Pokémon - Twisted Destinies

Entrez dans le merveilleux monde de Pokémon. Votre aventure ne fait commencer et pourtant, le monde est contre vous. L'influence de la Team Plasma se fait de plus en plus grande. Quelles intentions se cachent derrière leurs beaux discours? Découvrez-le!
 
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 Codages

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Kaylie Monroe
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MessageSujet: Re: Codages   Dim 23 Nov - 19:59


Jardin d'Éden

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Famille
Est-ce la pluie s'écrasant contre les carreaux qui m'ont soudainement pris du sommeil? Le grondement rageur de l'orage faisant trembler ces murs comme s'ils étaient fait de verre? La violence d'un énième cauchemar? Je me réveille, si brusquement que j'aurais pu me croire jamais endormie. Le coeur battant avec une violence douloureuse contre mes côtes. Mes prunelles cherchent les ombres dans la pièce, plongée dans une pénombre intacte. Je me sens étrange, lourde, étranglée d'un mauvais pressentiment. Je me lève, me dirige à la fenêtre en titubant, y cherchant quelque lumière, quelque réconfort. Comment la nuit peut-elle être si noire? Je me souviens, lentement, presque à contre-coeur, les raisons de ma présence dans cette maison aujourd'hui. Je sais que Mercedes est partie en mission nocturne, qu'elle risque gros, qu'elle pourrait même y passer. Que ses obligations pour la Résistance n'ont rien à voir avec ce qu'elle tente de faire ce soir. Que ce qui l'anime est bien plus grand que moi, bien plus grand qu'elle. Une force, dévastatrice, qui la pousse à aller de l'avant et à se battre, jour après jour. Le courage ou la stupidité, je ne saurais dire. Je respire avec peine, ce sentiment ne me quittant pas. Et si elle doit mourir cette nuit? Et si je devais retrouver son visage sur les premières pages des journaux demain, lorsque la vérité à son sujet éclatera? Je frissonne avant de me recroqueviller lentement contre moi-même, sous cette fenêtre donnant sur le vide froid de cette nuit.

Je me sens tellement impuissante. Incapable de protéger ceux que j'aime. Spectatrice de tout le mal qui peut être fait à mes proches. Incapable d'assurer ma propre protection. Fardeau pour les miens, pour mes Pokémon. Qu'ai-je accompli depuis mon retour si n'est que de me mettre en danger? Alors que ma cousine court les rues pour sauver le monde, je reste, statique, muselée, bâillonnée par ma propre peur. Que veut dire d'être courageuse? Comment puis-je l'être? Je me mets à trembler alors que l'orage secoue la demeure une fois de plus. Ou est-il à l'intérieur de moi? Je vais chercher mes cheveux à la racine en enfonçant mes doigts dans mon cuir chevelu. Tirant doucement pour avoir mal ailleurs qu'à l'intérieur de moi. Je suis fatiguée de courir, de courir après moi-même. Inlassablement. De craindre ceux qui peuvent me protéger, comme Mercedes, comme Tristan, comme Melinda, comme Faust. À vouloir tout faire pour moi sans rien changer. Je suis fatiguée, fatiguée d'être ce que je suis, un boulet inutile, inutile, inutile. Si seulement que d'y croire suffisait à changer le monde. Si elle doit ne pas revenir, comment survivrai-je à la perte de mon sang, une fois de plus?

Je ne sais plus quand je me suis mise à pleurer. Je sens un bras m'entourant avec une tendresse inouïe, une force me tirer du sol pour me hisser sur le lit. Je me blottis contre une poitrine dont le coeur bat fort, si fort. Comme un tambour, nimbé de douleur et d'espoir tout à la fois. Différent. Je le sens, même si je sais qu'il s'agit d'elle. Elle est différente. La Kirlia qui passe une main dans mes cheveux, qui fredonne tout bas une mélodie issue de ma lointaine enfance. Elle a changé depuis que je l'ai connue. Elle s'est teintée de tristesse. Combien de temps encore avant qu'elle finisse par se faner? Par oublier la lumière qu'elle est pour moi? Pour tous ceux qui ont le privilège de la connaître? Combien de temps encore dois-je l'empoisonner? La tristesse qui résonne dans sa poitrine est la mienne, celle que je porte dans toutes les pores de ma peau et qui passe tout près de me consumer ce soir. Je n'ai pas le droit de l'emporter avec moi dans ma noirceur. Je n'ai pas le droit. Mes lèvres se mettent à bouger. Se mettent à gesticuler. À hurler. Je n'ai pas le droit. Je la repousse mais elle s'accroche, encore plus, au point de me fendre les os.

«Arrêtes... arrêtes... Anika arrêtes... Tu ne peux plus souffrir à cause de moi...»

Mes larmes débordent contre mes joues, je sens les siennes couler contre mon cou. J'ai beau me débattre, je n'ai plus de force. En ai-je déjà eu? Combien de fois j'ai voulu être forte? Combien de fois l'ai-je véritablement été? Probablement jamais. Encore une fois, je m'abandonne dans les bras d'Anika, qui a toujours été présente pour moi. Au point de se rendre malade. Adélia Turnac, poison pour ses proches. La pensée ne fait que se formuler dans ma tête que je sens la Kirlia se redresser avec violence, s'hisser sur ses pattes frêles pour me considérer avec une fureur que je ne lui avais jamais vu. Les objets se mettent à osciller dans la pièce, avant de se surélever. Un vent souffle soudain dans la pièce, un vent qu'elle a elle-même provoqué, sous l'effet de la colère. Son visage s'est déformé de peine et de rage, une rage qui m'effraie, qui me fait reculer.

Un ange passe. Je reste figée, à me demander si elle s'en prendra à moi pour ma faiblesse. Mais lentement, les objets reprennent leur place, et le vent d'estompe. Anika ne me regarde plus à présent, le regard rivé vers la fenêtre noire. L'inquiétude agite ses prunelles qui se rivent vers moi avec empressement. Elle prend la fuite dans le couloir et je m'élance à sa suite en appelant son nom. Le tonnerre gronde, encore et toujours, avec la même violence, prêt à nous détruire. Les pas de la Kirlia se font plus pressés alors qu'elle dévale les escaliers en direction de la porte d'entrée, qu'elle ouvre à la volée, se jetant à l'extérieur, dans la tempête. Je trébuche dans une marche, glisse et me retrouve tout en bas de l'escalier, le souffle coupé, mais déterminée à poursuivre ma route. J'ai tant voulu qu'elle s'en aille. Mais je ne peux pas la laisser partir. J'ai besoin d'elle, tellement besoin d'elle. Je me précipite dehors, la pluie est si dense que je vois à peine devant moi. J'appelle son nom, trempée en quelque fraction de secondes, les deux pieds dans la boue. Je la vois, finalement, à quelques pas. Elle n'est pas seule.

«Mercy?»

Son cri me parvient me parvient, lointain, mais tellement, tellement poignant. Comme un coup en plein coeur. Je me dirige vers elle la prenant par les épaules. Golden la soutient par la taille. Dans les bras de la jeune femme, une forme tellement mutilé qu'il est à peine reconnaissable. Ensemble, nous la tirons à l'extérieur. Elle tremble si fort, si fort. Je crois que ses os s'en briseront. Elle est couverte de sang, mais pas du sien. La créature dans ses bras émet un gémissement à fendre le coeur.

«Sauve-la, sauve-la, Adélia, s'il te plaît... c'est tout ce qui me reste... tout ce qui me reste de lui...»

Je ne sais pas de qui elle peut parler. Je tends les bras, y accueillant le Pokémon qu'elle tient fermement contre elle. Je la reconnais. Il s'agit d'un Nanméouïe, une créature d'une bonté incroyable. Qu'est-ce qui a pu la mettre dans un tel état? Ses lèvres tremblent, bleutées déjà. Elle a perdu du sang... trop de sang... Même si je panique, je me mets à courir en direction de la table de la cuisine, renversant ce qui s'y trouve pour y poser la pauvre femelle. Elle tient contre elle un Oeuf, si fort que j'ai peur qu'elle ne le brise. Je pose une main dessus afin de lui retirer pour m'attarder à ses blessures. Le regard qu'elle pose sur moi s'envenime. Celui d'une mère cherchant à protéger son petit.

«Du calme, du calme ma belle... Juste pour un instant... Je te promets qu'il ne lui arrivera rien. Promis... promis...»

Mon ton est doux, un murmure, qu'elle entend, bien sûr. Ses prunelles azurées me scrutent avec une telle intensité, comme si elle tentait de me deviner toute entière, chacune de mes pensées, chacune de mes émotions. Anika s'approche de moi, visiblement décidée à m'apporter son soutien. Elle tient entre ses mains quelque matériel de base qui pourra m'aider à la soigner. Elle le pose sur la table et se concentre sur la Nanméouïe, qui continue de me regarder. Une toux vient la secouer, faisant serrer mon coeur. Puis lentement, elle desserre sa prise et m'offre l'Oeuf.

«Merci... merci...»

Je le pose dans les bras d'Anika, avec toutes les précautions du monde. La Kirlia le prend avec sa délicatesse habituelle. Rapidement, je me retourne vers la mère, une compresse à la main, prête à me battre toute la nuit pour la sauver. Mais il est trop tard. Le regard sauvage qu'elle m'offrait un instant plus tôt s'est éteint. Je sens que Mercedes s'approche, marmonne «non», encore et encore. Mais il est trop tard. Nous n'y pouvons rien. Une autre que je n'aurai pas réussi à sauver. Je frappe violemment la table de mes deux points en laissant m'échapper un cri douleur et de colère.

«Ça aurait pu être toi! Ça aurait pu être toi! Tu m'as dit que c'était sans danger, mais tu as menti! Tu as menti, Mercy!»

Je me suis mise à crier, bien malgré moi. Me dire que c'aurait pu être elle, que c'aurait pu être elle sur cette foutue table, sans espoir de se relever.

«Nous avons été surpris. D'accord? Je n'y suis pour rien. J'ai essayé de le sauver mais... mais il était mort. Et maintenant elle, elle est morte aussi... Putain, Adélia, j'ai tout fait correctement, ils m'ont surpris, d'accord?»

Elle se tient à la table. Je sens qu'elle va s'effondrer. Je suis tellement en colère. Je pourrais la frapper. Mais ça ne servirait à rien, à rien du tout.

«Tu ne peux pas tout prévoir, Mercy. Ce que tu fais est dangereux!»
«Tu penses que je ne sais pas? Tu crois que je ne sais pas que je pourrais y passer? Tu marchais dans une rue et tu as failli y passer, toi aussi! Tu penses que je ne saurais pas, hein? Tu es tellement tellement sotte. Tu te crois fine avec tes discours, sauf que tu as tort. Cette île ne se libérera pas parce qu'on y croit très fort, Adé! Moi je suis là et je me bats, je fais de mon mieux, et si je dois y passer, au moins je ne serais pas là à me sentir fucking impuissante!»


Elle crie à son tour. Je vois rouge, je vois bleu. Je vois noir.

«Tu penses que je ne réalise pas, Mercy? Tu penses que je ne sais pas que la seule façon de s'en sortir est de se battre est mourir? Tu crois que ça ne m'atteint pas? Tu crois que si je déteste l'idée même de cette Résistance c'est parce que je vous met tous dans le même bateau? J'ai peur Mercy, putain! J'ai peur pour moi, j'ai peur pour moi et pour tous ceux que j'aime. J'ai peur!»

J'ai peur. Je suis même terrorisée. J'ai peur d'être ici, j'ai peur d'être loin. J'ai peur de me battre et j'ai peur de ne pas aider. Je ne sais plus, je ne sais rien. Je me laisse choir contre une chaise, le visage déformé par mes sanglots.

«J'aimerais vivre, j'aimerais aimer, j'aimerais savoir mes proches en sécurité. J'ai vu mon monde s'écrouler une fois, alors s'il te plaît, ne meurs pas. Parce que c'est toi mon monde maintenant, tu comprends? Tu es ma famille, tu es tout ce qui me reste. Je t'aime, Mercedes. Ne fais pas de trucs stupides.»

J'ai posé une main sur le bras meurtri de la Nanméouïe, que je caresse doucement, comme si elle était toujours en vie. Mercy me regarde un long moment en silence avant de s'approcher, tirant la chaise près de moi pour m'encercler de ses bras, sous le regard des deux Pokémon de type Psy.

«Je t'aime aussi Adélia. Tu sais, si je me bats, c'est un peu pour toi.»

C'est la seule réponse que j'ai besoin d'entendre pour le moment. Un long moment s'écoule ainsi. Deux cousines, séparées pendant le temps d'une vie, rassemblées pour ne plus se quitter. Je lui en veux, je lui en voudrai toujours de mettre sa vie en danger, mais je crois que j'ai compris. Mercedes a trouvé la façon de s'impliquer, de changer le monde. Elle le fait à sa façon, en écrivant des articles qui, je le vois, changent la mentalité des gens, ici comme ailleurs. Mercy se détache de moi après une éternité, regardant en pleurant silencieusement le corps de la Nanméouïe.

«Son maître et elle ont beaucoup souffert. Ils étaient des médecins. Le jeune homme qui devait nous informer s'est retourné contre nous. Ils étaient cinq dresseurs chevronnés, des soldats bien entraînés. Je n'ai pu faire autrement que fuir. J'ai fui pour sauver ma peau. Je sais quand un combat est perdu d'avance. Je sais que ma vie était plus importante qu'un sacrifice inutile. Tu comprends?»

Oui. J'ai compris, parfaitement. Elle me dit qu'elle sait choisir ses batailles, qu'elle ne prend pas de risques inutiles même si on entreprise restera toujours risquée. Je caresse son épaule, en me retournant vers Anika qui nous surveille d'un coin de l'oeil. De l'autre, elle reste attentive à l'Oeuf dans ses bras. Ce petit verra le jour sans sa mère, qui a du tout faire pour le protéger. Je lui ai fait la promesse, celle que rien ne lui arriverait. Je tiendrai cette promesse. Je réalise soudainement que la fuite de la Kirlia n'avait rien à voir avec ce que j'ai d'abord supposé. Elle ne me fuyait pas moi. Elle a senti l'approche de Golden, Mercedes et de la Nanméouïe. Elle s'est précipitée pour les sauver. Encore et toujours la plus courageuse de nous deux. Anika a tenté de me faire réaliser que je ne suis pas inutile. La preuve? C'est peut-être un peu pour moi que Mercedes ne se lance pas tête première dans des batailles qu'elle ne pourrait jamais mener à bien. Et si minime soit cette contribution, elle compte. Peut-être suis-je capable d'en inspirer d'autres? Peut-être puis-je prendre soin de ce bébé et de le faire grandir avec tout l'amour que lui aurait réservé sa mère? Je relève les yeux. Anika a posé ses prunelles rouges sur moi. Son visage s'est éclairé d'un sourire. Approbation silencieuse.

«Je comprends, Mercy. Pardon d'avoir crié.»

Je me redresse après un câlin sincère offert à la rose. Je me dirige vers Anika, posant une main sur l'Oeuf. Au contact de ma paume, il se met à briller, intensément.

«Anika...?»

L'Oeuf brille plus fort, encore plus fort, laissant échapper une chaleur intense sous mes doigts.

«Je suis désolée. Je ferai mieux. Je te promets.»

La lumière devient si vive et la chaleur si intense que je dois retirer ma main pour la poser contre mes yeux. Lorsqu'elle s'estompe, je me penche en avant pour observer la créature dans ses bras. Un bébé Nanméouïe, les yeux endormis, gazouillant doucement dans les bras de la Kirlia. En voyant le bébé, le regard de la Kirlia s'agrandit pour ne former que deux soucoupes surprises. Le rouge de ses yeux brille d'amour. Sous mes yeux, elle se met elle aussi à illuminer, sa silhouette prenant lentement en forme. Je ne suis pas surprise. J'attends, simplement, assistant avec fierté à l'évolution de ma compagne. J'ai compris, maintenant, en quoi elle était différente. Plus mature, peut-être, mais pas plus triste. Gardevoir ou Kirlia, il y aura toujours une place immense dans son coeur pour aimer. Elle tient la petite -car il s'agit d'une femelle- avec une émotion palpable. Je le vois dans son visage. Malgré toute la souffrance que nous avons pu vivre ce soir, elle est heureuse.

«Anika? Ça te dirait qu'on élève cette petite, ensemble?»

Le regard de la Gardevoir se pose sur moi, avec une surprise grandissante. Puis ses prunelles pourpres se posent sur Mercedes, restée quelque peu en retrait pendant l'éclosion puis l'évolution. La rose hoche la tête avec un léger sourire. Posant une main sur sa poitrine, Anika sourit, tout simplement. Je souris aussi. Je m'approche de la petite, posant une main sur son ventre.

«Hé, petite. Je vais t'appeler Éden. Ça te plairait qu'on s'occupe de toi? Je te présente ta grande soeur, Anika. Bienvenue dans la famille, petite Éden.»

Alors que je prononce ces mots, je sens ma main de Mercy s'approprier la mienne, sa tête envahir mon épaule. Dans l'adversité, dans la violence, l'espoir renaîtra toujours. Ce bébé qui s'est endormi dans les bras de sa grande soeur émue en est la preuve vivante.

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Kaylie Monroe
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MessageSujet: Re: Codages   Ven 28 Nov - 11:16

Lucas se réveilla en sursaut, en sueur, le coeur tambourinant dans la poitrine. Par réflexe, il porta machinalement son regard sur le radio réveil à sa gauche qui indiquait précisément 5 heures 53 minutes et 4 secondes, 5, 6, 7... Il regarda un instant les secondes puis les minutes défilaient sur le cadran en songeant à son rêve, toujours le même.

Six heures quatre, Lucas se redressa et jeta un coup d'oeil à la jeune femme allongée à ses côtés. Il posa une main sur son épaule et la secoua fébrilement.

" Dépêche toi, va t-en. "

Sans broncher, cette dernière se redressa et enfila un à un ses vêtements, sans dire un mot. Elle connaissait cet homme, elle avait déjà partagé plusieurs de ses nuits et si elle espérait à nouveau être étreinte par ses bras il fallait l'écouter et ne pas se poser de questions.
En effet, Lucas était ce genre d'homme, mystérieux, un peu dérangé et lunatique. Son charme naturel dû à ses cheveux noirs de jais et à ses yeux noisettes attiraient régulièrement de nouvelles conquêtes dans ses draps qui partageaient une nuit de plaisir avant de prendre la porte à la volée. Il ne les traitait pas mal, il ne les traitait pas bien, il faisait simplement ce que bon lui semblait. C'était mieux pour lui et plus sûre pour elles.

Dès que la jeune femme eu claqué la porte, mécontente, Lucas se redressa et se dirigea à pas lent vers la salle de bain de laquelle il ressortit une dizaine de minutes plus tard, vêtu de sa tenue habituelle de résistant. Il glissa à la hâte son masque dans un sac à dos qu'il s'empressa de jeter sur son épaule avant de quitter l'immeuble. Il était 6 heures 32 à sa montre lorsqu'il s'engouffra dans une ruelle et remonta jusqu'à une grande avenue. En quittant son studio ce matin-là, Lucas ignorait que toute son existence allait être bouleversée.

Quelques heures plus tard, Lucas était aplati sous une haie, son Zorua inconscient des les bras tandis qu'une dizaine d'hommes hurlaient des ordres à leurs pokémons afin de lui mettre la main dessus. Comment avait-il pu se retrouver dans cette situation ? Il était trop tard pour s'en préoccuper, le résistant cherchait à toute vitesse une solution afin de s'en sortir vivant. Soudain, alors que son regard se porta vers la droite, la fenêtre ouverte au deuxième étage lui apparut comme sa seule chance de survie.

Après avoir constaté que la voie était libre, le résistant s'extirpa en dehors de sa cachette et se précipita vers l'immeuble. Il glissa son Zorua dans son sweat afin de disposer de ses deux mains et avec une habileté étonnante il attrapa une branche d'arbre basse et s'élança dans l'ascension du feuillus. La plaie qui déchirait son épaule manqua de lui faire lâcher prise mais les voix des hommes du régime le força à tenir bon et après quelques minutes d'efforts ils se trouva sur le balcon de l'appartement. Prudemment, il se glissa à l'intérieur, prêt à faire face au moindre locataire mais à sa grande surprise le studio était vide.

Epuisé et à bout de force, Lucas se laissa glisser le long du mur, soulagé d'avoir échappé aux gardes. Il ferma les yeux, son pokémon toujours serré contre lui. Quelques minutes songea-t-il, seulement quelques minutes. De nombreuses blessures superficielles dues à des morsures avaient cisaillés ses vêtements et sa chaire mais la plaie qui lui tenaillé l'épaule, une vilaine attaque dard-venin l'avait atteint et le poison en petite quantité lui brûlait la peau. Malgré sa volonté de rester éveillé, le résistant blessé et affaibli sombra dans l'inconscience.
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MessageSujet: Re: Codages   Lun 1 Déc - 21:19


Hey you, slowpoke!

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capture
Mercedes revient s'asseoir tout près de moi, plus près que tout à l'heure. Sa main vient chercher la mienne tandis qu'elle regarde Anika dont la silhouette gracile se tient dans le soleil, protectrice, maternelle ou presque, auprès d'Éden. Le sourire de la canadienne s'est fait mélancolique, presque, et une ombre est passée dans son regard. Elle n'a pas remarqué ses lunettes de soleil tombées dans le sable lors de l'attaque du Krabby. Le soupir qu'elle pousse m'inquiète, d'autant plus qu'elle n'a aucune raison apparente pour ce changement brusque d'humeur. Je scrute son beau visage qu'elle détourne pour fixer les vagues se mourant à nos pieds. Quelque chose cloche, je le sens.

«Je me demande...»

Sa phrase s'envole dans la brise. Ses lèvres se referment sur cette question qu'elle n'ose pas poser. Je continue à la regarder, avec une insistance croissante. Que tente-t-elle de me dire? Si quelque chose la taraude, je veux savoir de quoi il s'agit.

«Quoi? Qu'est-ce qui se passe Vic?»

Elle se retourne vers moi, fronçant les sourcils en constatant l'inquiétude qui imbibe mes traits. Elle relâche son emprise sur ma main pour passer la sienne dans son opulente chevelure rosée.

«Rien... Juste... J'essaie d'imaginer ce qu'aurait été ma vie si ton oncle ne m'avait pas laissé en adoption.»

Un frisson me parcoure. J'ignore pourquoi Mercedes pense soudainement à Carter. L'idée qu'elle se torture avec ce genre de pensées provoque une bouffée de colère en moi, dirigée envers mon oncle.

«Tu serais probablement morte à l'heure qu'il est.»

Ses lèvres se serrent. Elle n'aime pas m'entendre dire tout ceci. Contrairement à moi, Mercedes semble convaincue que ma fratrie a survécu l'attaque de la grande Maison. Un sentiment qui nous a souvent partagé. Elle soupire.

«J'aurais aimé grandir avec toi, c'est tout. Et connaître toutes ces merveilleuses personnes que tu me décris. Je... Lia j'aimerais le rencontrer.»
«... Qui?»
«Mon père.»


Mon sang se fige dans mes veines. Je n'ai plus vu mon oncle depuis cet été, depuis mon grand départ. Il n'approuvait pas mon choix de revenir ici.

«Il ne viendra jamais ici.»
«Tu ne sais pas. Peut-être. Surtout s'il sait que je suis en vie.»
«Tu me demande de lui dire pour toi?»


Elle soupire. Anika, en sentant mon trouble, s'est retournée en notre direction, me surveillant avec inquiétude.

«J'ai besoin de savoir quelques petites choses, Lia.»
«Tu ne te feras que du mal, crois-moi.»


La frustration perle dans mon ton tandis que je me lève et me dirige vers l'eau pour me rafraîchir un peu. Et pour fuir cette conversation.

Apparition en zone Plages please :huhu:

(c)Golden
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MessageSujet: Re: Codages   Sam 13 Déc - 21:59


♦ POUR LE MEILLEUR ET POUR LE PIRE ♦feat. Dot
«Vous vous sentez prête?»
«Oui. Je ne les crains pas tu sais.»
«Ils ne seront pas tendres... Je n'aime pas vous laisser devant eux, toute seule...»
«Je sais me défendre... J'ai vaincu les Pokémon de Sunny, je peux me débrouiller avec une bande de journalistes.»
«J'imagine...»
«Puis je sais comment les amadouer, j'ai un certain talent pour parler aux gens, tu l'as dit toi-même.»
«Vous avez bien raison... Vous êtes... incroyable...»


Le sourire d'Antonio s'étire de façon tellement niaise que je passe tout près de me frapper le front de ma propre paume. Franchement, je n'ai jamais vu de garçon aussi sensible aux jolies filles que lui, une véritable guimauve. En d'autres circonstances, je me serais moquée gentiment de lui et j'aurais même joué de cette certaine sensibilité dans l'optique de me distraire un peu. Mais à présent que j'ai les nerfs en boule, peu importe mes affirmations devant lui, je n'ai pas le coeur à supporter cet intérêt presque déplacé dans un moment pareil. Et pourtant, qu'il soit présent, ici, à s'inquiéter pour mon bien être a quelque chose de rassurant. Je suis ravie d'avoir une figure amicale à mes côtés avant d'aller chasser les démons du passé, devant un tribunal qui ne m'est pas réservé et devant lequel j'ai tout de même accepté de témoigner. Non, je ne crains pas les journalistes, même si le portrait que mes amis Liguiens m'en ont fait ne me rassure en rien. Au final, je sais comment les manipuler, du moins je crois. Je suis de la même espèce que ces rapaces dans un certain sens, même un monde nous éloigne. J'ai déjà eu à faire avec eux, mais jamais je ne me suis présentée à une conférence de presse aussi étendue et pour une question aussi cruciale. J'ai promis. Une fois la promesse scellée, je ne retourne jamais en arrière. En prenant une grande respiration, je serre la patte de Peach, ma Fouinar, qui me considère avec une certaine tristesse. Je n'aime pas la sentir inquiète ainsi.

Elle a désormais plus de un an. Chaque regard vers elle me rappelle mon arrivée sur cette île, à quel point je me sentais perdue, confuse et un peu excitée tout à la fois. Un peu comme aujourd'hui. J'ai le sentiment qu'aujourd'hui, je prends un pas décisif vers un avenir qui se dessine progressivement devant mes yeux et qui m'effraie énormément, tout en me donnant espoir. Une nouvelle vie s'ouvre à moi, et c'est aujourd'hui qu'elle débute. Maintenant que l'ivresse de ma victoire à la Compétition dernière est passée, je dois aller de l'avant et cibler de nouveaux objectifs. Tout d'abord, je dois me présenter devant ces requins qui n'attendent que de me mettre en pièce. Je serre un pan de ma jupe en me mordillant la lèvre. Ma présentation vient de s'achever de l'autre côté et on n'attend plus que moi. Du calme, Mercedes, tout se passera bien. Je respire un bon coup avant de m'avancer dans la salle, aveuglée par le flash des appareils que les journalistes braquent en ma direction. Je m'assois, d'apparence calme, offrant un sourire aimable à ceux qui ne tarderont pas de me faire ma fête dans quelques minutes. La fébrilité est à son comble dans la salle. Ces journalistes feront tout pour mettre au pied du mur. Je les attends.

«Bonjour, merci à tous d'être venus. Avant de commencer sur le sujet qui m'intéresse aujourd'hui, je tiens à écarter certaines rumeurs. Tout d'abord, je ne participerai pas à la prochaine Compétition cette année. J'ai réalisé le dernier souhait de mon père, repose-t-il en paix, de suivre ses traces en tant que dresseuse, et à présent il est temps que je trouve ma propre voie.»

Leurs lèvres tremblent. Brûlantes d'une multitude de questions. Leurs yeux incandescents rivés sur moi dans l'attente interminable de réponses.

«Seconde rumeur à laquelle je dois mettre un terme : un mariage n'est pas prévu entre moi et le Champion d'Anula Phantom. Il n'en a jamais été question. Oui, Weston et moi sommes un couple, mais nous le vivons à notre propre rythme. Maintenant, je vais adresser ce dont je voulais vous transmettre aujourd'hui. Mon partenaire est toujours encore ébranlé par son accident, et s'il a repris du service à l'Arène, est encore fragile et a besoin de repos. Je m'adresse donc à vous aujourd'hui pour vous dire qu'il va mieux, beaucoup mieux.»

Je me tais un instant, mais seulement un bref instant. Dès que je serai silencieuse, les questions se mettront à pleuvoir.

«Phantom a eu des derniers mois difficiles pendant lesquels il a failli perde la vie deux fois par ses mauvaises décisions. Notre couple a été fortement ébranlé par les derniers événements, mais à présent nous remontons la pente, ensemble. Je ne suis pas ici pour vous exposer les détails de ma vie privée, mais pour dire ceci: Weston Elric s'engagera dès maintenant à stopper toute consommation excessive qui nuisent à sa vie professionnelle et personnelle. Il réalise avoir été un très mauvais exemple pour la jeunesse d'Enola, un piètre Champion pour sa ville. Weston prend désormais sa vie en charge et je serai présente pour l'aider. Des changements sont à venir. Je ne peux pas encore vous dire comment concrètement, mais vous verrez ces changements à l'oeuvre très bientôt. Merci.»

J'ai très envie de terminer cette annonce ainsi. Mais les mains se mettent à se lever et la première journaliste parle:

«Mademoiselle Hills, vous qui avez écarté pourtant la possibilité d'un mariage de façon fort explicite tout à l'heure semblez très engagée dans le processus de guérison de monsieur Elric. Cette décision de rester à ses côtés serait-elle guidée par une contrainte non nommée dans la situation? Comment avez-vous réussi à garder votre couple aussi fort pendant ces derniers mois malgré les habitudes malsaines de votre fiancé? Les raisons de votre acharnement seraient-elles expliquées par une grossesse?»

Une... Quoi? Je respire à peine. Je ne suis qu'à quelques millimètres de me jeter à sa gorge. Elle m'observe de ses yeux de souris, d'un ébène futé, arborant un sourire assuré. Alors que toute ma confiance s'écroule sous mes yeux à la seule mention du mot «grossesse». Un bébé avec Weston? Je me mets aussitôt à trembler, rejetant l'idée de me jeter sur mon sac qui m'attend à l'arrière pour y vérifier l'état de mon caisson de pilules contraceptives afin de m'assurer qu'il ne m'en manque pas une seule. Je revis, dans un instant de panique, toutes les relations intimes que nous avons pu avoir dans le dernier mois en tâchant de me remémorer les précautions que nous pris. Un bébé, un bébé. Je ne peux pas avoir de bébé, pas maintenant, je ne suis pas prête, pas du tout. Je tremble si fort à présent en imaginant Weston avec un enfant dans les bras, notre enfant. Puis je revis la sensation brûlante que j'ai ressenti à la clinique lorsque j'avais seize ans et que...

«Non. Je ne suis pas enceinte. J'aime Weston. Il a été présent dans ma vie lorsque j'ai eu besoin de lui. Je ne vais pas l'abandonner alors qu'il a le plus besoin de moi.»

Mon coeur manque de chavirer. Cette voix me paraît tellement dénuée d'humanité, comme si elle ne m'appartenait pas. Comment peut-elle évoquer une grossesse devant moi. Comment ose-t-elle?

«Puis vous m'avez-vu? J'ai l'air enceinte à vos yeux?»

Un rire, si faux. Ils n'y voient que du feu. Alors que tout en moi hurle. D'autres mains se lèvent. D'autres questions. Moins douloureuses et pourtant cherchant toutes à me détruire.

«Beaucoup de personnes pensent qu'il serait temps pour Phantom de laisser son poste de Champion à un autre... que pensez-vous de ces dires?»
«Avez-vous prévu d'habiter ensemble?»
«Que comptez-vous faire plus précisément pour venir en aide à monsieur Elric?»
«Comment avez-vous surmonté sa dépendance alors qu'il a failli en mourir, deux fois plutôt qu'une?»


Même après la fin de cette conférence de presse, les questions incessantes des journalistes continuent de me hanter. Je me suis réfugiée dans un placard de la maison, simplement pour me couper du monde, pour me convaincre que tout va bien. Or ce n'est pas le cas. Mon corps tremble de toutes parts, encore haché, meurtri par ces questions qui se sont enfoncées en moi tels des couteaux. De l'autre côté de la porte, Kinu, Aria et Hercules tentent de me raisonner et de me faire sortir de mon placard, mais rien n'y fait. Peach s'est blottie contre mon ventre, inquiète. Je crois que Golden est partie avertir Weston. Ou Adélia. Je ne sais pas. J'aimerais mieux être seule. La solitude m'a toujours rassurée. Pourquoi ne me laissent-ils pas tranquilles?

Ma main se dirige d'elle-même dans mon sac où je récupère l'Oeuf que m'ont confié Polys et Medhy la semaine dernière. Il s'agit du leur, et ils ont pensé à moi pour devenir la dresseuse de leur bébé, en sachant qu'ils auraient l'occasion de le voir souvent et surtout, qu'un bébé Porygon pourrait m'être utile. Du moins c'est ce que m'a traduit Solène. J'étais un peu réticente en l'acceptant malgré tout, comme mon équipe est déjà étendue, mais je ne regrette pas, je ne regrette rien. Loin de moi l'idée de contredire le souhait des deux parents, bien au contraire. L'Oeuf s'est mis à briller, et je sais la naissance imminente. Dans un éclair vibrant, l'objet se transforme en une forme étrange, celle d'un Porygon. Lorsque la lueur s'estompe, je souris, en l'observant en silence. Ce que je constate alors me sidère. Il s'agit d'un Pokémon chromatique, d'une teinte différente de ses congénères et aussi très rare. Incroyable! Il est magnifique, ouvrant ses yeux électroniques en ma direction pour me considérer pour la première fois. Alors il s'anime, pour ne bon, se mettant à voltiger autour de moi en émettant une série de cliquetis qui me rappellent le ronronnement d'un ordinateur. Affectueux, il se blottit contre moi, visiblement heureux.

La pression dans ma poitrine s'est relâchée et je respire beaucoup mieux. Le petit s'est endormi dans mes bras, et il vient de m'offrir une raison de sortir de ce placard et d'affronter le monde à nouveau. Aussi douloureuses que soient les décisions que j'ai prises, aussi douloureuse soit la route vers la guérison pour moi cette année, je crois qu'il s'agit de celle que je dois prendre. Me guérir, une fois pour toutes, de mes démons qui me rongent et qui font de ma vie un enfer. Weston n'est pas le seul à devoir emprunter de bonnes résolutions. Moi aussi, je dois m'y résoudre. Mais il sera là pour m'épauler, et moi de même pour lui. Seuls, nous ne sommes que deux jouets cassés, qui ne comprennent rien de rien, qui s'embourbent eux-mêmes plutôt que de s'envoler. Mais ensemble, nous pouvons nous élever et voir ce monde d'une toute nouvelle manière. J'y crois. Avec conviction, je franchis la porte de ce garde-robe, accueillie aussitôt par les bras aimants de mes compagnons inquiets. Si je ne sais pas ce qui m'attend, mon premier pas sera de fêter avec mon amie cette naissance inespérée d'un être tout à fait unique qui m'a rendu espoir. Bienvenue dans mon monde, Dot. Pour le meilleur et pour le pire.
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MessageSujet: Re: Codages   Jeu 1 Jan - 17:25

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Piou piou mes lapinous sucrés bien enrobés après le temps des Fêtes ! :dummy:

J'espère que vous n'avez pas trop abusé des bonnes choses pendant les vacances car il est temps de se remettre au boulot! Plusieurs d'entre vous avez démontré beaucoup de curiosité envers les événements touchant la Rivière et le Vent. Merci de votre belle participation à l'Event et continuez de faire vivre ce moment! Une question subsiste pour plusieurs d'entre vous... Mais qu'est-ce qui va arriver maintenant au Clan du Vent? Il n'est pas caché que nous préparons quelque chose de top-secret depuis quelques mois qui va révolutionner complètement ce Clan. Attention mesdames et messieurs, roulement de tambour!

Le Clan du Vent sera désormais une démocratie à peu près dirigé par un quatuor de chats qui prennent en compte l'intérêt et l'opinion de tous les membres de la tribu. Ces quatre chats seront élus par le Clan lui-même. Ce Conseil des Quatre donc sera constitué de la guérisseuse, Plume de Lune et de Morsure du Froid joué par Flocon de Neige dont l'ascension au sein du Conseil est logique compte tenu de leur position. Félicitations à eux! La guérisseuse sera désormais en charge d'organiser et d'animer les cérémonies comme elle est la messagère des Étoiles. Morsure du Froid quant à lui sera Maître de la Parole et sera en charge d'animer les différentes discussion du Conseil en plus de représenter son Clan lors des Assemblées. Nous sommes donc à la recherche des deux derniers membres du Conseil, un(e) guerrier(ière) et un(e) apprenti(e)! N'hésitez pas à poster à la suite de ce sujet pour proposer des noms, suite à quoi nous pourrons procéder à un vote si nécessaire!

Venez partager vos impressions et proposer des gens en grand nombre, soyez créatifs et surtout amusez-vous! Le changement sera mis en place très bientôt dans la suite du présent Event. Comme quoi 2015 verra la face du Clan du Vent complètement bouleversée! :huhu:
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MessageSujet: Re: Codages   Jeu 22 Jan - 21:15


Alive

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pdv Melinda Connors
Trois coups de tonnerre.
Ou était-ce simplement son imagination?
Impossible, le bruit persiste. Elle le ressent tel un battement régulier contre ses tempes. Un oeil s'ouvre, suivi de l'autre. La pièce embrumée se précise. Plongée dans les ténèbres. Tout se trouve à sa place. Chaque meuble, chaque objet. La présence rassurante d'Elestra sa Chaglam qui repose contre ses pieds. Pourtant ce bruit continue de lui asséner le crâne avec une insistance désagréable. Elle met encore plusieurs secondes à réaliser qu'il s'agit d'un coup de téléphone. D'un grondement, elle tire la couette contre sa tête, envisageant de ne pas répondre. Or, une voix inquiète lui parvient à ses pieds alors que le chat se lève, s'étire et vient vers elle, visiblement perturbé par tout ce tapage nocturne. Qui peut bien l'appeler à une heure pareille? Deux heures et quarante-huit minutes du matin. Impossible, cette personne doit souhaiter sa mort. On sait pourtant qu'il ne faut la déranger qu'avec une bonne raison durant ses rares heures de repos. D'un mouvement fatigué, elle décroche finalement en savourant le silence qui s'en suit. D'une main elle caresse la tête de la Chaglam à ses côtés qui s'est réfugiée contre son cou en miaulant dans la nuit noire. Quelques secondes s'égrainent à nouveau quand finalement sa voix se fait entendre contre le combiné, son souffle telle une menace et sa voix enrouée de sommeil.

«Vous avez intérêt à avoir une bonne raison de me réveiller au beau milieu de la nuit.»

Son ton, tranchant, acide, colérique. La femme se cale un peu plus dans son lit dans l'espoir qu'on en finira vite. Elle ne se remettra jamais de cette perturbation au beau milieu de la nuit. Peut-être Merlin acceptera-t-il d'user d'Hypnose à nouveau afin de l'aider à se rendormir. Or, elle comprend qu'elle ne reverra pas son oreiller de sitôt quand une voix masculine empreinte de gravité prononce son nom dans la nuit noire.

«Madame Melinda Connors?»

Son coeur s'emballe. L'aspect solennel de ses mots, le ton détaché presque lointain de cette voix qui lui paraît de l'autre côté. Elle sait déjà ce qui s'en suivra. Il n'y a qu'à savoir qui, quand et comment. Toute fatigue l'ayant abandonné, Melinda repousse son édredon en renversant à moitié la Chaglam au passage. Cette dernière comprend à son tour que quelque chose s'est produit, quelque chose qui changera le cours de cette nuit paisible.

«C'est moi. Parlez.»

Le temps s'est dégradé en tons de gris. S'étirant dans un infini qu'elle pourrait presque saisir. Combien de proches susceptibles de souffrir dans des nuits comme celles-ci? Combien de ses alliés se terrent dans les ténèbres dans le but d'emmener la lumière à cette île emprisonnée du joug de la dictature?

«Je vous appelle de l'hôpital général d'Anula où nous avons mené mademoiselle Adélia Frey cette nuit en toute urgence. Elle a été retrouvée près d'un bar de la ville. Elle porte des blessures causées par une balle. Vous êtes la référence qu'elle nous a donné, madame Connors.»

Adélia. Il s'agit donc de sa protégée. Sa vision s'étrécit et elle repose sa tête contre son oreiller alors que la pièce se met à tanguer sous ses yeux. Blessures par balle. On lui a tiré dessus. Le chien. Qui est le chien qui a osé s'en prendre à elle? Si cette question lui reste prise au-travers la gorge, une autre surgit avec encore plus d'insistance.

«Elle va s'en sortir?»

Un silence. Melinda se redresse, prise d'une nausée. Dans un geste empreint de vulnérabilité, elle s'empare d'Elestra pour la presser contre sa large poitrine. Comprenant le désarroi de son amie, le félin appuie sa tête contre elle en ronronnant du plus fort qu'elle le peut.

«Vous aurez toutes les informations une fois sur place, madame Connors mais... Faites vite.»

Faites vite. Adélia est en train de succomber à ses blessures. On l'opérera, probablement. Mais survivra-t-elle à ses soins? Combien de sang a-t-elle perdu déjà? Tant de questions horrifiantes.

«Quatre minutes, quarante six secondes. J'arrive.»

Elle arrive. Déjà, elle rejette le bas de son pyjama, l'abandonnant à son sort contre un plancher pourtant dénué d'autres entraves, se rue vers ses tiroirs pour terminer de s'habiller. D'un geste agacé, pressant, elle intime la Chaglam à aller chercher son compatriote, qui se repose dans la pièce adjacente. Le félin a déjà disparu par la porte entrebâillée, moins silencieuse qu'à son habitude. La panique a envahit ses pattes, plus lourdes que jamais. Melinda se retourne, enfilant le premier chandail qu'elle trouve, rassemblant ses effets dans son sac à main habituellement parfaitement rangé. Il n'existe plus de temps aux viles habitudes d'un esprit perfectionniste. Le temps file déjà, autant de secondes qui s'écoulent contre son gré et qui l'éloignent, peut-être, de sa bien-aimée protégée. Dans un cri rageur, elle réalise qu'elle a laissé ses bottines à l'entrée. Elle se prend presque les pieds dans un coin de tapis, pressant ses pas. Une fois prête à partir, elle reste, suspendue l'espace d'un instant, prise de vertige, devant l'atrocité de cette nouvelle. Une autre. Une autre victime de cette guerre. A-t-on compris qui elle était réellement? De quel droit tente-t-on encore de lui arracher un proche? D'abord Maxwell, dont elle doit affronter la maladie jour après jour... Puis Adélia, ce petit bout de femme fier et si fragile.

«Dépêche Merlin. Allons-y.»

L'Alakazam la scrute de ses prunelles sombres et sévères. Son doigt effleure la larme qui s'est glissée contre sa joue, éclat cristallisé d'une peine qu'elle tente vainement de garder pour elle. Melinda la forte, Melinda l'inébranlable. Elle doit se remettre en mouvement ou la perspective de sa propre fragilité la détruira à jamais. Voilà comment elle a su survivre à autant de souffrances dans son existence. Se couper du reste du monde, se tenir, insensible, devant les horreurs qui défilent devant ses yeux tous les jours. Danser, danser, danser avec la mort, la frôler tous les jours sans vraiment oser la regarder en face. Combien de fois aurait-elle souhaité qu'on la fauche à la place de ceux qu'elle s'était juré de protéger.

«Bouge, putain!»

La doctoresse ne supporte pas la peine  dans le regard de son ami. La compassion qui émane de chacun de ses gestes. Elle pourrait hurler de le voir l'entourer de son bras. Elle se débat, se dérobe à son étreinte, et répète sa commande avec encore plus de hargne que la première fois. Avec une patience angélique, Merlin lui présente sa main. L'humaine l'attrape en grondant, en grognant, en tempêtant. Elle doit s'en prendre à quelqu'un pour toute la rage qu'elle contient avec peine. Cette fois comme beaucoup d'autres, cette tâche revient au Pokémon aux étonnants pouvoirs psychiques. Il a accepté ce rôle il y a longtemps. En appelant Elestra à lui, il les téléporte tous les trois.

Le calme solitaire de l'appartement laisse place au chaos total. Dans le couloir de l'aile C, les docteurs et infirmières s'activent dans tous les sens. Des ordres beuglent et feulent, de gauche comme de droite, vers des destinations inconnues. La présence de Melinda, difficile à manquer, passe pourtant totalement inaperçue. On s'active, on se presse. Dans la tempête, la femme d'expérience repère aisément ce qu'elle est venue chercher, l'épicentre même de toute cette agitation. La salle de soins d'Adélia Frey. Ses pas l'y mènent, contournent, bousculent, se frayant un chemin jusqu'à sa protégée qu'elle peine à voir. Une demi-douzaine de médecins s'activent auprès d'elle. Elle. Elle. Adélia est là, corps désarticulé qui repose dans un océan de rouge de blanc. Sa peau diaphane a pris un aspect morbide, traversée de veines bleutées. On a découpé la belle chemise dont la jeune femme lui a tant parlé le matin même, une trouvaille qu'elle a fait dernièrement avec son ami Léopold lors de leurs séances de magasinage. Impossible.

Impossible. Ce n'est pas possible que ce soit elle. Cette jeune femme pétillante, si douce. Celle dont le rire la transporte. Celle qui lui a rendu espoir. Qui a pris soin d'elle alors que Melinda Connors n'a besoin de personne au monde. Pourquoi doit-ce être elle? Longtemps, elle reste immobile, à se poser encore et toujours cette même question. Les larmes ont envahit ses joues, coulant pour de bon cette fois. Elle ne se soucie pas de la commotion qu'elle provoque autour d'elle, cette grande médecin de renom. Peu lui importe.

«Bas-toi.»

Les mots lui ont échappé. Des visages se lèvent en sa direction alors que d'autres restent concentrés à leur tâche. Ils l'ont entendu, ce murmure à peine audible. Son message aurait pu porter d'un océan à un autre. Ses mots, vibrants, redonnent l'espoir à des mains résignés, couvertes d'un sang condamné à s'échapper et avec lui la vie de la jeune fille.

«Bas-toi, merde, bas-toi!»

Elle a crié cette fois. Personne n'ose la déloger de sa position, à l'orée de la pièce, entre deux mondes. Melinda garde un oeil sur les moniteurs. Le pouls saccadé se calme progressivement. Les moniteurs cessent de geindre, de s'enflammer. Les docteurs soupirent de soulagement. Les saignements ont cessé, du moins la majeure partie. Si la patiente n'est pas sortie d'affaire, au moins elle n'est plus en danger de mort imminent. Melinda observe le visage de la jeune fille. Une enfant, elle pense. Elle n'est qu'une enfant. Ce n'est pas son heure. Melinda ne pleure plus, mais elle tremble. Une main dans la sienne vient la sortir de sa torpeur.

«Docteur Connors, vous allez devoir sortir. Venez avec moi, nous allons discuter.»

Étrangement docile, la dame se laisse entraîner loin de sa petite lumière, loin de sa protégée. Elle suit cette voix, qui lui semble familière, s'y rattachant telle une bouée. Peu à peu, elle reprend conscience de ce qui l'entoure. Elle reconnaît ces couloirs immaculés, le claquement de ses bottines contre le parquet, la présence de Merlin et d'Elestra à ses côtés, la musique fort irritante de l'ascenseur, la voix de son sauveur.

«Peters. C'est toi qui m'a fait appeler, n'est-ce pas?»

Enric Peters, un collègue stagiaire d'Adélia qui vient parfois s'entraîner à sa propre clinique privée. Un jeune homme fort attaché à sa propre apprentie, un peu trop même d'après les dires de cette dernière. Sans lui, elle n'aurait jamais su. Le jeune homme acquiesce lentement en lui suggérant une table de la cafétéria. Digne, Melinda s'assoit.

«Rends-toi utile. Va me faire un café, bien noir.»

Le rouquin s'active, revient effectivement quelques minutes plus tard en brandissant la boisson chaude. Il prend place aux côtés de cette femme qu'il admire et qu'il craint tout à la fois. Même si le liquide s'avère brûlant, la noire prend tout de même une grande gorgée. La sensation piquante qui envahit sa gorge l'aide à reprendre contact avec son corps.

«Merci, Enric.»

Un merci, de la part de Melinda Connors. Cela tient presque du miracle. La sincérité qui émane de ces deux mots fait frissonner le stagiaire. Il comprend qu'il a fait le bon choix. Que l'affection qu'il devinait entre les deux femmes n'avait rien de forcée ou d'illusoire. Cette grande dame inquiétante, sévère et même très souvent méchante aime son apprentie. Beaucoup plus qu'elle ne le laisse croire.

«Maintenant dis-moi.»

«Je ne sais pas, Docteur Connors. Je ne sais ni si elle va s'en sortir, ni qui lui a infligé une blessure pareille. Ils doivent l'opérer dans deux ou trois heures, le temps de la stabiliser.»

«Comment fais-tu pour rester aussi calme?»

«Je ne le suis pas. Je...»


Sa voix se brise. Tout ce qu'il dégage, cette assurance renouvelée, cette mise en action. Un feu de paille. Melinda sent qu'il lui en faudrait peu pour craquer. Compatissante, elle n'en ajoute pas plus, laissant le silence oeuvrer entre eux pour leur permettre de calmer leurs esprits agités et tendus.

«Elle ne mérite pas ça.»

Un soupir lui échappe. Soudain, Enric entraperçoit chez elle la fatigue d'une femme bien plus âgée. Il recule devant autant de désarroi. Il a compris, peut-être, la rigidité dans laquelle s'entoure celle qui a fait de sa vie un véritable enfer à chacun de leurs échanges. Melinda survit. Encore aujourd'hui.

«Je vais faire quelques appels maintenant, Enric. Mais écoutes-moi bien. Tu vas retourner là-bas. Superviser l'affaire. Ne les laisse pas l'échapper, Enric Peters, tu m'entends? Si elle meure, je t'en tiendrai personnellement responsable. Aussi, appelle l'ami d'Adélia, comment il s'appelle déjà... Léopold Richter? Il voudra savoir j'en suis sûre. Puis je suis certaine qu'elle aimerait qu'il soit là. N'oublie pas Enric: elle ne meurt pas.»

Contre toute attente, le jeune homme se lève d'un bond et courre en direction du couloir menant à l'aile C. Melinda suit sa progression, rapide, avant de le perdre des yeux. Alors elle se lève, comme vieillie d'une vingtaine d'années. Ses articulations protestent, ses muscles l'alourdissent. Elle se dirige dans un état second, vers une pièce vide où on lui aurait probablement interdit l'accès. Le débarras, plongé dans la pénombre, lui rappelle aisément celui, pratiquement identique, où aime se réfugier Adélia à la clinique. Ses prunelles s'habituent progressivement aux ténèbres. Dans ses désillusions fatiguées, elle semble reconnaître à chaque détour quelque chose qui la rattache à cette jeune femme. Fermant les yeux, elle s'abandonne contre une vieille armoire qui proteste dans un bruit métallique que la docteur ne tarde pas à ignorer. Ses épaules s'affaissent. Malgré la présence de ses compagnons, elle se sent plus seule que jamais. Ses deux mains viennent cueillir son visage. Sa longue chevelure de jais cascade contre son corps secoué de tremblements qu'elle ne parvient pas à réprimer. Pour la première fois depuis l'annonce de la maladie de Maxwell, Melinda sent qu'elle pourrait craquer, pour de bon. Sombrer vers ce qui l'appelle depuis si longtemps. Une douce folie, toujours présente au creux de son épaule, lui susurrant quelque promesse glaciale à l'oreille.

La rage. La peine. La douleur. Melinda s'épuise de ces émotions qui reviennent encore et toujours, plus vives que jamais. Ses poings se serrent, trouvent refuge contre les pans de sa chemise. Elle ne parvient plus à dominer tout ceci en elle. L'image de sa protégée reposant contre ses draps maculés de sang l'hantera à jamais. Si seulement elle savait... Si seulement elle savait qui. Qui avait osé tirer sur cette frêle petite personne au sourire ravageur. Alors elle se lèverait. Elle aurait un but. Mettre à mort cet infidèle, cet injuste, qui a cru à tort s'en sortir à si bon compte. Si seulement la violence pouvait la soulager à cet instant. L'immobilité à laquelle elle est condamnée lui coupe le souffle. Elle doit se remettre en mouvement. Une aide inespérée lui parvient de la part de Merlin qui, comprenant sans mal la progression de pensée de sa dresseuse qu'il connaît depuis toujours, lui tend un petit objet argenté. Son téléphone portable. Les doigts du médecin en effleurent la surface, jusqu'à ce qu'elle s'autorise à le saisir et à le porter vers son visage. La lumière qui émane de l'écran éclaire ses traits fatigués. Sans aucune hésitation, elle compose un numéro d'une alliée récente, une jeune femme qui a su gagner rapidement son estime, tout comme sa cousine qui repose à présent entre deux mondes.

Trois coups de tonnerre.
L'attente, insurmontable. Où trouvera-t-elle la voix? Lorsque le déclic annonciateur se fait entendre et qu'une voix, fatiguée, pâteuse, la salue, Melinda sent le plancher se dérober sous elle.

«Victoria, je dois te parler tout de suite. C'est important. Il s'agit d'Adélia.»

Le monde a cessé de tourner.

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Dernière édition par Kaylie Monroe le Ven 30 Jan - 11:21, édité 3 fois
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MessageSujet: Re: Codages   Dim 25 Jan - 13:55

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MessageSujet: Re: Codages   Dim 25 Jan - 14:14

Bienvenue jeune padawan dans le merveilleux monde des codes! Je serai ton humble professeur, mais saches que comme toi, j'ai encore beaucoup à apprendre. C'est la beauté des codes : il y a toujours quelque chose à découvrir! Les codes sont à mon sens une forme d'écriture qui permet d'épancher sa créativité. Ils peuvent être source de frustration, d'impatience même, mais au final, lorsqu'on a bien compris, il y a toujours de quoi être fier d'avoir su faire parler sa petite voix intérieure au-travers les codes. Il s'agit un peu d'un processus ressemblant à l'apprentissage d'une langue, avec ses règles qu'il faut respecter. Je vous encourage à lire ce tutoriel en entier afin de ne rien manquer, et n'hésitez surtout pas à me poser des questions, j'y répondrai au meilleur de ma connaissance. Ce tutoriel est le premier que je ferai et rassemble les notions les plus basiques mais ne vous inquiétez pas, nous verrons bientôt quelque chose d'un peu plus substantiel!

Avant de commencer, j'aimerais vous familiariser avec la règle la plus importante en code :
- TOUJOURS fermer ses balises.
Fermer ses balises est absolument essentiel à la réussite de tout code. Si on ouvre une balise, il faut automatiquement penser à la fermer. 99% des erreurs de code que j'ai rencontrées étaient à cause de balises non fermées! Aussi fou que cela puisse paraître, c'est tout à fait vrai. Les balises s'aiment de tout leur coeur et ne peuvent pas fonctionner sans leur tendre moitié. Si votre code ne marche pas, vous devriez regarder ceci en premier avant toute chose!

Maintenant que ceci est clair, parlons un peu de code. Sur les forums, nous pouvons utiliser deux types de codes : le BBCode (la presque totalité d'entre vous vous en servez déjà) et les codes HTML. Voici un exemple concret de ce que sont l'un et l'autre :
BBCode:
Code:
[b]Nous aimons les codes![/b]
HTML:
Code:
<b>Nous aimons les codes!</b>
On dirait bien qu'il n'y a pas une grande différence... et ici vous avez raison. Seulement l'HTML permet une infinité de possibilités que je n'ai pas fini d'explorer. Nous allons ensemble les découvrir si vous le voulez bien. Sachez avant toute chose que les codes BBCode et HTML ne s'aiment pas beaucoup et qu'il faudrait le mélanger le moins possible. Souvent le BBCode fait buguer le code HTML et c'est la belle kata. À utiliser avec prudence donc!

Pour avoir accès au code HTML, il faut le rendre disponible dans son profil. Vous le trouverez dans votre profil et vous n'aurez qu'à cocher «Toujours autoriser le HTML» dans la rubrique «Préférences». Si vous ne voyez toujours pas les codes, pas de panique! Cliquez sur «Répondre» puis «Options» qui se trouve sous le champ où on peut écrire. C'est probablement que «Désactiver l'HTML» est coché. Aussi, faites basculer le mode d'édition (en haut à droite du champ d'écriture, dans la deuxième rangée) pour voir les codes et non le résultat, parce que ce dernier mode est un tueur sans scrupule de vos codes. Maintenant que c'est fait, passons aux choses sérieuses!

CHAPITRE 1 - Le div et le span

Le code HTML utilise plusieurs sortes de balises pour fonctionner et nous vendre du rêve, mais les plus courantes sont le div et le span. Ces balises nous ouvrent la porte à toutes sortes de possibilités. Pour ajouter de la couleur, faire des formes, etc. il faut donner des ordres à notre code, et pour cela, il faut apprendre sa langue! Je vous présente donc vos deux plus grands alliés à l'avenir:

• Div : Le div, quel merveilleux ami. Div entoure le code, il est en quelque sorte le code du paragraphe. Il permet de faire un cadre autour de vos messages, d'organiser et de structurer vos messages. On le rencontre comme suit :
Code:
<div>Hello les amis</div>
Vous verrez si vous essayez ce code et que vous utilisez la fonction «prévisualiser» que vous ne verrez que «Hello les amis» comme si vous n'aviez inscrit aucun code. C'est normal! Vous n'avez donné aucun ordre à votre code et il est pour le moment (on pourrait dire ainsi) nu comme un ver! Nous verrons plus tard comment lui offrir des propriétés qui vont changer l'allure de vos posts.

• Span : Le span est quant à lui la balise qui plie votre écriture à votre volonté. Grâce à span, vous pourrez changer la police, mettre en gras, changer la grosseur de votre texte, etc. Sky's the limit! Voici à quoi il ressemble :
Code:
<span>C'est bon les avocats</span>
Ici, c'est la même chose! Votre code est encore nu, il ne sait pas encore ce qu'il doit faire.

Remarquez que les balises sont conjointes et viennent entourer les paroles. De la même façon, les codes se superposent.
Code:
<div><span>Bonjour les amis!</span></div>
Le div entoure notre span la grande majorité du temps car il est le code qui va organiser votre texte, former le paragraphe. Il existe bien sûr des exceptions, mais cela ne nous concerne pas pour le moment!

NOTION A - MON ALLIÉ, LE SPAN
La première notion que nous allons apprendre dans ce tutoriel est comment manier le span. Nous avons vu de quoi il s'agissait et de quoi il a l'air, et maintenant nous allons apprendre comment lui donner des ordres!
Code:
<span style="color: blue;">Ceci est la couleur bleue</span>
Ceci qui donne :
Ceci est la couleur bleue
Magique n'est-ce pas? J'ai changé la couleur de mon code pour le faire devenir bleu. Remarquez ici quelques éléments. Le span n'est plus seul dans sa balise! Pour le plier à notre volonté, il s'appelle maintenant «span style». Ce mot «style» nous indique que nous allons faire des changements à notre code et tout ce qui se trouve entre «"» est l'énumération de ces changements. Ici, nous lui avons dit : code, la couleur est bleue. Lorsque nous demandons au code de faire un changement pour nous, nous devons lui dire deux choses : la catégorie de changement (dans notre code ci-dessus c'est le mot «color») ainsi que la nature du changement (dans notre code ci-dessus c'est le mot «blue» qui signifie «bleu» en anglais). Les deux sont toujours séparés par un «:» et suivis d'un «;» c'est très important! Sans ces éléments, vous ne pourrez pas faire fonctionner votre code! Vous aurez peut-être remarqué aussi que contrairement à la première balise, la deuxième n'a pas changé. Il est toujours notre bon vieux span avec sa «/». Sachez que la deuxième balise ne change jamais. Il ne faut pas y toucher, mais encore moins l'oublier. N'oubliez pas la règle numéro un! Toujours fermer ses balises.
Changer la couleur est donc relativement simple comme vous pouvez le voir. Il suffit d'inscrire ce code et d'écrire la couleur. Vous pouvez aussi utiliser un générateur de couleur qui vous permet d'aller chercher une couleur très précise. Je vous file le lien comme je vous aime bien allons Wink : [Seuls les administrateurs ont le droit de voir ce lien] Pour utiliser ces couleurs, vous pourrez changer le nom «blue» par «#4057A4» par exemple! Amusez-vous à essayer des couleurs, en utilisant toujours l'option «prévisualiser» pour voir de quoi ça a l'air. Je vous conseille d'ailleurs d'utiliser cette option à outrance pour voir physiquement ce que vous faites en code!

Voici une liste de propriétés que vous pourrez utiliser pour modifier vos span. Elle est très loin d'être exhaustive, nous verrons tout d'abord la base!

Taille de la police : Catégorie de changement= font-size
Exemples de nature de changement =  5px , 10px , 15px
Tout ce qui concerne la taille de quelque chose dans un code se mesure en pixels. Attention, vos chiffres doivent être collés à «px»! Si vous voulez tester, vous pouvez utiliser Word, le résultat est le même. La grandeur de police 12 = 12 pixels!

Police du texte : Catégorie de changement = font-family
Exemples de nature de changement = times new roman , courrier new , arial ... etc. etc.

Alignement du texte : Catégorie de changement : text-align
Exemples de nature de changement = justify, left, right

Largeur du texte : Catégorie de changement : width
Exemples de nature du changement : 100px, 300px ou encore 80% , 50% (les pourcentages sont le pourcentage de la largeur de votre page ou de votre div! Parfois plus simple à utiliser)

Longueur du texte : Catégorie de changement : height
Exemples de nature du changement : 100px, 300px ou encore 80% , 50% (les pourcentages sont le pourcentage de la largeur de votre page ou de votre div! Parfois plus simple à utiliser)

Espaces entre les lettres : Catégorie de changement : letter-spacing
Exemples de nature du changement : 1px , 2px , 5px

Bordure : Catégorie de changement : border (border-left, border-right, border-top, border-bottom pour ceux qui veulent une bordure juste sur un côté par exemple.
Exemple de nature du changement : 1px solid black , 2px dotted #4057A4
Le code de bordure demande une nature plus complexe. On doit dire au code à la fois la longueur de notre bordure (de haut en bas donc pour que ce soit clair pour une bordure horizontale), si elle est pleine ou en pointillés, et de quelle couleur elle est!

• Style de la police : Catégorie de changement : font-style
Exemples de nature du changement : italic, bold

Voici seulement quelques exemples de changements que nous pouvons faire à notre span! Voici maintenant à quoi cela ressemble dans un vrai code :
Code:
<span style="color: #4057A4; border-bottom: 2px dotted #4057A4; font-family: courrier new; font-style: italic;">Ceci est la couleur bleue</span>
Ce qui donne ceci:
Ceci est la couleur bleue

Vous avez vu? On énumère les priorités que nous voulons donner à notre code et pouf, par magie, elles s'opèrent!

EXERCICES
Bah quoi, vous pensiez que tout ceci serait facile? Non non, il est temps de bosser! Je vais vous demander de construire un code par vous-même selon ce que nous venons d'apprendre avec le span!
1- Le premier exercice sera de me faire un texte de la couleur de votre choix (mais il doit y en avoir une!), de taille 14, avec un espacement entre les lettres de 8 pixels et une bordure solide de 3px sur un seul côté de votre choix!
2- Pour le deuxième exercice, faites-vous plaisir, éclatez-vous avec votre span!

/!\ Les codes qui sont ici sont les miens, tout comme ce tutoriel. À ne pas reproduire s'il vous plaît ou poster sur d'autres forums sans ma permission écrite!
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Kaylie Monroe
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MessageSujet: Re: Codages   Lun 26 Jan - 21:00


Collapse

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is this the way you have to fall?
Collapse.
The story that ends.
You'll tell me every story has to end in a way or another.
But never in this way.

Never in this way.
Collapse in the end of both a physical a moral self. When the cracks finally break and everything comes down with it. And the only thing you can hear is the silence. Not even a beating heart. You are the dead that will never arise from its ashes. You are condemned.
No one will hear you scream tonight.


Rien ne me mena à Anula cette nuit-là. Une simple envie passagère, qui s'évapora sitôt mes pieds errant dans la ville. Je ne trouvais pas la paix. Quelque chose, au plus profond de moi, me dérangeait profondément, rendait toute progression difficile. J'avais promis à quelques collègues de les rejoindre dans un bar du coin, à quelques pas d'ici. Or, j'étais fatiguée, épuisée par une semaine très intensive autant à la clinique que lors de mes entraînement réguliers. Je m'imposais un rythme de vie pénible à suivre et qui pourtant, me comblait. Je m'éveillais parfois en pleine nuit, tout mon corps vibrant d'une douleur presque physique et palpable, qui se répandait dans mes membres. L'inactivité, je le sentais, cherchait à m'asphyxier. Alors je me levais d'un pas pressé et attrapais le premier bouquin de médecine qui me tombait sous la main, ou réveillais un ou l'autre de mes alliés afin de revoir avec lui ou elle les derniers enchaînements pratiqués de la journée. Je ne trouvais pas la paix, jamais, sauf peut-être à quelques perdues passées en compagnie de Lucas, ces rares instants paisibles où j'avais l'impression pourtant lointaine de reprendre une part de moi. Je ne savais expliquer ce phénomène. Il ne durait pas assez encore pour inquiéter mes proches, or... Je me sentais dépérir, sans savoir expliquer pourquoi, ni comment. Je me sentais si lasse ce soir que je faillis adresser ces quelques mots à Anika, qui m'accompagnait. Ces quelques mots qui m'auraient sauvée et condamnée tout à la fois. Parfois, je continue à croire que je devais passer par cet instant, ce tournant sombre de mon existence pour m'égarer dans la lumière à nouveau.

Beaucoup ne partagent pas cet avis.

L'ambiance chaleureuse du bar en question, nommé presque au hasard par une collègue stagiaire la veille, du me redonner de l'aplomb. Je discutais avec ces deux jeunes femmes, beaucoup plus frivoles que je ne pouvais l'être. Je les écoutais, dans leurs déboires amoureux, les récits presque rocambolesques de leurs tristes aventures. Je souriais, plus détendue que je ne l'avais jamais été depuis près d'une semaine, sirotant presque à contre-coeur une boisson qu'on m'avait presque fait commander de force. Depuis la fin du mois de décembre, je supportais encore moins l'alcool qu'à l'ordinaire. Je ne prévoyais aucun excès, envie que ne partageait pas, visiblement, la plus jeune de mes collègues. Déjà très éméchée, elle tenait à peine hissée sur ses escarpins, et ne déblatérait plus qu'une longue liste de bêtises. Je l'observais avec une certaine inquiétude, à peine dissimulée. La jeune femme, Rebecca de son nom, avait récemment subit une rupture difficile. Si elle tentait de dissimuler sa peine, elle ne nous paraissait jamais plus évidente que ce soir. Lorsque Émilie proposa de la ramener, j'approuvai. Il se faisait tard de toute façon. J'avais hâte de retrouver mon lit, de tâcher de trouver le sommeil. Malgré tout, lorsqu'elles me laissèrent seuls dans le bar, je restai un peu, à tout simplement observer les gens.

Je remarquais le moindre détail, malgré ma grande fatigue. Comme si cet état de lassitude exacerbait tous mes sens. Je soupirai, en caressant la tête de Majesta. Comme à son habitude, elle ne me quittait pas d'une semelle, heureuse de se retrouver ainsi entourée d'une foule joyeuse et animée. Je la laissais faire alors qu'elle effectuait un va et vient tout autour de la table, s'emplissant des merveilles de ce monde humain. Sa curiosité dévorante me fascinait encore toujours. Je continuais de me demander comment on pouvait hériter d'autant de gentillesse, de naïveté et de bonté. J'adressais une autre prière à destination inconnue, remerciement silencieux d'avoir mené sur mon chemin un petit spectre unique. Ma plus vieille alliée, ma meilleure amie. Si je partageais le moindre de mes secrets avec Anika, le lien qui m'unissait à la Fantominus se trouvait plus fort encore. Elle m'adressa un nouveau sourire qui me fit fondre. Son regard était voilé d'une sorte de tristesse, de nostalgie, qui prenait écho en moi. En ces rares moments sérieux, il me semblait entrevoir tout un monde dans ses prunelles sombres, comme si elle cachait un terrible secret. Peut-être le poids d'une autre vie, semé d'embûches. Je tentais encore de la comprendre, cette mystérieuse créature au coeur aimant. Parfois, j'avais l'impression étrange de m'observer dans un miroir lorsque je la scrutais ainsi. Ou du moins d'être parfaitement moi-même à ses côtés.

Je n'attirais pas l'attention à moi, simplement posée dans un coin du bar, auprès d'une table reculée. Invisible. J'aimais bien cette sensation. D'épier l'autre sans retour. L'invisibilité, ma meilleure amie pendant si longtemps. Disparais, m'avait-on dit de façon implicite, mais si clairement et farouchement que ces mots s'étaient ancrés en moi. Fais semblant de ne pas être Adélia. Souris pour une caméra qui ne t'est pas destinée, ne deviens plus qu'une ombre. Survis, sois une que tu n'es pas, mens et cache-toi comme une lâche. Oui, l'invisibilité m'avait fait beaucoup de mal dans mon existence. Mais ainsi calée dans mon banc privilégié, je me sentais presque puissante. Ou du moins, confortable. Le malaise que je ressentais depuis sept jours me laissait enfin en paix. Telle une douce prémonition. Allait-on enfin me laisser dormir? Peut-être aurais-je du dire à Lucas que je passerais par chez lui ce soir. Peut-être m'aurait-il attendu. Il n'y avait que lorsque je dormais contre mon frère que tous mes cauchemars m'abandonnaient. Je secouai la tête intérieurement. Mon aîné s'occupait probablement autrement ce soir, et je le respectais. Il avait besoin de mener son existence comme il l'entendait, même si j'en venais vraiment à espérer le jour où il trouverait une femme pour l'aimer, pour briser cette vie de loup solitaire à laquelle il s'adonnait. Je craignais pour lui. Depuis nos retrouvailles, j'avais tendance à croire que nous avions inversé les rôles.

Mon breuvage terminé, je me décidais enfin à me lever. Tant pis, je verrais bien Lucas demain s'il avait un peu de temps à me consacrer. Ou alors, je prendrais quelques heures pour pratiquer notre prochain Concours. Peu m'importait, au final. J'étais pressée, soudainement, de me trouver loin d'Anula. Je n'aurais su expliquer. Je me laissais dominer par un instinct si affuté en cette soirée tardive que je peinais à y croire. Je ne pouvais qu'obéir à mes sens. Je payai mon dû, souriant au barman, un homme d'expérience qui ne nous avait témoigné que gentillesse depuis le début de la soirée. Je glissai contre mes épaule un léger manteau noir et rabattis le capuchon. Au-dehors, une fine pluie triste s'abattait sur les rues carrelées de la ville. Majesta se pressait contre moi tandis que la Gardevoir auprès de nous utilisait habilement ses pouvoirs psychiques pour nous protéger de la pluie. Je la remerciai humblement avant de m'avancer dans la rue, déserte à cette heure.

Clapotaient les gouttes de pluie, les unes après les autres contre les dalles grises et parfaitement de la rue. Incapables, elles étaient, de couvrir le cri désespéré d'une voix dissimulée dans la ruelle adjacente à l'établissement que je venais de quitter. Je n'hésitai pas, pas même une fraction de seconde. Je n'allais plus être invisible. Plus maintenant, jamais plus. Je le sentais, peut-être. Que cette fois, pour ne bon, je ne pouvais plus me cacher derrière mes peurs. Qu'un jour ou l'autre, il me faudrait me battre. Je sentis une main me retenir, celle d'Anika, alors que je me glissais dans les ténèbres. Je lui résistai, me défis de son emprise. Le cri retentit encore, douloureux. Celui d'une enfant.

Elle se tenait là, le visage pressé contre le mur de brique, la jupe déchirée à ses pieds exposant ses fesses. D'entre ses mèches rousses s'échappaient quelques larmes arrachées. Elle n'avait pas seize ans. Je sentais sa peur. Elle se débattait avec furie, même si ce qui la retenait là, les jambes écartées, pressée là comme un vulgaire objet, était bien plus fort qu'elle. Une silhouette noire où on ne pouvait distinguer, dans la pénombre de la ruelle, qu'un masque blanc, à moitié tombé dans la lutte qu'il menait. Le cri de la jeune fille déchira une fois de plus le silence de la nuit or, il n'y avait personne pour l'entendre. L'homme auprès d'elle, un garçon d'environ dix-neuf ou vingt ans, au visage rude et aux cheveux de paille, s'activait à la fois à la retenir de force et à détacher sa ceinture. Mon sang ne fit qu'un tour. Ses intentions n'étaient qu'on ne peut plus claires. L'adolescente s'époumona à se déchirer les tripes. Je fis un pas en avant, résolu.

«Lâche-la tout de suite!»

On ne m'avait pas encore aperçue. Deux regards, l'un plein d'espoir, deux entités bleutées baignées de larmes, l'autre noir, dur, et surtout effrayé. Il avait peur, probablement tout autant que la jeune fille qu'il retenait contre son gré. Il grogna et vociféra, peinant à retenir l'adolescente désormais qui se débattait d'avantage.

«Vas t'en petite pute!»

Je restai de marbre. Mon ton était calme, presque dénué d'émotion. Impressionnant même, pour une femme aussi fragile que je pouvais l'être. La main d'Anika se pressait dans la mienne. Elle voulait partir. Elle n'aimait pas que je m'expose à un danger éminent. La dernière fois... Sans Tristan j'aurais bien pu y passer. Sauf que Tristan n'était pas là ce soir. Aujourd'hui j'étais celle qui viendrait en l'aide à un autre, plutôt qu'à être un poids. Voyant que je ne démordais pas, il jura. En silence, je déballais mon plan à la Gardevoir, qui le percevait via mes pensées. Plus je parlais intérieurement, plus elle s'insurgeait. Or, elle n'avait pas le choix. Pas maintenant.

«Tu n'as pas le droit tu le sais? Cette jeune fille n'est pas consentante. Ce que tu fais porte le nom de viol. Ce ne serait qu'un crime de plus ajouté à tous ceux que toi et tes frères avez commis.»

Il m'écoutait. Il avait peur. Visiblement, il ne savait pas vraiment ce qu'il faisait. Il était instable, probablement sous l'influence d'alcool ou de drogues.

«Relâche la maintenant. Tu peux encore stopper cette violence. Tu n'as pas l'air méchant. Je sais que tu ne l'es pas. Tu es jeune, tu as la vie devant toi. Ça ne doit pas se passer ainsi.»

Son regard se voila de doute. Quelque part, je pense qu'il attendait ces mots. Qu'on lui dise qu'il valait mieux que ce à quoi il s'abaissait à présent. Croyait-on en lui, au Régime? À lui en tant qu'être humain et non comme machine à user dans leurs plans de domination? Je comprenais. Si ma nature ne m'avait pas autant porté vers le bien, peut-être me serais-je écartée du droit chemin, moi aussi. Il n'avait pas à se laisser tomber. Moi, je n'allais pas l'abandonner.

«Lâche cette jeune fille. Tu peux tout arrêter maintenant. Je sais que tu peux le faire. Tu peux te tourner vers la lumière.»

Il resta silencieux. Toujours plaquée contre le mur, l'adolescente avait le regard rivé vers moi. Ses lèvres articulèrent «sauve-moi». Une larme solitaire coula contre l'arête de son nez, se perdit dans son épaisse chevelure rousse. Alors enfin, la main d'Anika se détacha de la mienne. Toutes ses réticences venaient de s'envoler. Elle avait enfin compris. Qu'à sa place, il y aurait pu y avoir moi. Qu'elle aussi était une victime de ce gouvernement et de ses aveuglements qui ne semaient que la mort, la violence, la folie. Que nous n'étions pas si différentes, et pour cette raison, il fallait la sauver. Elle était une autre humaine. Elle méritait de vivre sans subir tout ceci. Je me raffermis dans ma position. Le jeune soldat semblait en proie d'un débat intérieur. Puis tout se passa si vite. Une main quitta son emprise sur la jeune fille à la chevelure rousse, se posa contre son arme, un pistolet accroché à sa ceinture. La victime en profita pour se dégager d'un bon coup d'épaule et se mit à courir dans la ruelle, dans la direction opposée à moi. La fidèle Gardevoir à mes côtés disparu. L'instant d'après, l'adolescente aussi. Menée en sécurité par ma belle amie. Mise hors de portée du soldat qui avait retiré son arme trop tardivement pour espérer la pointer vers elle.

Sauf que moi, je me trouvais toujours là. Je le compris en sentant le regard de l'autre s'embraser dans une rage destructrice. Une colère si intense qu'elle voila en lui toute forme de rationalité. Dans un cri il pivota vers moi, leva son pistolet et tira. Je n'aperçus qu'un vague éclair de lumière, une forme diaphane foncer tout droit vers son visage aux traits déformés par son emportement furieux. Plus rien que Majesta qui, dans un éclat de bravoure, se ruait vers lui pour me sauver. Je ne compris que plus tard, lorsqu'une tache rouge se formait contre mon abdomen, un peu sur la droite. Un sourire m'échappait alors qu'un d'un coup, mes jambes cédaient sous mon poids et que je m'effondrais dans la ruelle, sous la pluie désormais battante. Je n'entendis pas les cris désespérés de la Spectrum. Je n'entendis pas ceux, beaucoup plus lointains, d'une Gardevoir désormais incapable de bouger et encore moins de se téléporter à mes côtés. Envahie par ma propre douleur, que je ne comprenais pas encore, qui me parvenait de façon si diffuse, comme dans un rêve. Je le vis, sa bouche ouverte dans un cri, son visage envahi de larmes alors qu'il jetait l'arme derrière le container de poubelle et s'enfuyait sans demander son reste.

Je ne vis plus qu'une tache rouge s'étendre contre le sol, s'imbiber de pluie. Je ne ressentais rien, plus rien du tout qu'un froid glacial, ainsi qu'une immense paix. Je tremblais, je crois. Je tachais de respirer contre l'étau qui m'enserrait la poitrine, contre cette ouverture contre mon ventre. Alors que je glissais mes mains vers la plaie, je réalisais enfin que j'avais été touché, que tout ce sang m'appartenait à moi, à moi seule. Que le garçon m'avait tiré dessus, qu'il avait laissé les ténèbres gagner sur lui. L'adrénaline s'amenuisa rapidement, répandant une douleur sans nom dans mon corps. Je tentai de gémir. Je n'en avais plus la force. Je sombrai rapidement dans l'inconscience, douce inconscience. Des doigts froids venaient de se refermer contre mon poignet poisseux de sang.

Collapse.
Is this the way you have to fall?

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Dernière édition par Kaylie Monroe le Mer 28 Jan - 14:01, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Codages   Mer 28 Jan - 10:17


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• Birthday Girl •feat. Mercedes Blanchett


Il n’est pas encore sept heures, et pourtant, ma journée a commencée il y a un petit bout de temps. Ce matin, pas de canne. Non, ce matin, je me sens comme un autre homme. Une nouvelle journée, une nouvelle vie. Cette fois, je me suis lever du bon pied ce matin, et je n’ai pu m’empêcher d’en profiter. Sans un bruit, en faisant attention de ne pas réveiller ni la rose somnolent silencieusement à mes côtés ni la petite Zorua en boule à ses pieds, je me suis levé, quelques minutes avant que s’affiche le chiffre cinq sur mon réveille-matin. Et malgré l’heure, je n’ai eu aucun mal à revêtir mes vêtements et effectuer quelques tours du bloc, ma musique dans mes oreilles et mon Luxio à mes côtés. Une activité si simple, mais oh combien rafraichissantes. Courir. Depuis combien de temps ne m’ais-je pas adonnée à une telle activité. Pas de canne. Pas de douleur ou presque. Que moi, mes chaussures, mon ami, et le chant de quelques oiseaux matinaux. Personne dans les routes. Ce matin, Anula était à moi. À moi et rien qu’à moi. Pas un passant, pas un klaxon pour me chasser de la route. Cette sensation de toute puissance m’avait grandement manquée, et la retrouver ce matin m’a fait un bien fou, tout comme il a semblé avoir plu au Luxio, qui en plein sprint à mes côtés s’est mis à briller avec intensité, pour quelques secondes se mettre à courir avec encore plus de vigueur, revêtu d’un pelage plus bleu et plus luisant que jamais, mené par des pattes à la fois plus fines et plus musclées.

Et nous aurions sans doute pu courir une heure de plus. Certes, la douleur à la hanche s’était mise à refaire surface, mais elle n’a rien à voir avec notre retour prématuré à la maison. Non, parce qu’après une bonne douche chaude, j’avais cette mission en tête. Une mission des plus importantes. Et ainsi, seulement à moitié couvert d’une serviette enroulée à la taille, mes écouteurs toujours dans les oreilles, et sous le regard attentif du Luxray bien installé sur la table qui menace de fendre sous son poids imposant, je m’active dans la cuisine. Alors qu’une douce odeur de pain grillé se répand dans la pièce, je tente de comprendre la mystérieuse cuisson des œufs sur le plat, qui bien évidemment finiront par trop cuire. Haussant les épaules, je glisse le tout dans une assiette où ont déjà été dispersés quelques fruits frais, puis je couronne le tout d’une rose que je viens de cueillir dans le jardin. Je contemple quelques instants l’assiette, plutôt satisfait du résultat. Puis, lorsque la cafetière me signale que son contenu est prêt, et que tout me semble parfait, je m’empare du tout et me glisse sans un bruit jusqu’à la chambre ou dort encore Cendrillon. Un sourire attendri au visage, je dépose le plateau de nourriture sur la table de chevet avant de me glisser aux côtés de la fêtée.

-Coucou mon petit castor tropical, bien dormie?

Encore légèrement mouillé par ma douche encore récente, je me colle un peu plus contre elle pour lui glisser un petit baiser sur la tête. Je tente de ne pas être brusque, le plus possible, alors que je dirige mes léger baisers le long de son visage jusqu’à finalement en glisser un contre ses lèvres chaleureuses.

-Joyeux anniversaire mon chaton.


(c)Golden
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Nathan Lowell
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MessageSujet: Re: Codages   Mer 28 Jan - 11:59


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• Broken •


I open my eyes
I try to see but I'm blinded
By the white light

Un bourdonnement sourd. Des gémissements désespérés et des coups de griffes de l’autre côté de la porte. Un téléphone qui sonne, au loin. Tout est loin, si loin. À la fois si près, mais aussi trop loin pour m’atteindre. Mais cela n’a plus d’importance, à présent. Plus aucune importance. Malgré les manifestations de Mystique qui s’inquiète de l’autre bord, je reste plaqué contre le sol froid de la salle de bain. Je ne peux plus me relever, à présent. Il est trop tard, de toute manière. Pris d’un spasme violent, je resserre la bouteille de médicament vide. Il est trop tard, maintenant. Je les ai pris. Je les ai avalées. Tous. Je les ai avalées. Chacune de ces pilules. Chaque cachet jusqu'au dernier. J’ai décidé de cesser de souffrir. De culpabiliser. De me répugner. J’ai décidé de mettre fin à la tension. De résoudre mes problèmes une bonne fois pour toute. J’ai décidé d’en finir. J'ai décidé... de mourir

Un nouveau spasme s’empare de moi, cette fois plus violent. Ma respiration se fait saccadée, difficile. Je perds mon souffle. Mes mains se portent à ma gorge, par réflexe. Est-ce donc le moment? Est-ce donc l’heure de dire adieux à ce monde? De lâcher prise? De laisser la dose faire son effet? Je n’ai pas totalement conscience de ce qui se passe, mais je peux quand-même sentir une douleur s’installer dans mon corps qui s’engourdit doucement. Ma vision se trouble, et mes mains se resserrent contre une gorge qui ne laisse plus rentrer l’air. C’est la fin. La fin de ma souffrance. La fin de mon périple. De mes épreuves. De mes malheurs. Mais aussi de mes instants de paix. De mes câlins avec la femme que j’aime. De mes soirées avec Max ou encore Riku. La fin de tout. Plus de soucis, plus rien. Que la fin, que la mort. Je veux la laisser m’embrasser, je veux la laisser venir me quérir. Me retirer à cette vie de merde qui ne fait que m’écraser à chaque fois que je tente de m’en sortir. Des efforts, j’en ai fait. J’ai plus qu’essayé. J’ai plus que fait ma part. Et au final, tout ceci n’aura rien donné. Ce n’aura été que perte de temps, perte d’énergie, perte totale. Un sentiment de rage m’envahis alors qu’un nouveau spasme me clou sur le plancher. Je me maudis. Maudit d’avoir tenté en vain. Maudit d’avoir entrainé tant de monde dans mon monde. Maudit d’être né. Ma mère aurait dû avorter, comme mon père le disait si bien. Elle aurait dû mettre fin à cette grossesse qui n’a apporté que malheur. Elle a mis un démon au monde, et aujourd’hui, je fais ce qu’elle aurait dû faire il y a vingt-six ans.

Les grattements contre la porte se font plus insistants. Je ne sais pas combien de temps se sont écoulés, mais la Zorua s’inquiète, sans doute alertée par ces bruits étranges provenant de mon tombeau. Elle gémit de plus belle, me suppliant de bien vouloir lui ouvrir. La pauvre n’a aucune idée… Elle n’a aucune idée qu’elle ne me reverra jamais. Qu’elle ne se glissera plus jamais sur mes cuisses pour recevoir des caresses. Elle ne se doute de rien, et pourtant elle s’inquiète. Comment lui en vouloir, après tout? Depuis une semaine, je ne suis plus le même. Depuis une semaine, depuis que j’ai su, j’ai abandonné tout ce pour quoi j’avais tant travaillé. La jeune renarde a assisté à toutes mes crises, aussi violentes soient-elles. Elle m’a vu abuser, elle m’a vu me détruire.

And I can't stand the pain
And I can't make it go away
No, I can't stand the pain

Mon cœur bat à toute allure. Lui craint la suite des choses, mais pas moi. Moi, je veux en finir. Cette décision, je l’ai prise. Et cette fois, je ne me manquerai pas. Trois fois j’ai eu peur. Trois fois j’ai été trop lâche pour me rendre jusqu’au bout. Mais pas cette fois. Aujourd’hui, je veux aller jusqu’au bout. Je me le dois. Je le dois à la société qui sera mieux sans moi. À Max qui a déjà suffisamment de soucis. À Mercy qui mérite tant mieux. À tous. À tous qui serait mieux sans moi. Je ne veux plus être un fardeau pour eux. Je ne veux plus les tirer vers le fond avec moi. Bien entendu, je sais qu’ils vivront un choc. Ils m’en voudront. Me maudiront. Mais au final, ils comprendront. Et ils seront libérés. Je me sens rassuré, libéré par cette pensée. De savoir que je leur rends service. Alors je me permets de lâcher prise, de me laisser aller. Et pourtant, mon corps, lui, résiste toujours. Il combat l’effet des médicaments qui cherchent à m’enlever la vie. Il combat le sommeil qui vient me chercher. Sans même que je n’ai mon mot à dire, ma main s’est agrippée à la cuvette de la toilette et je me suis redressé d’un bond. Non, non pitié, pas ça. Je ne veux pas les recracher. Je ne veux pas continuer cette vie misérable. Je ne veux plus passer mes journées à penser à ma prochaine dose. Je ne veux plus… Plus être un danger, un fardeau, un monstre. Je ne veux plus, et pourtant, mes muscles se contractent malgré moi. Dans une toux sonore, j’expulse ces corps étrangers cherchant à me tuer. Je les recrache, les uns après les autres, avant de retomber mollement contre la céramique. Mon corps tremble toujours, froid et couvert de sueurs. Froid, tremblant, mais vivant.

I'm slipping off the edge
I'm hanging by a thread
I wanna start this over again

Vivant. J’ai échoué dans cette dernière tentative de faire du sens dans ma vie. Arceus, pourquoi ne puis-je pas mourir? Pourquoi ne puis-je pas mettre fin à cette vie de débauche et de douleur? Pourquoi… Mourir était mon dernier souhait, et on refuse de me l’accorder. De me laisser partir. Cette fois, ce n’est pas un spasme qui me secoue mais un sanglot violent. Encore, encore je me trouve ici à pleurer. Moi qui avait l’habitude de jouer les durs, combien de larmes ais-je laissé couler ces derniers temps? Trop. Trop de larmes, trop de peine. Trop de douleur. Trop de douleur que je ne peux plus supporter. Et si la mort ne peut pas m’apporter la paix d’esprit, alors il me faudra trouver une autre solution. N’importe quoi, mais je veux en finir.

Je libère un gémissement semblable à ceux de Mystique qui s’est mise à pleurer de l’autre côté de la porte. Faiblement, je me glisse à quatre pattes jusqu’à la fameuse porte. Il me faut tous les efforts du monde, mais je finis par réussir à la débarrer et l’ouvrir. Aussitôt, c’est une petite Zorua en larme qui se lance dans mes bras, tremblante comme une feuille, envahie par la peur et l’émotion. Pris d’un nouveau sanglot, je glisse la petite dans mes bas, la serrant fort contre mon cœur, couché contre le plancher de céramique de la salle de bain. D’une main tremblante, je m’empare de mon téléphone gisant à mes côtés. Mes doigts réussissent avec pleine à composer ce numéro que je connais par cœur, malgré mon esprit encore troublé par le mélange de substances dans mon corps. Trois sonneries résonnent dans le combiné, jusqu’à ce qu’une voix masculine que je connais si bien se fasse entendre.

-…Max…? Max, j’ai besoin de toi… S’il-te-plais, j’ai besoin de toi…

Ce sont les seuls mots que je parviens à prononcer avant de laisser tomber le combiné et de fondre en larme de nouveau. J’ai besoin d’aide. Si je ne peux pas m’accrocher à la mort, alors j’ai besoin de quelque chose pour m’accrocher à la vie…

As I'm fading away
I'm sick of this life
I just wanna scream
How could this happen to me?



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MessageSujet: Re: Codages   Ven 30 Jan - 21:12


♦ ALIVE ♦please be alright
Le 26 janvier dernier marquait un grand moment dans l'histoire du Régime. Après avoir perdu le Général Politique il y a peu, voilà que Gears, Général Scientifique et chercheur émérite, trouvait la mort des mains de ceux pour qui il a travaillé pourtant pendant six longues années. Comment expliquer ce phénomène? Si les explications du Régime restent vagues, nous irons ici beaucoup plus en profondeur. De dissimuler nos véritables intentions n'est pas notre genre après tout.

Gears est un traitre, aux yeux des siens du moins. Comment expliquer qu'un grand du Régime, un des fondateurs même du groupuscule d'origine qui renversa le pouvoir Turnac en 2008, en soit venu à tourner le dos à l'organisation? La réponse simple, comme viennent confirmer ses dernières paroles, que nous rapportons aujourd'hui en primeur : «Je laisse le futur entre vos mains. Ne le ternissez pas de vos aveuglements». De toute évidence, Gears a changé d'avis au sujet du Régime. L'action qui lui a valu la peine capitale est la suivante : on l'a surpris en train de vendre des informations à la Résistance au sujet d'un projet secret d'une Officière de renommée au sein du Régime, Noriko. Ces informations n'ont jamais changé de mains. Les deux Résistants surpris en compagnie de l'ancien Général ont été tués sans forme de procès.

Vous avez bien lu. Gears était un héros. Ses mains couvertes de sang, il s'est rendu compte de son énorme erreur. Il a ouvert les yeux et tenté de défaire son oeuvre avant qu'il ne soit trop tard. Dans son dernier souffle, il a tenu à avertir ses semblables, aveuglés, selon ses dires. Prend sa place une certaine Mazinkaiser à l'air familier. Seriez-vous surpris de savoir qu'il s'agit de nul autre que de Noriko, une des grandes héroïnes de l'épisode de Sulfura l'été dernier et scientifique dont les projets avaient été volés par Gears? Dans son regard brille l'étincelle d'une passion. Nul doute que cette scientifique de grand talent fera un excellent remplacement à celui qu'elle a condamné.

Mais dites-moi, Mazinkaiser. Lorsqu'il ne restera plus personne sur cette île pour tester tous vos petits jouets meurtriers, vous jugerez-vous enfin satisfaite?

Votre dévouée Azmitia


Je laisse un long soupir m'échapper. Enfin j'ai terminé cet article. Mes recherches ont été longues et fastidieuses, d'autant plus que j'ai du sortir de nuit depuis quelques jours avec ma mère et ma tante vivant sous mon toit. Mais cet article est terminé, il ne restera plus qu'à le corriger demain matin avant de l'envoyer à Godot. J'en tremble encore d'excitation, surtout sur cette dernière phrase, qui n'est que pure provocation. Je sais que je joue avec le feu. Or, je ne serais pas si difficile avec cette femme si cette terre était libre, si je n'avais pas à la craindre. Je considère mon horloge électronique, posée contre mon bureau. Il est passé trois heures du matin, il est temps pour moi d'aller me coucher. Ce pauvre Weston dort seul dans mon lit. Il me réclame depuis plusieurs heures déjà, plusieurs heures que je lui dis que j'en ai plus que pour quelques minutes... Oops? Il saura me pardonner, n'est-ce pas? Après tout il me sait entièrement dédiée dans mon travail, surtout lorsque je traite d'une situation aussi importante et délicate que celle-ci. Je suis plutôt fière du résultat ainsi j'enregistre le fichier dans un coin protégé de mon ordinateur et remet l'appareil à Peach qui s'empresse de le ranger à sa place. Cet ordinateur portable ne sert qu'à l'écriture de mes articles et est caché chez moi. Moi-même je ne sais pas où la Fouinar le dissimule.

Avec une certaine lassitude, je m'étire dans un gémissement rauque, avant de prendre la direction de ma chambre, à l'étage. Je trébuche presque sur Dot qui dort dans l'escalier. Ainsi recroquevillée sur elle-même, ses yeux éteints, elle ressemble à un appareil hors tension. Je lui file un bisou avant de rejoindre ma chambre. Je me prépare en vitesse avant de me glisser sous les couvertures. Il y règne une chaleur doucereuse. Je me laisse envelopper par l'odeur de mon amoureux, que j'entoure de mes bras en lui filant un baiser contre la nuque en guise d'excuse de l'avoir tant fait attendre. Il dort, bien sûr, et me fera probablement la morale demain, mais peu m'importe. Je suis fière de cet article et je ne regrette absolument rien. Il me tarde de le voir dans le journal demain. Je ferme les yeux en m'abandonnant au confort de mon lit, du bien-être grandissant que je ressens à me trouver auprès du beau Champion. Une boule de poils envahit mes pieds : il s'agit de Peach qui est revenue après avoir caché l'ordinateur. Sitôt elle s'est roulée en boule qu'elle s'endort profondément. Il ne reste plus que moi. Allez, calme-toi un peu Mercy, allons. Je me cale un peu plus contre le dos large du blondin en soupirant d'aise. Le sommeil ne tardera pas de venir me cueillir à mon tour, ou du moins est-ce que je croyais.

Car mon téléphone portable, enfoui dans la poche de mon jean, vient de sonner. Je me redresse aussitôt, en me maudissant de ne pas avoir pensé à ajuster le son avant de me coucher. Or, cette frustration disparaît rapidement. On ne m'appellerait pas à ne telle heure sans aucune raison. Je m'empare de mon téléphone et le porte à mon oreille. Le téléphone qui s'affiche est celui de Mélinda Connors, une bonne amie à moi, doctoresse émérite que j'ai rencontré par l'entremise de Maxwell Young. Est-ce possible qu'il soit arrivé quelque chose au Maître Coordinateur? Mon coeur se serre d'inquiétude. Ma voix paraît dans le combiné, toute petite, inquiétée. Je quitte la pièce et m'enfonce dans le couloir afin de ne pas réveiller Weston. J'espère que la sonnerie ne l'aura pas trop dérangé.

«Mélinda?»

«Victoria, écoute-moi bien.»


Je déglutis.

«Je t'écoute.»

«Il s'agit d'Adélia.»


Son ton, grave comme une tombe. Je trébuche et m'affaisse contre le plancher du couloir. Lui a-t-on mis la main dessus? A-t-on découvert sa véritable identité? Sera-t-elle pendue demain, dans les rues d'Amanil? Je respire avec peine.

«Elle est dans un état critique. On l'a transportée à l'hôpital d'Anula, à quelques pas de chez toi. Il semblerait qu'on lui aille tiré dessus à la sortie du bar où elle avait une soirée avec des collègues de la clinique. Ils doivent l'opérer dans quelques heures, le temps que son état se stabilise, mais...»

Mais quoi? Mais quoi? Elle ne va pas mourir, n'est-ce pas? Je me relève. Je ne respire plus. Où est passée toute l'oxygène? Un étau me broie les côtes. Je ne parviens pas à y croire, à assimiler cette information qu'elle tente de me transmettre. Pourquoi doit-elle ajouter un «mais»? Pourquoi doit-elle me laisser dans l'incertitude?

«Qui? Pourquoi? Melinda je ne...»

«Je n'en sais pas plus.»


Je me tais. Je tremble si violemment que je perds pieds et me retrouve contre le plancher à nouveau. Le téléphone me glisse des mains et s'effondre contre le sol. S'effondrer. Je rampe jusqu'à l'appareil. Mes doigts s'en emparent, comme engourdis.

«J'arrive.»

«Je t'attends.»


Elle raccroche.

Le temps s'éternise. Combien de temps je reste ainsi?

Le sol froid m'accueille, me berce tandis que tout tangue autour de moi. Je tente de réaliser ce que vient de me dire Mélinda. Or, je ne ressens rien. Rien du tout. Je ne comprends plus rien. Je cherche mon air et d'autant de réponses qui m'échappent. Je tâche de me convaincre qu'il ne s'agit que d'un rêve, un terrible cauchemar duquel je pourrai me libérer sitôt ma conscience voudra bien s'en affranchir. Sauf que la libération ne vient pas. Au contraire, le poids m'emprisonne, s'approprie mon corps telles des tentacules brûlantes. Je me redresse, la tête lourde d'une fatigue qui n'a rien à voir avec mes longues nuits de cette semaine. Un son continu bourdonne à mes oreilles. Désorientée, je titube jusqu'à ma chambre où je reprends la pile de vêtements éparses sur le sol. M'habiller me prend un temps fou. Je me débats à chaque étape, comme si soudainement ils avaient rapetissés de plusieurs tailles. Une fois que c'est fait je reste figée devant le lit, à considérer de réveiller Weston.

Je n'y arriverai pas toute seule.
Presque machinalement, mes mains composent un numéro sur le clavier tactile de mon téléphone. Je vais m'asseoir au pied du lit, en réfléchissant à ce qu'on vient de me dire. Au final, je crois que je me suis toujours attendu à ce qu'un moment comme celui-ci se produise. Qu'un appel, au plus noir de la nuit, me tire du sommeil pour m'annoncer une triste nouvelle. Il ne peut être autrement dans ce contexte n'est-ce pas? Aucun de mes amis n'est à l'abri du danger, surtout pas Faust, Damien, Maxwell, Mélinda, Solène, Maelys et tant d'autres, tous investis dans la Résistance. Moi-même ne suis-je pas investie directement dans le risque? Or, Adélia est un ange. Elle ne combat pas. Ou du moins, pas comme nous pouvons l'entendre. Elle ne cherche pas la violence. En elle j'ai trouvé une famille que je n'avais jamais soupçonnée. Elle m'est désormais non pas comme ma cousine mais telle une soeur que je me suis jurée de protéger.

Or j'ai failli à ma tâche. Je le réalise à présent. Toutes mes tentatives désespérées de la tenir loin du danger n'ont servi strictement à rien. Une boule se forme dans ma gorge alors que le spectre de remords m'envahit progressivement. Hantée, je tente de reprendre mon souffle. Je m'étouffe presque avec le vide qui me gruge de l'intérieur lorsque j'entends finalement sa voix. Faust. Encore une fois, je ne peux pas surmonter cette épreuve sans lui. Même si cela signifie de le condamner cette fois. Je me déteste d'être si faible, mais je réalise aussi qu'il est en droit de savoir. Il est son ami, son confident, un des seuls éléments du passé qu'il lui reste. Elle voudra le voir, j'en suis certaine. J'ignore qui, entre nous deux, a le plus besoin de lui. Sitôt sa voix dans le combiné que le vide se fait orageux. J'ouvre la bouche pour la refermer, incapable de formuler un son. Je laisse m'échapper un hoquet douloureux.

«Faust?»

Alors je craque enfin. Adélia, ma Adélia. Elle ne va pas mourir, elle ne le peut pas. Pas alors que nous venons de nous retrouver. Pas alors que je me suis attachée à elle. Elle ne le peut pas. Si ce n'est pour elle, elle doit au moins survivre pour moi. Parce que moi, je ne peux plus avancer si elle n'est pas là.

«Fau...uust...?»

Entre mes sanglots étranglés, profonds, amers, je répète son nom. Comment arriverai-je à lui expliquer la situation si je parviens à peine à articuler quoi que ce soit? Je tente de respirer, mais mes sanglots se font plus insistants, saccadés. Ils ressembleront certainement aux premiers qu'il m'a vu échapper, ceux sur cette fameuse montagne où j'ai découvert qu'un ami se cachait sous les traits d'un allié précieux, peu de temps après ma libération suite à mon passage dans les prisons du Régime. Les minutes s'égrainent, sans que je ne parviennes à dire un seul mot. C'est tout douloureux. Ma respiration s'apaise un peu, tout comme mes sanglots, me laissant épuisée, appuyée contre le bas du lit. Enfin, je trouve la force de parler.

«Je suis... je suis désolée Faust. Adélia est blessée... On l'a emmené à l'hôpital général d'Anula, on m'a dit qu'on va l'opérer... On lui aurait tiré dessus avec un pistolet... je...»

Je prends une grande respiration qui se mute en sanglot difforme.

«Faust, je ne sais pas si elle va s'en sortir.»

Cette phrase, telle une sentence, retombe dans le silence de la nuit.
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MessageSujet: Re: Codages   Ven 13 Mar - 10:47


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Titre du RP
feat. nom du personnage
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Mascarade ne manque pas un seul détail de ce qui se produit sous ses yeux, mais elle ne possède aucun pouvoir divin. Elle prend ses chances, ses risques, afin de produire le meilleur spectacle possible à ce public. Mais surtout, elle a envie de faire plaisir à son allié, tout en le dirigeant le plus adroitement possible afin de le faire briller d'avantage. Un peu trop hardi, le jeune Funécire, toujours aussi pressé et enjoué, venant trancher avec la nature plus calme et réfléchie de sa dresseuse drapée de mystère. Deux antipodes pourtant compatibles dans tous les sens du terme. L'un permettant à l'autre de s'exprimer, d'aller de l'avant, de briser sa timidité naturelle. L'une permettant à l'autre de confiner ses énergies, de réfléchir et de planifier, de rester posé en toutes circonstances. En toute honnêteté, Requiem, sans l'intervention de sa dresseuse, n'aurait jamais pensé à protéger son corps de son aura infernal. Sa seule envie est de se jeter au combat afin de défendre son honneur. Mascarade lui permet, entre autres choses, de poursuivre ce combat qu'il doit mener tout de même contre un adversaire totalement évolué et visiblement très expérimenté. La jeune femme comme son Pokémon savent qu'ils n'auront plus droit à l'erreur à présent, que tout se jouera dans ces minutes qui les séparent de la fin. Que pour triompher, ils doivent se faire pleinement et entièrement confiance.

Quelle n'est pas la surprise en voyant la Leuphorie disparaître dans un grand tourbillon de feu, dans lequel la créature rose prépare ses éclairs. Mascarade ne peut le deviner donc, et assiste, déçue, à cette défensive de la part de leur adversaire. À quoi bon produire une attaque si elle dissimule l'objet qui doit justement être mis en valeur? Bientôt, la brunette comprend mieux là où Anaïs a voulu en venir, lorsque le Funécire, protégé par ses anneaux enflammés, percute cette barrière pour en laisser s'échapper finalement une multitudes d'éclairs qui lui font perdre son emprise précieuse sur son talent. Celui-ci se dissipe, et alors débute pour lui la véritable souffrance, celle des combats acharnés qui ne se livrent qu'entre ceux qui vivent de passion véritable. Il s'éloigne, en tournoyant sur lui-même, encore assez conscient de son corps et de son état pour savoir se retirer avec un tant soi peu de dignité animé des résidus enflammés de leurs deux attaques qui viennent faire briller son corps strié d'éclairs bleutés. Son visage s'est crispé d'une douleur palpable, une douleur qui se résorbe dans chacune des cellules de sa dresseuse qui, depuis l'impact, retient son souffle. Une certaine nervosité a envahit ses doigts, une hésitation lui fait presque perdre le rythme, mais au final, seuls les oreilles les plus attentives auront remarqué ce léger soubresaut de la part de la jeune femme masquée, qui lève à nouveau le regard vers son ami qui se débat toujours avec la paralysie.

De l'autre côté du terrain, la Leuphorie utilise Régénération dans un amalgame de teintes colorées très réussies, faisant disparaître ainsi tout vestige de leur accomplissement, soit celui de brûler leur adversaire. Voyant ce fait, le visage de Requiem se décompose d'autant plus, et sa dresseuse le sent sur le point de craquer. De laisser cette vie toute nouvelle qu'il fêtait aujourd'hui lui glisser entre les doigts. Mascarade n'a jamais vu son ami dans un tel état de détresse, jamais le défi ne fut aussi grand pour eux. Et pourtant l'un comme l'autre sont parvenus de loin pour en arriver à cet instant précis, cet instant où ils décident de changer le cours de leur existence. La jeune femme, dans un mouvement gracile et déterminé, s'avance d'un pas et reprenant sa mélodie avec une fougue féroce, ses prunelles brillant tels des saphirs. Cet objet, ce violon sur lequel ses mains décrivent une danse habile, n'est plus simplement un instrument visant à mettre en valeur son allié, mais un pont, un moyen de communication palliant au mutisme dans lequel s'enferme la jeune femme à la robe étincelante. Un message vibrant d'espoir.

La mélodie se change en hymne à la vie. Mascarade se tient sur la pointe des pieds, à l'orée du terrain, les épaules relevées en direction du Funécire qui laisse son regard s'attarder un instant vers sa dresseuse. Rien n'est perdu mon ami. Rien n'est perdu tant que nous n'en avons pas décidé autrement. Combien de fois a-t-on tenté de nous faucher? Combien de fois a-t-on de nous faire taire, de nous briser les ailes, de nous enfermer? Non. Aujourd'hui nous disons «non», Requiem. Aujourd'hui nous prouvons, une fois pour toutes, que nous ne pourrons être brisés, peu importe l'issue de ce match. Que nous nous battrons jusqu'à la dernière goute de notre âme. Et toi, je sais que tu peux y arriver. Cet échange, silencieux, se prive de mots, passant simplement dans cette mélodie presque pompeuse qui l'entoure à présent, se résorbant dans tout l'Amphithéâtre avec netteté. Le dernier acte se prépare, et ils en seront les instigateurs. Que s'agite ce terrain, que monte la pression, ce terrain, il est le leur. Mascarade le murmure par toutes les pores de son être alors qu'un sourire, presque mesquin, se dessine sur son visage. Cet affrontement n'est pas celui de Lexie la Leuphorie, belle créature qui désire vivre. Pas aux yeux de Mascarade, du moins. Son aversaire, ce fantôme, n'incarne en rien la mort. Mais un monde différent de celui qu'elle connaît.

La paralysie frappera-t-elle, venant réduire à néant leur espoir de l'emporter, de même tenter? Non. Mascarade a confiance. D'un mouvement déterminé d'archet, elle lance le signal que saura assurément reconnaître le Funécire, de s'élancer. Mais lui de son côté? La douleur accompagnant la paralysie est toujours présente, mais il a trouvé dans la mélodie de sa dresseuse de quoi calmer son angoisse, sa panique. Ses petits bras s'hissent vers le ciel. Un couvert subtil de la fumée de Puredpois l'entoure à présent, comme une promesse mystérieuse. Son visage s'est transformé à nouveau, maintenant serein, étincelant. Lentement, le terrain se couvre d'une inquiétante bulle d'un violet puissant. Châtiment. Si leur adversaire a pris un moment pour se régénérer, il s'agit aussi d'un instant où elle leur prête l'occasion d'attaquer. D'attaquer en grand. Au-dessus du Funécire brille un oeil, se fondant dans les flammes bleutées au-dessus de sa tête. Comme l'oeil torve de quelconque démon. À présent, le terrain en entier est recouvert de cette énergie spectrale. Châtiment. Que tous ceux qui ont voulu et tenté de les paralyser en subissent les conséquences. Plus on tentera de les brimer, plus cette paire se relèvera, toujours plus puissante, tout comme cette technique dont la puissance est doublée lorsque affecté par un statut comme la paralysie. Sous ce dôme sombre, entouré de cette fumée violacée qui forme une sorte de cape autour de son corps, et entouré des éclairs bleutés conférés par Leuphorie, le Funécire est semblable à un démon sordide, un démon qui lui aussi aspire à sa vie. Comme sa dresseuse, un indésirable qui toujours prendra sa place dans ce monde, contre vents et marrées, que rien, rien au monde ne peut arrêter. Brille en lui la foi retrouvée et plus puissante que jamais.

Si l'attaque de type spectre n'affectera pas la Leuphorie, Châtiment aura au moins servi à faire de ce terrain son royaume. Ce match s'achève, et il tient bien sûr à laisser sa marque dans le coeur des gens qui l'observent. Et Mascarade, derrière lui, fera toujours en sorte que cela se produise. Oui, ce Concours s'achève, et avec le son du cor, la note finale qui devra déterminer leur sort, mais au final... Quelle importance? La Coordination ne s'achève pas après un coup de gong. Il s'agit d'un mode de vie, d'une vision du monde, une façon d'être, ancrée profondément dans l'un comme dans l'autre. Qui ensemble, mènent à terme leur participation, leur participation qui n'est que promesse d'une suite. De grandes colonnes flamboyantes, spirales infernales, jaillissent soudainement du sol, de plus en plus nombreuses, s'approchant toujours plus de Lexie. Tôt ou tard, elle sera rejointe par ces colonnes, contrôlées par le Funécire qui s'est promis, grâce à Mascarade, de ne jamais abandonner, sans se douter, probablement, qu'il est celui qui a inspiré la jeune femme à y croire. Encore et toujours.

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MessageSujet: Re: Codages   Sam 18 Avr - 16:45


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Big Girls Cry
feat. Juno
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Tough girl
In the fast lane
No time for love
No time for hate
No drama, no time
For games
Tough girl
Whose soul aches

Mes prunelles papillotent contre l’écran. Je le scrute, inlassablement, à la rechercher d’informations manquantes. À côté, ma main s’anime comme possédée d’un indomptable démon, notant au passage chaque détail susceptible de m’intéresser pour le rapport que nous allons devoir construire en équipe, demain matin. Ou plutôt que je vais mettre en place toute seule pendant que les autres s’activeront déjà à la couverture médiatique. Nous recevrons monsieur Strauss en début d’après-midi avec un discours déjà tout écrit, prêts pour une conférence de presse vers 17h00 qui serait diffusée sur toutes les chaînes de l’île d’Enola. Tous les yeux rivés sur ce qu’il dira derrière son estrade aux couleurs du Régime, son visage impassible sous les flashs constants des caméras. Mitraillé, traîné comme en justice pour des gestes qu’il n’a pas commis. Et nous, mon équipe et moi, avons le devoir de l’arrimer, de l’armée contre le flot de questions, contre la révolte qui se fait déjà sentir dans les rues. Au dehors j’entends des cris et des tirs. Chaque affrontement dans une ville connexe en provoque beaucoup d’autres, surtout ici à Amanil. Les cris se taisent, la menace est avortée et je frissonne en me retirant de ma contemplation de l’écran. Mon regard se perd dans cette nuit sombre et tendue. Mon cœur s’emballe. Combien de gens mourront ce soir? Combien doivent encore subir? D’un cri je me repousse mon ordinateur portable contre la chaise longue cousinée à mes côtés et m’extirpe de mon fauteuil extérieur pour m’avancer près de la barrière qui délimite mon balcon.

En bas, Amanil s’est calmée. Pour le moment. En ses ruelles plongées dans la pénombre, je devine encore quelques silhouettes volubiles, réduites à la taille de quelque fourmi insignifiante d’où je me trouve. D’où je me trouve, au vingt-unième étage de mon immeuble, je ne puis entendre la patrouille, mais je devine le claquement des bottes des soldats contre les pavés, le bruit de leurs fusils s’entrechoquant contre leur couroi. La chasse à la sorcière a commencé ce soir et plusieurs arrestations auront lieu. Il suffirait d’avoir le nez dehors pour qu’on vous suspecte de traitrise envers le gouvernement. Ceux qui ont osé sortir ce soir devront probablement passer la nuit où ils se trouvent pour éviter le pire. Les règles sont les règles et ceux qui résisteront n’auront pas la chance de s’en excuser avant qu’on les exécute sans ménagement. Après les affrontements de ce petit village de Vanawi, toute la ville retient son souffle, y compris moi. Je ne réalise que trop tard qu’une larme solitaire glisse contre ma joue, cristallisation silencieuse de la peine, de la rage, de la confusion qui m’ébranlent et qui me font osciller contre la rambarde. Cette ville toute en lumière, en longs dessins sinueux, cette forêt de fer et de béton longeant un océan d’un noir profond qui s’étend jusqu’à la fin du monde, cette ville qui m’a vu naître n’arrive pas à m’offrir la paix désirée ce soir alors que je m’appuie un peu plus contre la balustrade qui me pend au-dessus du vide. Sans crier gare, un hurlement me prend, vif, qui me déchire la gorge. Je m’effondre contre la barrière en tremblant comme une feuille entraînée au cœur d’un ouragan.

Je serre, presque par réflexe, la silhouette s’étant glissée près de moi. Hayim que j’ai dû réveiller par mon cri. Mes doigts se perdent contre sa carapace d’acier, mes mouvements hérétiques et frénétiques contre son dos. Je la sens raffermir son étreinte contre ma poitrine. Son poids contre moi m’aide à reprendre contenance sur ce corps brisé de fatigue et de douleur et de rage. Mais mon esprit continue à s’agiter, encore et encore alors que sous mes prunelles brûlent encore les images auxquelles j’ai été contrainte d’assister. Images qui ne verront jamais la lueur du jour, demain, quand Enola s’éveillera pour une nouvelle matinée pleine de promesses. Comme lors de ce coucher de soleil échangé avec le Résistant. Il n’y en aura plus d’autres ainsi. Plus jamais. Ce monde ne se teinte de rouge que par la guerre et non par l’espoir. Je laisse m’échapper un gémissement alors que je revois les images des flammes brûlantes engloutissant un village complet près de Vanawi. Un village entier d’innocent. Un haut-le-cœur me prend. Et moi, je dois effacer les pistes de ce crime impardonnable et faire porter le blâme à d’autres.

Ma loyauté ne fait aucun doute, même aujourd’hui à cette heure ou les remords me rongent. Rien au monde ne saurait ébranler cette foi intime et puissante que je puis placer en mon organisation, en ses ambitions et sa puissance. Aujourd’hui se rebelle en moi par contre ses méthodes, ses moyens. Je n’ai jamais rechigné à la mise en justice les réfractaires de notre Régime, ni l’utilisation de la violence contre cette bande de renégats. Il n’existe aucune autre façon efficace de contrer cette gangrène qui asphyxie cette île. Mais de tuer des hommes, des femmes, des enfants innocents? Un village entier subissant une colère inutile envers les véritables responsables du problème? Ces gens n’avaient absolument rien à voir avec la Résistance. Un frisson d’effroi me parcoure en réalisant que de braves gens comme mon père auraient pu se trouver parmi les victimes. Est-ce donc ce que me reprochait celui-ci lorsqu’il m’a abandonné en quittant l’île il y a quelques mois? Mon appartenance à un mouvement parfois brutal, parfois déraisonné et stupide, égoïste et cruel. Encore une fois il s’agit de mon travail de réparer les pots cassés, de faire taire une histoire qui se répand déjà telle une traînée de poudre et qui, encore une fois, fera trembler les fondations même du Régime. Encore une fois, les images horrifiantes de ce soir dansent sous mes yeux. Cette nuit je ne pleure pas mes compatriotes tombés au combat mais plutôt la population inoffensive qu’on a froidement assassinée.

«Hayim?»

I'm at home
On my own
Check my phone
Nothing, though
Act busy
Order in
Pay TV
It's agony

La Galekid ne m’a pas abandonnée. Elle se tient toujours contre moi, tous ses sens en éveil, à guetter le moindre changement de mon humeur. Le pire est passé. Mais je ne parviendrai jamais à dormir. Ma tête dodeline contre mes épaules à la recherche de quelque appui. Sous ce crâne lourd, une multitude de pensées et d’images contradictoires continuent de s’affronter dans un ballet assourdissant. Lorsque j’aurai regagné mon lit, dans quelques heures après avoir travaillé à ce dessein scrupuleux, aurai-je le courage d’affronter la glace à nouveau? Il ne s’agit pas de la première fois que je dois faire face à une telle confusion face à ce métier que j’adore pourtant, à cette organisation qui est ma famille, mon toit, qui me définit à présent. Les erreurs, nous en avons commis d’innombrables, à commencer par l’entreprise du premier janvier de 2014. Tout juste avant le décès d’Aimee. Cette fois alors que je suis épuisée, alors que je dirige l’équipe pour la première fois dans une crise aussi importante, alors que la responsabilité repose entre mes mains rien ne m’a semblé plus gris. Rien ne me fera oublier ce soir. Rien au monde.

Alors que je formule cette pensée, une sonnerie criarde fend le silence dans une explosion assourdissante. Je sursaute brutalement, tout comme la petite Hayim à mes côtés qui s’empresse de sauter de mes bras pour rejoindre mon téléphone qui beugle contre le fauteuil que je viens de quitter. Elle s’en empare avec délicatesse, consciente qu’un faux mouvement de mâchoire suffirait pour elle de détruire l’appareil. Elle le remet dans mes mains tremblantes. Je n’ai aucune intention de répondre. Il s’agit probablement d’un de mes collègues ou même monsieur Strauss tâchant de s’enquérir de ma progression. Peut-être me demandera-t-on de rentrer ce soir au bureau afin d’être prêts pour la conférence de presse qui aurait été devancée à la matinée? Mon doigt se pose presque contre le bouton qui aurait mis fin à la sonnerie irritante sauf que j’interromps mon geste aussitôt lorsque je constate que le code régional de l’appel n’appartient pas à Enola. La France. Je décroche aussitôt et braque l’appareil contre mon oreille, ragaillardie d’espoir.

«Tatie?»

«Coucou mon ange. Je savais que tu serais encore réveillée à cette heure.»


Ma tante Lucy. L’être au monde que j’aime le plus. D’entendre sa voix à cette heure, cette voix qui a bercé mon enfance, qui continue de hanter mes solitudes, cette voix d’amour et de paix… En moi s’agite à nouveau la peine. La peine et l’incompréhension, la confusion intenable. Une nouvelle larme roule contre ma joue, la deuxième versée ce soir. Il n’aurait suffi qu’elle m’ouvre les bras, que je me glisse contre elle et de me laisser bercer pour que toutes mes barrières cèdent. Pour que toute cette souffrance que je terre au fond de moi depuis des mois, des années, ne me submerge d’un seul coup. Comment les êtres chers peuvent-ils provoquer autant de vulnérabilité? Comment osent-ils s’approprier notre faiblesse et l’exposer ainsi?

«Ça va ma puce?»

Sa voix trahie son inquiétude. Elle deviné. Bien sûr qu’elle a deviné. Tous les kilomètres qui peuvent nous séparer n’auront jamais raison de ce lien qui nous unit. Je me mords la lèvre en tâchant d’assagir le nœud qui s’est formé au creux de ma gorge. Je prends une grande inspirant en maîtrisant ma voix hésitante et gonflée de larmes du mieux que je le peux.

«Bien sûr. Tu me manques.»

Je prononce ces mots, sacrés, lors de chacun de nos échanges. Empreints d’une vérité indéniable depuis le moment où je l’ai supplié de ne pas partir, de ne pas me laisser derrière elle comme un vulgaire souvenir. Ma tante me manque, à chaque moment du jour et de la nuit. Sans elle je me sens perdue, vidée de sens et aujourd’hui plus que jamais alors que je ne semble plus trouver de sens à ce qui en a toujours eu à mes yeux. Je n’ai jamais osé lui dire à quel point son absence peut me blesser à chaque jour qui passe, même presque vingt ans après. Lucy fut telle une mère pour moi. Ce que j’avais de plus semblable à la vie normale à laquelle j’aspirais. Elle était un parent affectueux, présent et dévoué. Encore maintenant je me demande pourquoi elle n’est pas présente même si mes mots sont dépourvus de reproches.

«Tu me manques aussi ma puce. Tous les jours.»

Je sens dans sa voix que je ne l’ai pas convaincu quant à mon état. Pour elle qui me connaît probablement mieux que moi-même, je n’ai plus aucun secret. Elle connaît toutes mes défenses habituelles, toutes les armes que je peux braquer entre le monde extérieur et mon moi profond et vulnérable.

«Qu’est-ce qu’il y a Cassey? Qu’est-ce qui se passe?»

Je me mords la lèvre avec insistance, jusqu’à ce que l’envie de pleurer se résorbe une nouvelle fois. Hayim se blottit contre moi et frotte sa petite tête sur ma cuisse. Je la caresse en prenant une grande inspiration. Mon silence s’étire tant que ma tante revient à la charge.

«Tu es toujours là? Cassey parle-moi.»

«Je suis là. Ce n’est rien tatie. Je vais m’en sortir.»


Je n’ai pas besoin de toi. J’aimerais tellement pouvoir le prononcer, mais je sais que je n’y arriverai jamais. Car c’est faux. Totalement faux. Ma voix se brise et les sanglots me secouent sans que je ne puisse les réprimer. Je me brise en deux, échappant presque mon téléphone alors que je tente de l’éloigner de mon visage et d’étouffer ma peine, de la dissimuler à ma tante qui l’a pourtant deviné depuis longtemps. Je déteste dépendre des autres. J’ai toujours su me débrouiller et ce n’est pas aujourd’hui que mes habitudes changeront. La voix de ma tante à elle seule me le rappelle. Son pouvoir est si prenant que je n’arrive pas à contenir des émotions que j’arrivais bien à dompter avant son appel.

«Tu as droit de pleurer Cass. Tu le sais ça?»

I may cry, ruining my makeup
Wash away all the things you've taken
I don't care if I don't look pretty
Big girls cry when their hearts are breaking
Big girls cry when their hearts are breaking
Big girls cry when their heart is breaking

Sa voix contient autant de douceur qu’une couverture chaude et rassurante. Mes sanglots m’étranglent de nouveau et enfin, enfin je laisse libre court à toute ma peine. Je pleure longtemps, et lorsque le tout prend fin je suis couchée contre le plancher du balcon, complètement épuisée.

«Oh ma belle. Combien j’aimerais être avec toi en ce moment.»

Combien j’aimerais n’être qu’une gamine à nouveau. Poser ma tête contre ses cuisses en la laissant me caresser les cheveux, m’assoupir contre elle en me sentant en sécurité et forte et aimée. Je n’ai plus ce luxe à présent. J’habite dans le monde adulte et ce genre n’âneries n’a plus sa place. Plus personne ne me protégera. Je ne peux compter véritablement que sur moi et moi seule. J’ai fini de pleurer et de m’apitoyer sur mon triste sort. Je ne suis pas responsable de la mort de ces personnes. Ce ne sont pas les premiers innocents à mourir dans cette guerre ni les derniers. Je me redresse malgré mon épuisement, attrapant Hayim pour la caler contre mes genoux.

«Vous devez me visiter bientôt. Je paierai le voyage s’il le faut.»

«J’aimerais beaucoup ma puce. Je suis en train de considérer nos options, ce n’est pas facile de prendre congé. Mais c’est dans les plans.»

«Et papa?»

«Je… je ne sais pas.»


Depuis que mon père a quitté Enola en juin dernier pour rejoindre ma tante en France, nous n’avons échangé que quelques mots insignifiants. Encore aujourd’hui, la culpabilité me prend aux tripes à imaginer que j’ai peut-être causé la destruction de notre relation, et pour de bon cette fois. Aussi frustrée puis-je être contre lui, aussi fondamentalement déçue de son départ, de son abandon au moment où j’avais désespérément besoin de lui, je souhaite encore le voir revenir près de moi, nos rapports s’améliorer. Pour la deuxième fois de notre échange, mon cœur se serre et le souhait de retomber en enfance me parvient. À cette époque, je n’avais pas à subir le jugement de ma propre famille. Il ne m’importait aucune responsabilité autre que celle de grandir et m’épanouir. Aujourd’hui plus que jamais cette tâche me semble impossible, inaccessible. Je ne sais toujours pas qui je suis.

«Nous viendrons, tous. J’y travaille ma chouette. Tu m’inquiètes. Je sais que tu n’aimes pas que m’angoisse pour toi mais c’est le cas. Je t’ai vu grandir et je sais que tu préfères qu’on te laisse tranquille avec tes problèmes. Je sais aussi qu’une fois que tu décrocheras ce téléphone, tu t’en voudras d’avoir pleuré devant moi. Mais c’est ainsi, Cassey. Je suis là pour toi et tu vas devoir t’y faire. Et laisser les gens qui t’aiment venir à ton secours lorsque tu en as besoin. Et toi, de t’autoriser à pleurer lorsque tu te sens dépassée. Ce n’est pas une faiblesse.»

«Les grandes filles ne pleurent pas. Papa me l’a assez répété.»

«Ton père avait tort. Les grandes filles pleurent aussi. On se fiche bien de ce qu’on peut en penser.»


Je secoue la tête. J’essaie de me dire qu’elle est dans l’erreur, qu’elle ne me connaît pas si bien et qu’au final, je raccrocherai de cet appel la tête haute, sans aucun regret. J’essaie d’attiser cette colère, enfouie profondément en moi, à son sujet. Arceus sait que les frustrations à son endroit sont nombreuses et bien ancrées, mais je ne parviens pas à animer la machine. Je n’en ai plus la force ou le désir.

«Alors je suis supposée faire quoi? Pleurer comme une imbécile? Ça ne sert à rien.»

«Pleurer sert à te soulager. Pour le reste, c’est à toi de te prendre en main et de trouver des solutions. Je ne sais pas ce qui se passe, ma belle, mais je sais que tu te voiles la face avec ta souffrance, tu préfères ne pas la voir pour ne pas te sentir vulnérable mais personne ne te la reprochera.»


Oui, il y aura toujours moi. Moi pour me reprocher cette souffrance que je semble m’infliger. Au moins lorsque je prétends qu’elle n’existe pas, j’ai un sentiment de contrôler sur celle-ci. Je repense aux paroles de la prêtresse Mère Isolde que j’ai rencontrée dans une église de la ville à l’anniversaire de la mort d’Aimee. Elle m’a dit que la rédemption passerait par le pardon. Me pardonner de souffrir?

«Je ne sais pas comment faire.»

Impuissante, j’enfouis mon visage entre mes mains. Il s’agit des mêmes paroles que j’ai offertes à la prêtresse alors qu’elle a tenté de m’indiquer mon chemin vers la lumière. Je ne sais pas pardonner, je n’ai su. Je n’ai jamais su regarder ma douleur en face. À quoi bon? Je la sais plus forte que moi, solidement ancrée depuis la mort de mon amie et rien ne saura l’éponger des tréfonds de mon être. Admettre ma faiblesse devant ma tante m’est difficile. Je m’attends presque à ce qu’elle m’offre une solution toute prête, une qui me soulagera, ce soir, de toutes ces questions, violentes, qui me hantent sans trouver réponse. Les paroles du Résistant me reviennent alors, comme si c’était hier : «Tu as oublié le goût que ça avait. Je veux dire que vivre ce n'est pas être en vie. Vivre c'est bien plus complexe. Il faut savoir doser ses sentiments... Une grande quantité de bonheur pour quelques gouttes de malheurs, des montagnes de joie pour chaque larme versée. Et le plus dure dans tout ça, c'est que ça doit être naturel, tu ne dois pas provoquer ton bien être, il doit venir à toi de son plein gré. Cependant, si tu t'enfermes dans ta bulle et que tu refuses qu'il s'approche... Alors il n'insistera pas et il te laissera seule avec ce qu'il te restera d'humanité. Parce que les sentiments sont si compliqués à appréhender, il ne faut pas compter sur les autres pour te les enseigner, juste te guider. C'est à toi et à toi seul de les découvrir ou redécouvrir et d'y prendre goût.». Je dois trouver mon propre chemin, ma tante me le rappelle une nouvelle fois. Mais je ne vois aucune option devant moi. Simplement un grand vide dépourvu du moindre sens. J’ai peur de tomber.

Tough girl
I'm in pain
It's lonely at the top
Blackouts and airplanes
I still pour you a glass of champagne
I'm a tough girl
Whose soul aches

«Cassey?»

«Oui tatie?»

«Arrête de t’inquiéter. Laisse le bonheur venir à toi.»


J’hoche la tête, les yeux humides. Elle ne peut pas voir ce geste, mais je crois qu’elle l’a deviné. Vador disait aussi que je ne dois pas le chercher, pas chercher le bonheur. Je me demande s’il possède les réponses auxquelles j’aspire. Je me demande si moi, je les dénicherai un jour. Lucy soupire à l’autre bout du fil. Elle prend une grande inspiration avant de s’avancer :

«Écoute-moi, ma belle. J’ai un cadeau pour toi. Il devrait être arrivé à ta porte depuis quelque temps déjà, j’espère qu’il n’est pas trop tard.»

Je me redresse aussitôt. Une surprise pour moi? Un sourire se dessine contre mes lèvres et je cours vers la porte d’entrée, me faufilant dans mon désordre en évitant de me briser les os au passage. Alors j’ouvre la porte à la volée, récupérant la boîte qui s’y trouve sagement. Quelques trous perforent le carton, comme pour laisser entrer de l’air à son habitant. Après avoir refermé vivement derrière moi, j’ouvre la boîte (ou la déchire plutôt, ce serait plus juste) et en retire un Œuf à la coquille brunâtre, semblable à celle qui abrita Ren. J’observe avec attention l’objet, satisfaite de voir qu’il n’a pas eu le temps d’éclore avant son arrivée à ma porte d’entrée. J’aurais détesté voir ce bébé naître sans quelconque présence autour de lui. Ainsi calée devant la porte d’entrée, je l’observe sous toutes ses coutures, cherchant à percer le mystère de l’espèce qui l’entoure. Hayim vient le renifler à son tour tâchant de déchiffrer cette énigme. Aucune d’entre nous ne parvient à une théorie qui se tient. Les éclats crème que prend la coquille à certains endroits me laissent pantoise.

«Qu’est-ce que…?»

«C’est un Œuf que ta tante a gagné. Comme ta cousine n’en a pas voulu, nous avons pensé te l’offrir.»

«Tu sais de quoi il s’agit?»

«Oui, mais je préfère t’en laisser la surprise.»


Au moment où elle prononce ces mots, l’œuf se met à étinceler de façon très vive, annonçant la naissance prochaine de son occupant. Ren, Zeek et Sia qui dormaient contre le sofa s’empressent de nous rejoindre, leurs petits minois endormis, pour saluer la venue au monde de ce nouvel être. Nous nous pressons les uns contre les autres alors que la coquille se dissout pour former une sorte de lapin aux oreilles repliées. Un Laporeille! J’observe la jeune créature qui nous scrute tour à tour, une étincelle méfiante au creux de ses prunelles animées. Je viens caresser son petit visage pour la rassurer. Aucun d’entre nous n’ira lui faire le moindre mal. Le bébé me regarde et le brun mordoré de ses iris se détend finalement, se mettant à onduler d’un éclat joyeux et animé. Cette petite a du mordant, sans l’ombre d’un doute, même qu’elle se redresse déjà dans mes bras pour observer les autres, repoussant même Sia dont la curiosité l’a poussé à l’approcher un peu trop au goût de la nouvelle venue. Je ris en caressant la tête de la pauvre lionne qui fait la moue. Elle aura d’autres occasions de se lier d’amitié avec cette lapine énergique.

«Elle… elle est magnifique. Merci tatie, je vais en prendre grand soin.»

«Je n’en doute pas un sens instant. Je te laisse faire connaissance avec elle et je te rappelle dans deux jours.»

«D’accord, à plus tatie. Merci pour tout.»

«Merci à toi. Ne te décourage pas d’accord?»

«Je vais essayer.»


Je raccroche avec un léger sourire, surveillant la Laporeille qui explore déjà les horizons autour d’elle. Je la prends dans mes bras et elle se laisse faire, m’observant avec un mélange d’appréhension et de curiosité. Celle-là ne sera pas facile d’approche contrairement à l’Elekid qui s’accroche à présent à mon pantalon mais j’ai toute la vie devant moi pour apprendre à la connaître. Avec un sourire, je décide de l’appeler Juno, comme le film préféré de ma tante. Je complète sa capture et renvoie tout le monde au lit avant de m’avancer vers mon balcon à nouveau. Aussi difficile pour moi soit cette tâche ce soir, je n’ai pas le choix. Ma tante, Vador ils ont dit… De laisser venir à moi le bonheur, de cesser de m’y couper. J’ignore encore ce que cela veut dire. Je sais par contre que je n’ai pas fini de pleurer parce que ce sont ce que les grandes filles font quand elles ont mal.

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MessageSujet: Re: Codages   Ven 24 Avr - 13:22


Concours no°3

[Seuls les administrateurs ont le droit de voir cette image]
One step closer
Ses pieds l’extirpent de ce fauteuil dans lequel elle repose. S’avancent entre ses adversaires sans la moindre hésitation. La peur, elle l’a laissée loin d’elle, dans un coin reculé de son être. Pourtant jamais elle n’a semblé plus vulnérable qu’en ce moment, flamboyante dans sa robe aux couleurs chaudes qui ondule contre sa peau diaphane. Véritable princesse des flammes, Mascarade adresse un sourire presque chaleureux au Coordinateur qui vient de s’exécuter sur scène. Ses prunelles d’un brun profond dansent d’une étincelle de joie à son état le plus pur ainsi que d’un éclat plus subtil encore, plus profond et soudain. La mélancolie. Cet éclat transporte le jeune homme qui lui fait face et qui s’écarte pour la laisser passer, transi par l’émotion de ces yeux qu’il a appris à craindre. On l’a souvent décrite ainsi, cette entité presque surnaturelle des coulisses des grands Concours. À peine humaine dit-on, appartenant à un monde des spectres, glaçant sur place quiconque ose croiser son regard. Aujourd’hui elle n’a jamais semblé si humaine, tendant même la main pour caresser l’épaule de son vis-à-vis avant de se diriger à son tour dans l’étroit couloir qui mène jusqu’à la scène. Déjà son troisième affrontement, possiblement son dernier. La jeune femme se refuse d’y penser, se contentant d’avancer, avancer encore et toujours. Une voix l’accompagne, lui susurre quelques paroles d’une voix douce. Encouragements silencieux qui rendent chacun de ses pas plus déterminés. Cette voix? La sienne. Combien de fois a-t-elle eu l’audace de croire en elle ces dernières années? Aujourd’hui tout pourrait changer. Elle se présente telle qu’elle l’est véritablement, deux moitiés d’une même personne non pas scindée mais unie, complète.

Du courage. Elle en a eu besoin pour accepter ces deux parts d’elle-même. De réaliser que l’une ne peut vivre sans l’autre. En s’avançant entre les gradins plongés dans la pénombre à sa demande, personne ne peut surprendre ce sourire sincère qui peint son visage, ni la satisfaction dans ses prunelles. Elle s’autorise un instant de silence durant lequel elle pose un genou contre le sol, laissant son regard s’égarer dans les ombres de cet Amphithéâtre aux milles murmures où grouille une impatience saisissante qui la contamine peu à peu, venant effriter le grand calme serein qui l’a tenu jusqu’à présent. L’appel de la Coordination est plus grand qu’elle. Elle s’y abandonne d’un rire qui raisonne dans l’obscurité ambiante, empreint d’une telle innocence qu’on en vient presque à douter qu’il eut pu s’échapper de la froide et hautaine Mascarade en ce jour. On ne perçoit d’elle que la brillance rougeoyante de sa robe. Pour l’instant. Deux autres silhouettes se dessinent près d’elle, apparues dans un silence impénétrable, posant leurs bras contre ses épaules afin de la redresser. Quelques sifflements se font entendre. On attend, on l’attend elle et ses deux alliés pour cette peut-être ultime performance de sa part? Doit est-ce la fin de ce rêve qu’elle caresse? L’ultimatum ne la pèse nullement alors que la musique se fait enfin entendre, provoquant une valse de cris impatients dans les gradins. Puis on se tait car on sait, on sait. Qu’elle va chanter.

Heart beats fast
Colors and promises
How to be brave
How can I love when I'm afraid to fall?

D’une justesse caressante, Mascarade s’est mise à chanter. Sa voix plus belle que jamais entourant provoquant, à ses côtés, une réaction identique. Les deux silhouettes se détachent d’elle, glissant contre le sol poussiéreux de l’Amphithéâtre animé plus que de la musique douce et vibrante et la voix de leur dresseuse. D’un côté, une silhouette trapue aux formes rebondies, se met à danser dans l’obscurité. Des flammes colorées ondulent entre ses pattes, éclairent son visage naïf aux grands orbes bleutés. De l’autre, une forme élancée la suit dans ses mouvements de danse, entourée d’une lueur d’un bleu argenté. Toutes deux s’éloignent progressivement l’une de l’autre animant de plus en plus la scène de leur lumière qui enfle à mesure que leur danse s’approfondit. Nanméouïe et Gardevoir. Sœurs répandant la lumière autour d’elles, éclairant de par ce fait même la jeune femme qui surveille leur progression en se laissant ensevelir par l’émotion de les voir enfin accéder à ce moment.

But watching you stand alone
All of my doubt
Suddenly goes away somehow

Un sourire étire le visage d’Éden. Ses rêves l’ont toujours mené à cet instant, partagé avec ses deux protectrices. La Nanméouïe met fin lentement à sa danse, agglutinant entre ses petites mains fragiles la puissance de ses flammes qui ondulent comme des serpents sifflants. Anika, d’un mouvement synchronisé, se pose à quelque distance d’elle et rassemble l’aura bleuté autour d’elle en une sphère concentrique qui croît à chaque seconde. Au moment où la Coordinatrice s’avance vers elles deux en prononçant «goes away», les deux femelles laissent leur échapper la puissance contenue entre leurs mains tendues vers le ciel.

One step closer…

L’orbe lunaire d’Anika et l’orbe solaire de la Nanméouïe se mettent à décrire une lente ascension sous le haut plafond de l’édifice. Ondulant l’une contre l’autre à un rythme soutenu, opposant leur lumière de façon à en inonder le terrain sous eux. Elles se campent l’une contre l’autre, soleil et lune. Sous leur lueur incandescente, les deux sœurs se rassemblent, se tournant d’un même mouvement gracile vers leur dresseuse dont le sourire les transperce. La Gardevoir n’a pas besoin de ses pouvoirs empathiques pour deviner chez sa dresseuse toute la fierté qu’elle peut ressentir. Pour sa part et ce malgré sa jeunesse, Éden a parfaitement compris l’émotion d’Adélia et ses prunelles s’embuent. Anika pose une main contre son épaule pour lui apporter son soutien et faire en sorte qu’elle reste parfaitement concentrée. Et alors s’amorce leur transformation.

I have died everyday
Waiting for you
Darlin’ don’t be afraid
I have loved you

Lorsqu’elle prend fin, deux fées se tiennent devant Mascarade qui tend les mains vers elles, doigts recourbés dans une sorte de présentation silencieuse des deux êtres neufs qui l’accompagnent. Sous leurs pieds, une fine brume bleutée s’est formée, venant accentuer la lueur des deux astres qui voltigent au-dessus de leurs têtes. Sous leur aspect méga-évolué, la Nanméouïe et la Gardevoir abordent leurs propres couleurs. La jeune femme à leur côté recule. Maintenant que la transformation a réussi, il ne reste plus qu’aux deux jeunes fées de briller tel elle leur a enseigné. Elle n’est que la narratrice de cette histoire dont elle fait pourtant partie, encore, toujours, colle qui retient chaque membre de son équipe ensemble. Famille.

A thousand years
I’ll love you for a thousand more

Voilà que cette chanson prend tout son sens et le récit se précise. Mascarade a vécu dans la peur pendant si longtemps. Trop longtemps. Les événements récents de sa vie se sont bousculés au point où elle a eu l’impression de se perdre, de s’échapper. Or, Anika et Éden, comme ses autres compagnons, l’ont tenu au chaud dans ses moments de doute. L’ont entouré d’amour alors qu’elle avait perdu toute estime d’elle-même. Dans les dernières semaines Adélia a changé. Le regard qu’elle lève vers les gradins est plein d’assurance, une assurance toute neuve qui offre à ses compagnons une confiance conséquente. Éden et Anika, avec un synchronisme saisissant, s’éloignent pour regagner le centre du terrain. Sous les astres colorés d’argent et d’or, elles n’ont jamais semblé plus belles. Anika se dresse avec une fierté paisible, les longs pans diaphanes de sa robe voligeant autour d’elle comme agités par une brise invisible. Éden pour sa part mène la brume bleutée jusqu’à eux avec une grâce surprenante pour un être aussi court et rond. Toutes deux arborent un grand sourire sincère, dépourvu du moindre mystère comme lors de la dernière performance de la Gardevoir à Anula. Lentement, leurs corps se mettent à briller d’un éclat surnaturel presque onirique de par la brume qui lèche chacun de leurs mouvements.

Time stands still
beauty in all she is
I will be brave

Ce courage qu’elle a trouvé en elle-même. Qu’elle ne laissera plus jamais lui échapper. Mascarade a trouvé sa voie. A trouvé sa voix. Celle de l’inspiration. Anika prend une grande inspiration alors que l’éclat blanchâtre qui la recouvrait, lui donnant l’apparence d’un ange tranquille et puissant, s’épuise pour laisser place au dessin caractéristique de son attaque Psyko. Près d’elle, Éden hoche la tête vers sa consœur alors que leur dresseuse retient son souffle. Elle les a vues se démener si souvent avec ce qui va suivre. Le moment de vérité. Elle n’a pas peur.  D’un bond, la Nanméouïe et la Gardevoir se projettent vers l’avant, soulevées par les pouvoirs psychiques de cette dernière. Les fées s’envolent en direction des deux astres qui prennent presque la moitié de l’espace céleste à présent.

I will not let anything
Take away
What's standing in front of me
Every breath,
Every hour has come to this

Les deux soeurs voltigent autour de leurs orbes géants, le lever du soleil et de la lune, lumineuses, sereines. On les surprend, à quelques instants fugaces, pouffer de façon enfantine alors qu’elles se hissent jusqu’au sommet des astres en volant à la façon des fées enchantées des contes murmurés aux oreilles des enfants trouvant sommeil. Elles s’y rejoignent et se tendent la main en vibrant déjà de ce qui va suivre.

One step closer

D’Éden s’échappe une vague rosée et lumineuse, comme si elle rejetait finalement l’énergie qu’elle contient depuis tout à l’heure. D’Anika Pskyo s’échappe de son bras tendus sous la forme de filaments destructeurs qui s’abattent contre les deux astres dans un même mouvement que celui de la Nanméouïe.

And all along I believed
I would find you
Time has brought
Your heart to me

Les deux astres se déchirent et s’effrirent dans une chute de lumière flamboyante et un grand bruit qui s’éteint juste à temps pour l’entrée au dernier refrain d’Adélia. Cette dernière s’est avancée sous cette tempête de flammes et d’éclats de lune qui descend contre le terrain embrumé agissant tel un miroir et reflète vers les deux fées toute l’énergie de cette explosion haute en couleur. La Coordinatrice se met à briller elle aussi, les paillettes rougeoyantes de sa robe qui expose simplement son ventre et ses jambes réfléchissant elles aussi les innombrables éclats autour d’elle.  

I have loved you for a
Thousand years
I'll love you for a
Thousand more

Les fées amorcent leur descente dans ce torrent de flammes et d’énergie lunaire. Le moment est venu, enfin, de calmer la tempête en elles, d’effacer toute trace de dualité pour ne former plus qu’une. Sous elles, Mascarade attend en sachant pertinemment que jamais au monde elle ne s’est sentie elle-même autant qu’en cet instant. Nanméouïe et Gardevoir se posent près d’elle, joignent leurs mains de part et d’autre de leur dresseuse dont la voix tremble un instant d’émotion. Autour d’elles une longue traînée pailletée se forme, engloutissant tout sur son passage, venant récupérer les derniers éclats de soleil et de lune qui pleuvent encore sur elles trois. Orbes incandescents et éclats lunaires se mêlent aux paillettes d’un rose argenté, les faisant briller d’un dernier éclat avant qu’elles ne s’éteignent dans un sifflement doucereux, plongeant de nouveau l’Amphithéâtre dans une profonde obscurité.

One step closer

Anika, Éden et Mascarade ont disparu. Il ne reste d’elles que cette voix dans les ténèbres reprise en harmonie par deux autres, enchanteresses. Et cette perspective d’un nouveau départ où plus jamais elles ne craindront ce qu’elles sont. Une famille.

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MessageSujet: Re: Codages   Lun 4 Mai - 17:57


♦ FERMER LA PORTE ♦feat. Miller
«Pourquoi tu t’arrêtes de jouer?»
«I don't feel like playing anymore. Ma tête tourne.»

Je m’arrêtai pour le dévisager, un sourire inquiet aux lèvres. Je n’aimais pas ces moments où il avait consommé. Il changeait. Il devenait agressif, distant, tel un animal qu’on aurait libéré de l’étau de sa laisse. À présent il me scrutait d’un regard lourd, à moitié absent. Le peu de conscience qu’il lui restait toujours s’était tourné vers moi. Ses prunelles d’un gris profond me transperçaient sans véritablement me voir. Je devinais que quelque chose clochait chez lui. Ses lèvres tremblaient, son visage couvert de sueur. Je tâchais de sourire, de le faire revenir à lui, à moi. Je scrutais ses traits à la recherche du garçon que j’avais toujours aimé, je le suppliais intérieurement de me revenir. Je ne trouvai rien d’autre qu’un immense vide. Une enveloppe charnelle sans aucune ambition autre que l’assouvissement de ses besoins primaires. Il prit mon bras. Le serra si fort qu’il me tira un cri et je me dégageai aussitôt en frottant ma peau meurtrie. Ses yeux rougis s’étaient rivés sur moi comme si je n’existais pas. Je ne représentais qu’un morceau de chair, je le devinais et cette sensation me couvrit de honte.

«Qu’est-ce qui te prend?»

Il ne répondit pas. Il se contenta de m’approcher. Je n’avais aucune envie qu’il ne m’embrasse. Lorsqu’il se trouvait dans cet état après avoir consommé Arceus sait quelle substance, je ne lui appartenais plus. Je n’étais plus cette cousine, complice de toujours, sa meilleure amie, la gamine qui le suivait partout où il osait mettre les pieds. Je n’étais plus sa copine secrète, sa Mercedes. J’étais effrayée. Je me crispai lorsqu’il posa ses lèvres contre mon cou. Ce contact, lors de nos premiers moments intimes, suffisait à m’électrifier. À présent un étau d’effroi m’enserrait le cœur. Je le repoussai gentiment. Même ainsi, le visage déformé par cette foutue drogue, je ne pouvais m’empêcher de le trouver séduisant. Il avait toujours été, à mes yeux, l’homme de ma vie, ma raison, mon cœur, ma voix, mon âme. Nous partagions tous nos secrets, toutes nos ambitions. Contre l’opinion de notre propre famille, nous nous fréquentions dans le secret et tous mes jours, toutes mes nuits, tous mes songes lui étaient dédiés. Sauf ces moments. Ces moments où le Jonas que j’aimais plus que moi-même disparaissait.

«Lâche-moi, Jo’ je veux jouer.»

Nous n’en avions pas terminé avec cette partie de Mario Kart après tout. Ses lèvres, contre mon cou, se firent insistantes, avides. Sa main attrapa mon sein et serra fort, si fort, comme on pressait un citron. Je gémis et m’écartai.

«Tu me fais mal! Arrête, je n’ai pas envie, Jonas.»

Toujours ce silence. Dans son regard germa la haine. Son geste fut si vif que je ne pus l’éviter. Une violente claque qui me projeta contre le sol où nous étions assis, tous les deux, partageant cette partie tous les deux. L’assaut résonnait toujours à mes tempes. Je gémis, à moitié assommée par ce coup à la tête. Il avait utilisé sa manette, l’avait abattu de toutes ses forces contre moi. Il voulait me faire du mal. Je ne le compris que trop tard lorsqu’il m’asséna coup sur coup. Il s’était levé, projetait à présent ses pieds dans mes côtes en vociférant des insultes à mon endroit. Incapable de bouger, j’encaissais. J’encaissais ma propre mise à mort, la fin de qui j’étais. Je criais, hurlais, le suppliais. Rien n’arrêtait cette rage incontrôlable. Lorsqu’enfin je me tus, le visage couvert de larmes, alors il se pencha vers moi. L’éclat du soleil qui filtrait au-travers de la fenêtre éclaira chacun de ses traits, m’aveuglant un instant alors qu’il se reflétait contre ses piercings.

«Now go to sleep, you hore. Go to sleep.»

Il ouvrit en grand ma chemise, en arrachant les boutons. Je ne me débattis pas. Il détacha ma ceinture et fit glisser mon pantalon jusqu’à mes genoux. Je ne me débattis. Je ne bougeais plus alors qu’il fit glisser sa fermeture éclair. Mon sang battait à mes tempes et pourtant, je mourrais, un peu plus à chaque seconde, chaque seconde qui rendait ce qui allait suivre inévitable. Mes lèvres esquissèrent ce nom, le sien, ce nom inconnu désormais. Son souffle vint se perdre dans mes cheveux alors qu’une douleur lancinante me déchirait les entrailles. Je ne criai même pas. Les morts ne crient pas.


«Arrêtez! Arrêtez!»

Lorsque je reprends enfin conscience, je n’ai plus seize ans. Je suis étendue contre un fauteuil allongé, auprès d’une Gardevoir dont la main s’est posée contre mon crâne. Me voyant subitement éveillée, elle se retire, s’approchant de sa collègue et dresseuse qui observe la scène à une distance d’un mètre. Je tremble aussi fort qu’à ce moment que je viens de revivre grâce aux pouvoirs du Pokémon psychique aux côtés de la thérapeute. La pièce entière tangue sous mes yeux, une nausée terrible me traverse si bien que je redresse, m’écroule et rampe jusqu’à une corbeille placée non loin du fauteuil. Un haut-le-cœur me secoue, me plie en deux au-dessus de cette poubelle où je recrache une bile âcre avant de m’écrouler près d’elle en position fœtale. Sous mon crâne vibrent encore les images cinglantes de ce souvenir auquel j’ai refusé de m’attarder dans le passé. Voici la cinquième séance pendant laquelle nous revivons ce moment, la psychologue et moi. Je la sens qui accoure à mes côtés, venant me cueillir du sol pour m’assoir à nouveau. Une bouteille d’eau envahit mes mains et je bois, par réflexe, avant d’éclater en sanglots. Mademoiselle Miller, ma psychologue, frotte mon dos pour me rassurer. Voilà ce qui m’a charmée chez elle depuis la première séance à ses côtés et qui a arrêté mon choix sur elle.

«Victoria, qu’avez-vous vu?»

«Je me suis vue, à seize ans, lorsque Jonas m’a… il m’a…»

«Dites les mots. Prenez votre temps.»


Je me laisse tomber contre mon dossier, complètement épuisée. Lorsque nous avons débuté ces séances d’exposition, Miller m’avait prévenu que ce serait difficile et pénible. Au fil des semaines, j’ai réussi à affronter mon souvenir de plus en plus longtemps, jusqu’à aujourd’hui, à vivre la scène presque en entier.

«Jonas m’a violé. J’ai vu comment je ne me suis pas défendue. C’est ce que j’ai vu.»

Lentement, la psychologue acquiesce.

«Regardez-moi, Victoria.»

Je lève les yeux vers elle. Elle est jeune, peut-être plus que moi. Plus petite aussi, une silhouette un peu ronde mais sans plus, un visage rond, de petits yeux d’un gris-bleu très sombre encadré de lunettes. Son regard est plein de tendresse si bien que je ne peux m’empêcher de lui sourire.

«Lorsque Jonas vous a prise de force, vous ne vous êtes pas défendue. Pourquoi?»

«Je ne sais pas. Je l’aimais. Plus que moi-même. Quelque chose en moi s’est brisé. Je…»


La nausée me reprend. Je scrute le sol en tâchant de reprendre contenance sur ce corps balancé au gré des tempêtes de mes émotions. J’inspire profondément, telle qu’elle me l’a appris.

«Je n’ai plus jamais été la même. J’ai perdu l’envie de vivre lorsqu’il m’a frappée. J’avais orienté tous mes espoirs autour de lui. Après cet incident, je me suis promis. Je me suis promis que plus personne au monde n’aurait cette emprise sur moi. Que plus personne ne me serait indispensable.»

«Comme Weston.»


Il ne s’agit pas d’une question. Mais d’une affirmation certaine. Je me suis promis, ce jour-là qu’aucun homme ne me posséderait complètement. Qu’aucun d’entre eux ne serait mes jours, mes nuits, l’homme de ma vie, ma raison et ma voix. Comme Weston. Weston qui aujourd’hui me tend les bras vers cet avenir que je lui avais promis et dont je me désiste à présent. C’est ce que tente de me dire la psychologue à présent. Je le sens. Elle soupire un bref instant avant de rejoindre son propre fauteuil, face au mien.

«Cette décision que vous avez prise vous affecte dans vos relations interpersonnelles. Elle vous a éloigné de votre mère, de vos amis et à présent, de votre amoureux. Cette décision, Victoria, qu’en pensez-vous?»

«Elle a été prise pour me protéger du mal que Jonas a pu me faire.»

«Mais encore?»

«Elle…»


Je déteste ces moments où elle pousse ma pensée, ma réflexion, jusqu’à sa limite. Mon front se crispe sous l’effet de la concentration alors que je repasse en revue les différents éléments qu’elle m’offre depuis le début de notre échange, les éclats cachés de mon passé dans le souvenir que je dois subir à chaque séance désormais. Je sens que ce qu’a compris la psychologue me concerne directement, qu’elle a enfin assemblé les dernières pièces du puzzle qui retient ce gros merdier qu’est mon existence à présent. Miller a su décortiquer mon parcours, tracé ce qui m’a mené ici, devant elle. Je scrute son visage, le regard dur, dans l’attente interminable de réponses. Or, encore une fois, elle me met au défi de la décrocher moi-même, de me l’approprier. Mon expression venimeuse ne suffit pas à ébranler cette confiance qu’elle place en moi. Je me sens me tendre.

«Cette décision est du passé. Je suis différente à présent. Enola m’a changée. J’ai des amis sur lesquels je peux compter, une famille, un amoureux. Tout est différent.»

«Nous savons toutes les deux que c’est faux, où nous ne nous trouverions pas respectivement ici, qu’en dites-vous?»


Je retiens un juron. Sans se départir de son calme, elle m’observe alors que j’évite soigneusement son regard. Elle a bien raison, c’est le plus douloureux. Je n’ai pas confiance en les gens qui m’entourent. Je le réalise à présent. Je ne me confie jamais à Weston, et les rares moments où j’ai osé m’ouvrir à Faust m’ont coûté énormément de courage et s’en sont suivis de terribles remords. J’aime Solène telle ma famille, mais je lui garde toujours cette réserve, encore plus présente depuis la naissance de Céleste. J’agis telle une protectrice envers mon frère, ma cousine, Yumi, Samaël et non telle une amie ou un membre de la famille. Je ne m’ouvre jamais aux autres, je le sais.

«D’accord. Vous voulez que je vous le dise? Je n’ai confiance en personne parce que j’ai peur qu’on me fasse du mal comme Jonas m’en a fait. J’ai peur d’aimer quelqu’un et de le perdre. Je suis terrorisée à l’idée de Weston parce que je n’ai pas confiance en lui. Ni en personne.»

«Vous avez confiance en moi.»

«Ce n’est pas pareil. Vous êtes une psychologue, je vous paie pour que vous m’écoutiez radoter mes petits problèmes.»


Un sourire amusé s’esquisse contre ses lèvres. Elle passe une main dans ses cheveux d’un châtain-roux, probablement un peu dépassée par mes paroles. Serait-ce possible que j’aille bouché la professionnelle? Elle hausse les épaules.

«C’est vrai. Vous me payez pour vous écouter. Mais vous auriez pu ne rien dire, Victoria. Or, vous vous êtes ouverte à moi, de plus en plus, dans les dernières semaines. Avez-vous senti votre progrès? Ce genre de progrès peut se faire avec les gens dans votre entourage. Je ne vous mentirai pas, vous vivrez encore des déceptions, certaines amères. Mais vous devez vous accorder le droit de dire oui aux autres.»

«J’ai dit oui une fois de trop, Madame Miller. Une fois et regardez où j’en suis.»


«Pensez-y bien. Vous avez ouvert votre vie à votre fiancé, Weston. Vous êtes maintenant en couple avec lui depuis plus d’un an. Vous lui avez dit oui. Vous avez dit oui en cherchant vos origines, en créant des liens durables sur l’île d’Enola, comme par exemple votre ami Faust. Il est précieux pour vous, cela se devine à vos paroles. Vous lui avez laissé de la place dans votre cœur, lui comme beaucoup d’autres depuis votre arrivée ici. Avez-vous souffert à leur contact?»

Non. Bien sûr que non. Si Weston m’a déjà fait du mal, il m’a aussi apporté énormément de bien. Il m’a secourue lorsque je n’avais nulle part où aller, après mon passage en prison. Solène m’a ouvert les portes de sa vie, de sa famille, d’Enola. Faust m’a soutenue dans mes heures les plus sombres sans jamais poser de questions qui lui aurait permis de comprendre. Une larme coule contre ma joue.

«Parfois. Mais j’ai aussi connu le bonheur.»

Mademoiselle Miller se recule contre son dossier, me laissant assimiler ce que je viens de dire. Les gens que je côtoie ne me feront pas souffrir. Ils m’aiment. Tout comme Weston. Mais je suis incapable de leur faire pleinement confiance. Incapable de me dire qu’ils ne sont pas, même en partie, un peu comme Jonas. Je crains d’encore devoir me recomposer avec la poussière de mon être, balancée aux quatre vents. J’enfouis mon visage dans mes mains en secouant ma chevelure rose.

«Qu’est-ce que vous allez faire maintenant que vous sachez ceci?»

«Je vais… je vais tenter de m’ouvrir.»

«Ne laissez pas Jonas vous dicter votre existence, Victoria. Vous êtes jeune, belle, populaire, une véritable vedette. Vous avez la vie devant vous. Vous le savez n’est-ce pas? Vous n’avez plus seize ans. Répétez-le avec moi.»

«Je n’ai plus seize ans.»


Ces mots me déchirent la gorge. Je n’ai plus seize ans. Je ne suis plus cette gamine fragile qu’on a détruite. Je suis une jeune femme de vingt-quatre ans qui a la vie devant elle.

«Je crois que vous avez assez souffert pour aujourd’hui. Je vous libère. Pour la semaine prochaine, j’aimerais que vous pensiez à ce dont nous avons discuté toutes les deux aujourd’hui, à la décision que vous avez prise dans votre adolescence et la façon dont elle affecte votre vie aujourd’hui. Notez-le bien dans votre carnet si des idées vous viennent.»

Je me redresse, complètement épuisée. Évidemment, je noterai mes idées pour la psychologue, je le fais attentivement chaque semaine, aussi difficile puisse être l’exercice. La professionnelle se lève à son tour, me présentant sa main qu’elle serre avec une poigne solide. Je m’éloigne ensuite en direction de la porte, me retournant au dernier moment vers elle.

«Merci.»

«Merci à vous de me faire confiance, Victoria. À la semaine prochaine.»


Je souris discrètement avant de refermer la porte derrière moi. La porte sur ces souvenirs.
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MessageSujet: Re: Codages   Lun 11 Mai - 18:05


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TITRE DU RP

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Cette phrase, Dorothée Mrogans l’a entendu. Encore, et encore… Et encore. Pourtant, la jeune adulte enceinte jusqu’au bout des oreilles ne semblait jamais comprendre les paroles de cet homme qui, après quelques rapports non protégés, était devenu le père de la créature grandissant dans son ventre. Marié, et déjà père de deux enfants, le blond aux yeux d’océan s’était pourtant fait bien clair : cet enfant, il ne voulait rien avoir à faire avec. Et la pension qu’elle demandait depuis bientôt sept mois? Encore moins! Il avait payé pour ces rapports, et estimait ainsi qu’il n’avait pas à s’imposé une responsabilité dont elle était « la seule responsable », selon ses mots. Et pourtant, cela n’empêcha jamais la fille de joie de profession de revenir à la charge, tantôt enceinte, tantôt avec un petit garçon au sein, et tantôt avec un petit bonhomme, marchant à peine, la suivant comme un bon petit toutou.

C’est ainsi que Jake vint au monde. Pris en charge par une mère alcoolique, blâmant toute la misère du monde sur ce petit être à la chevelure châtaine, qui pourtant n’avais jamais rien demandé. Il ne parlait pas encore que déjà, il appris ce qu’était la colère, les cris, et les vices. De toute évidence, cet enfant n’était pas la prunelle des yeux de sa mère, mais bien une excuse sur deux pattes pour rafler un peu plus d’argent au géniteur, qui, a force de voir cette folle furieuse arriver chez lui en le menaçant de le dénoncer à sa femme, finissait par lui jeter au visage le contenu de son portefeuille, accompagné d’une panoplie d’insultes toutes plus juteuses les unes que les autres. Bien sûr, à l’époque, le petit garçon était encore trop jeune pour comprendre, et pourtant, certaines de ces images ne quitteront jamais sa mémoire, sans même qu’il ne le réalise.

Malgré l’environnement hostile de petit, il ne perdait jamais le sourire, et démontrait un gout particulier pour l’exploration, si bien sûr il se trouvait sous la surveillance de sa mère, ce qui, en toute honnêteté, n’était pas très fréquent. Malgré ses quelques retards dans l’apprentissage de la propreté et du langage, Jake n’eut aucune difficulté à intégrer l’école de son quartier, lorsque celui-ci atteint l’âge d’entrée à la maternelle. Mais alors que les autres enfants de sa classe progressaient à un rythme régulier, les enseignants découvrirent une certaine difficulté à progresser chez le jeune Morgans. Ce qui ne semblait au départ pas très alarmant se révéla par la suite très intrigant, à un tel point que lors d’un après-midi, le personnel se vit dans l’obligation de convoquer Dorothée pour l’informer de la condition étrange de son fils.

-Je comprends ce que vous me dites, mademoiselle Morgans, mais ces choses auraient dû être acquises déjà.

-Vous dites que c’est ma faute s’il est attardé, c’est ça?! Allez vous faire foutre, merde! Personne va me dire comment élever mon gosse!

-Nous n’avons pas dit ça, mademoiselle Morgans, mais nous pensons simplement qu’il faudrait peut-être l’avis d’un professionnel. Jake pourrait certainement en bénéficier. Vous savez, il existe des programmes qui font des merveilles, de nos jours.

Bien sûr, tentez d’expliquez quoi que ce soit de sensé à cette mère monoparentale aux habiletés plus que douteuses… Hormis un charmant doigt d’honneur, les enseignants ne purent obtenir quoi que ce soit de la mère. Et hormis quelques claques pour l’avoir fait passé pour une véritable folle, Jake n’obtint ce soir là rien d’autre de sa mère. Aucune consultation, aucun traitement favorable, aucun « programme qui fait des miracles ». Il était un fils de batard, il était la cause de sa condition, et il n’avait, d’après la jeune mère, qu’à ne pas être aussi débile.
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MessageSujet: Re: Codages   Lun 25 Mai - 17:39


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MessageSujet: Re: Codages   Mer 8 Juil - 13:29


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Event no°5
Je n’ai jamais cessé d’exister. Je l’ai désiré pourtant, à mes heures les plus sombres, je l’ai cherché, peut-être, à m’effacer en croyant que la douleur dans ma poitrine s’estomperait. Elle n’a jamais disparu. Et moi je n’ai jamais cessé d’exister. Avançant, à contre-courant, dans un monde qui ne faisait plus de sens à mes yeux et qui encore aujourd’hui m’échappe. Si je guérirai un jour? Probablement, bien sûr. Mais jamais entièrement. Aujourd’hui je porte ce poids et cette souffrance telle une protection, enfin capable de l’assumer pleinement. Et de dire, d’affirmer même haut et fort… Que j’ai mal. Qu’encore après deux ans je ne suis pas remise de la mise à mort violente de ma mère, qu’après sept ans je n’ai pas pardonné l’assassinat de mon père, l’emprisonnement de mon frère, ou la mort de ma tante. Enfin je peux dire, sans craindre, sans peur aucune, que ces actions ne seront jamais pardonnées, que rien au monde n’effacera ce souvenir qui me hante et le poids de leur perte. Je tremble en revêtant le kimono blanc que j’ai confectionné pour l’occasion, laisse une larme couler contre ma joue en enfilant ce masque en tous points identiques à celui de ceux qui m’ont tout arraché. À une différence près, contre la plastique j’ai peint en rouge, un rappel sinistre de ceux qui aujourd’hui manquent à l’appel, cet appel qui bondit contre ma cage thoracique. J’ai poudrés mes cheveux, leur donnant un aspect presque spectral. Dans ma main, une autre me retient, comme par crainte de me voir tomber. Aujourd’hui je ne tomberai pas, plus jamais.

Je suis venue me battre. Porter ma voix dans ce flot de tant d’autres. Me battre de cette seule façon possible, de cette seule façon qui en vaut véritablement la peine : par la paix. Aujourd’hui, je poursuis toutes mes convictions et plus rien ne va m’arrêter. Si ma cousine me l’a interdit et que mon frère n’en sait rien, je ne flancherai pas un instant contre ceux qui cherchent à me surprotéger. Adélia Turnac n’a pas été mise au monde pour se terrer dans l’ombre d’autres pensant vouloir son bien, non, plus jamais. Je l’ai fait bien trop longtemps. Peu importe alors l’opinion infantilisant de mes semblables, aujourd’hui je ne supporterai nullement qu’on me sous-estime. De toute façon, cette marche, je l’attendais, je l’attendais depuis si longtemps. La cause qui en découle, son importance, ne fait aucun doute à mes yeux et ma colère vibre en moi comme un volcan aux abords de l’éruption. Mes doigts se referment contre la main dans la mienne et j’observe, dans un silence attentif, que mon ami procède à son évolution. Le Tengalice chromatique me surplombe désormais presque de taille. Il émane de lui une puissance sauvage. Sa longue crinière d’un blanc cassé vole à sa suite alors que nous nous avançons tous les deux dans les longues rues d’Amanil, la cité de mon enfance, ma ville. Son corps bourgogne tranchant avec le blanc de sa fourrure, ses yeux scrutant la foule qui mêle sa voix à la nôtre.

Et mon cœur qui bat, qui bat si fort. Je suis seule, perdue dans cette foule qui m’embarque dans son chant, loin de mes proches, loin de ceux que je tente de par mon implication de protéger, mais pourtant entourée, soutenue. Ces étrangers sont mon peuple, celui pour lequel je me dédis, reprenant le flambeau peut-être, laissé en héritage par ma mère, véritable héroïne de cette histoire. Sur le chemin vers la Grande Maison, ma maison, les larmes m’échappent cette fois sans être retenues, se fraient un chemin salvateur contre mes joues. Aujourd’hui, Régime, j’affirme haut et fort, j’ose sans reculer. J’ai eu mal, j’ai mal et je souffrirai encore demain. Mais aujourd’hui je veux me battre et répandre ma lumière. Nos chants se mourant dans nos gorges, Bentley et moi nous accroupissant tous près de ses marches, osant lever un regard vers cette bâtisse qui représentait autrefois justice et démocratie. Qui signifiait à mes yeux famille et chaleur.

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Dernière édition par Kaylie Monroe le Ven 10 Juil - 11:44, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Codages   Jeu 9 Juil - 10:10

I know where I've been

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Je connaissais pertinemment les risques. Nombreux, guettant notre troupe à chaque pas nous menant aux devants. Je sentais l’oppression, le mécontentement qui animait les mains des soldats, tendues vers leurs ceintures, à mesure que nous avancions entre leurs longues lignes impeccables, dans cet ordre pourtant chaotique à mes yeux. Le soleil se reflétait contre leurs armes, m’aveuglant alors que je passais près de ces hommes et ces femmes en uniforme, prêts à répondre à tout ordre qui les pousserait aux devants, un ordre qui les intimerait à la violence. Probablement par naïveté, je préférais penser ou du moins espérer que la marche pacifique de la journée se terminerait en de bons termes. Le Régime n’avait aucun intérêt à persécuter sa population visiblement désarmée et innocente. Mais encore, il l’avait déjà fait par le passé. Notre île, notre patrie, était dirigée par des êtres assoiffés de sang et dont les craintes atteignaient des sommets rarement atteints. La paranoïa de nos dirigeants nous éliminait, les uns après les autres. Cette marche serait probablement perçue telle un affront, mais quel intérêt avait le Régime de se retourner contre ses manifestants pacifistes alors que de plus en plus de regards se tournaient vers lui? Je remerciais une fois de plus l’implication de Victoria dans les affaires d’Enola qui nous permettaient de mettre en branle un tel événement aujourd’hui. Avec cette couverture médiatique et l’intérêt de plus en plus grand du monde envers les histoires de notre île, notre gouvernement devait se montrer plus sage, si une telle chose était possible.

Ce mouvement aujourd’hui, j’en étais un des principaux concepteurs. Je ne supportais plus un seul instant d’être resté les bras croisés pendant si longtemps, la cape suspendue dans une cavité secrète du manoir. Oui, la maladie avait rendu impossible la majorité de mes actions au sein de la Résistance mais à présent, je comptais reprendre du service. Je me sentais beaucoup mieux désormais, même si je n’avais toujours pas retrouvé mon énergie d’antan. On m’avait fait savoir, lors de mes visites chez le médecin, que je ne retrouverais ma forme qu’après un long moment, que je pourrais être faible encore pendant un ou deux ans. Cette perspective ne m’amusait nullement mais dans tous les cas, je devais l’accepter. Cette entreprise aujourd’hui n’était pas une action de la Résistance, mais plutôt un rassemblement populaire. Une telle action m’inspirait et je me mêlais avec enthousiasme à ces gens courageux. J’attrapais une main au hasard, sentait le pouvoir de cette foule envahir mes veines même après que nous ayons surgi tous ensemble au pied de la Grande Maison qui se dressait devant nous, comme pour surveiller notre progression. Je m’accroupissais sur les marches, le cœur me serrant un peu plus à chaque seconde qui s’écoulait, meurtri de me retrouver à l’endroit exact où j’avais tenu Pasqual jusqu’à son dernier souffle, cette fameuse matinée où ce Régime injuste avait pris le pouvoir.

Mon souffle se tarit, mes poumons se compressèrent avec difficulté. Mes doigts fouillaient le granit là où je m’étais accroupi, comme pour le chercher, mon amour perdu, mon meilleur ami. Tant d’années depuis sa mort, une mort que je ne pourrais jamais oublier même si j’en étais guéri à présent. Il aurait été présent aujourd’hui, sans l’ombre d’un doute. Présent à mes côtés pour vouer hommage à ceux que nous avions perdu, pour faire entendre notre voix. Les yeux fermés, je pensais à lui, à tous les frères et les sœurs d’armes que j’avais vu voir s’éteindre, la main posée contre la balle de Marselo, prêt à intervenir à tout moment mais toujours plein d’espérance de voir nos prières entendues et notre marche s’épuiser dans le calme.

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MessageSujet: Re: Codages   Jeu 9 Juil - 10:43


♦ I KNOW WHERE I'VE BEEN ♦Event no°5
Je suis tendue. Comment ne pas l’être? Profiter d’un moment où Weston s’entraînerait à l’Arène pour lui fausser compagnie et participer à cette marche pacifiste où il m’aurait probablement convaincu de ne jamais mettre les pieds. Je consulte mon reflet dans le miroir. Mon expression tirée, ma distraction des derniers jours, probablement se doute-t-il en partie qu’il se trame quelque chose, peut-être me tient-il à l’œil. Je préfère le savoir en sécurité ici, à Anula, plutôt que dans les rues d’Amanil. D’ailleurs, avant même de participer à la marche, je passerai chez ma cousine, qu’elle le veuille ou non, pour la mettre de force en sécurité. Je sais qu’Anika, sa redoutable Gardevoir, n’y verra aucun inconvénient et résistera à la tentation de la ramener sur les lieux où elle courre nécessairement un grand danger. Cette pauvre étourdie finirait par se faire tirer dessus une nouvelle fois et je n’ai pas l’intention de passer d’autres heures d’angoisse à savoir si elle s’en sortira ou non. Je revêts donc ma robe, ma perruque et mes lentilles, afin de préserver mon identité. Je préfère paraître sous le visage d’Azmitia plutôt que de risquer d’exposer ma famille et mes proches si cette histoire doit mal se finir. Protéger Weston, notamment, qui ne se doute de rien. J’aurais dû lui dire que je l’aimais une fois de plus quand il est parti ce matin pour l’Arène. Le cœur lourd, je me dissimule sous une toge blanche et enfile la bague qu’il rêve de me passer au doigt.

J’ai peur. Et pourtant, la vision de cet anneau symbolique de son affection pour moi me rassure. Je glisse sous mon costume aussi mes lunettes d’aviation, dont je préfère penser que je n’aurai pas besoin. Si les choses doivent tourner au vinaigre, j’ai préparé toutes les éventualités. À ma ceinture, j’enfile six Poké Balls de mes plus puissants gardiens, plus prête que jamais à mener à bien cette entreprise, ce cri du cœur qui retentit dans chaque pore de ma peau. Nous ne reprendrons pas Enola aujourd’hui, ni demain, mais au moins nous aurons dit quelque chose et les mots sont des armes puissantes. Accrochant mon masque à ma ceinture, je fais signe à Golden de nous téléporter mais m’interrompt un instant. D’un geste fébrile, j’inscris quelques mots à l’intention de Weston, une phrase toute simple «Je promets de revenir, je t’aime.». Dès qu’il entendra parler de la marche, l saura, il saura que j’y suis allée. Avant que les remords ne m’étouffent, je laisse l’Alakazam nous transporter efficacement directement chez ma cousine. Sitôt arrivée que je sais, je sais déjà. Elle est partie. Adélia n’a rien écouté de mon discours et a préféré n’en faire qu’à sa tête, de s’exposer à des dangers dont elle n’a jamais eu pleinement conscience ou du moins qu’elle s’obstine à ne pas voir. Rageuse, je me laisse tomber sur son canapé, dépassée, jusqu’à ce qu’un texto me fasse sursauter. Damien. Il m’attend, ils m’attendent. Avec un nouveau signe de tête à Golden, je couvre mon visage de mon masque avant de me laisser transporter dans les rues d’Amanil, là où j’ai convenu de rencontrer le jeune homme, vers lequel j’accoure avant de me mêler à la foule avec lui.

Je reste à l’écart cependant, toujours un peu en recul afin de surveiller la progression des marcheurs et l’attitude des soldats qui encadrent notre marche. Dans une ruelle, je profite d’un instant d’accalmie pour libérer Nemeroff, mon fier Drattak, dont les prunelles sauvages me scrutent un instant.

«Tu sais quoi faire, Nemeroff.»

Le dragon m’offre un long regard qui signifie tant, avant de s’envoler avec grâce dans le ciel piqué de gratte-ciels de la capitale. Je le suis des yeux un long moment, nerveuse mais confiante aussi. Sans un mot, je réintègre ma place auprès de mon ami en tâchant de trouver dans cette foule une tête semblable à celle de ma cousine. Impossible de la repérer cependant, elle s’est fondue à la masse en poursuivant les élans de son cœur.
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Nathan Lowell
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MessageSujet: Re: Codages   Ven 7 Aoû - 0:49


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• Cloudy with a chance of kids •feat. Benjie Elric 


-Putain mais à gauche! J’ai dit à GAUCHE! Vous êtes débiles ou quoi?!?

Un grognement ainsi qu’une plainte assez vulgaire s’échappent de ma bouche sans que je ne puisse les retenir, juste avant que je ne décide tout simplement de jeter ma manette parterre et d’engueuler les soldats virtuels qui se font achever les uns après les autres par leurs ennemis. Putain de bordel, mais c’est si compliqué que ça, de défendre trois foutus drapeaux…? Je rage intérieurement en me rappelant qu’il s’agit de notre troisième défaite d’affilé. Et tout ça parce qu’on m’a attitré une équipe de merde, voilà tout.

-Bande de débiles, débrouillez-vous sans moi.

Un air mauvais sur le visage, je me redresse afin d’aller éjecter le jeu de ma console et d’en glisser un nouveau à l’intérieur, solo cette fois. Ces imbéciles ne viendront pas gâcher ma journée d’avantage. Non, cette fois, je décide plutôt de me lancer dans cette campagne solo de Far Cry que je n’ai toujours pas terminé, et que me semble bien plus intéressante en ce moment que ces foutus matchs en multi où je semble être le seul à être capable de viser les têtes avec ne serait-ce qu’un tout petit peu de précision. Dans tous les cas, je reviens prendre place sur le canapé dans une position confortable avant de me lancer dans le jeu. Je ne suis pas rendu bien loin, et pour être honnête, je doute être capable de terminer ce jeu un jour, comme je passe le plus clair de mon temps de jeu à pêcher à la grenade et à tirer sur des civils innocents, mais bon, l’homme se diverti comme il le peut! Ayant presqu’oublié ces partis peu fructueuses en multi, je laisse un sourire paisible se glisser sur mon visage alors que je commence ma ronde, en tirant ici et là. Oh, ce pauvre éléphant… Il a passé ses derniers instants à me servir, et pourtant… C’est affreusement cruel, et pourtant, je m’amuse. Et au fond, c’est ce qui compte. Depuis le début des matchs contre les Conseillers, les challengers se font de plus en plus rares à l’arène, ce qui me donne un peu plus de temps pour moi. Bien sûr, je continue à passer plusieurs fois par semaines, ne serait-ce que pour garder mes alliés en forme pour la prochaine édition de la compétition. Après tout, malgré le ralentissement des matchs, je dois tout de même toujours être prêt à recevoir un dresseur. Et puis bon, me griller les neurones devant des jeux débiles, c’est bien amusant, mais à la longue, ça deviendrait chiant.

Mais aujourd’hui je profite. Pas d’arène, pas d’entrainement, pas de combats… Arceus, même Mercy n’est pas là, ce qui me permet de pouvoir faire ce que je veux, quand je veux, et tout ceci sans me faire emmerder. Parce que oui, même si j’adore ma femme, et que je peux en toute honnêteté me considérer comme le plus heureux des hommes à ses côtés, je ne peux pas me plaindre lorsque j’ai une ou deux journées pour moi tout seul.

-Regarde ça, Diego, tu vois cet idiot de touriste? Tu pense qu’il a payé cher ses vacances pour venir dans un trou perdu comme ça? Pauvre type, fallait mieux planifier si tu voulais vivre!

J’éclate de rire sous le regard légèrement blasé du Luxray couché à mes pieds, qui semble de toute évidence peu amusé par ma manière de jouer. L’imposant félin se contente ainsi de recoucher sa tête contre le tapis, mais il ne lui faut pas trois secondes pour la redresser de nouveau, et de pointer son regard vers l’entrée, d’où proviennent quelques coups contre la porte. Intrigué, le félin se redresse pour s’y diriger d’un pas léger. Mais… Ma journée de congé…? Oh, et puis merde… Poussant un long soupir, je me redresse, l’air blasé, avant de laisser mon jeu sur pause et de suivre l’imposant félin qui s’est arrêté devant la porte, attendant que je l’ouvre, ce que je fais aussitôt pour découvrir une vision que je ne comprends d’abord pas. Devant moi  se tient une femme à l’air épuisé mais tout de même plutôt jolie, et surtout bien munie. Mais ce qui attire le plus mon attention, c’est ce que cette femme tient entre ses bras. Il s’agit d’une petite tête blonde qui m’observe avec de grands yeux tout en mâchouillant son gobelet de jus.

-Euh… Ouais? Je peux vous aider…?

Diego est venu s’asseoir contre mes jambes, fixant le petit blond aux yeux bleus d’un drôle d’air, reniflant son odeur d’où il est, n’osant pas trop s’approcher d’avantage. La mère, quant à elle, se contente de m’observer, sans dire un mot, n’offrant aucun regard pour le félin à mes pieds. C’est presque malaisant, sa manière de m’observer, mais avant que je ne puisse dire quoi que ce soit, la femme au regard d’azur s’empresse de se glisser dans la maison comme s’il s’agissait de chez elle.

-Hey, oh, mais ça va pas bordel?! Vous pouvez pas juste rentrer chez moi comme sa vous tente!

Malgré mes avertissements ainsi que les grognements du Luxray, la femme semble faire la sourde oreille, et s’empresse de jeter un regard dans les différentes pièces sur lesquelles l’entrée donne accès. Mais avant que cette folle ne puisse continuer son exploration plus loin, je m’empresse de lui attraper le bras afin de l’empêcher de progresser. Et cette fois, elle n’a plus le choix de me faire face. Prenant une grande inspiration, l’inconnue pose celui qui semble être son fils sur le plancher, sous le regard de Diego qui ne semble pas manquer ne serait-ce qu’une miette de ce drôle d’échange.

-Tu n’as vraiment pas changé, Weston…

Cette fois, l’agressivité dans mon regard laisse place à la surprise, me faisant lâcher le bras de l’invitée surprise. Cette femme semble me connaitre, alors que moi… Honnêtement, je n’ai absolument aucune idée de qui il s’agit. Je n’ai toutefois pas le temps d’investiguer que la jeune femme face à moi est plus rapide, me devançant sur la question.

-Tu ne te souviens plus de moi, je paris? En même temps, c’est pas tellement une surprise…

Alors qu’elle s’adresse à moi, son regard est posé sur l’enfant qui s’occupe à présent avec une petite voiture que la mère vient de lui glisser. Elle lui adresse un petit sourire maternel avant de relever un regard épuisé en ma direction. Et j’ai beau creuser, je ne parviens aucunement à me remémorer ne serait-ce que d’un détail de sa personne.

-Et euh… je devrais?

J’offre un regard incertain à la femme qui pose le sien sur moi l’espace d’un instant avant d’hausser les épaules, un mince sourire sur les lèvres qui en dit long.

-Enfin, ce n’est pas important, ce n’est pas pour ça que je suis ici…

Et avant que je ne puisse rajouter quoi que ce soit, la femme me tourne une nouvelle fois le dos, afin de se pencher vers son fils et de lui glisser une petite caresse dans les cheveux. Le petit bonhomme haut comme trois pommes se contente de lui répondre par un petit rire énergique avant de retourner à son occupation principale, ce qui semble aussitôt attendrir la mère.

-Benjie, tu vois le monsieur, là? Eh bien c’est ton papa, et tu va rester avec lui, d’accord?

Euh… Elle a dit quoi, là? J’échappe un petit rire, attendant l’annonce du canular d’une seconde à l’autre. Franchement, c’est… c’est débile, comme blague. C’est quoi, cette histoire? Un sourire nerveux aux lèvres, j’échange un regard avec Diego, qui ne semble de toute évidence pas comprendre plus que moi cette histoire loufoque. Mais comme la déclaration de blague ne semble pas sur le point de venir, je me sens m’impatienter.

-Bon, euh, je sais pas trop c’est quoi cette histoire, mais j’ai pas que ça à faire moi. Si vous voulez utiliser les toilettes, vous avez qu’à le dire, et…

-Tu sais que maman t’aime, hein mon poussin?

-Hey, oh, vous m’écoutez, au moins?


Eh bien, ne prenez surtout pas la peine de me répondre, c’est pas grave, hein! De toute manière, ce canular a assez duré. Cette femme a soit un sens très poussé de la comédie, soit elle est complètement folle, mais dans tous les cas, je ne vois qu’une seule issue à ces bêtises : ciao la madame, et elle amène son gamin avec elle!

-Bon, allez, ça suffit.

D’un mouvement de tête, je désigne la porte à la femme, qui se contente de m’adresser un regard toujours aussi épuisé avant de se redresser et de se planter devant moi, un air sérieux au visage. Et bien entendu, elle ne semble pas prête à ramasser son gosse, où plutôt le « mien » comme l’affirme cette folle.

-Je sais que c’est difficile à comprendre, mais c’est ton fils, et il a besoin de son père, alors je t’en prie-

-Ok, primo, c’est pas mon fils, j’ai pas de fils! Et deux… deuxio? Secondo? Enfin, bref! C’est pas mon fils, alors tu prend ton gosse et tu dégage avant que j’appelle les flics! C’était marrant au début, mais là ça-

-Putain mais on a pas besoin d’un test de paternité pour savoir que c’est son fils, Weston Elric! T’as qu’à le regarder de plus près, c’est ton mini-moi!

-Non mais ça je m’en fous, moi! Il pourrait être bleu à poids jaunes, c’est pas mon fils, un point c’est tout! Non mais c’est quoi cette merde, putain! La folle qui débarque pour se débarrasser de son foutu gosse, là, non merci!


Cette fois, la femme ne rajoute rien, et se contente de me fixer d’un regard froid. Je la sens tremblante, sur le point de fonde sous les larmes, mais rien de cela ne m’atteint. On a tous nos problèmes, et ce n’est pas en venant domper  son mioche que ça va s’arranger. Cette folle a besoin d’aide, mais ce n’est certainement pas moi qui va m’en occuper.

-Vous avez frappé à la mauvaise porte, alors sortez maintenant.

Je lui offre le même regard froid tout en lui pointant la porte, espérant que cette fois je pourrai la raisonner. Et pendant un instant, j’ai l’impression que mes paroles sont parvenues à elle. Laissant une larme solitaire lui échapper, la femme baisse une dernière fois le regard vers son enfant, qui lui rend aussitôt un sourire avant de lui expliquer en long et en large comment sa voiture peut voler, à l’aide d’un langage plutôt enfantin qui m’indique qu’il ne doit pas avoir plus de deux ou trois ans.

-Je suis désolé que ça se passe ainsi, Bennie… Mais maman t’aime, tu sais.

Et avant que je ne puisse rajouter un autre mot, l’inconnue se recule de quelques pas avant de détacher une Pokéball de sa ceinture et de libérer un jeune Natu, qui s'empresse de la faire disparaître dans un bruit que je ne connais que trop bien, me laissant derrière, la bouche entrouverte, et les yeux écarquillés par la surprise.

-Maman l'est partie?

Oh putain. Oh putain! OH PUTAIN! Le gosse! Elle l’a laissé, cette garce! Oh putain de bordel de chiasse de diarrhée d’Arceus! Elle est partie! Pris de panique, je m’élance à l’endroit où se trouvait la folle avant de disparaitre, comme si cela pouvait me donner un indice quant à où elle aurait pu disparaître.

-PUTAIN! Putain de garce! Merde!

Non, non, non! Ça ne peut pas être vrai! Et pourtant… La femme n’est plus là, alors que son gosse, lui, l’est toujours. L’enfant, ayant visiblement remarqué ma panique, se redresse avec maladresse pour venir tapoter ma jambe de sa petite main certainement pleine de germes et de bave.

-Mais non, papa, ça va!

Et je ne peux que libérer une grimace en entendant ces paroles sortir de cette petite bouche souriante. Papa. Oh merde. Oh merde. Oh merde. Pas ça. Tout mais pas ça. Un cancer, bon, je l’aurais mérité. Perdre mon titre de champion? Je survivrais. Mais ça? Papa? Non. Juste… non. C’est impossible. Impensable. Ce ne peut pas être vrai. Je vais me réveiller. Ce n’est qu’un mauvais rêve. Un affreux cauchemar. Et pourtant, j’ai beau me pincer avec une force incroyable, je ne me réveille pas. Mais tout de même, ce ne peut pas être vrai. Je ne peux pas avoir de fils. Je ne peux tout simplement pas. D’accord, des aventures, j’en ai eu. Et d’accord, je ne me suis peut-être pas toujours protégé. Bah oui, quand on est défoncé, les bêtises, ça arrive… Mais faire un gosse? Non, c’est impossible. Mais bordel de merde… Comment est-ce que je vais expliquer tout ça à Mercy…? Putain de bordel, malgré ce que peut dire ce mini-moi qui me ressemble effectivement énormément malgré l’absence de lien de parenté, non, ça ne va pas! Même que ça ne va pas du tout! Mais il faut que je me calme. Je dois me calmer, oui, c’est la première étape! Tout ceci n’est qu’un malentendu, et Mercy va comprendre. J’imagine que ce genre de situations arrive plus souvent qu’on ne le pense! Après tout, j’ai couché avec un tas de fille, et comme je suis un champion, j’imagine qu’il y a des tas de filles qui fantasment sur le fait de porter l’enfant d’un champion! Du coup, cette folle a certainement pris ce fantasme un pas plus loin, voilà tout. Oui, ça doit être ça. Et Mercy va comprendre, oui. Et on va retrouver cette folle à lier, et ensuite on lui rendra son gosse et tout redeviendra normal. Voilà, c’est un bon plan. Et c’est exactement ce que je vais faire. Alors il n’y a aucune raison de paniquer. Mais pitié, Mercy, rentre maintenant, j’ai besoin de toi…  


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Dernière édition par Nathan Lowell le Mar 1 Sep - 0:00, édité 1 fois
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Kaylie Monroe
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MessageSujet: Re: Codages   Lun 17 Aoû - 22:09


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Je n’aime pas être ici. Je ne veux pas y être. J’ai la tête pleine, trop pleine, je parviens à peine à respirer, je veux qu’on me laisse tranquille mais je dois travailler. Travailler parce qu’on me l’a demandé, travailler pour survivre, travailler pour oublier. Les heures s’allongent, s’éternisent, je ne vis plus, je ne vis plus vraiment, je me sens vide et pourtant tout en moi a mal, trop mal. Pour oublier je m’efface, je m’inscrits dans un moule. Je n’ai plus sourit depuis des siècles il me semble. Rire encore moins, cet exercice me paraît tellement lointain, comme appartenant à une autre vie. Je peux faire sans. J’ai fait sans pendant tellement longtemps qu’à force, j’en ai pris une habitude, mais ce qui m’effraie, jour après jour, c’est de me perdre pour de bon, de retomber dans l’abysse, d’asphyxier sous le poids inconditionnel de ma douleur comme il le fut il y a un an et demi. J’avais enfin l’impression de déployer mes ailes, de repartir sur des bases solides, d’avoir reconstruit mon univers jusqu’à ce que toutes les convictions se trouvent de nouveau chamboulées, me jetant à la rue sans repères et sans espoir. J’ai beau chercher, j’évite de plus en plus, je sens bien que la situation, plutôt que s’améliorer, s’enfonce lentement mais sûrement, l’agonie s’éternise. Je ne vois pas d’issue possible. Mes émotions se mêlent, m’attirent dans le gouffre. J’ai besoin d’aide pour un problème que je ne parviens même pas à cerner.

N’y pense pas. Fais semblant, Cassey, tu es douée là-dedans. J’entre dans le long couloir plongé dans la pénombre, mes bottines claquant comme une fanfare contre les dalles parfaitement cirées. De part et d’autres s’alignent des portes renforcées, dont les barreaux infranchissables offrent une vue sur des silhouette brisées, abandonnées à leur sort contre le sol, sifflantes et gémissantes, leurs blessures teintant de rouge cet atmosphère gris et las. On m’a entourée de deux gardes solides, des gaillards d’apparence tranquille qui me suivent pas à pas, comme pour me protéger d’un danger inexistant, ainsi que de la présence prudente de Zeek qui ne me lâchera pas d’une semelle. S’ils savaient, ces gardes du corps. Je n’ai rien à craindre de ces prisonniers. Le danger se trouve entre ces deux colosses de marbre, indissociables sous leurs masques identiques. Le danger a un nom, il s’appelle Cassey Banks. Son pouvoir est destructeur, sa rage, son impuissance, son mal-être si puissant, si puissant. Même eux ne pourraient pas. Ils ne pourraient pas me sauver de moi-même, de ce qui me traverse l’esprit depuis des jours, comme un murmure sinistre. Je secoue la tête, considérant les silhouettes vautrées dans la pénombre avec mon indifférence habituelle, pourtant tout est différent. J’entends une femme tousser, gémir contre les parois de sa cellule. Un autre jouet de Dio je suppose. Elle l’a mérité, je me répète. Elle était présente en cette journée historique, sur les grandes marches ensanglantées de la Grande Maison. Comme bien d’autres de ses semblables, elle a tenté d’usurper un pouvoir qui ne lui a jamais appartenu, au nom d’une poignée d’idées sans visage.

Je m’avance vers sa cellule pour la regarder souffrir. Un frisson me parcourant l’échine à réaliser ma chance de me trouver de ce côté de la grille, et non contre le sol souillé de sa cellule qui sent la putain de pisse, à attendre la prochaine séance de torture qui sera probablement la dernière. J’ignore ce qui m’a menée jusqu’à l’orée de sa prison de béton et de fer, à la scruter tel un animal en chasse. De l’extrémité de la cellule, elle me regarde, ses prunelles luisant de haine, d’une haine sans nom, une haine inimaginable qui me transperce de part en part. Mes doigts se referment contre les barreaux. Le défi luit dans ses yeux sauvages, encore et encore elle me souffle dans le silence tendu qui s’est formé entre nous. Un regard qui suffit pour provoquer en moi deux réactions, contradictoires et pourtant si semblable. Les remords. Sensibles, encore frais dans ma mémoire, la douleur de mes semblables humains qui n’ont rien mérité, la perspective toute nouvelle découverte auprès de Lucas… La rage. Indélébile, puissante, accaparante, provenue de mon passé. Deux entités qui s’affrontent en moi depuis des jours et des jours, un conflit qui menace de tout détruire, et moi avec. Moi avec.

«Cassey Banks.»

Elle me nomme. Se relève, péniblement, se traîne avec obstination jusqu’aux barreaux pour me dévisager. Son visage maigre paraît sous une liasse de cheveux sales et ternis. Ses prunelles sombres me scrutent de leurs orbites fatiguées, profondément enfouies dans son crâne. Sa lèvre tremble, se relève sur des dents encore parfaites. Elle n’est pas là depuis longtemps. Un rictus haineux et amer déforme sa bouche. Je reconnais ce visage après plusieurs secondes d’inspection minutieuse et réservée, malgré les protestations des gardes que j’ai fait taire d’un mouvement explicite de la main. Une jeune fille de mon programme de politique, suivi il y a plusieurs années à l’université de Baguin. Je l’observe en encaissant sa haine. En la goûtant comme on se nourrit des fumées malsaines d’une cigarette. Me délectant qu’elle me déteste. Un sourire étire mes lèvres. Nous devions être amies dans un autre monde, dans une autre vie, avant qu’une longue ligne blanche vienne séparer les gagnants des perdants. J’ai su me trouver du bon côté, elle le sait à présent. Ce qui ne l’empêche pas un sourire d’étirer ses lèvres.

«Ils ont fait de toi un toutou du Régime. Je n’aurais pas cru.»

Un rictus étire mes lèvres. Et une bouffée de remords.

«Un toutou obéissant? Hum, je crois que je préfère que de me rouler dans ma merde, Sandra. Ou finir comme cobaye aux schèmes de Dio, Arceus ait son âme. J’ai juste su choisir le bon côté.»

«C’est ce que tu te dis la nuit pour te consoler quand les remords reviennent te hanter?»


Mon sourire s’efface. Ma main de Zeek se presse contre ma cuisse. Ils reviennent, sans cesse, ces cris, ces innocents tendant leurs mains ensanglantées vers le ciel dans un appel inutile. Car personne ne viendrait. Ou encore les flammes dévorantes de ce village il y a quelques mois. Ou la détonation de cette bombe au premier janvier. Et les plans démesurés de la Générale Scientifique.

«Ça te plaît de porter cet uniforme, de te croire invincible? Ou peut-être que tu as l’impression d’avoir une famille après Aimee.»

Un couteau en plein cœur. Mes babines se retroussent contre mes dents, des dents avides de sang. Du sien.

«Pardon?»

Une menace. La haine me dévore, s’est insinuée en moi comme une pluie de braises. La douleur de ses mots pire encore que ma blessure à l’épaule qui m’élance tant je retiens ces barreaux contre mes paumes destructrices. Une menace qui plane qui ne fait qu’attiser la violence de son regard. Ses prochains mots, elle me les susurre, en y mettant toute sa brutalité doucereuse, comme un secret mortel.

«C’est pour elle que tu fais ça hein? Que tu te tiens là en me faisant la haine. Tu me fais pitié, Cassey, tu te prétends humaine après avoir laissé le Régime te convaincre que tu n'es pas un monstre après tous les massacres que tu autorises sans rien dire.»

Je n’en peux plus. Mon bras glisse à l’intérieur, vient cueillir ses cheveux, je me plaque contre les barreaux en tirant de toutes mes forces. Son visage rencontre brutalement le fer dans un cri. Mais je ne m’arrête pas là. Je veux la tuer. Je veux la faire taire. Je veux mourir. Je ne sais plus, je ne sais pas. Mais je continue à plaquer son visage contre les barreaux de toutes mes forces malgré ses cris, malgré ses mains qui se sont agrippées à mon bras dans un geste de défense, ses ongles s’enfonçant dans ma chair. Je n’arrête pas lorsque le sang gicle contre mon visage déformé, quand on tente de me retenir. Je n’arrêterai pas. Je l’entends pleurer et supplier. Il est trop tard pour toi. Une rage telle m’a saisie, un flot incontrôlable qui menace de m’engloutir. Pour de bon. Pour ne bon. Tant pis. Je réalise qu’on m’a arrêtée. Un grand éclair de lumière s’estompe et je me sens pressée contre une large poitrine poilue, des bras m’entourer. Je me débats, je crie et je hurle, j’insulte cette garce qui s’est évanouie contre le sol de sa cellule, le visage déformé par mes sévices. J’ai perdu. J’ai perdu, encore. Je me demande quand tout ceci sera terminé. J’éclate en sanglots dans les bras de mon allié qui me retient contre moi-même. Je m’abandonne à lui qui a su brimer ce démon, cette ombre qui m’entache l’intérieur. Celui qui m’attend au détour. Je ne sais plus qui je suis, je ne me soucie même plus du regard des gardes qui m’observent sans savoir comment réagir.

Je me demande à quoi ça rime. Je sais par contre, dans un élan de lucidité probablement, que monsieur Strauss entendra parler de cette histoire et qu’on m’offrira un temps pour m’en remettre. Pour me remettre de quoi? Ou de qui? Comment puis-je me remettre de moi-même?

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MessageSujet: Re: Codages   Lun 31 Aoû - 21:00

Des hauts. Des bas. Surtout des bas. Des bas si profonds, qui me propulsent dans un abysse, je suffoque, je crois que je vais y passer, mais je remonte, inexorablement, toujours un peu moins haut. Je me dis que je finirai par ne plus me redresser, ou peut-être irai-je me fracasser dans les ténèbres. La fin, je l’espère, je la sens, comme un ruban mortel qui m’enserre les poings, lentement mais sûrement. Ma destinée? J’ai toujours fait la fière, j’ai toujours joué les dures, j’ai cru que ce serait plus facile de prendre la hache, de crier et de me défendre, j’ai toujours cru que ce serait plus facile que de changer, que de me remettre en doute. Sauf que cette fois je n’ai plus que moi-même à blâmer. Cette fois je n’ai plus qu’à moi à m’en prendre, plus qu’à moi à détruire. Je m’épuise, j’hésite alors que la solution se tisse sous mon crâne dans un dessin malsain, une réponse sinistre qui m’attend à chaque détour, un cri du cœur qui se fait murmure, toujours plus insistant. Une voix de mort, elle me suit, pas à pas, une ombre qui lentement devient marionnettiste de mes moindres gestes, le doute me bouleverse. Le doute me tient encore en vie. J’ai peur, j’ai peur de moi, je me terre dans un silence sonore, un silence qui hurle, j’ai tellement mal. Je ne sais même plus ce qui m’a précipité si bas. Si loin en terre étrangère. J’ai l’impression d’être seule, si seule, si seule.

Elle n’était pas seule. Peut-être qu’elle le savait, aveugle pourtant, à mes regards, à la façon dont je la surveillais. Oh, elle l’ignorait. Elle ignorait, il fasaiit un moment qu’elle ne voyait plus, qu’elle s’était coupé de ce qui autrefois provoquait son rire, ses sourires, ces éclats ensoleillés dont je me languissais dans mon silence. Nous ne parlions pas le même langage, elle, moi, mais au final nous nous composions de la même fibre, des mêmes muscles, de la même chair palpitante. Cassey. Si seulement elle savait, mais elle choisissait d’ignorer, les ombres qui l’assaillent avaient parfois raison d’elle mais cette fois elle avait cessé de se débattre. Sa souffrance qu’elle taisait me parvenait comme s’il s’agissait de la mienne, nous affectait tous autant que chacun et un mauvais pressentiment m’habitait. Je me sentais impuissant, mais d’abandonner ne jamais fit partie de mes mœurs. Battant, survivant, déterminé et déterminant. Déterminant. Je changerais l’histoire, à ma façon, dans ma solitude digne. Si Zeek croyait que les câlins suffiraient. Il se trompait. Cassey avait besoin d’une force, d’une force dont j’avais le pouvoir, dont j’avais le devoir de lui offrir. Car je n’avais pas accepté cette balle pour rien. Cette humaine, je l’avais choisie.

Les pas m’ont mené jusqu’à une église où j’ai autrefois trouvé refuge. Le doute, flagrant, palpitant contre ma poitrine dans une lueur d’espoir la première depuis des jours et des jours, la première depuis une éternité me semble-t-il. Provoquée, le matin même, un rare instant s’étant gravé dans ma mémoire dans ces jours de perdition, qui tous se ressemblent, ces instants que je ne vis pas, que je ne vis plus. Le doute. Je tente de m’y raccrocher, je presse sa balle contre mes lèvres simplement pour en ressentir l’éclat métallique, comme pour m’en imprégner encore un peu. Putain Shen. C’était plus facile que de se laisser mourir. C’était plus facile. Pourquoi m’as-tu condamnée à la souffrance? Mes pas m’emportent dans l’église, vide de visiteurs, plongée dans la pénombre d’une autre nuit sans sommeil, d’une autre nuit entourée de voix invitantes, de voix lointaines. La lueur incertaine des lampions jette des ombres ratoureuses aux quatre coin de la grande pièce sacrée dont le silence m’imbibe et me guide, de lui-même, au pied de l’autel où je me suis échouée lors d’un autre grand moment de détresse. Je caresse les marches de marbre comme dans l’objectif d’y retrouver ce qui, à l’époque, m’a permis de me relever.

Il était hors de question que je l’abandonne à son sort. Que je la laisse se terrer dans sa terreur, dans sa souffrance, dans ses idées qui avaient dépassé les simples remords quant à une situation dont elle n’était nullement responsable. Il ne s’agissait même plus de ce combat, rien ne la tirait plus vers le fond qu’elle-même. Car elle ne voyait plus que cette issue, celle de toujours s’enfoncer. Je me faisais un devoir de lui montrer, à ma façon. Sans étalement, sans grand éclat probablement, dans une langue qu’elle saurait comprendre si elle écoutait toujours. Ainsi lorsqu’elle déclara la matinée réservée à un entraînement en vue de la nouvelle Compétition qui approchait tout de même, j’y vis là l’occasion dont je rêvais depuis quelques jours déjà, celle de fournir un message ultime et vibrant à mon amie. Lui faire parvenir une part de ma flamme pour animer celle qui, en elle, s’éteignait lentement. Je bougeais avec impatience, je pressais Rina et Pinto qui se chamaillaient avec énormément de hargne il me semblait, une agressivité qui attira l’attention et la désapprobation de Sia, la lionne protectrice de Cassey. Sa Majesté qui ne laissait nul l’approcher, moi encore moins, gardant jalousement pour elle son humaine comme convaincue de savoir la sauver. Perdue dans son orgueil et dans sa méfiance à mon endroit. Je comprenais son inquiétude. Mais plutôt que de m’y terrer, j’avais choisi l’action. Je n’en pouvais plus. Je ne la laisserais pas faire.

«Mademoiselle Banks.»

Mon nom, telle une évidence. Comme si elle s’attendait à mon retour éventuel, comme si elle s’y était préparée. Je lève un regard fatigué, luisant de larmes sèches, taries depuis longtemps, épuisées à leur source. Trop de peine pour encore pleurer. Ses rides forment des sillons sombres contre ses traits bons et doucereux, la lueur fragile des chandelles conférant à son visage autant d’hostilité tranquille que solennité sacrée. Je scrute cette figure maternelle alors qu’elle s’accroupit à mes côtés, un sourire serein contre les lèvres. Malgré sa chevelure brune et son corps probablement encore assez jeune drapés de sa longue toge blanche, elle m’apparaît telle qu’elle est véritablement, une belle femme dont la sensibilité imprègne sa présence. Sitôt je pose les yeux sur cette religieuse qui m’accueille à chaque crise, que les ténèbres qui enserrent mon esprit fatigué me quittent. Je ferme les yeux, joignant mes mains l’une contre l’autre. Et je prie, dans le silence qu’elle me confère, sous les piliers indifférents de cette église qui me recueille comme une enfant perdue, comme une mère aimante. Ma poitrine tremble d’un sanglot. Plus la force de pleurer, plus maintenant. Je prie. Je m’adresse à qui se trouve au-dessus de nos têtes, à qui de droit, aux divinités grasses qui se plaisent des souffrances mortelles. Si elles existent, j’ai espoir qu’elles m’entendent. Mais si elles doivent se fermer à mes paroles alors le processus en lui-même m’aura apporté, cette nuit, un certain sentiment de paix.

Elle se tassait dans un coin de la pièce, nous observait de façon distraite. Si on pouvait vraiment désigner son malaise de cette manière. Moi-même, et malgré ma bouleversante inquiétude, je me présentais à quelques pas d’elle, l’esprit aiguisé concentré tout entier vers cet objectif que de la soutenir en ces heures troubles. Ma patte venait chercher son genou, que j’effleurais. Je ne la touchais presque jamais, je n’aimais pas les contacts physiques. Je vis la surprise se peindre dans l’abysse profond de ses prunelles. J’avais capté son attention, ne serait-ce qu’un instant. En m’assurant qu’elle me suive du regard, je prenais place devant son adversaire, Juno la terrible Lockpin. Depuis son évolution, la lapine avait pris en force, en hargne aussi. Si je la dédaignais autant qu’elle me vouait un grand mépris, nos combats m’apportaient toujours énormément de satisfaction. Difficiles, rapides et très intenses. J’avais désigné mon adversaire, la dernière sous cette forme. Cette matinée-là, elle dû comprendre ce que je préparais. Elle m’adressait un rare signe de tête, une forme d’estime pour elle qui n’appréciait personne sauf celle pour laquelle nous venions de former un pacte respectueux. Juno se plaçait, gracile, une beauté incroyable qui ne m’émouvait nullement. Je restais concentré sur mon objectif. Il m’en faudrait plus qu’une vulgaire illusion de son talent pour me berner.

«Comment se débarrasse-t-on du doute, Mère Isolde?»

Une question. Celle qui me taraude depuis ce matin, celle qui m’habite, qui me déchire.
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MessageSujet: Re: Codages   Ven 4 Sep - 22:50

J’émerge de la douche dans un nuage de vapeur. Corps rutilant, annexe en cours de révision, poids lourd devenu inutile, devenu prison. Je me fixe, dans la baignoire fumante, la peau vive, rosie par une chaleur probablement trop intense que mes sens engourdis n’ont pas su saisir à temps. La gueule ouverte, les joues flasques et craquelées d’avoir tant pleuré, tant pleuré. Elles n’existent plus, elles se sont taries avec elles la petite lueur qui brûlait encore moi hier. Aujourd’hui nouveau jour, le carillon a sonné avec une ère de changement. Une gouttelette téméraire roule contre mes lèvres, une sensation qui me tire un frisson. Je me laisse envahir, je n’ai plus rien pour réagir, plus une once de combattivité, plus de feu ardent, plus de cris, plus de bataille en moi. Plus rien. Plus rien qu’un vide, un vide atroce, qui me brise dans une douleur insurmontable. Une douleur qui a fini par se taire pourtant en ne laissant plus rien derrière elle, plus qu’une enveloppe qui me pèse, qui m’empêche, mes barreaux de chair dont je serai bientôt libérée. Je relève le regard vers la glace, n’y distinguant qu’un royaume de brume. Le miroir n’y trouverait rien à rendre, rien à réfléchir, qu’une ombre, qu’un spectre éteint et prêt, si prêt à ce qui se prépare. D’elles-même, mes jambes s’écartent pour passer par-dessus la baignoire, je m’aventure dans la salle de bain baignée de vapeur qui m’asphyxie, la chaleur ambiante me drape dans ses bras humides. Pourtant je tremble. Je n’ai jamais eu si froid. Le doigt de la mort a déjà répandu son venin dans ma poitrine. Je n’ai plus qu’à achever son œuvre, dans un dernier ballet dansant, je n’ai plus qu’à embrasser cette destinée qui me guette, qui me guette, qui me guette.

Paradoxal que de se laver à quelques minutes, une heure tout au plus, du dernier saut. Une hérésie même, à moins qu’il ne s’agisse d’une dernière volonté pour changer d’idée, pour renverser ce parcours dans lequel je me suis engagée? Non. Mais le temps file, s’étire dans une éternité insaisissable et le froid insiste, encore et encore, ingérable. Chaque chose en son temps. Si l’attente se fait de plus en plus difficile, j’ai foi en ma démarche, en ce plan que nous avons dessiné à deux, ce plan infaillible. J’en ai déjà oublié les détails, je me rends à l’évidence : sans elle je n’y parviendrais pas. Je me laisserais échouer jusqu’à en crever. Mais elle m’a tenu la main, elle m’a rassurée, elle m’a guidée, encore et toujours. Elle le sait, elle m’attend. J’aurai besoin d’elle jusqu’à la toute fin. Je sens qu’elle se trouve dans la pièce, probablement assise contre la baignoire, à regarder mon corps nu se départir de son couvert aquatique, de toute cette eau qui vient couvrir les dalles de céramique. Je m’avance vers le lavabo, étire une fenêtre dans la buée qui s’est formée contre le miroir du revers de la main, consulte mon reflet brumeux. Je n’y reconnais plus rien. Je ne me souviens plus de mon propre nom, de ce qui m’a un jour motivé. De ce qui m’a fait sourire, de ce qui m’a fait gueuler. Rien. Plus rien. Cette personne n’est plus qu’une inconnue, une inconnue qui me retient encore, qui me sépare de l’annihilation de toute ma souffrance.

«Bientôt.»

Un rappel, une invitation. Ma guide ne m’a jamais abandonné. Nous avions un pacte, elle, moi. À la vie, à la mort. Deux amies, des âmes sœurs, le genre de rencontre qui ne se produit qu’une fois dans une existence, qui détermine toute le reste d’une vie. Aimee. Elle, toujours elle. À son départ, plus rien. Plus rien qu’une âme en perdition, qu’une série de rêves et de promesses brisées. Tout ceci se termine, enfin. Je n’ai plus même souvenir de ce qui m’a retenu parmi eux, les sans-visages, les autres. Ni ce qui me décide à présent, ce qui cause tout ce mal dans ma poitrine. Les raisons ont trouvé leur chemin, ont consolidé leur emprise, jusqu’à ce qu’il ne reste plus rien à réfléchir que leur conséquence et non la cause. Je titube, dans une confusion palpable. J’attrape une serviette qu’on me tend, remercie à voix basse la responsable qui a finalement pris forme à quelques pas de moi dans la salle de bain encore embrumée. Ses prunelles, sombres abysses aux accents rougeoyants, m’appellent à eux. Je l’entends me susurrer ses encouragements séduisants, qui d’eux-mêmes m’activent à m’habiller. Je sursaute au frottement contre mes jambes. Soubresaut contre mes sourcils amorphes. Sia prend place contre moi, à l’endroit même où se tenait Aimee un instant plus tôt, probablement retraitée dans une autre pièce à m’attendre. D’elle-même ma main se tend vers la Némélios, mes doigts s’éclairent de la chaleur émanant de sa fière crinière enflammée. De la chaleur.

Je referme la main avant qu’elle n’effleure sa présence. Il est trop tard. Le froid l’a emporté. Sans plus un regard vers la lionne qui, pourtant, réclame mon attention, je termine ma besogne, enfilant des vêtements qu’on m’aura choisi probablement car je n’ai aucun souvenir même de les avoir retiré de mes tiroirs. Drôle d’enfiler une aussi jolie tenue, de se laver avant ce qui se prépare. Car lorsqu’on me retrouvera, il sera impossible de déterminer la crasse de ma peau, mes os et ma chair broyés. On ne parviendra même plus à reconnaître ce visage stoïque. Quelle importance. J’aurai enfin brisé ma prison charnelle et laissé mon âme s’élever en paix, vers un paradis que j’ai dû choisir plutôt que me laisser dans l’ignorance qui accompagne nécessairement l’existence humaine.
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