entre moi et Weston. Je pense que je devais rester ce soir, au moins pour me mettre au défi, pour tester mes désirs enfouis, pour m’évertuer à ne pas agir n’importe comment. Peut-être pouvais-je me permettre de me lancer sur des avenues difficiles auparavant, mais je n’en ai plus la force. Je ne suis pas prête à guérir encore, mais je sais que cela viendra avec le temps et pas à n’importe prix.

Je quitte ce soir-là en ayant ingéré un peu plus de la bouteille et en emportant le reste en promettant de lui acheter un truc en retour. J’ai quitté perplexe sur certaines choses mais rassurées sur d’autres. Nous jouerons toujours avec le feu, me dis-je, mais c’est en le vivant que notre situation devient plus supportable. J’ai cru qu’il s’agissait d’une tragédie mais je me dis maintenant qu’il y a d’autres façons d’être heureux. Je dois simplement les découvrir.
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MessageSujet: Re: Codages   Dim 1 Avr - 18:04

Parfois, il y a ce grand vide en moi. J’ai souvent la sensation de le contempler, de scruter des heures les ténèbres à la recherche d’une identité. D’autres, j’ai plutôt l’impression que quelque chose m’observe depuis le gouffre. Ceci est un de ces moments, à l’instant où, maladroite, j’évoque la vie de prisonnière que je mène à la Citadelle. Je ressens une fois de plus l’écartèlement entre qui je suis à ce à quoi j’aspire et le poids de mes responsabilités. J’ai l’impression de mener une vie futile et éphémère, complètement dépourvue de sens. De chercher la rébellion, aussi menue soit-elle, m’apporte une petite part de soulagement, une étincelle de vie. Je me sens sotte malgré une sorte de fierté malsaine que je ressens devant mon piètre état. Vraiment, il y a des manières de se montrer plus digne mais heureusement, je suis tombée sur quelqu’un qui ne semble pas être prompt au jugement. Je sens bien que je l’amuse néanmoins. Au pire, qu’il sourit, je dois effectivement paraître bien ridicule à l’heure actuelle. Ma reconnaissance est sans bornes, je lui pardonnerai donc s’il doit se moquer gentiment. Sa présence me rassure dans tous les cas et il se montre vraiment adorable avec moi. Il est jeune et solide. Il me rappelle un peu mon frère même s’il doit être un peu plus âgé quand même. Je l’observe sûrement avec une drôle de tête en ce moment, je viens en plus de réaliser qu’il est plutôt plaisant à regarder.

«Vous êtes mon sauveur monsieur! Oh je ne connaissais même pas cette route!»

L’air frais me fait bien du bien. À l’abri des regards, je peux enfin respirer et espérer regagner ma tente sans me faire repérer. J’écoute mon interlocuteur qui me parle de ses propres expériences moins réussies avec de l’hydromel. Lorsqu’il me recommande la bière, je lui offre mon plus beau sourire d’adolescente.

«Bien sûr, avec modération ça a bien meilleur goût, c’est ce qu’on dit. J’y goûterai avec p-plaisir m’sieur, et je penserai à vous.»

Je rougis un peu en prononçant ses mots, gênée par mon trop-plein d’enthousiasme. Je me maudis intérieurement en me demandant où est donc passée ma dignité. Dans tous les cas, je suis ravie d’être tombée sur un bon samaritain tel que lui. Je sais que d’autres avant moi n’ont pas eu la même chance et que certaines choses, la nuit, se produisent aux plus innocents. N’aurais-je pas fait une proie alléchante? J’aurais peut-être dû taire ma position au sein de la Citadelle. Je regrette un peu à présent. Il a beau s’être montré charmant jusqu’à maintenant, rien ne me dit que ses intentions sont pures. Or, un si gentil jeune homme ne pourrait me vouloir du mal non? Je sursaute en voyant l’approche d’un conseiller de la Citadelle justement approcher. Je baisse les yeux, me sachant cuite désormais, mais encore une fois, mon sauveur me vient en aide. Rapidement, il offre une excuse à l’autre qui repart après avoir reçu ma confirmation pour ses dires. Le brunet en profite pour se présenter. Il s’agit d’Alaric.

«Enchantée, Alaric. Je suis Elanor, et je le jure, je marche bien plus droit habituellement! On dirait que mes pieds veulent encore danser mais pas moi… E-enfin, merci vraiment pour votre aide. Dites-moi, vous seriez pas Orketa par hasard?»

Malgré mes sens minimisés, j’ai tout de même assez de lucidité pour reconnaître l’un des miens. Je lui souris, toujours heureuse de me retrouver auprès d’un membre de ma tribu d’origine.

«Je suis Okerta de naissance. Ça fait trois ans que je ne suis pas retournée à la maison vous savez? Ma famille me manque, les arbres, la gentillesse des habitants… Ce n’est pas pareil à la Citadelle. Vous faites quoi là-bas monsieur Alaric?»

Mes yeux s’embuent, comme toujours lorsque la mélancolie s’empare de moi.
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MessageSujet: Re: Codages   Dim 1 Avr - 22:45

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RIVIÈRE INSOLENTEfeat. Kido Tsubomi


Hier, je suis passée à la maison pour femmes aux prises avec des problèmes de santé mentale, l’organisme qui m’a recueillie pendant une période de six mois à ma sortie de prison. Je revis ma visite dans ma tête, satisfaite de mon expérience là-bas. J’ai cru que j’y ressentirais beaucoup d’angoisse mais revoir les visages connus, de patientes toujours reçues là-bas ou des bénévoles et professionnels m’a apporté énormément de bien. Je me félicite encore de l’idée même si elle a été longuement sous-pesée. Trouver le courage d’affronter mon passé fait partie de mes objectifs après tout. Depuis mon passage là-bas, je me sens définitivement mieux. Mes premiers mois en tant que Championne ont été éprouvants et les visites et différents tests en plus des matchs m’ont laissée totalement épuisée et c’est bien sûr sans compter ma formation de milicienne à côté. Je progresse bien, j’étudie comme une forcenée. De toute manière je n’ai pas souvent envie de sortir le soir, d’aller boire un verre ou discuter autour d’un bon repas. J’ai simplement envie de m’isoler, me préparant doucement à chaque visite de Lexie qui est de plus en plus difficile. Il y a eu ça, aussi, pour me motiver à aller voir mes anciens thérapeutes. J’ai pu bénéficier de quelques conseils parentaux auprès de ma fille qui fait souvent d’atroces crises dont je ne connais pas souvent la cause. Paradoxalement, j’ai l’impression que nous nous rapprochons un peu plus chaque jour. Je ne comprends plus rien.

Mes weekends avec Lexie me laissent constamment complètement épuisée et surtout avide de solitude. Je me lance généralement dans mes entraînements quotidiens, la natation ou un peu de course à pied à cette heure mais j’ai décidé plutôt de sortir de l’Arène et de m’aventurer au large de la région du centre, près de la rivière que mon mentor au sein de la milice m’a montrée. Je me dis qu’un peu d’air frais ne me fera pas de mal, ni à mes compagnons d’ailleurs. De nombreux d’entre eux ont d’ailleurs quitté leurs balles afin d’explorer la jungle épaisse qui nous entoure. D’autres se sont jeté dans la rivière sans la moindre hésitation. Ici, je pourrai peut-être dénicher un nouvel allié, si l’occasion se présente. Kinu et Ray m’accompagnent pour le moment, restant près de moi. Régulièrement, l’Aligatueur me lance des yeux piteux devant son fils qui gambade un peu trop joyeusement à son goût devant lui. Lui qui a l’ambition d’en faire un grand guerrier comme lui (tousse tousse) il n’a pas trop de chance. Lexie désire ardemment avoir Ray comme premier Pokémon mais je lui ai déjà mentionné qu’il en était hors de question. Elle n’est pas assez vieille du tout pour avoir un Pokémon, et encore moins un aussi puissant que lui. Il va falloir qu’elle prenne son mal en patience. Et moi que je trouve un nouveau dresseur à Ray au plus vite. Je crois qu’il s’agit de l’ambition de Kinu aussi. Aussi attaché soit-il à son fils, il espère qu’il vive sa vie de son côté lui aussi et ne se développe sans se calquer sur son modèle. J’y réfléchis quand je tombe nez à nez avec un Arcanin. Je me demande bien ce qu’il fait au milieu de la jungle quand je réalise qu’une jeune femme se tient près de lui.

«Oh Arceus, vous m’avez fait peur! Je suis désolée si je vous ai effrayés.»

Une Ranger hein? Contrairement à bon nombre de mes collègues, je n’ai absolument rien contre eux, au contraire. Je m’approche de la jeune femme, un peu plus jeune que moi peut-être, avec un sourire sympathique.

«Vous êtes Ranger? J’espère que je n’ai pas mis les pieds dans une zone réservée… Désolée si c’est le cas et… Oh… Ray, laisse la dame tranquille.»

Le Kaïminus s’affaire déjà autour de la verte, la saluant avec énergie. On dirait bien que le petit a pris l’autre en affection.

Modération:
 
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MessageSujet: Re: Codages   Lun 2 Avr - 10:54

Accordés



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Amethyst a peu souvent eu l’occasion de tester ses capacités en tant que Coordinatrice devant un Compétiteur tout aussi chevronné. Elle a probablement sous-estimé l’importance de l’exercice, y préférant parfois les combats réguliers qui demandent moins d’effort mental pour elle (comme de toute manière, elle n’élabore jamais de stratégie lors des combats normaux). Sauf qu’ici, toutes ses ressources sont mises à profit et elle sent bien le défi que cette performance double peut représenter. Non seulement, elle doit pendre en compte chacun de ses alliés individuellement mais aussi le duo qu’ils représentent et ses adversaires en prime. Elle se sent un peu surmenée mais compense en ce qu’elle manque de raffinement en créativité. Son cerveau fonctionne rapidement et elle acquis de bons réflexes qu’elle risque d’affiner au fil des années. Tout ceci lui demande énormément de concentration et elle est assez peu attentive à témoigner de son lien avec ses Pokémon, encore trop concentrée dans le côté performance et l’énergie dont elle peut accaparer son adversaire. Amé n’a pas menti en se disant débutante et de toute évidence elle a encore beaucoup à apprendre. Au moins, elle prend plaisir à ce petit combat, ce qui pourrait la convaincre dans l’avenir de participer à plus de ces pratiques informelles. Elle a grandement besoin de se mettre en défi dans des situations réelles et son inexpérience se fait sentir. Heureusement pour elle, Noah a aussi beaucoup à apprendre, ce qui rend leur combat particulièrement intéressant bien que maladroit.

Noah opte d’ailleurs rapidement pour la défensive, couvrant ses alliés grâce à l’attaque Poudreuse de la Goupix. La tempête de neige fait frissonner l’adolescente de froid et d’admiration. Le soleil disperse toutes sortes de couleurs contre les flocons. Devant la distraction, le Capumain reste tout de même concentré mais sa vision est quelque peu réduite. Il frappe de toutes ses forces mais manque son coup; effectivement le Goupix a disparu dans la neige, se fondant au décor. Le singe tente aussitôt de se replier mais il est trop tard : le Psykokwak a rassemblé la neige en boules compactes et les propulse à présent sur l’équipe adverse. Pauvre Diddy reçoit la boule en plein sur le nez et culbute vers l’arrière dans un gémissement de douleur. Grâce à un Choc Mental bien placé, Waluigi fait exploser la boule se dirigeant vers lui avant de se précipiter sur le petit singe. Aux yeux du Soporifik, Diddy Kong est un fier guerrier et de le voir tomber ainsi l’emplit d’inquiétude. De toute évidence, leurs adversaires sont puissants, et il est encore lui-même très inexpérimenté… La panique le gagne rapidement mais le singe violet se redresse bravement, une étincelle de frustration dans les yeux. Le Capumain croise le regard de son allié et lui sourit d’un air vengeur.

«Ça va Diddy? Toute une boulette hein?»

Amethyst n’est guère du genre à surprotéger ses alliés et c’est exactement pourquoi le Capumain l’adore. Elle le contamine de son énergie débordante et vice versa. Waluigi est surpris par leur excès d’humour et leur attitude désinvolte finit de le rassurer. De toute manière il est temps d’orchestrer la suite! Le Soporifik a eu une idée et Amy lui donne silencieusement son accord pour qu’il la mette en pratique. De son Choc Mental, il fait s’élever la neige comme l’a fait son adversaire quelque minutes plus tôt. Il enfle la tempête si bien qu’elle devient épaisse et menaçante. Le tapir fait signe au singe qui comprend aussitôt, lançant dans la mêlée son Jet de Sable. La tempête s’enfle d’autant plus, tourbillonnant de manière menaçante et prenant lentement la direction de leurs adversaires. Leur vue est à présent complètement couverte, ce qui permet aux deux alliés d’Amethyst de se glisser dans l’œil de celle-ci. Tous deux surgissent de la tempête de neige, prêts à attaquer. Le Soporifik vise le Psykokwak d’un Coupd’Boule tandis que Capumain s’est couvert d’ombres à nouveau pour renverser la Goupix d’un Étonnement. La tempête de neige et de sable se dirige inexorablement vers le groupe de Pokémon en sifflant violemment.

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feat. Noah Evans

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MessageSujet: Re: Codages   Lun 2 Avr - 11:46

La Dérive



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Il y a peu de choses qu’Amethyst apprécie autant que de passer du temps auprès de sa cousine Kendra. Parmi les membres de sa famille, ses cousins sont probablement les gens avec lesquels l’adolescente se sent le plus à l’aise et à même de s’ouvrir sans avoir recours à ses vieux réflexes de tests qui peuvent s’avérer blessants. Non pas que ce ne fut jamais le cas non plus avec eux, simplement qu’elle parvient mieux à gérer son anxiété sociale auprès d’eux. Devant l’invitation de la jeune femme à se joindre à elle dans une croisière autour d’Enola, Amy en a hurlé de joie, suite à quoi elle a eu un comportement déplorable et une attitude exécrable toute la semaine. Les cadeaux lui ont toujours fait un drôle d’effet, provoquant énormément de culpabilité, de honte et d’incompréhension chez elle malgré la joie orchestrée. Heureusement pour l’adolescente, son père a fait preuve d’une immense patience et est intervenu de manière préventive à de nombreux moments afin d’éviter la crise chez elle. Une conversation plus intime aura aussi consolidé l’envie de la violette de réussir au niveau comportemental pendant les quelques jours la séparant de l’événement. Maintenant, elle ne regrette rien. Elle s’est emparée du bras de Kendra et exulte la joie. Parfois, elle doit s’arrêter pour faire quelques respirations, se sachant incapable parfois de gérer son bonheur. Amethyst n’a pas envie de se saboter aujourd’hui, mais tout ceci lui demande un effort considérable.

Heureusement pour elle, Kendra et Amethyst sont venues accompagnées d’un ami de la Championne Coordinatrice, un dénommé Silas Fisher. Amy l’a déjà rencontré dans le passé du temps qu’il travaillait chez sa tante mais ne conservait jusqu’alors peu de souvenirs de lui. Amy, depuis son arrivée, s’est empressée de lui poser toutes sortes de questions gênantes qui l’ont laissé rougissant et confus. Sentant son malaise, l’adolescente s’est plu à continuer, au grand désarroi du jeune homme qui a finit par ignorer les insinuations parfois douteuses de la jeune fille. Pour l’instant, Kendra et elle se sont éloignées afin de profiter des boissons et du buffet. Amy vient d’avaler une grande assiette et discute plus doucement désormais avec sa cousine, ayant cessé de faire la pitre. La première goutte s’écrasant contre sa tête lui tire un petit cri un peu exagéré, lui faisant lever la tête vers un ciel aux accents de gris. La jeune fille écarquille les deux, cherchant contre son épaule la présence de Diddy. Le Capumain émet un léger grondement qui ne lui ressemble guère et Amethyst commence à vraiment s’inquiéter. La levée d’un vent soudain la fait se raccrocher à Kendra.

«J’pense qu’on devrait trouver ton ami à un bras, ça a pas l’air normal tout ça.»

Amethyst regarde autour d’elle en tentant de repérer l’eno-syrien mais sans succès. De toute manière, un grand cri vient de se faire entendre, immobilisant la jeune Coordinatrice sur place. Par-delà les silhouettes qui se situent devant elle, Amy aperçoit le carnage d’une tempête prompte et violente, les vagues grises s’abattant violemment contre la coque et le grondement d’un ciel colérique. Et par-delà la houle d’une mer furieuse, une présence ancestrale et primitive, une voix appartenant à une autre époque. Amethyst en croit à peine ses yeux en voyant apparaître Kyogre parmi les vagues, cette baleine des légendes, de dieu des océans.

«K-Kendra… je suis folle où il y a Kyogre juste là, directement devant nous?»

L’adolescente s’est figée de peur, incapable d’avancer ou de faire quoi que ce soit malgré l’ordre qui fuse non loin de s’accrocher. À sa cousine favorite, ça compte?/span>
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Event no°1
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MessageSujet: Re: Codages   Sam 7 Avr - 12:11


Épopée des Lucioles




Jardin aux Pommiers
feat. Rose Délicate

Il existe des amitiés qui transcendent les frontières. Qui brisent tabous et réserves, qui s’épanouissent malgré l’adversité. De ma vie, je peux nommer assez peu de chats figurant parmi mes amitiés réelles, bien que je m’attache aisément aux autres. Néanmoins, avec Rose Délicate, les événements ont dû forcer ce qui aujourd’hui me comble. J’ai tenté de lui échapper pourtant, de l’éloigner à ma manière, de me tenir à distance. Sauf que sa personnalité tranquille et sincère m’a charmée. À l’époque, les Clans voyageaient communément vers un objectif : trouver une nouvelle terre d’asile. Encore jeune, je m’efforçais de faire ma part dans cette longue quête jusqu’alors infructueuse. Je ne réalisais pas m’épuiser. L’hiver avait beau rebondir contre mon épais pelage, ses efforts combinés à l’épuisement perpétuel de la longue marche et des chasses souvent vaines me laissèrent affaiblie. Bientôt, la maladie s’installa chez moi et malgré mes efforts pour la dissimuler, elle ne passa pas inaperçue aux yeux de la douce apprentie-guérisseuse. Il lui fallut bien de la persistance pour que j’accepte de la laisser me traiter, mais voyant mon état se dégrader je n’eus bientôt plus d’autre choix si je désirais toujours conserver le secret au sujet de ce mal que je minimisais bien trop. Grâce à l’expertise de Rosie, je me remis vite sur pieds et pu continuer à me donner corps et âme pour les chats de la forêt. J’y ai gagné en plus une bonne amie.

Les nouvelles frontières ont bien sûr compromis notre amitié mais je n’ai pas laissé quelque chose d’aussi futile que quelque bande invisible dans l’herbe nous séparer. Nous nous rencontrons souvent pour échanger de tout et de rien mais cette fois notre dernier tête à tête remonte quelque peu. Nos échanges réguliers s’avèrent un fait connu au sein de mon Clan et personne n’a jamais osé remettre en question ce fait : tous connaissent mon inébranlable loyauté envers le Tonnerre mais jamais celle-ci ne m’empêchera d’apprécier, d’aimer, jamais elle ne consumera mon cœur de haine. J’ai vu mon père biologique écartelé à l’idée de ces frontières. Il m’a parlé longtemps des chats, de leur tendance à la guerre, à la jalousie, à la convoitise. Étoile Sombre m’a dit qu’il existe d’autres avenues et à cet effet je l’ai cru. Fermement. J’ai donc poursuivi mes rencontres candides avec la guérisseuse du Vent, insouciante quant aux conséquences si jamais elles doivent exister. Je lui ai donné rendez-vous sur son propre territoire alors que je l’ai croisée il y a quelques jours. Je franchis la frontière du Vent en me délectant de sa beauté. Je me demande pourquoi nous devons nous priver des merveilles de Valeemar en nous terrant tous derrière nos remparts. Sous un pommier, je me délecte du soleil de la saison des feuilles nouvelles, guettant l’apparition de Rose Délicate dans un ronron soutenu.

On raconte qu’à cet endroit, de magnifiques bêtes, grâcieuses et inoffensives, visitent les pommiers pour s’y restaurer. On les appelle chevreuils, des créatures que je n’ai jamais eu la chance d’apercevoir. Je suis plutôt déçue de n’en voir aucun en cette douce matinée, sauf que cette déception s’avère d’assez courte durée comme le vent m’indique l’approche de mon amie. Je me redresse parmi les herbes afin qu’elle ne perçoive mon pelage sombre dans l’étendue de la clairière. Sa silhouette bicolore apparaît enfin dans un horizon limpide et je me précipite à sa rencontre, l’enlaçant avec affection. Combien je souffre de ce monde où seule la naissance importe, dictant de par ce fait notre destinée. Je me demande si c’est ce dégoût chez Étoile Sombre qui l’a portée originalement vers Masque de Rosée. Je me recule pour l’observer.

«Rose Délicate! Tu as l’air en parfaite santé! Ça me rassure. Je m’inquiètes tu sais, tu es si maigre, à force de côtoyer les malades je crains toujours que tu n’attrapes tout ce qui passe par-là, un peu comme mon frère, mais c’est incroyable, il résiste à tous les maux!»

Je réalise parler un peu trop. En rigolant doucement, je m’assois, la queue battante d’enthousiasme sous moi.

«Pardon, tu m’as manquée Rose Délicate. Tu vas bien?»

Je lui souris, ayant probablement toujours l’air de la gamine que j’étais au moment de notre rencontre.
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MessageSujet: Re: Codages   Mar 24 Avr - 18:55


Épopée des Lucioles




Chasing Pavements
feat. Appel du Loup

J’ai mené le jeu en croyant en connaître toutes les règles. De maîtriser chaque aspect, de me diriger tout droit vers la victoire. Pendant quelques instants, je l’ai même goûtée, sauf que les règles depuis notre enfance ont grandement changé. J’use encore des mêmes vieux réflexes, de ces piques et ces esquives dignes de l’enfance. Peut-être n’ai-je pas encore réalisé que notre monde a changé. Que nous avons changé. Et que certaines choses ne seront plus jamais comme avant. Que les besoins, les peurs, les espoirs se transforment et évoluent. J’ai fait la fière, espérant peut-être provoquer nos chamailleries d’avant, ou tout au moins le motiver à aller de l’avant, à faire mieux. Exigeante, je le serai toujours envers tous et moi-même. Je persiste à croire qu’il n’y a pas de place à l’immobilité dans une vie et j’espère moi-même remplir mes responsabilités de lieutenante avec de plus en plus de talent dans les lunes à venir. J’apprends, mais parfois, j’ai l’impression d’avancer avec des œillères, de ne rien voir. Pendant longtemps le Loup s’est tu, il faut dire. Ce soir, il s’est décidé à gronder. Je tombe, je tombe de si haut dans tous les sens du terme. Lorsque le coup provient d’un membre de sa propre famille, il est difficile d’ensuite se relever. De toute manière, devant son regard, je n’en ai pas envie. Il m’a poussée et sa violence me cloue au sol dans un repli confus et blessé.

Je n’ai guère l’habitude d’autant d’animosité et la sienne me laisse profondément perplexe et mal. Je peine à croire avoir pu causer autant de haine chez lui, depuis trop longtemps accumulée. Je panique à l’idée de lui avoir causé du tort, même de manière inconsciente. Son regard rivé vers moi, il brûle de jalousie, d’animosité. J’y vois le désir, celui du chasseur devant sa proie. Je suis l’ennemie, le rival, je suis vaincue aussi sauf que j’ignore si cela lui tira satisfaction. Ses mots confirment mes doutes et malaises. Mes oreilles s’abattent contre ma tête, trahissant ma sincère peine. Il n’en méritait pas autant. Et par-delà la haine qu’il me réserve, la mienne s’élève. Vague destructrice emportant le fragile équilibre depuis lequel il a dû croire que je le narguais. S’il savait, si seulement il savait. Que sous ce masque se cache un sol effrité, prêt à se désintégrer sous mes pas à chaque instant. Sa perdition alimente la mienne et je ne sais que dire, que faire pour le rassurer. Je n’ai plus ces mots tendres qui me viennent habituellement, plus ces réflexes, cette patience d’ange, pour faire face à l’hostilité. Je reste longuement étendue, à récupérer mon être fragile. Lui-même s’est brisé, j’aspire maintenant à recoller les morceaux.

Sauf que la puissance de ses mots alourdit toujours la forêt. Les proies se sont tues, la forêt ne m’a jamais semblé silencieuse. Parmi ce silence, je parviens à croire qu’il entendra les soubresauts violents de mon cœur confus tandis que je me redresse, le surveillant avec prudence. Cet excès soudain devra demeurer seul. Je me défendrai s’il attaque de nouveau, une possibilité que je tente d’éliminer. Les mots restent néanmoins pris dans la gorge tandis que je mesure le poids de ses insécurités, de ce que je représente pour lui depuis toutes ces lunes. Soudain, de nombreux éléments de notre vie commune font sens, y compris cet éloignement. Je me demande de toute manière ce que je parviens à regretter aujourd’hui. J’ai probablement simplement envie qu’il ne soit comme les autres, qu’il m’apprécie. La perspective de sa haine me terrorise.

«Appel du Loup…» j’aimerais que ma voix cesse de trembler tandis que je le nomme. «T-tu n’as rien perdu, tu m’as toujours moi. Tu sais c’est pour ça que je suis si dure avec toi.»

Je tente un sourire mais il m’apparaît faux. Alors je me contente de l’observer, tâchant de dissimuler la blessure qui ternit mon regard.

«Tu n’as besoin d’impressionner personne. Et certainement pas de te comparer. Surtout pas avec moi. Si tu savais, Loup, je ne suis pas la meilleure du tout. J-je suis désolée pour ta proie. Je vais rentrer au camp et te laisser tranquille si tu le désires.»

Je baisse les yeux sur ma proie. La faim s’est envolée. Pourtant je me sens lourde.
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MessageSujet: Re: Codages   Mer 25 Avr - 19:04


Épopée des Lucioles




Jardin aux Amitiés
feat. Rose Délicate

Je me nourris encore de vains espoirs. Sauf que de l’unité des chats, on s’habitue. J’ai grandi en forgeant un cœur pour aimer l’autre, un cœur dépourvu d’hostilité, de barrières et de préjugés. Je ne juge plus mes semblables sur leur appartenance, tout comme je ne possède pas l’audace de prétendre quelque droit sur mon territoire, celui du Tonnerre. Je sais que cet endroit a simplement été emprunté jusqu’à ce que la prochaine difficulté commune ne nous renvoie sur les routes, déracinés et unis. Je ne me sentirai jamais écartée et sans patrie tant que j’aurai avec moi ces êtres venus de si loin. Cette terre de Valeemar a été dénichée puis adaptés à nos besoins par les chats de tous les Clans. Je me demande donc de quel pouvoir je pourrais faire prévaloir, quel droit m’étant octroyé de refuser passage à un chat visiblement pacifique. Mes terres ne m’appartiennent pas, tout comme Rose Délicate ne possède en rien ces pommiers. Qu’elle me prétende intruse me heurte, me blesse. Je dissimule le tout sous un sourire contrit, ravalant la colère que je ressens malgré moi. Impuissante, je devrai accepter l’autorité déraisonnée de mon amie, sachant malgré tout qu’elle tente simplement de me protéger. J’aimerais lui dire que j’étais là pour les siens, elle pour, lors du voyage. Qu’il me peine que tous semblent avoir oublié ce qui résonne pourtant toujours en moi.

«Le code ne nous a jamais incité à la haine. Le code nous dit de défendre nos terres de d’honorer nos ancêtres. Or, je ne représente aucunement une menace pour les tiens, il n’y a donc rien à défendre. Puis il n’y a pas d’honneur à sauter à la gorge d’un chat venu de manière pacifiste. Si tu n’es pas confortable avec ma présence ici, Rose Délicate, alors peut-être vaut-il mieux rejoindre les Cinq Rocs. Nous n’en sommes pas si loin après tout et personne ne se disputera là-bas. Je veux te rendre a l’aise.»

Je pose une queue qui se veut affectueuse contre son épaule, mais mes prunelles trahissent une part de ma confusion devant l’attitude de la guérisseuse. Je m’empresse de regarder ailleurs, pesant encore le poids de ses paroles. L’éloignement s’avère déjà particulièrement pénible, si en plus je dois vivre avec l’idée… qu’elle me considère telle une ennemie… Je n’aime pas voir cette possessivité dans ses yeux, cette condescendance dans sa voix. J’aimerais lui dire qu’elle a tort, qu’elle se fait elle-même du mal à considérant l’autre comme non-bienvenue sur ses terres. Que nous avons survécu grâce au partage, à l’entraide. Une fois de plus cette sensation revient, celle de vivre dans un monde de sourds, celle d’être la seule à se soucier de la musique qui s’éteint. Je dissimule le tout sous plusieurs couches de sourires. Un jeu parfait désormais, car je l’ai répété si souvent. Ma queue balaie même le sol derrière moi de manière désinvolte. À elle, je lui semblerai peut-être peu sérieuse. Si seulement elle savait.

Puis viennent d’autres reproches qui menacent de ternir le masque une fois de plus. Je n’aime pas ces discours. On croit toujours mieux savoir. Personne n’a compris que je suis parfaitement en contrôle de mes moyens. Je prends mon temps pour répondre, afin d’éviter de le faire sèchement. Je sais, une fois de plus, que la guérisseuse a mon bien-être à cœur, qu’elle est habituée de me voir me surmener, d’en faire trop.

«Tu t’inquiètes vraiment pour rien. Tu sais que j’ai un frère encore plus protecteur que toi qui est aussi guérisseur? Si je me surmenais, il glisserait des plantes dans ma nourriture pour me faire dormir. Il n’y a pas plus dédié que lui. Alors cesse, je vais bien, je te l’assure. Je dors bien et je mange à ma faim. C’est juste qu’une fois lieutenant, le Clan tourne un peu autour de nous, il y a beaucoup de besoins à gérer. Mais j’aime profondément ce que je fais, je n’échangerais de vie pour rien au monde. Puis je déborde d’énergie, pas l’inverse! Aller, à force de t’inquiéter, tu vas mûrir avant ton âge.»

Je lui offre une petite accolade amicale, désireuse d’éloigner le sujet de mon cas. Je ne suis pas certaine de pouvoir continuer longtemps ainsi.
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MessageSujet: Re: Codages   Dim 29 Avr - 11:34

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Humilité fait bon guerrier
L’Oiseau s’adapte. Ainsi il a appris la survie. Satisfaire l’autre devenu telle une arme afin d’apaiser les menaces, sa manière privilégiée d’avancer. Il a agi comme tel auprès de Patience de l’Araignée, usant de diplomatie et d’obéissance pour entrer dans le moule dicté par un Clan dur, ce moule si inconfortable pour lui. Il évite ainsi les embrouilles, vit son individualité autrement. L’apprenti n’a guère l’habitude qu’on s’adapte à lui, à ses spécificités, à ses insécurités. La sensation lui paraît étrange mais non pas désagréable. Au contraire, il offre régulièrement des œillades reconnaissantes en direction de l’autre novice. Il découvre une part d’elle un peu moins sérieuse, une part enjouée, ouverte et amicale. Une ambiance détendue s’installe entre les deux jeunes chats, tous deux maintenant dans le bon état d’esprit pour apprendre. Même Nuage d’Oiseaux considère désormais cet entraînement improvisé d’un œil positif, ayant déjà oublié les circonstances humiliantes entourant celui-ci. Il profite de cet instant de complicité pour mettre à profit ses talents qui ne peuvent réellement être exploités ou mis de l’avant en usant des techniques pédagogiques traditionnelles utilisées par son Clan. Son sourire se mute progressivement en une expression concentrée plutôt amusante lorsqu’on connaît ses bouilles naïves habituelles.

«C’est bon. Cette fois je suis vraiment prêt, tu vas voir!»


D’entre les deux, il est parfois difficile de distinguer qui est le plus jeune vu le discours enfantin de l’Oiseau. La preuve qu’il se prête réellement au jeu, ne mesurant pas son enthousiasme. Il écoute presque religieusement les instructions de la chatte bicolore avant de se terrer dans un silence réflexif. Devant une attaque directe et rapide venue du flanc et visant la cuisse, comment réagir?

«Il y a plusieurs manières de réagir devant une telle attaque je suppose. La plus simple serait une rapide esquive vers la droite suivie d’une offensive explosive en visant la tête exposée d’un coup de patte. Certains guerriers se laissent aussi touchent et en profitent pour écraser leur assaillant de leur poids. Il faut avoir la carrure néanmoins, ce dont je ne suis pas particulièrement pourvu pour le moment.»

Le novice image la scène dans sa tête. Sa réponse n’a rien de surprenant comme son mentor, Éclair Ambré, est un chat petit et très vif, visant beaucoup sur l’esquive et la vitesse pour surprendre ses adversaires. Nuage d’Oiseaux a après tout baigné dans ses instructions jusqu’à présent et s’inspire donc naturellement de son style. Devant les nouveaux exercices proposés par Nuage des Ombres, l’Oiseau répond au meilleur de sa connaissance, adroit malgré tout. Son esprit stratégique, factuel, mais aussi créatif en font un bon combattant en théorie, bien qu’il reste parfois prévisible, dans les mêmes solutions, trahissant son inexpérience en pratique. Les deux novices passent un certain temps à discuter de stratégies ainsi. Nuage d’Oiseaux est si concentré qu’il réalise à peine la fin s’installer, jusqu’à ce que son ventre ne vienne l’interrompre en pleine phrase. Gêné, le matou blanc offre un sourire désolé à la femelle.

«On dirait que cet entraînement m’a creusé l’appétit. Que dirais-tu de chercher une proie avant de rentrer? Nous sommes ici depuis longtemps après tout.»

Nuage d’Oiseaux le dit presque à regret. Cette ambiance créative lui manquera. Nuage d’Ombres a su susciter chez lui une grande motivation. Il a mis de côté sa mauvaise foi maintenant qu’il se sent accepté pour une rare fois hormis auprès de sa famille avec qui il éprouve tout de même parfois quelques réserves après certains événements récents.

«Dans tous les cas, comment tu crois que je me suis débrouillé? J’étais très concentré, j’espère que je n’ai rien dit d’embarrassant. On pourrait y retourner demain et pratiques quelques mouvements peut-être. Promis, cette fois je serai prêt à te recevoir quand tu m’attaqueras!»

Tant qu’elle ne lui demande pas de passer à l’offensive, tout ira bien. Il ne peut s’imaginer faire du mal à sa jeune mentor improvisée, même s’il s’agit d’un entraînement. Dans tous les cas, le matou au pelage duveteux resplendit de bonne humeur, finalement bien heureux de sa matinée.
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MessageSujet: Re: Codages   Dim 29 Avr - 12:24

Suis-je honorée? Quelque part, l’attention est flatteuse. Quelque part, ce statut que je n’ai pas choisi gonfle mon orgueil et m’emplir de fierté. J’aime me sentir utile et m’inscrire dans un mouvement plus grand que moi a quelque chose de particulièrement gratifiant. Je crois en l’Alliance telle qu’elle existe présentement, en notre cause. En faire partie me motive, sauf que je n’ai pas encore trouvé ma place. Les paroles de Nukka ne font qu’effleurer un gouffre d’incertitudes et de questionnements en moi. Même si aujourd’hui elle m’offrait toutes les réponses, je doute que je parviendrais à les intégrer entières. Je suis en quête identitaire depuis longtemps, prisonnière de la houle, et de ce processus émanent de nombreuses frustrations que je ne devrais peut-être pas mettre sur le dos de Nukka, surtout que je l’admirer réellement, que je touchée effectivement par sa confiance, par ce qu’elle semble trouver en moi. J’étais trop petite lorsqu’on m’a pris pour cette vie. Au contact de la Chef Orketa, j’aurais probablement appris beaucoup, appris à apprécier cette vie. Elle est si stimulante. Son acceptation de mes émotions, aussi puériles soient-elles, me fait du bien. Je les tiens enfermées en moi depuis si longtemps maintenant, culpabilisation de leur présence. Nukka vient en quelque sorte de me prouver qu’elles sont légitimes, ce qui m’apaise. J’admire ce côté direct et sans détours d’elle. J’aimerais avoir sa franchise, mais j’agis souvent dans l’intérêt des autres en mettant mes propres envies de côté. Et je cultive ma colère.

Je souris donc progressivement, caressant le poil du chien-loup à mes pieds avec plus d’assurance désormais. Nukka me met en confiance à sa manière. Je reste silencieuse et attentive, mais mon regard s’est adouci, trahissant un état d’esprit plus tranquille. J’aurai énormément à réfléchir après cette conversation, mais la tempête est passée, laiossant à sa suite un sentiment d’espoir. À présent, la meneuse Orketa me parle de son propre vécu. Une mine ébahie passe sur mon visage tandis qu’elle me relate ses débuts, la terreur qu’elle a ressenti et sa certitude qu’on s’était trompé à son sujet. Ma surprise passe rapidement vers un rire amusé. Je vois maintenant que nous avons des expériences semblables. Nukka est simplement arrivée plus loin dans son processus. Je me demande comment elle en est venue à changer son angle de vue ainsi. J’imagine que la chose vient avec l’âge et l’expérience. Aider les gens me semble une bonne manière d’envisager le pouvoir, sauf que j’ignore encore ce que j’aurais à apporter à l’Alliance. Un questionnement qui doit se poursuivre de mon côté. Je l’observe tandis qu’elle tripote un loup en bois suspendu autour de son cou. Un rappel, j’ai l’impression, de cette fameuse cause qui l’anime.

«Je n’en reviens pas. Vous êtes si assurée maintenant que j’ai pensé qu’il en avait toujours été ainsi. Il semblerait que j’ai encore beaucoup de choses à apprendre. Merci d’avoir répondu à mes questions.»

Je souris de ma naïveté habituelle à présent. Une idée me traverse d’ailleurs l’esprit.

«Je dois demander à Akeela de me laisser passer un peu de temps auprès de vous, dans le territoire Orketa. Je suis certaine que j’apprendrai énormément à vos côtés! Si vous êtes d’accord bien sûr…»

Je me suis levée dans mon enthousiasme, me rassois un peu honteuse. Malgré tout, j’espère que la deux femmes les plus influentes de ma vie accepteront ce voyage tant attendu pour moi dans ma terre natale.
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MessageSujet: Re: Codages   Mar 31 Juil - 14:09


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feat. Archie & Lord
Days of Future Past

Je suis le guide pas à pas, modeste dans ma démarche posée, mesurée. Par-delà le sentier rocailleux, les montagnes ont penché leurs regards sévères en ma direction. De leur grandeur, ces monts me jugent. J’avance en conservant une posture adroite, assurée mais humble devant une beauté aussi pittoresque. D’un monde à l’autre, les plus hauts sommets de la planète m’étonneront toujours, procurant une sensation de paix et d’éveil. Encouragée préalablement par le guide, un garçon un peu plus jeune que moi mais dont l’âge n’interfère pas avec l’expérience, j’ai abandonné mes soucis quotidiens pour contempler à la fois la splendeur d’une nature encore sauvage, intouchée par les conflits ayant secoués Enola par le passé, et à la fois le pouls de ma propre énergie qui résonne en moi. Chaque respiration, devenue difficile suite à une montée tout de même éprouvante, m’amène plus loin au cœur de cette expérience spirituelle. Je n’ai jamais été la personne la plus connectée avec ma spiritualité, sauf que le guide parvient avec talent à mettre dans l’ambiance. Même mes compagnons semblent totalement absorbés par ses paroles, par sa manière calme et englobante de s’exprimer. J’ai l’impression saisissante de cheminer vers d’importantes réalisations. Je me félicite pour l’idée d’à la fois visiter Cayagane, mais aussi ses temples les plus obscurs et anciens, ces secrets que garde jalousement Enola. Je me laisse imprégner de ses mystères.

J’ai compris rapidement, en discutant avec la population locale, que ce village perdu dans les montagnes se distingue nettement par une culture particulière et intouchée depuis des générations. J’ai été touchée par la manière dont on a accueilli mes Pokémon, tels des égaux. On m’a parlé de vieilles histoires, on m’a montré des tatouages aux significations anciennes, on m’a fait goûter à des plats particuliers. Sitôt mon arrivée que ce désir d’y rester s’est ancré en moi. Je n’ai jamais ressenti une telle connexion avec un lieu depuis mon départ du Québec. Je me sens chez moi sur ce sentier entre les montagnes, malgré la chaleur qui m’accable et la sueur qui vient tremper mon dos. Combien de temps notre quête vers les sommets dure-t-elle? J’ai perdu toute sensation liée au temps et au corps, simplement concentrée à notre ascension. Entre les replis rocailleux de cette colline, j’entraperçois enfin un disque de pierre polie par l’homme, un balcon offrant une vue imprenable sur les environs. Épuisée, je suis mon guide en silence jusqu’à cet observatoire, aussitôt interpellée par les statues de Pokémon gravées dans la pierre. Je reconnais parmi elles l’effigie de Cresselia, cette même créature représentée dans le temple du cœur du village.

Au centre des statues, l’une d’entre elles retient particulièrement mon attention. Une sorte de lutin au regard perçant, taillé dans la pierre comme s’il tentait de s’en détacher. Alors que je questionne le jeune guide à mes côtés, il m’apprend qu’il s’agit d’un Pokémon des légendes, de Celebi. Selon lui, Celebi veille sur le vivant mais est surtout reconnu comme étant un voyageur d’hier et de demain, capable de traverser les différentes époques à la sa guise. Impressionnée par ces dires, je reste un long moment à contempler ce visage adorable et intemporel tout à la fois, comme obnubilée par cette effigie. Intéressé, le guide retire de son sac deux petits tapis, m’invitant à prendre place sur l’un d’entre eux. J’obéis tout en plaçant l’œuf que j’ai reçu à mon inscription à la Compétition à mes côtés. Archibald se place de l’autre tandis que Tetrox se place à l’écart. Amira s’assied près de moi, retenant l’œuf de sa queue afin d’éviter qu’il ne roule près du précipice.

«Depuis notre arrivée devant cet autel, vous avez semblée très intéressée par Celebi et ses mystères, madame Roy. Concentrez-vous sur votre respiration et adressez lui une prière, peut-être se manifestera-t-il à vous.»

Je m’exécute, déterminée à vivre cette expérience jusqu’au bout. Je n’ai que peu d’espoir de rencontrer un Pokémon de légende aujourd’hui, sauf que j’espère mettre un frein à l’agitation qui s’est emparée de moi sitôt j’ai vu la statue. Je n’ai pas l’habitude d’apprécier le calme. Sauf qu’il y a quelque chose de profondément stimulant à me trouver ici, entre ciel et terre, à suivre le rythme régulier de ma respiration. La méditation m’entraîne rapidement vers une douce sensation de vide et de bien-être. Un frisson me secoue. Je n’ai même pas réalisé avoir été entraînée vers le monde des rêves.

L’enfant contemple sa trouvaille. Petite vie fragile, l’insecte se glisse entre ses doigts sans la moindre crainte. Sa course délicate contre son épiderme a provoqué chez la petite quelques gloussements naïfs. Du haut de ses quatre ans, elle se redresse, se dirigeant tout naturellement vers sa mère qui, étendue sur une chaise longue, profite d’un rare instant de calme. Plus loin, ses fils se chamaillent pour une fois de manière adéquate. Une petite paume se pose tout de même sur sa cuisse, lui tirant un sursaut.

«Marilou? Qu’est-ce que tu fais? Va jouer avec tes frères un peu.»

«Regarde maman, j’ai trouvé une coccinelle.»


La femme se redresse contre sa chaise. Plutôt que de voir la petite vie qui danse contre les doigts de la petite, elle remarque les saletés qui recouvrent ses vêtements, neufs pourtant. Martine fait de son mieux pour ses enfants, mais parfois, ce n’est pas assez. Parfois elle est simplement indisponible et épuisée.

«Mais… tu t’es toute salie!»

«La coccinelle elle…»


Devant le regard déconfit de la rouquine, l’insecte prend son envol et disparaît hors de sa vue. Le regard embué, elle observe sa mère qui grogne sur les taches de boue et d’herbe sur sa petite salopette, qui grogne à une oreille sourde. Lorsque sa grande sœur l’emmène à l’intérieur pour la débarbouiller, Marilou laisse les larmes couler contre ses joues, plus confuse que jamais.

* * *

«Tu as vu comment il se tortille? Marilou?»

Habituellement attentive, la jeune fille scrute plutôt le mur avec une attention toute particulière. L’ascension d’une araignée entre les posters de Green Day et des Red Hot Chilli Pepers l’a absorbée au détriment du serpent dans son terrarium. Quelque peu inquiet, le jeune homme se redresse et observe sa petite sœur qu’il n’a pas l’habitude de trouver si grave, si contemplative.

«Ça va Loulou?»

L’enfant âgée de presque douze ans lève le regard vers son frère aîné, ses sourcils froncés, l’expression figée dans de profondes réflexions qui en quelques instants s’éclipsent pour céder place à un sourire des plus forcés. Sauf que Vincent connaît assez la petite pour connaître ses moindres réactions. Il n’aime pas la voir ainsi, forcée à jouer ce rôle simplement pour lui faire plaisir. Il aimerait la rassurer, lui dire que rien ne changera jamais. Sauf qu’il sait qu’à cet âge, un monde se trouve aisément renversé.

«Oui oui. Je regardais tes posters. Tu vas les emmener à Québec avec toi?»

«Nah. Je crois que je vais les laisser à Max. Tu peux les prendre aussi si tu veux.»

«Non, je préfère One Direction.»

«Berk. Un jour il va falloir que je te fasse ton éducation musicale toi.»

«Ça va être difficile maintenant.»

«Marilou… tu sais que je serai toujours là hein? Si tu as besoin de moi, je suis vraiment tout près.»


La scène change, tangue. Le passé se mêle, les événements se chamboulent. Le terrarium repose maintenant, vide, au cœur d’un garde-robe. Les murs blancs, nus. Vincent se tient toujours là néanmoins, sur un lit parfaitement fait. Il est plus âgé aussi.

«Marilou, c’est toi qui est partie.»

* * *

Les images se floutent. Dans le ciel, un soleil qui se meurt sur un horizon de roc. Devant la jeune femme, une silhouette digne se tient, l’expression d’un courroux, d’une déchirure. Mercedes se tient là, ses cheveux qui fouettent le vent. Ses yeux qui dardent désespoir et colère contre sa cousine qui se tient la joue dans la plus grande des confusions et des colères.

«Tu n’as rien compris.» lui crache-t-elle au visage.

Il y a un claquement. Les ailes d’un dragon qui s’envole, qui emporte Mercedes avec lui, loin par-delà l’astre du jour qui agonise et les esprits furieux du vent. Marilou tremble, observant sa cousine la laisser ici, sachant que quelque part elle a probablement raison.


Je m’éveille brusquement, comme si j’avais oublié de respirer. Je ressens une puissante chaleur à mes côtés et doit rapidement fermer les yeux pour éviter l’aveuglement. Une lueur vive a envahi le balcon. Elle s’estompe rapidement, dévoilant finalement sa nature double. De part et d’autre que moi, de curieux phénomènes se sont produits. Archibald a triplé en poids et taille, prenant la forme d’un magnifique Boskara qui se tient toujours dans une position contemplative. Puis quelque chose tourne à grande vitesse de mon côté gauche, quelque chose qui visiblement a émergé de l’œuf prêt à éclore. Sa spirale effrénée se calme progressivement, dévoilant un être étrange, une sorte de poupée ancienne. Le Pokémon se pose à mes côtés, adoptant la même posture qu’Archie. Je scrute les deux, encore imprégnée de ces étranges songes qui m’ont laissé avec un lot important d’émotions contradictoires et houleuses. Je tâche de reprendre le dessus sur ces démons pour me réjouir de cette naissance et cette évolution inattendue. Sauf que j’ai le sentiment d’être encore prisonnière de sentiments.

«Vous avez vu quelque chose, je me trompe?»

Le guide, toujours présent, m’observe avec un calme qui jure avec l’intensité que je ressens à l’intérieur de moi. Je ferme les yeux et respire posément dans l’objectif d’apaiser les battements encore douloureux de mon cœur.

«J’ai vu… mon passé. Ma mère et mon frère… Et ma cousine aussi mais ça ce n’était pas de m-mon passé.»

Déboussolée, je peine à articuler mes paroles.  

«Vous avez reçu une vision de Celebi, je crois. Ce Pokémon est le lien entre le passé et le futur. Il guide les âmes perdues vers la résolution de leurs conflits internes, de ceux qu’ils refusent de voir.»

«Mais… Je ne suis pas perdue.»


Le guide hausse les épaules. Je me souviens alors qu’il n’est pas un moine expérimenté, mais un guide touristique encore jeune. Je décide de considérer ses paroles avec une part de scepticisme. Ces rêves m’ont paru si vrais, si saisissants, mais je me dois de les considérer ainsi. Tels de simples songes. Le jeune homme décide de ne rien ajouter à ce sujet.

«Même vos Pokémon se sont trouvés sensibilisés par sa présence. Balbuto est un Pokémon appartenant à une autre époque, un Pokémon sacré ayant accompagné nos ancêtres il y a de ça des millénaires. Puis Boskara représente la croissance, la vie, l’avenir.»

«Ouais. Je crois que vous avez raison.»


Je prends une grande inspiration avant de fermer les yeux à nouveau, dans une tentative de retrouver le vide en moi. Cette fois, la méditation ne se passe pas comme prévu. Passé et futur me hantent au sommeil de cette montagne et au pied de cet autel où j’ai espéré trouver la paix.

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MessageSujet: Re: Codages   Mer 1 Aoû - 17:26


Petite Cascade




Petite Escapade
feat. Petit Lac et Fleur de Lune

Au printemps de sa vie, Petite Cascade a trouvé repos contre un duvet de mousse dans lequel elle a abandonné tout son corps, sans les réserves habituelles des guerriers, sans notion d’espace ou de dignité. Les songes l’emportent ailleurs, loin du campement. Elle rêve d’images dépourvues de logique ou de sens, baignée d’une paix qu’elle trouve rarement du monde réel, malgré la présence rassurante d’une fratrie et de parents aussi dédiés qu’aimants. Cascade a tendance, malgré elle, à leur échapper. Grisée par la tempête qui gronde souvent en elle, par ses émotions trop grandes pour ce petit esprit encore naïf et immature, elle fuit parfois l’affection de cette famille sans trop savoir nommer pourquoi ni comment. Son quotidien lui paraît si simple malgré les élans parfois désespérés d’une âme émotive et en quête d’identité. La petite sait que ses jours d’enfance sont comptés. Une part d’elle s’effraie de ce passage vers un nouvel âge, une autre s’émerveille de toutes les découvertes qu’elle fera plus loin sur son chemin. Pour l’instant, elle se laisse guider par l’instant présent, sans trop se soucier de l’avenir. Ainsi vivent ceux taillés par la réactivité, de toute manière.

Justement, les songes troublés de sa jumelle lui tirent une réaction vive tandis qu’il s’éveille brusquement, l’esprit encore embrumé de sommeil. Petit Lac repose à présent sur elle, en train de mordre sa propre patte. Aussitôt, Cascade se met à protester de cris stridents et pathétiques qui ont dû réveiller la moitié de la pouponnière. Oups? Mécontente, la petite siamoise repousse vivement l’intruse d’un coup de rein, le cœur encore battant et le pelage ébouriffé. Petite Cascade adore les jeux et les folies de sa sœur bicolore. Sauf que parfois, celle-ci l’étourdit carrément de son énergie débordante qui a raison de même la sienne. L’autre ose même lui offrir un gros sourire, ne prenant même pas la peine de s’excuser. Ses explications font froncer les sourcils à la jeune chatte crème et roux qui considère sa jumelle avec arrogance.

«Papa et maman devraient t’attacher quand tu dors! Tu as mordu ta propre patte cervelle de souris!»

De mauvaise humeur, Petite Cascade suit du regard le chaton énergique quitter la pouponnière, à la recherche d’une nouvelle proie, cette fois dans le monde des éveillés. Sa sœur se redresse donc, encore agitée par la peur que lui a causée Petit Lac. Elle s’étire avant de la suivre à l’extérieur. Un doux soleil vient réchauffer ses moustaches, provoquant un sourire sur son jeune visage. Si un rien provoque sa colère, un rien l’apaise aussi. La petite, plutôt que de se mêler aux jeux de Lac, reste attentive au spectacle que leur offre cette aube timide. Un soleil pâle annonce une journée agréable et une brise délicieuse. Le cœur de la petite se met à bondir dans sa poitrine. Il lui faut sortir!

«Petit Lac, lâche cette feuille et viens ici, j’ai une idée!»

À son tour de tirer la queue de sa jumelle afin qu’elle délaisse son jeu. Excitée, Petite Cascade prend la parole pour lui expliquer son plan.

«Tu as vu comme il fait beau? On pourrait demander à un guerrier de nous accompagner en sortie! On aura qu’à dire qu’on va se rendre utile, ils aiment ça! Par contre papa et maman sont sortis à la patrouille je crois… Il va falloir trouver quelqu’un d’autre. T’as une idée?»

La siamoise scrute la chatte écaille de tortue avec intensité, comme si cette question s’avérait de la plus haute importance. Cascade fait confiance à Lac pour leur dénicher la victime parfaite à leurs caprices.
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MessageSujet: Re: Codages   Mar 6 Nov - 20:34

L’endroit lui paraît tel qu’elle aurait pu se l’imaginer et totalement différent de ses idées tout à la fois. Maeko possède une imagination débordante lorsque la peur l’emporte sur ses émotions, lorsque ses appréhensions brouillent son jugement autrement plutôt affuté. Ici, elle pourrait presque croire que quelques esprits mal intentionnés viendront saisir des pans de son âme pour mieux les pervertir. Sauf qu’il n’y a rien dans cette carriole qui puisse véritablement l’inquiéter; qu’une odeur sucrée et épicée et quelques chandelles. Peu fière, la jeune femme jeta des regards prudents autour d’elle, constatant au dernier moment le départ de Yôko. Si celui-ci a pris le rôle de guide ces derniers jours pour la Kii, il est des pas que Mae doit franchir seule. D’une démarche tranquille, le Bébécaille prend donc la direction opposée et ressort de là où ils sont entrés quelques instants plus tôt. La porte semble se refermer d’elle seule, condamnant la musicienne à cette séance de cartes à laquelle elle n’est pas préparée. La gitane, pour sa part, a pris place derrière une table, le nez penché en direction d’un énorme grimoire. Avec hésitation, la brunette s’approche pour en scruter les pages et se rassure qu’il ne semble pas y être inscrit quelque ensorcellement ancien. L’inconnue se dépêche de terminer son ouvrage et de dégager la table, offrant à Maeko cette même voix mielleuse qui l’a rendu si mal à l’aise tout à l’heure.

Pour le moment, la jeune femme s’agace de son théâtre, de ses manières, mais surtout du manque de réponses. Les cartes parlent? Si Maeko sait une chose, c’est bien que les objets inanimés n’ont aucune vie propre et encore moins de voix bien à eux. Elle déduit donc que l’étrangère a une manière spécifique d’interpréter le hasard en sortes de réponses aux questions qui lui brûlent effectivement les lèvres. Elle prend place devant l’autre, prenant soin de déplisser son kimono et de garder les épaules droites. Quelque part, elle a encore peur qu’on se moque d’elle, qu’elle perde la face. Il y a quelque chose d’orgueilleux malgré sa grande docilité, surtout lorsqu’il s’agit d’étrangers. Son visage redevient calme même si l’azur de ses prunelles trahit une part de son malaise.

«Ne jouez pas avec moi. Je ne vous dois rien et vous ne me devez rien. J’achète un service, rien de plus.»

Maeko est gênée. Les œillades de son interlocutrice la rendent mal à l’aise. Elle a peur d’être jugée. Ses yeux, si confiants tandis qu’elle s’exprimait quelques secondes plus tôt, plongent vers le sol à la recherche d’une sécurité.

«Voici mes dix pièces. J’espère qu’elles seront bien investies. Je n’ai pas la patience; je le répète ne vous jouez pas de moi. Si vous n’avez rien à m’offrir réellement, prenez les pièces et laissez-moi partir en paix, mais si vous êtes convaincue de pouvoir m’apporter des solutions alors…»

Il est évident qu’elle est désespérée et encore en conflit face à sa décision. Quelque chose la pousse à aller de l’avant dans sa démarche, malgré tout. Elle compte dix pièces d’or sur la table et lève les yeux vers la gitane.

«Alors je resterai pour vous écouter. Ces derniers temps, je connais un déchirement important. Je ne sais plus vers quoi orienter ma vie, ni qu’est-ce qui m’attend sur mon chemin. Devrais-je partir explorer le monde ou devrais-je rester ici, dans ce village qui m’a vue naître?»

Maeko respire profondément, croisant les mains sur ses cuisses, attentive, curieuse malgré elle, mais aussi avide. Si l’autre doit lui dire qu’elle n’a rien à lui apprendre alors elle s’en ira, certainement un peu moins riche. Sauf qu’elle préfère perdre un peu d’argent que de risquer d’être envoyée sur le mauvais chemin. Et si cette gitane avait réellement les réponses qu’elle attend?
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MessageSujet: Re: Codages   Mer 7 Nov - 21:13

Il n’existe qu’un lieu où je me sens pleinement en contrôle. Paradoxal qu’il doive être un des seuls où je n’en aurai jamais véritablement. Avant même le match, j’ai rejoint la piscine de Dimaras pour m’y préparer en toute quiétude, goûtant avec soulagement au silence caverneux qui règne ici. J’ai erré plusieurs minutes près des eaux, le regard rivé vers les hauts plafonds, à savourer quelques rares instants de calme. J’ai parfois le sentiment, ces derniers temps, d’être sollicitée au-delà de mes capacités, mais il y a toujours cet appel pour me réchauffer, celui du combat. Malgré toutes mes indisponibilités et les lourdeurs qui rendent parfois ma progression difficile, j’ai au moins cette échappatoire. Cet endroit qui m’appartient. Les minutes qui ont suivi, j’en ai profité pour organiser un petit entraînement, laissant le loisir à Marvel et DC de mieux connaître leurs compagnons dans un lieu sécuritaire. S’ils ne se mêlent pas beaucoup aux autres, j’ai pu constater qu’au moins, ils sont de plus en plus à l’aise au sein de notre équipe. Ce n’était peut-être pas une mauvaise décision de les accueillir au final. Mes alliés pour leur part leur ont laissé tout l’espace pour se sentir bien mais certains sont plus curieux que d’autres. Le Krabby a déclenché plus d’un conflit avec les autres, même qu’une petite rivalité s’est installée entre lui et Kinu. C’était à s’y attendre vu leurs personnalités semblables.

Puis, j’ai passé un moment à revêtir mon costume de «scène», ma redingote bleue et blanche, mes pantalons des mêmes teintes et ma ceinture aux quatre Poké Balls. J’ai pris un moment pour soigner mes cheveux, les boucler de manière à ce qu’ils retombent bien sur le côté après les avoir noués dans une queue de cheval qui se veut élégante. J’ai aussi appliqué un maquillage tout simple qui illumine mes traits et dissimule les poches sous mes yeux. Autrefois, je le faisais pour l’imagine. À présent, prendre cet instant pour moi a quelque chose de thérapeutique. J’ai le sentiment de prendre soin de moi pour une rare fois. Je sors de ma loge après l’arrivée de la foule, prête à accueillir ma challenger. Elle s’avance devant moi d’un pas très décidé, trop peut-être. Le sac sur sa tête provoque chez moi un léger rire empreint de malaise. J’ai plus l’impression qu’elle est venue braquer l’Arène plutôt que d’y mener un match. Cette idée me fait frissonner. J’ai un peu de mal avec les masques depuis une certaine époque où le blanc était à la mode. Néanmoins, je me calme rapidement. Mes alliés sont là, je suis chez moi.

La challenger prend la parole et sa voix me paraît jeune, mais c’est difficile à dire avec ce sac sur la tête. J’essaie de ne pas avoir l’air déstabilisée par son costume, sauf que le fait de ne pas pouvoir voir ses traits m’empêche un peu de connecter avec elle. Je prends une grande inspiration, me disant que bon, tant pis. Elle mérite tout de même un accueil au même titre que les autres, il me faudra simplement faire abstraction de cette distraction. En plus elle est sérieuse comme tout… Arceus, ce match va être long.

«Bonjour, Medjed et bienvenue dans mon Arène! J’espère que tu n’as pas trop peur de te mouiller, car je promets de faire des vagues cet après-midi!»

Oui, les jeux de mots font partie du spectacle, tant pis si ça vous plaît pas! Moi je me trouve très drôle. Mon adversaire dévoile son premier Pokémon, un Lanturn aux couleurs exceptionnelles. Voilà qui est intéressant. Je me penche un peu au-dessus de la piscine pour mieux le voir tandis qu’il parcourt les eaux avec enthousiasme. Trop mignon. Au vu du Pokémon, je ne peux définitivement pas opter pour Kinu, que je réserve aux challengers les plus expérimentés. Opalyn prendrait méchamment les décharges de ce Pokémon de type électrique alors… Luth fera le candidat parfait. Le Viskuse apparaît à son tour dans la piscine, heureux de retrouver un adversaire énergique en face. Il fait onduler ses tentacules pour saluer le Lanturn.

«Pareillement!»

Prudente, je décide d’attendre de voir quel sera le premier geste posé par mon étrange challenger et son Lanturn chromatique.
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MessageSujet: Re: Codages   Sam 10 Nov - 18:53


Cascade des Nuages



Coccinelle et Maladresses
feat. Museau Nacré

Devenir une véritable guerrière. Même s’il s’agit de l’objectif de presque tous les enfants des Clans, Cascade de Nuages peine à réaliser que cette réalité s’appliquera un jour à elle. Grandir lui est toujours un concept flou pour elle, insaisissable. Le temps lui échappe; elle court après les instants plutôt que le futur. Elle se fait assez peu d’appréhension pour demain, seul aujourd’hui l’inquiète. Ainsi les mots de Museau Nacré résonnent étrangement en elle, comme s’il s’était adressé d’une autre personne. Ses paupières papillonnent tandis qu’elle tente d’assimiler encore son nouveau rôle et celui qu’elle obtiendra au lendemain de son apprentissage. Apprentie. Oui, elle s’appelle depuis la veille «Cascade des Nuages». Plutôt que de passer son moment à goûter les limites, elle pourra désormais vivre une certaine indépendance, qui ira en croissant. Elle a hâte, dans un sens, au moment où elle parviendra à se détacher de l’adulte pour vivre ses propres expériences. Mais pour l’instant elle vivra sous la tutelle de ce mâle qui lui semble doux mais un peu étrange. Elle confond sa maladresse pour de la bizarrerie ce qui est plutôt paradoxal : elle est exactement comme lui à bien des niveaux. Nacré a simplement appris à assumer son personnage là où la petite cherche encore à définir son identité.

Heureusement pour le guerrier d’ailleurs, l’enfant n’a rien capté de son petit mensonge innocent et le croit sur parole, n’ayant pas de réaction particulière à ses propos. Au moins, elle sent qu’elle ne l’importune pas. Il lui faudra peut-être être proactive auprès de lui pour obtenir un peu de son temps? Cascade de Nuages se dit qu’elle ne le lâchera pas, car il a probablement des connaissances infinies qu’elle devra s’approprier au cours de son apprentissage. C’est le bras droit de la Chef après tout! Il en profite pour lui partager une part de son savoir, en lui disant de faire attention. L’apprentie suit le regard de l’autre mais ne parvient pas tout à fait à partager son hilarité. Elle a cru que ce serait différent d’être apprentie que d’être chaton, mais voilà qu’elle se fait reprendre comme tel. Oui bon, effectivement, elle aurait pu se faire incendier par le vieux grincheux là-bas, mais ce n’est pas comme si elle n’avait pas l’habitude. La tranquillité sympathique de son mentor finit par avoir raison de sa petite moue néanmoins et un sourire capitulé finit par illuminer son visage.

«Oui, je vais faire attention. Fleur de Lune m’aurait aussi grogné dessus. Elle m’a dit une fois qu’elle aimait passer ses journées à dormir. Je n’ai rien compris!»


La petite ne réalise pas que ses mots pourraient porter préjudice à la guerrière. Elle ne fait que rapporter cette histoire qu’elle tente effectivement de mieux comprendre. Le matin lui est un moment de pur plaisir. Pourquoi se montrer réticent devant la perspective d’un nouveau jour qui se lève? Cascade de Nuages se ressaisit pour mieux écouter son nouveau mentor qui évoque une règle simple. Autrefois, cette règle l’aurait fait bouder, mais elle la juge juste. Elle sait que les apprentis plus âgés ont plus de liberté, mais au début, qu’elle le veuille ou non, elle devra rester avec Museau Nacré. Elle a l’habitude avec sa mère lors de leurs sorties, ça ne devrait pas être trop difficile. Elle hoche donc la tête mais ajoute tout de même :

«Oui bien sûr. Mais je pourrai quand même m’éloigner un peu parfois hein Nacré, avec ta permission? Promis je ferai de mon mieux pour t’écouter, je ne suis pas comme Lac qui veut toujours aller plus loin moi!»


Elle sourit, heureuse de pouvoir partir à l’aventure aujourd’hui. Elle réalise à peine que désormais elle pourra explorer tous les jours l’extérieur du campement. Lorsque le matou cendré lui dit qu’elle peut choisir leur destination du jour, la petit écarquille les yeux, surprise par cette requête. Que choisir? Il y a tellement de lieux que la petite rêverait de voir!

«C’est difficile de choisir. Parce qu’il y a tout Valeemar à apprendre à connaître. Mais je me dis… Peut-être que nous pourrions aller aux Cinq Rocs pour que tu puisses me raconter comment les Clans sont arrivés ici? P-puis on pourrait essayer d’attraper quelque chose sur le chemin du retour?»


Sa toute première proie! Elle en rêve et s’imagine déjà que ce sera possible d’y parvenir aujourd’hui. Elle observe son mentor avec de grands yeux plein d’espoir… Sortir du territoire, capturer sa première souris… Finalement ce n’est pas si mal comme vie, être apprentie.
(c)Golden
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