Pokémon - Twisted Destinies

Entrez dans le merveilleux monde de Pokémon. Votre aventure ne fait commencer et pourtant, le monde est contre vous. L'influence de la Team Plasma se fait de plus en plus grande. Quelles intentions se cachent derrière leurs beaux discours? Découvrez-le!
 
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 Codages

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Kaylie Monroe
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MessageSujet: Re: Codages   Mer 9 Aoû - 18:20

[Seuls les administrateurs ont le droit de voir cette image]
Quand le passé fait renaître la rancoeur
Facile, le jugement, derrière les portes closes de l’indifférence. De la méconnaissance. La distance rend chaque prise de décision plus facile, n’est-ce pas? «Pourquoi?» résonne encore sous mon crâne, résultat mat de mon analyse déconnectée. Je n’ai pas toutes les pièces en main et pourtant je la toise de derrière mes certitudes, l’écrase de loin de cette froide œillade ayant fait ma réputation au fil des lunes. J’aimerais tellement lui faire subir la peine ressentie, la détresse des pas égarés d’un Clan en perdition. J’aimerais calquer chaque soupir amer, chaque larme arrachée… et la sensation de déracinement qui s’en est suivi. Chassés de nos terres par les flots ayant fait notre nom, nous avons trouvé au sein du Clan du Vent un havre de tranquillité et autant de possibilités de nous rebâtir. Peut-être nous étions nous trop accrochés à la familiarité, à la fraternité de deux tribus jointes sous une même cause. Parmi le mur de haine qui nous composait alors, l’amitié du Vent apaisait un peu notre peine… À tâcher d’attiser la colère qui me hantait depuis la décision de nous chasser, je me rends compte que le feu s’est éteint. Ne subsiste que quelques braises fumantes de ce que je considérais autrefois telle une rage inépuisable. Le temps change bien des choses. L’oubli, plus fort que le pardon. Néanmoins la douleur, elle, subsiste et fait s’agiter dans mes prunelles une lueur désespérée. J’ai presque espoir maintenant de l’entendre me donner raison, tout en désirant ardemment le contraire. Cet échange m’étourdit, je le regrette déjà.

Ses mots se mutent progressivement en sanglots atrophiés au fond de sa gueule, chaque syllabe détachée avec douleur et culpabilité. J’aimerais me délecter de sa souffrance. M’amuser de ses remords. J’aimerais la toiser et enfoncer les griffes parmi la plaie encore fraîche que j’ai laissé à ma suite, grâce à mes accusations malheureusement fondées. Elle ne nie pas, encore une fois. Elle nomme ses raisons, qui lui paraissent peut-être aujourd’hui puériles. La distance change toutes les perspectives. Devant les sanglots de Brise Silencieuse, je ne ressens aucune satisfaction, simplement un grand vide. Les guerres et les conflits nous emportent, créant des gouffres. Nous ne sommes que des soldats, blessés. Je ne comprendrai pas, je ne comprendrai jamais ses raisons. Je n’ai jamais cherché l’approbation des miens, pas comme la guerrière du Vent. Le mépris des autres me nourrit, et cette solitude aura été un choix. J’ai goûté à la vie de la communauté, cependant, je parviens à visualiser ce dont la chatte se languit.

«Nous ne pouvions pas rester. Nos réserves de nourriture s’amenuisaient, le territoire insuffisant pour tous les chats de deux Clans réunis. Les flots de la rivière s’étaient résorbés, nous pouvions traverser.»

Je ne la regarde plus, plongée parmi mes souvenirs. Si ma voix est plus douce désormais, on y perçoit encore les accents douloureux de l’amertume. Mes paroles viennent justifier une action que j’ai jugé impardonnable pendant très longtemps. Encore maintenant, j’en souffre. Toute motivation ne peut effacer ce sentiment, si irrationnel soit-il.

«Nous avions besoin de vous. De cette cause, cette guerre contre le Tonnerre. Nous avions besoin de vous pour guérir. C’était trop demander, mais nous avions mal, nous avons encore mal, et pardonner est difficile. Mais oublier… Oublier je crois que c’est possible.»

Je soupire, avant de reporter mon attention sur la guerrière affligée par mes mots. Je la regarde sans mépris cette fois, mais mes yeux trahissent encore de la rancœur, une rancœur qui finira peut-être un jour par s’estomper.

«Cette décision t’a-t-elle servie, Brise Silencieuse? Ton Clan t’accepte-t-il mieux maintenant?»

Peut-être ai-je encore le désir finalement, celui de remuer la griffe dans la plaie.
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Kaylie Monroe
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MessageSujet: Re: Codages   Dim 5 Nov - 19:49

«Pourquoi ne pas commencer par le tout début? Je vous vois réticente. Nous n’avons pas besoin de parler tout de suite de ce qui vous blesse.»

La jeune femme à la chevelure rose observe le thérapeute, à l’opposé de la pièce, tapi parmi les ombres. Quelque chose en elle se déchire un peu plus, comme à chaque nouvel expert lui demandant de relater son vécu. Sous ses ambitions de guérison elle s’épuise un peu plus à chaque fois que son parcours débute à nouveau. Telle une automate, défaite de ses propres émotions, elle décrit ses premières années d’existence.

«Je suis née ici, sur Enola. Mes parents biologiques sont Martha Kendoc-Jenkins et Carter Turnac. Ma mère était une jeune journaliste, une étoile montante. Mon père était… issu d’une des plus anciennes et prestigieuses familles de l’île. Il n’arrivait pas vraiment à s’y sentir à sa place. À l’époque, il faisait un peu n’importe quoi de sa vie. J’imagine que ça n’a pas tellement changé. Enfin. Les deux ont convenu qu’il était préférable de me mettre en adoption. J’ai donc passé les premières années de ma vie dans un orphelinat de Baguin. Je n’en conserve que peu de souvenirs, même que pendant la majorité de ma vie je n’ai jamais même su qui étaient mes véritables parents et mes origines enoliannes. J’ai grandi au Canada, auprès d’un couple aimant vivant au Québec, en banlieue de Montréal. Si on me le demande, ce sont eux mes véritables parents. Ils m’ont élevée après tout. J’avais quatre ans lorsqu’ils m’ont récupérée à l’orphelinat. J’imagine qu’à cette époque l’adoption internationale était moins difficile. Mes parents ne m’ont jamais caché que j’étais adoptée mais je ne cherchais pas à savoir. Je n’en ai pas senti le besoin vous voyez?»

Elle soupire. La partie aisée se termine. Mercedes lève les yeux. Le thérapeute prend ses notes, comme une promesse de l’aider. Elle, mise à nu, doit encore parler, car tout reste encore à faire.

«J’ai vécu une enfance plutôt banale. J’étais une enfant plutôt débrouillarde, très énergique mais disciplinée et plutôt douée à l’école. J’étais populaire auprès de mes pairs, j’avais une foule d’amis. Puis mes parents se sont divorcés, comme beaucoup de parents j’imagine. J’ai pris la nouvelle très durement. C’était ma première véritable déception en quelque sorte. J’étais romantique à l’époque, je croyais fermement en le grand amour et l’éternité, des concepts qui se sont trouvés effrités par la nouvelle. Je n’ai guère changé, mais j’ai certainement mûri. J’ai dû le faire car ma mère vivait une profonde dépression et elle avait ma garde la majorité du temps. Quant à mon père, je le voyais une fin de semaine sur deux. C’est lui qui avait quitté ma mère, vous voyez? C’était très difficile pour elle car elle était orgueilleuse, elle l’est toujours. D’autant plus qu’il la quittait pour une autre femme. Il est toujours avec elle aujourd’hui. Mon père a eu un autre enfant, cette fois biologique. Brandon Blanchett qu’il s’appelle. J’avais 9 ans quand il est né. C’est un chic type mon demi-frère. Je ne le voyais pas souvent mais je l’ai toujours apprécié. Je faisais la navette entre mes parents, parfois envenimée par les discours peu flatteurs de ma mère au sujet de mon père. Tout ceci est derrière eux à présent et ils s’entendent bien. Mais à l’époque c’était plutôt difficile de toujours me séparer entre les deux. Tout de même, je m’en suis sortie plutôt pas mal. Je réussissais très bien à l’école, surtout en français et en anglais. C’est vers cette époque où j’ai découvert ma passion pour l’écriture. De poèmes aux petites nouvelles, j’écrivais de plus en plus, mais je rêvais déjà de devenir journaliste.»

Un sourire étire ses lèvres, rapidement étiolé. La passion brûle toujours dans ses veines, malgré les conséquences tragiques de son métier sur son existence.

«Ma mère m’y a toujours encouragé. Ainsi à mon entrée à l’école secondaire, j’ai tout de suite intégré le journal de l’école. À l’époque, ce n’était pas grand-chose… Quelques histoires et potins. Puis je me suis trouvé un côté revendicateur et profondément curieux. J’ai exposé des problématiques de l’école et me suis mêlée de dossiers qui ne me concernaient pas. De fil en aiguille, je me suis retrouvée représentante de classe puis membre du conseil des élèves. J’aimais bien. Puis j’avais beaucoup d’amis. À cette époque, je me suis rapproché beaucoup de mon cousin Jonas. Il était un peu plus âgé que moi, et c’était l’image même du «bad boy» dont toutes les jeunes filles raffolent à l’adolescence. Jonas… il avait beaucoup de charme et de charisme. Plusieurs filles s’intéressaient à lui mais c’est moi qu’il a choisi. J’étais sa petite-amie en secret. Nous ne voulions pas que notre famille l’apprenne. Même si nous n’avions pas réellement de lien de sang, c’était tout de même bizarre pour des cousins germains de se fréquenter ainsi.»

Mercedes se tait, ses yeux s’embuent. Sa gorge s’entrave et le silence s’étire, si bien que l’expert redresse la tête pour observer la demoiselle, le regard perdu dans le vide. Aspirée peu à peu par ses souvenirs.

«Miss Blanchett?»

«J-Jonas et moi, ça s’est mal terminé. J’ai fait comme si rien ne s’était passé, j’ai nié pendant de très nombreuses années, j’ai tout fait pour effacer les conséquences de ce qu’il m’a fait subir. Encore maintenant, ce moment me hante. Je me suis promis de ne plus en reparler, pas si ce n’est pas nécessaire.»

Le thérapeute n’insiste pas, mais sa main court ostensiblement contre la feuille de papier. Pour sa part, la jeune femme à la chevelure rose s’est réfugiée dans un monde silencieux et contemplatif. Elle sent qu’elle ne sera pas au bout de ses peines car d’autres traumatismes doivent encore être abordés. C’est ainsi qu’elle guérira, elle peut se l’imaginer. C’est en partie pourquoi elle s’est dénoncée en tant que Azmitia et accepté de purger cette peine. Elle y a vu l’occasion de laisser son passé derrière et faire taire la culpabilité qui jusque-là l’a toujours poursuivie.

«C’est ainsi que s’est terminé mon adolescence, sur une queue de poisson. J’ai mis du temps à me remettre de tout ceci. J’ai cherché à y faire du sens mais pour une adolescente de seize ans, il y a plus facile. J’ai donc opté pour la seule solution qui m’apparaissait viable sur le coup : j’ai tenté d’oublier, de refouler jusqu’au plus profond de moi ce qui s’est passé et de passer à autre chose. J’ai un talent considérable pour couvrir les apparences. Même ma mère n’en a rien su, même si elle devait se douter de quelque chose. Dans tous les cas, j’ai gradué comme prévu en secondaire cinq, entreprenant des études collégiales en littérature. Je me suis mise en tête de devenir journaliste, mais j’ignorais comment me faire connaître et j’ai profité de mon passage au CÉGEP pour vivre ma jeunesse. Je me suis retrouvée un peu sans rien, du coup j’ai débuté mon propre blogue sous le nom de journaliste Azmitia et j’ai fait quelques jobines par-ci et par-là sans grand succès. J’ai amené seule, car je voulais vivre mon indépendance. Je vivais plutôt pauvrement, jusqu’à ce que je sois approchée par Montréal Presse. C’est là que ma vie a changé. J’ai été engagée et comme je disais «oui» à absolument tout, on m’a souvent envoyé pour écrire des articles à l’étranger. Je vivais le rêve, du moins je le croyais jusqu’à ce que mon patron m’approche pour me donner la mission qui m’amènerait à Enola. J’avais alors 22 ans.»

Un sourire mi-figue, mi-raisin se peint sur son visage. Sans cette assignation, à quoi aurait ressemblé sa vie? Tant de choses auraient été différentes, peut-être en aurait-il mieux été pour elle.

«J’avais, à l’origine, mission de me rendre sur Enola pour infiltrer la Compétition. Mon objectif était de passer pour une jeune Compétitrice qui cherchait à accomplir les dernières volontés de son père. En fait, je devais enquêter sur le Régime. J’oeuvrais sous le nom de Victoria Hills. J’ai connu à cette époque Kinu et Shadaya, alors un Kaïminus et une Lixy. Je n’avais jamais eu de contacts vraiment avec les Pokémon jusqu’alors et je n’avais… pas particulièrement d’affinités avec eux. Lors de mon arrivée sur Enola, j’ai dû apprendre rapidement, en plus de prendre mes marques dans un monde auquel je n’étais pas réellement préparée. J’ai écrit mon premier article, racontant la pendaison sur la place publique d’Eliza Turnac. J’ai assisté à l’événement et j’ai été renversée. C’était la première fois que je sentais une telle douleur, chez tout un peuple. Je me dis que sans Solène, je n’aurais probablement pas réussi à m’ajuster à tout ceci et à ma vie de dresseuse.»

«Solène?»

«Solène était mon contact sur Enola. En plus de vulgariser son monde, elle m’a aussi formée en tant que dresseuse. J’ai voyagé un certain temps avec elle et sa fille Crystal, un petit ange de quatre ans avec qui je me suis liée malgré moi. De fil en aiguille, nous sommes devenues amies proches. Même lorsque nous nous sommes séparées pour suivre nos destins à chacun, nous sommes toujours restées en contact très régulièrement. Sa famille m’a bien accueillie. Lorsqu’une photo de son ex-amant et ami d’enfance a été révélée, j’ai tout fait pour l’aider à le sortir de prison, Damien de son nom. Ça a été la première fois où je suis intervenue réellement, en aidant mon amie à trouver la prison du Régime où il était enfermée. De nombreux Résistants et innocents ont été libérés ce jour-là… et Crystal a retrouvé son père. Cet événement m’a beaucoup marquée.»

Elle se tait quelques instants avant de reprendre.

«J’ai rencontré Weston peu de temps après. Une soirée un peu débridée et nous étions à peu près inséparables. Ce n’était pas facile, à l’époque, il se droguait. J’imagine que j’aurais dû fuir, mais il était mon âme sœur, en quelque sorte. Nous étions faits pour nous compléter. Il a vécu son lot de misères pendant mes années sur Enola. Il a conduit en état d’ébriété et frappé quelqu’un. Il a failli se suicider. J’ai dû le récupérer à chaque fois… Mais bon, nous n’étions pas au bout de nos peines. Lui, il m’a surtout aidée lors de la frappe de janvier 2014. Le Régime a débarqué à une compétition amicale, a capturé de nombreux innocents pour les enfermer dans l’une de ses prisons. J’en faisais partie, même si on pourrait argumenter que je n’étais pas parfaitement innocente. Pendant dix jours on m’a torturée mais je n’ai rien dit. Je savais que les conséquences seraient bien pires si j’ouvrais la bouche. Alors je me suis tue. Puis on nous a libérés. C’est Weston qui m’a récupérée et qui a pris soin de moi par la suite. Je pense qu’à partir de ce moment, nous savions que nous serions ensemble réellement.»

Mercedes soupire, ce qui surprend quelque peu le psychologue. Il discerne au creux de ses prunelles une profonde amertume et une blessure pas encore cicatrisée.

«Je me suis engagée dans la Résistance cette année-là, à l’été 2014. Il faisait un an que j’étais là, et je savais bien désormais que mes articles prenaient un tournant personnel. J’ai donc décidé d’écrire pour eux, pour qu’on connaisse la vérité. Ça me faisait du bien, même si je n’étais pas certaine que c’était une bonne idée. Peu de temps après, j’ai remporté la Compétition. Ça a facilité bien des choses, notamment au niveau financier. Je pouvais désormais vivre confortablement sur Enola et poursuivre mon investigation du Régime en toute tranquillité. Cet été-là j’ai aussi découvert mon appartenance à la famille Turnac. Mon père est en fait le frère de l’ex-présidente Eliza Turnac. J’ai en même temps découvert que j’avais un demi-frère, John. Nous avons profité des années à venir pour nous rapprocher et mieux nous connaître. Lui et quelques personnes connaissaient ma réelle identité, comme Solène et Faust, et bien sûr Weston qui n’a pas bien apprécié quand il a su que je lui mentais depuis des mois. Il a toujours eu du mal à voir le portrait global des événements, à se détacher de sa propre perspective. J’ai aussi connu Adélia, ma cousine, que j’ai toujours protégée et défendue… Nous sommes devenues très très proches elle et moi, même si je n’ai pas toujours su être tendre avec elle. C’est elle qui m’a introduite à mon père, Carter, avec qui j’entretiens une assez drôle de relation.»

Elle boit une nouvelle gorgée, bien plus détendue maintenant.

«Carter, je l’ai rencontré chez elle, j’ai cru que c’était un membre du Régime. Lorsqu’il s’est expliqué, je n’ai pas cherché à comprendre. Mais lorsque Benjamin est atterri dans ma vie, c’est lui que je suis allée voir pour comprendre comment je me sentais. Benjie, c’est le fils de Weston, qui est arrivé dans notre vie après notre mariage. Sa mère s’est suicidée et nous avons hérité de lui. Je ne voulais pas au début… Pas de lui dans ma vie, pas assumer ce rôle. Mais le petit a touché mon cœur et je suis devenue… sa mère en quelque sorte. Comment pouvais-je refuser ce petit brin d’amour de trois ans, cette copie conforme de son père au niveau physique? Les années 2015 et 2016 a été forte en émotions avec la marche pacifique dans les rues d’Amanil qui a mal tourné, ma rencontre avec mon père et puis Benjamin. J’avais du mal à trier tous mes ressentis et mon couple en a pâti. Weston ne comprenait pas pourquoi j’étais si impliquée dans la Résistance, il était inquiet et il me faisait sentir coupable de mon implication. Il m’a fait promettre de ne jamais mettre notre famille en danger par mes activités au sein du mouvement rebelle. Sauf que je n’ai pas écouté. Plus les mois passaient, plus je me radicalisais. La vengeance vibrait en moi et j’avais l’impression de devoir faire quelque chose pour essuyer… tout le mal que le Régime laissait derrière lui.»

Cette fois la jeune femme se tient bien droite contre son dossier.

«Il y a eu la mise à mort de Gears, puis l’annonce du Régime quant à l’emergya. J’étais avide de les mettre à la porte et j’ai senti que notre mouvement grossissait à cette époque, que l’indignation gonflait en un million de murmures. Quelque chose se produirait et cette perspective allumait une flamme en moi. Ces mois-là, j’ai été très active. Jusqu’à janvier 2017, où j’ai découvert tous mes collègues Résistants assassinés. Nous avions monté une équipe d’experts en communications. Nous aimions brouiller les ondes et faire entendre notre message. Sauf qu’un jour je suis rentrée pour ne trouver plus personne. Je n’ai pas su quoi faire devant les corps mutilés de mes compagnons. Alors j’ai fui. J’ai repris le chemin vers Anula où je résidais, la peur au ventre. Lorsque je suis arrivée chez moi, j’ai constaté l’horreur. On avait attaqué aussi ma demeure car bien de mes Pokémon gisaient sur le sol, inconscients et blessés gravement pour la plupart. Parmi eux, il y avait Silver, mon Dimoret, qui ne respirait plus. À l’étage, son assassin m’attendait avec deux de ses alliés.»

Elle pleure maintenant, c’est plus fort qu’elle. Elle pleure en silence, avec courage et dignité, du moins ce qui lui en reste. Son corps la trahit. Elle tremble profondément et le psychologue sait qu’elle évoque ce qui l’a traumatisé le plus dans son parcours, ce qu’elle porte encore sur ses épaules.

«Nous avons combattu… Nous avons combattu pour la vie et pour la mort. Il faisait partie du Régime et il avait l’intention de me capturer. Il devait faire de moi son prix et Weston et Benjie ses victimes collatérales. Je ne pouvais pas accepter. Je n’avais plus que Golden, mon Alakazam, et Aria, ma Roitiflam, avec moi mais nous n’avons pas fui, nous ne pouvions pas cette fois. Alors lorsque le pistolet a surgi à mes pieds, je n’ai pas hésité. J’ai tiré. C’était la… c’était la première et la dernière fois. Je veux dire… que je tuais quelqu’un. Il était trop tard, il avait emporté Aria avec lui. Cette nuit-là je me suis évanouie de chagrin et de désespoir.»

Elle pleure longtemps. Le thérapeute la laisse exprimer ses émotions. Il la sait sensible, il le devine. Il sait aussi que son orgueil la retient trop souvent ce laisser-aller.

«C’est Cape Grise, une alliée Résistante qui m’a récupérée cette nuit-là. Je me suis éveillée à l’hôpital. Mes Pokémon ont été amené à Baguin, auprès de la Médecin-Chercheur, une amie. Pour ma part, j’ai été traitée par une médecin du mouvement. Elle ne pouvait rien pour moi, mes blessures étaient psychologiques. Ce matin-là, Weston m’a visitée et il m’a annoncé que nous n’étions plus. Il m’a abandonnée au moment où je me languissais d’une aide, d’un peu de chaleur. Je venais de perdre… de tout perdre, y compris lui et Benjie. J’ai cru… j’ai voulu mourir. Je ne peux même pas décrire mon chagrin. Je n’ai pas tenté de le convaincre, après tout j’avais failli à ma promesse et lui à la sienne. Brisés. Voilà. Nous étions brisés. Sans Lexie, nous aurions probablement fait tous les efforts pour jamais nous croiser à nouveau, mais j’ai appris au mois de mai que j’étais enceinte de lui. Une conversation avec Cape Grise, qui m’a révélé être ma mère biologique, m’a convaincue de poursuivre la grossesse. À cette époque, j’ai rejeté à peu près tous mes proches. Je ne pouvais pas supporter la compagnie, je m’effrayais pourtant seule. J’ai trouvé refuge chez Faust quelques mois, même aujourd’hui il ignore qu’en m’ouvrant les portes, il m’a sauvé d’une mort certaine.»

Le psychologue hoche la tête, sachant déjà comment aborder la prochaine séance. Celle-ci s’achève, mais au moins il aura eu un bon portrait de la situation de sa nouvelle patiente. Il s’apprête à mettre fin à la rencontre quand la rose reprend la parole pour un dernier chapitre.

«Le 28 août 2017, Amanil s’est soulevée. J’étais parmi eux, j’ai été la voix pour précipiter la chose, j’ai incité à la violence, au feu et au sang. À l’aube du 29 août, je regrettais déjà. J’ai cherché, dans la cacophonie d’Enola, à sauver la personne que je m’étais jurée de ne plus jamais rencontrer. Je suis allée chercher Weston et Benjamin à Anula mais il n’a pas apprécié ma présence. Il m’a menacé de me prendre Lexie, il m’a bousculée et je suis tombée. Ce n’est pas le choc qui a provoqué l’accouchement prématuré mais probablement tout le stress que j’ai pu vivre pendant ma grossesse. Nous nous sommes rendus à l’hôpital où j’ai été accueillie dans la confusion. Je n’ai pas choisi mon jour. L’accouchement a été très difficile, douloureux et pénible. Lexie était un petit bébé à sa naissance et avait quelques problèmes de santé. Mais elle était là. Et dans la misère que connaissait Enola, j’ai su que nous nous en sortirions, et que moi je survivrais à ma douleur. J’ai pris la décision de faire tout en mon pouvoir pour la conserver auprès de moi, même si ça devait signifier de la partager avec son père. À ce jour, je ne peux pas décrire de moment plus précieux que celui où on l’a remis dans mes bras, ce tout petit bébé aussi amoché que sa mère. J’ai su que jamais au monde je n’aimerais quelqu’un autant qu’elle.»
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MessageSujet: Re: Codages   Ven 10 Nov - 14:38

«Répétez, je n’ai pas compris. Pourquoi êtes-vous ici?»

Les deux femmes prennent place autour de la table où une bénévole de la maison vient poser du thé. Intimidée par la présence de l’une d’entre elles, la directrice de la Compétition Éléanore Swan, l’intervenante se presse à faire le service de la boisson chaude et de disparaître, les laissant seules. L’autre, une jeune femme d’une trentaine d’années aux cheveux roses désormais coupés aux épaules, scrute sa vis-à-vis en attendant une réponse. Ses prunelles semblent calmes, ce qui rassure Madame Swan, malgré l’étincelle de méfiance et d’incompréhension qu’elle y décèle.

«Un investissement possible. Mais avant j’ai besoin de savoir certaines choses, Mercedes. Vous me permettez que je vous appelle ainsi?»

«Euh… Oui bien sûr. Je ne sais pas trop en quoi je pourrais vous être un investissement sincèrement.»

«Hum, vous vous trompez. Selon la demoiselle qui vient de quitter à l’instant, vous faites d’importants progrès. Votre sortie est même prévue le mois prochain.»

Mercedes se tait. Il fait maintenant plusieurs mois qu’elle suit une thérapie dans une maison pour femmes aux prises avec des problèmes de santé mentale divers. Pour elle, c’était la dépression et bien sûr le syndrôme post-traumatique dont elle souffre depuis cinq ans. Sa dépression sous contrôle désormais, plus que ce dernier trouble lui reste à surmonter. Or, les dires de la directrice ne sont pas sans fondement. Le psychiatre lui a en effet annoncé sa sortie de la maison le mois prochain. Une perspective qui enchante et terrorise la jeune femme à la chevelure rose.

«Si je suis prête, oui.»

Éléanore Swan peut sentir les réserves et les craintes au creux de la voix de Mercedes. Elle décide de ne pas y prêter attention. La jeune femme lui fait énormément penser à elle, à une autre époque, lointaine désormais.

«Miss Blanchett, j’ai conscience que de sortir de ce cadre rassurant peut s’avérer quelque peu difficile. Mais comme je vous l’ai dit, j’ai une opportunité qui pourrait se présenter à vous.»

«Sous quelles conditions?»

«Hum… Disons que je suis intéressée à connaître votre histoire. Le reste de votre histoire. Ce que je n’ai pas eu le loisir de découvrir.»

«Par où commencer?»

Son histoire, elle l’a raconté si souvent désormais que l’exercice ne l’émeut plus. Seule la curiosité la pousse à venir à bout de cet échange quelque peu présomptueux de la part de la directrice de la Compétition. Cette opportunité promise, quelle qu’elle soit, l’attire malgré elle.

«Pourquoi pas le 29 août 2017? C’est une journée qui a changé bien des choses pour les Enolians tels que vous.»

«Certes… Hum. Le 29 août 2017, j’étais à Anula, à fournir l’aide que je pouvais aux rescapés de la ville. À l’époque, la cité était inondée. Les habitants cherchaient secours, criaient et se débattaient parmi les flots. J’ai fait appel à mon équipe pour venir en aide au plus de gens possibles. Moi, je survolais les immeubles, et dans les vitres de l’une d’entre elles, j’ai vu Benjamin, le fils de Weston. J’ai accouru pour le sauver dans son appartement penthouse. L’intégrité de l’édifice était compromise. Je n’ai pas hésité à le prendre dans mes bras et l’emmener en sécurité. Son père a surgi, je ne l’avais pas vu. Il a refusé que j’emmène son fils, il m’a bousculée et… je suis tombée, je crois. Mes contractions se sont alors déclenchées. Nous avons fait appel à Golden, mon Alakazam, qui nous a transportés à l’hôpital. J’étais dans une souffrance abominable. À vrai dire, l’accouchement ne s’est pas très bien déroulé et Lexie est née prématurée, avec quelques problèmes de santé. Mais elle était la plus belle chose qui existe. Pour moi, cette journée marquait un nouveau tournant dans ma vie, pour le meilleur et pour le pire. Malheureusement, ça a surtout été pour le pire.»

Elle baisse les yeux.

«Sitôt notre fille née que nous avons dû nous battre. Je ne désirais pas vraiment lutter, mais je sais qu’il m’aurait tout pris si je ne le faisais pas. Vous voyez, il n’y avait pas de limite à son égocentrisme et sa cruauté à l’époque. Alors un juge a tranché. Garde partagée. Rien au monde ne me procurait plus de bonheur que de prendre soin d’elle. Solène et Damien passaient m’aider, car j’avais beaucoup de mal. Mon humeur et la fatigue rendaient ces moments particulièrement ardus, et de rendre l’enfant à son père à chaque semaine causait par la suite d’interminables crises de larmes. À chaque nouvelle semaine je craignais qu’il ne me l’enlève. Nous avons dû apprendre à nous faire confiance. Puis à nous appuyer l’un sur l’autre. Après un moment, nous échangions par téléphone, de façon cordiale du moins, pour le bien-être de la petite. Mais malgré les progrès dans notre relation familiale, je m’enfonçais. La fatigue me tuait à petit feu. Après les six mois de Lexie, elle passait de plus en plus de temps avec Weston car je ne pouvais tout simplement pas m’en occuper. Je tentais tant bien que mal de garder la tête hors de l’eau. Les projets de reconstruction de l’île et l’implication de la Résistance dans les procès des anciens membres du Régime m’a permis d’y arriver pendant quelques temps.»

Éléanore la scrute intensément avant de commenter.

«Avec ce que vous aviez vécu avant, ce n’était guère surprenant que vous tombiez. Je suis passée par un divorce difficile aussi, mais ce n’était qu’un des éléments qui ont précipité votre dépression. Vous avez témoigné de beaucoup de courage.»

Mercedes relève les yeux vers la directrice de la Compétition, touchée par sa compassion. Avec un bref sourire, elle poursuit son récit, bien plus en paix désormais, même si elle regrettera toujours d’avoir manqué à son devoir de mère. Encore aujourd’hui, toutes ses décisions s’orientent vers le bien-être de sa fille Lexie, pour qui elle a suivi cette thérapie.

«Lorsqu’est venu le temps de juger les Résistants extrémistes, je n’ai pas hésité. Ce soir-là je suis passée chez Weston et je lui ai dit ce que je m’apprêtais à faire et dans quel objectif. Je lui ai dit que j’étais prête à assumer mes actions, mais que cela voudrait dire que je devrais laisser Lexie grandir sans moi pendant quelque temps. Je ne sais pas s’il a compris que j’avais confiance en lui pour élever notre fille. Il y réussissait si bien, à vrai dire. Aussi, s’il a vu à quel point cette décision m’en a coûté, mais que je ne pouvais plus vivre ainsi. Ce soir-là, j’ai aussi annoncé la nouvelle à mon équipe. Jeda ma Steelix et Peach ma Fouinar ont toutes les deux décidé de repartir de leur côté, dans la nature, pour vivre une autre vie. Tous les autres ont juré de m’attendre, sous la tutelle de Adélia à qui je les ai confiés. Le procès a duré quelque temps. Vu ma bonne volonté, on a été clément. On m’accusait d’incitation à la violence et de meurtre d’un Officier du Régime. J’ai été condamnée à trois ans de prison pour la première offense. Sous le nom de Azmitia, j’ai effectivement incité la foule à la violence dans les rues d’Amanil. Pour ce qui est des accusations de meurtre, celui-ci a été reconnu de légitime défense. J’ai donc été pardonnée. Je suis entrée en prison le 24 février 2019, je n’oublierai jamais la date.»

La jeune femme boit une gorgée de thé, assumant pleinement son passé de Résistante extrémiste ainsi que les conséquences de ses actes sur sa vie.

«La prison m’a sauvée. À l’intérieur de ces murs, j’ai enfin pu guérir. J’ai bénéficié des services de nombreux spécialistes. Trois ans ont été une opportunité pour moi de contempler ma vie jusqu’à cette époque. Je n’ai pas chômé. J’ai participé à toutes les thérapies proposées, les cours, les activités. J’ai appris toutes sortes de choses et j’ai réfléchi, je me suis reposée enfin aussi, dans un univers reclus où je n’avais qu’à moi à penser. J’ai reçu quelques uns de mes proches, même si c’était toujours difficile. Et Weston et Lexie aussi, quelques fois. Devant mes yeux, ma fille a grandi, à présent une étrangère. J’ai mûri, et je me suis pardonnée les erreurs que j’ai pu faire. Je suis sortie de prison avec un tout nouveau bagage et une nouvelle perspective. En mars 2022, je suis passée directement de prison à ici, où nous nous trouvons présentement, non sans avoir retrouvé avec beaucoup d’enthousiasme mes Pokémon, dont Nueria qui a évolué en une magnifique Muplodocus pour fêter nos retrouvailles. Je savais que j’avais encore du travail à faire sur moi, notamment du côté de mon syndrome post-traumatique. Je ne regrette rien, même si cela voulait dire attendre encore de revoir ma fille. Encore une fois, j’ai été assidue et j’ai tenté tout ce qu’on m’a proposé. Je me sens mieux, vraiment mieux, même si l’idée de sortir m’effraie encore toujours autant. Je n’ai pas vu le monde depuis près de quatre ans, miss Swan.»

Éléanore Swan reste silencieuse un très long moment, contemplative de cette histoire si touchante que lui expose la jeune femme. Mercedes, elle, s’est laissée voguée à des pensées lui étant propre, mais chez elle, la directrice peut sentir un sentiment de paix. Oh, la rose ne sera plus jamais la même après les événements ayant marqué sa vie, mais elle perçoit chez elle exactement ce qu’elle était venue chercher. Une rage de vivre, d’aller de l’avant.

«Vous savez, je suis venue ici malgré les contre-indications de nombreux de mes collègues. Pourtant, je n’ai eu d’idée que de vous pour assurer la position que je vais vous proposer. Je pense qu’en tenant compte de votre vécu, votre cheminement, en plus de votre expérience de dresseuse, vous êtes exactement la personne qu’il nous faut. Vous sortiez d’ici dans un mois et il vous faudra un nouveau projet, je crois. Que diriez-vous de devenir Championne de la toute nouvelle Arène à Dimaras?»

Mercedes ne réagit pas, incrédule devant une telle proposition. À vrai dire, elle aurait dû s’attendre à quelque chose du genre, sans pour autant l’avoir envisagé ne serait-ce qu’une seule seconde. De sa courte expérience au sein de la Compétition, elle n’aura jamais entretenu l’ambition d’une position d’Élite et encore moins après. Les secondes se changent en minute tandis que la jeune femme accuse le choc, partagée entre l’envie de rire ou refuser. À ses yeux, elle n’a rien d’une dresseuse, mais rapidement, la suggestion lui fait du sens. Malgré ses dires, elle est effectivement une dresseuse compétente et aura poursuivi son entraînement même après son couronnement en tant que Gagnante de la 100e édition. Ayant rejeté son métier de journaliste lui ayant apporté trop de peine ces dernières années, Mercy se retrouve effectivement sans le moindre projet. À l’extérieur de ce cocon sécurisant, elle se sentira dénudée et vulnérable sans de quoi s’occuper l’esprit. Seule l’action la motive et lui permet d’avancer. Devant le silence à rallonge de son interlocutrice, Éléanore se permet de relancer la discussion.

«Je sais la proposition un peu… Toute droit sortie du néant. J’ai conscience qu’elle peut paraître un peu déstabilisante à ce point-ci. Néanmoins, je vous ai toujours appréciée en tant qu’ancienne Gagnante. Vous connaissez bien le jeu, vous savez ce que c’est. Vous avez un cœur altruiste et vif. Puis je sais que cette étincelle ne s’est pas éteinte en vous. La bénévole de toute à l’heure m’a raconté votre combat avec le Pokémon que vous avez capturé dernièrement, contre une autre pensionnaire.»

«Adowë? Hum, oui, j’ai capturé l’Arakdo dans l’étang de la cour… Cette drôle de chose venait souvent s’y aventurer, je pense qu’elle m’aimait bien car elle m’approchait toujours. Puis je lui ai proposé un petit combat et je l’ai capturée.»

«Oui, et il paraît que votre combat contre l’autre pensionnaire était spectaculaire, que vous étiez grandiose.»

«Les bénévoles sont parfois un peu… maternants. Il ne faut pas se fier à leurs discours.»

«Oh, mais je n’ai pas eu à interprété ses dires. Elle m’a montré la vidéo. Je sais que le feu du combat est en vous, mais ce n’est pas seulement pour cette raison que j’ai pensé à vous. Vous avez toujours été une fervente défenseuse de cette île. Vous avez à cœur le bien-être de ses habitants. Vous êtes impliquée, vous l’avez toujours été. Mercedes, le poste de Championne vous demanderait d’assurer les matchs, mais aussi de diriger la milice dans votre ville et d’assurer la protection de ses citoyens. Je vous en sais capable, je sais que cette cause résonne en vous.»

Chez Mercedes, ses mots forment une cacophonie de sons et d’idées. Cette étincelle soufflée trop vite, soufflée il y a plus de cinq ans maintenant, revit et palpite. À mi-mots, émue et un peu confuse, la jeune femme ne peut que répondre :

«J’accepte.»
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MessageSujet: Re: Codages   Jeu 16 Nov - 11:14

À l’orée de la porte, je m’arrête, pause intemporelle vestige de mes dernières hésitations. Un dernier coup d’œil derrière m’informe de tout ce que je laisse aujourd’hui parmi mon passé. La maison m’apparaît alors telle qu’elle le fut lors de ma première visite : un havre de paix parmi une demeure centenaire, ses escaliers de bois et ses moulures anciennes, avec ces femmes perdues qui me scrutent de loin en m’adressant de vagues sourires. Au-delà des liens tissés ici, ce qui me manquera davantage sera la sensation de paix et de tranquillité, de sécurité même procurée par ces quatre murs rassurants. La maison pour femmes aux prises avec des problèmes de santé mentale d’Anula m’aura permis de me remettre sur pieds, et c’est non sans réserve que je la quitte pour me jeter parmi un monde qui m’est totalement inconnu. Trois ans et demi d’isolement m’auront laissé craintive. J’ai quitté la vie active dans le chaos. Le monde extérieur me paraît maintenant si calme, comme apaisé. Mon regard se porte un peu plus loin sur la chaussée, où une grande femme à l’épaisse chevelure brune me scrute. Le soleil brille dans un ciel encore endormi, mais ses rayons se reflètent tout de même contre la voiture aux fenêtres teintées qui m’attend à l’entrée. Un nouveau départ, je titube en faisant mes premiers pas. Sitôt je me mets en mouvement que la femme soupire, comme soulagée, s’empressant d’ouvrir la portière comme dans la crainte de me voir changer d’idée.

Aucun retour en arrière ne sera envisagé. En marchant vers l’automobile, je m’arrête au flot de sentiments qui m’assaille, sachant désormais reconnaître chacun d’entre eux. Le plus puissant, la peur, se manifeste avec énergie, embourbant mes pensées dans une fibre fébrile. Je repousse les tentatives de ces vieux mécanismes usées, ceux que j’utilise sans cesse pour me préserver. Ici, pas d’évitement possible. Car derrière toutes mes craintes, j’ai l’impression réelle de revivre de ce projet proposé. Lorsque je m’arrête devant la femme, Éléanore Swan, c’est pour la prendre dans mes bras dans une étincelle de reconnaissance. La directrice de la Compétition se crispe quelques instants avant de renifler, probablement amusée. Je me détache d’elle sans mot dire, prenant place sur la banquette arrière. Lorsque la porte se referme et que la voiture se met en mouvement, je sais que plus rien ne sera pareil, que si les premiers temps promettent émotions et difficultés, que je pourrai enfin ranger ma vie parmi ce nouveau projet. Nous filons ainsi quelques heures dans le plus grand des silences, jusqu’à ce que Dimaras ne paraisse au loin, village maintenant bien plus étendu qu’en mes souvenirs. Le soleil désormais haut dans le ciel illumine les toitures colorées de la basse-ville, près de la mer. J’entends le chant des Goélise, perçois l’odeur salée du vent marin.

J’ai déjà choisi la maison, sans l’avoir visitée. Une assez vieille bâtisse, à une rue de la mer. Un cottage qui sera bien assez grand pour Lexie et moi ainsi que nos Pokémon, avec une cour certes plus petite que celle que nous avions à Anula mais qui fera. Je n’ai pas particulièrement hâte de m’y trouver. Je sais que ma vie y sera plutôt solitaire lors des moments où je n’aurai pas la garde de ma fille. Après toutes ces années passées sans la moindre intimité, j’aurai du mal avec la solitude. Heureusement, il y aura l’Arène pour me distraire et m’occuper.

«Nous la voyons d’ici.»

Je la cherche du regard dans la ville. Je sens Éléanore se rapprocher de moi, prenant mon bras pour me pointer au loin. Je mets quelques instants à réaliser que la bâtisse se trouve un peu en périphérie de la ville, juchée sur une grande falaise qui surplombe la ville. Quelques commerces l’entourent, mais l’Arène, un immeuble blanc parfaitement visible d’ici, est le plus grand. Mon cœur s’emballe. De là-haut, il y a probablement une vue imprenable sur le village en contre-bas et sur la mer qui se jette au pied de la falaise.

«Wow.»

«Il s’agit de l’ancienne piscine municipale. Abandonnée depuis belle lurette, depuis le début des années 2000 je dirais. Les citoyens n’ont pas eu le cœur de la détruire. Il a fallu les convaincre d’adapter cet artéfact de l’histoire de Dimaras mais ils ont fini par céder devant la promesse de rendre disponible la piscine lorsqu’il n’y aura pas de match.»

J’acquiesce, parfaitement d’accord avec cette proposition. En invitant la population de ma ville à venir nager, j’aurai aussi l’occasion de mieux la connaître. Je n’oublie pas que le poste de Championne vient nécessairement avec d’importantes responsabilités, celle de prendre en charge la milice et protéger la ville, par exemple. La voiture file à travers la ville et j’ai l’occasion d’un peu mieux connaître les environs. Je n’ai pas souvent visité ce village mais je constate vraiment que sa proximité avec Vanawi l’aura rendu plus populaire et aura favorisé son développement. La vie y est paisible. Voilà exactement ce qu’il me fallait. Je ne suis pas certaine d’avoir su gérer une cité telle que Vanawi ou Zazambes. Nous arrivons finalement devant l’Arène. Je constate aussitôt que d’importants travaux destinés à la rénover sont toujours en cours. De nombreux travailleurs s’attardent à repeindre la devanture d’un blanc immaculé, et ses détails en bleu. Je pénètre dans la bâtisse par la double-porte automatisée. L’air sent fortement le chlore et les autres produits pour piscine. Il y fait chaud, presqu’autant qu’à l’extérieur. Deux portes mènent à des vestiaires qui sont reconvertis en ceux pour les challengers et je suppose ma loge personnelle. Les deux portes du font nous mènent à la piscine. Ça sent la peinture fraîche ici. Les murs sont hauts, l’écho omniprésent. Les combats seront assourdissants ici sans aucun doute. Des méduses, coquillages et étoiles de mer sont peintes contre le mur devant l’estrade, brillantes et élégantes. Les dalles du plancher, les murs… tout est blanc à l’exception de quelques détails bleutés ou rosés qui donnent à l’endroit une apparence un peu rétro. Mais le meilleur reste encore la piscine, pas de taille olympique mais tout de même grande. À la surface, des plateformes permettront aux Pokémon terrestre de se défendre. Et derrière le terrain aquatique, derrière l’endroit où je prendrai place pour mes matchs, une magnifique baie vitrée permettant un regard sur l’océan qui se brise au pied de la falaise, et Dimaras.

Je prends le temps d'accueillir tout ceci, sous l'œil attentif d'Éléanore qui semble encore surveiller mes faits et gestes, comme dans la crainte de me voir refuser la place de Championne si généreusement proposée. Or, je fais le tour de la pièce, le claquement de mes bottes formant une cacophonie contre les dalles. Obnubilée par la vue, l'écho, le clapotis de l'eau contre le bassin, je me laisse ensevelir de toutes ces sensation. Dans un mouvement automatique, ma main court contre la ceinture de balles suspendue à ma taille, en libérant mes alliés. Une quinzaine de Pokémon envahissent l'espace. Si Pharos le Pyrax et Fiona la Goupix s'éloignent aussitôt de la piscine pour venir scruter la vue près de la baie vitrée, Opalyn la Lackmécygne, Kinu l'Aligatueur, Adowë l'Arakdo, Nueria la Muplodocus et Wanda la Carabaffe ont tous rejoint les flots de la piscine. Sirius se tient un peu à l'écart près de Teigon le Zoroark. Golden et Shadaya restent à mes côtés, comme à son habitude, tandis que Nemeroff et Hercules s'empressent de rejoindre leurs balles à nouveau. Tout le monde y est, sauf Dot bien sûr, disparue il y a des années maintenant. Je pense à la petite Porygon en cet instant, sachant très bien qu'elle aurait adoré l'Arène. Sa présence me manque terriblement. Cet épisode de nostalgie se trouve bientôt remplacé par une joie difficilement contenue. Mes alliés font vivre cette Arène, me tirant moult sourires.

«Avez-vous décidé qui, parmi eux, fera partie de votre équipe officielle?»

«Je pensais à Adowë, Wanda et Kinu.»

Je me suis approchée de la piscine, retirant bottes et chaussettes pour tremper mes pieds dans l'eau. Mes amis s'amusent à se bousculer et s'arroser dans une cacophonie enthousiaste. L'approche d'Éléanore me surprend, je ne m'attendais pas à la voir si près de la piscine. Or, elle se déchausse elle aussi et vient s'asseoir à mes côtés, le regard perdu dans les vagues comme s'il s'y trouvait quelque vieux souvenir. Nous scrutons un moment la piscine quand elle me tend une balle.

«Kinu est un peu trop féroce au goût de la Compétition, un peu trop puissant. Nous avions pensé à Opalyn pour assurer les matchs contre les challengers plus expérimentés. Pour ce qui est de Wanda, j'ai l'impression qu'elle tient un peu trop à sa liberté pour assumer une telle responsabilité.»
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