Pokémon - Twisted Destinies

Entrez dans le merveilleux monde de Pokémon. Votre aventure ne fait commencer et pourtant, le monde est contre vous. L'influence de la Team Plasma se fait de plus en plus grande. Quelles intentions se cachent derrière leurs beaux discours? Découvrez-le!
 
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 Codages

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Kaylie Monroe
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Fiche du dresseur
Type de dresseur: Coordinatrice
Région et ville d'origine: Hearthome City à Sinnoh
Équipe Pokémon:

MessageSujet: Re: Codages   Mer 7 Oct - 20:45


Symbole Rêve - Mascarade versus Monsieur Image

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Mascarade vs. Maxwell Young
Plus qu’elle, le violon et une étrange présence, une ombre silencieuse qui pourtant vibre  d’un rire auprès de ses épaules dénudées. Sur les lèvres de la jeune femme, un sourire, presque imperceptible et pourtant intarissable. Mais surtout irrésistible. La présence se solidifie, prend lentement forme en une silhouette violacée parfaitement agencée avec la robe de sa dresseuse qui, sans avoir prévu ce coup du destin désignant la spectre comme son alliée en ce jour qui marquerait sa vie à jamais, espérait bien qu’il se produise. Si la jeune femme a parfaitement confiance en ses alliés, chacun d’entre eux, elle désire tout de même partager cet instant avec nul autre Majesta, sa petite Majesta, qui aujourd’hui lui inspire douceur et confiance. Simplement sa présence suffit à chasser les démons, toujours aussi insistants en elle, de ses insécurités. La confiance que Mascarade porte en la Spectrum atteint un paroxysme jamais atteint pour cette apprentie Coordinatrice qui, malgré sa naïveté, se drape aussi très souvent derrière une épaisse méfiance, rempart contre ce monde dont elle ne semble toujours pas comprendre l’étendue, la limite et les dangers. Oh, peu lui importe le monde entier à cet instant où elle plonge son regard aux lentilles ambrées dans les prunelles sombres et enfantines de sa plus vieille alliée. Ensemble, aujourd’hui, elles réalisent un rêve qu’elles chérissent depuis leur première rencontre, dont elles fêtent justement l’anniversaire aujourd’hui. Les astres s’enlignent en leur faveur, mais Adélia ne se soucient plus réellement de la victoire ou de la défaite à ce point-ci de la Compétition. Elle rêvait simplement de l’instant où elle lèverait le regard sur son adversaire, l’instant précieux où la Spectrum l’éblouirait. La jeune femme n’a jamais même envisagé de se rendre jusqu’aux dernières marches, toute pression l’a quittée pour ne laisser qu’un immense plaisir et une excitation subséquente.

Excitation parfaitement partagée par son adversaire qui, par expérience, tranche de la réaction de la jeune femme par le calme plat dont il témoigne. Il ne s’agit plus exactement d’un défi pour lui, ou d’une occasion de prouver de quelconque façon sa valeur. Bien au contraire, et sans prétention, Maxwell Young connaît pertinemment sa valeur et sait bien qu’il n’est parvenu à ce titre que grâce à un talent et à un flair conséquent, en plus d’une détermination de fer que seuls les survivants savent déployer. Ou du moins est-ce qu’il croit en ajustant avec élégance son dernier costume pour sa prestation. Il ignore encore la force de caractère dont sa jeune opposante fait preuve à chaque nouveau défi. Si son ignorance est totale à ce sujet, il a eu toutes les occasions de l’observer étayer ses talents. Bien sûr, il ne manque jamais un Concours télévisé malgré son horaire chargé, malgré sa maladie cette année. Son œil affuté a su repérer cette jeune Coordinatrice bien mystérieuse, dont le côté théâtral l’a aussitôt séduit. Certainement que cette jeune fille, qui soit-elle, ne manque nullement de créativité, une créativité qu’il aura l’occasion de chambouler quelque peu. Oui, le Maître Coordinateur souhaite voir Mascarade à son meilleur en cette journée ensoleillée et gare à elle si elle prétend à le décevoir. Pour sa part, l’homme à la chevelure argentée sourit à sa réflexion dans le miroir, sursautant alors que sur ses traits se dessine un masque à la beauté irréelle. Izobel émerge de sa poitrine comme si elle se dissimulait en son cœur depuis un instant déjà, profitant de son immatérialité pour surprendre son dresseur qui, malgré toutes les années passées auprès d’elle, se laissait toujours avoir par les moqueries et autres tours retord de la mesquine Momartik, désignée pour l’accompagner aujourd’hui.  La reine des ombres et des glaces lui offrit un sourire provocateur qui ne laissait rien présager de très rassurant. Pourtant Maxwell lui répondit de même, amusé. Que les hostilités commencent.

Ses pas résonnent dans l’antichambre plongée dans une obscurité entière, si bien que Mascarade ne parvient même plus à distinguer devant elle ses longs doigts refermés habilement contre le manche de son violon. Au-dehors, une nuée de cris lui parvient, telle une envolée sauvage qui affole son cœur et embrouille son esprit déjà tourmenté de la discipline dont elle s’impose, cette routine régulière de revoir un plan qu’elle ne suivra pourtant jamais. Nul besoin. Elle le sait pertinemment, mais probablement a-t-elle encore besoin de se l’entendre dire, dans les ténèbres de cette pièce recluse où elle habite encore son anonymat. Un rire résonne à ses oreilles, fluté, enfantin, et quelque peu sinistre, un accent dont elle seule arrive à apprécier. Sans la voir, la jeune femme devine la présence de sa Spectrum, entend sa nervosité comme si elle était sienne. Ses lèvres s’entrouvrent dans un murmure, une tentative presque désespérée de faire face à l’angoisse de sa tendre amie. Majesta ne craint rien et pourtant cette fois, elle se presse contre sa dresseuse, tentant de reculer devant cet exercice qu’elles n’ont jamais répété. Ce qu’elles s’apprêtent à faire ensemble, toutes les deux, est dangereux et pourrait causer de graves blessures à la Coordinatrice, voir même pire. Si le spectre vit dans une naïveté doucereuse, elle reste consciente des risques. Mais Adélia ne craint pas les ténèbres. Au contraire, elle s’y est laissé bercer si longtemps qu’elle les accepte pleinement. La Spectrum se réfugie contre sa poitrine et Mascarade l’étreint avec douceur, en confiant à son front plissé d’inquiétude un baiser qui témoigne de sa confiance. Les ombres les happent toutes les deux.

Sur le terrain, un grand silence s’est abattu. La foule s’est jetée dans une discrétion peu commune, une attente insoutenable qui vient attiser l’atmosphère déjà tendue de cet événement qui se dessine. Personne n’oubliera le cataclysme de Miss Anarchy, mais aujourd’hui l’adversaire du Maître Coordinateur est bien différente. Différente et insaisissable. Un mystère total qui échappe encore au public qui, attentif, s’impatiente progressivement. Mais toujours rien. Les projecteurs se projettent contre un vide sidéral, longtemps après l’appel des deux adversaires qui, dans un certain orgueil peut-être, retardent leur apparition tant attendue. Certains se penchent contre leurs sièges, réclament un peu d’action promise par autant de soupirs qui se perdent dans un silence. Un silence nullement troublé par un premier flocon de neige, se frayant un chemin en valsant candidement sous la lueur impénétrable des spots. Un détail insignifiant, passant inaperçu, jusqu’à ce que sa danse soit imité d’un flocon semblable, puis d’un autre et d’un autre, que leur ballet se mute en une chorégraphie complexe impliquant plusieurs danseurs, des centaines, des milliers. Ces flocons scintillent sous la lumière d’argent et de bleu. Leur danse se fait de plus en plus frénétique, comme un grand cri qui s’élève. L’air se charge d’un éclat glacé, un vent enneigé s’abat contre le terrain en y déversant, du moins à l’une de ses extrémités, un manteau de givre. Le tourbillon se fait si dense qu’il est impossible d’y voir au-travers, même si on devine en son cœur, deux silhouettes dont l’apparition provoque tout un émoi parmi la foule.

La tempête rage et s’enfle encore un instant, jusqu’à ce que d’elle-même, elle s’estompe, ses derniers flocons portés par une brise. Au centre du tapis de neige se tient désormais un homme de haute taille, les deux bras tendus, un sourire amusé contre les lèvres repris en tous points par la créature gracile postée à sa droite, une Momartik à l’air digne et délicat et qui cache pourtant de bien ignobles surprises. Maxwell Young, son dresseur et ami depuis plusieurs années, surveille subtilement les traits de son compagnon, en se délectant déjà des élans créatifs de son alliée. Si la spectre à ses côtés ne possède nullement le côté affectueux de Pandora ou même Gamen, ce que le Maître Coordinateur et elle partagent prend une toute autre forme d’amitié, un partenariat construit sur une confiance mutuelle et immuable. Ensemble ils accueillent les saluts et encouragements de la foule dans une révérence solennelle, avant de tourner leur attention toute entière vers l’autre extrémité du terrain, laissé à l’abandon. Cette absence de la jeune challenger n’inquiète nullement Monsieur Image toutefois, dont le sourire fleurit même en cet instant hasardeux. À ses yeux, il n’existe qu’une explication plausible pour expliquer les délais dans l’entrée de sa rivale, une théorie qu’il mettra rapidement à l’épreuve.

Lorsque contre le sol du terrain une tache d’ombre paraît, entité mouvante aux longs voiles ténébreux, Maxwell est convaincu d’avoir raison. Il reporte toute son attention sur l’apparition qui, d’abord un simple disque d’obscurité sous les projecteurs puissants du Grand Hall, s’enfle rapidement pour former un véritable brasier d’ombres aux teintes de nuit, s’extirpant du sol. Et les ombres, telles des langues affamées, courent contre une silhouette qu’on devine peu à peu sous cette effervescence dynamique à mesure qu’elles disparaissent dans le sol d’où elles ont germé, une silhouette drapée d’une longue robe d’un violet provocateur, les épaules couvertes d’une longue cape sombre qui traîne derrière elle. Pâle comme neige, les lèvres tremblantes, Mascarade se dresse devant son adversaire avec un rictus triomphant. Les pouvoirs de la Spectrum sont parvenus à la déplacer au-travers la matière, jusqu’à ce terrain où elle aspire triompher. Elles ont réussi, mais la jeune femme est frigorifiée, et quelques secondes de plus auraient probablement suffit pour qu’elle se laisse aspirer par les ombres qui la recouvraient. Lentement, la challenger ouvre les bras pour découvrir contre sa poitrine une forme d’abord vaporeuse, puis de plus en plus consistante. Majesta se matérialise, arborant la même expression farouche et naïve tout à la fois que sa redoutable dresseuse. Ensemble, elles jurent d’offrir le meilleur d’elle-même, peu importe les risques. Le Maître Coordinateur ne peut retenir un sourire d’étirer ses lèvres intéressées. Cette entrée spectaculaire l’aura marqué et à présent il attend la suite avec une impatience parfaitement partagée par la foule. Tout d’abord, il se présente et accueille la jeune femme comme il se doit.

«Bienvenue sur mon terrain, Mascarade. J’ai beaucoup entendu parler de vos prodiges et il me tarde de découvrir vos…»

L’homme à la chevelure d’argent s’interrompt alors que des entrailles de la terre jaillissent une nouvelle cuvée d’ombres, plus menue que l’apparition précédente. Mascarade plonge ses mains assurées en leur cœur et en retire un objet que le Maître Coordinateur a d’abord du mal à identifier. Près de lui, Izobel s’est approchée pour détailler son adversaire des yeux, attentive à ses mouvements, la considérant avec une certaine suffisance. Des ténèbres, la jeune femme retire un violon, écorché par les années, un vieil ami lui semble-t-il, un objet inestimable qu’elle porte à son cou avant d’entamer quelques notes dans un chant mélodieux. Aussitôt, une expression d’extase envahit les traits de Majesta à ses côtés, tandis que le Maître et son alliée échangent un long regard complice. Bien sûr, ils s’attendaient à une performance musicale de la part de leur challenger, ce qu’elle ignore encore est qu’ils portent en eux aussi une musique qu’ils comptent bien laisser entendre aujourd’hui. Un fin sourire s’est formé sur le visage de la jeune Coordinatrice alors qu’elle admire secrètement l’homme qui lui fait face. De haute stature, son complet d’un blanc immaculé mettant en valeur une chemise grise accompagnée d’une cravate noire toute sobre, son regard luisant d’une flamme enfantine… Maxwell est beau, plus beau que jamais lui semble-t-elle. Il fait partie de ce spectacle au même titre qu’elle et son charisme ne fait aucun doute. Au-delà des prestations des deux spectres, cette rencontre marquera aussi l’affrontement de deux images. L’arbitre signale enfin le coup de départ. Que le spectacle commence.

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Galant, le Maître Coordinateur, réduit au silence par sa musicale challenger, invite celle-ci à lancer les célébrations. Une offre que ne put bien sûr pas refuser la violoniste qui entame une musique épique qui donne le ton à cette rencontre qui promet, promet rebondissements et surprises. Entre deux fantômes ayant trompé la mort, comment faire autrement après tout que de se vouer une guerre d’attrapes sinistres? Majesta, encouragée par la guidance sonore du violon, s’avance avec sérieux sur le terrain, imitée par la beauté de glace qui lui réserve toute son attitude hautaine. Contrairement à plusieurs compagnons d’Adélia, la Spectrum se soucie assez peu de ce qu’on peut penser d’elle. Derrière ses murs de glace, Izobel se mesurera à sa sincérité dévastatrice. Un sourire joueur étire les lèvres du petit spectre alors qu’elle se met à danser, de façon à suivre le rythme proposé par sa dresseuse qui la suivait des yeux avec amusement. Qui eut cru qu’une créature sans jambes pourrait posséder autant de grâce? Dans tous les cas, la Spectrum s’amuse, et c’est bien tout ce qui fait son charme, un charme qui ne semble nullement plaire à son adversaire au caractère bien trempé, dont l’intérêt est piqué cependant alors qu’aux passages de Majesta contre le sol, des grains de ténèbres y soient posés, cherchant à féconder ce terrain de leur éclat sinistre. La Momartik patiente, suivant la progression de son adversaire tout autour d’elle alors qu’elle pose de plus en plus ses bourgeons dont l’éclat sombre brille sous les projecteurs attentifs du Grand Hall. La musique se calque au moindre mouvement de la plus petite spectre alors qu’elle termine sa grande tournée du terrain où elle planté ses graines. La floraison peut débuter.

De retour auprès de sa dresseuse, un éclat sauvage anime les prunelles de Majesta qui d’un mouvement de la main, déclenche une grande réaction en chaîne. Les bourgeons ténébreux s’ouvre dans un grand éclat, déployant des rosaces aux multiples bras qui s’étendent contre le sol, ombres dessinant leur œuvre contre le terrain. De ces puits sans fond s’échappe un rire, celui de Majesta, à la fois enfantin et sinistre et sans quitter son adversaire des yeux, elle se glisse au centre de la rosace d’ombres la plus proches en y disparaissant comme tous ses secrets. La terre se met à trembler, alertant le Maître Coordinateur qui manque de perdre pied, un geste qui attire l’attention d’Izobel et l’enrage d’autant plus. Si elle aime la compétition prodiguée, si elle adore le défi qui se présente à elle, il est hors de question que ce bébé insolent ne vienne déboussoler son dresseur. Avec une attention hargneuse, la Momartik attend le retour de son adversaire, ses prunelles d’un bleu froid brillant de colère. Cette petite n’attend rien pour attendre, et Maxwell devine sans mal la colère qui l’habite, en décidant de ne pas intervenir pour l’en empêcher. La frustration a toujours été un moteur d’énergie pour son amie, une énergie que sait canaliser le jeune homme d’expérience.

La terre se met à trembler encore un peu plus alors que des puits sans fonds formés par la Spectrum s’élèvent de sombres créatures, ombres sans substance dont on ne devine que le regard. Des gouffres béants de l’enfer, l’armée de Majesta surgit, sous une forme de plusieurs paires de yeux rougeâtres où luisent des flammes indomptables. Du trou le plus près de la Momartik, la Spectrum elle-même se faufile. Son apparence a changé, elle s’est drapée d’ombres qui couvrent son corps de pics et de griffes et de crocs. Mais le plus effrayant est son regard, deux prunelles d’un rouge sang, rivées contre son adversaire où elle se précipite de plus en plus rapidement, accompagnée de son armée d’ombres assoiffées de sang et de misère. Une à une, les rosaces ou portails funestes, se referment, interdisant le passage vers leur monde secret. Les regards farouches posés contre Izobel débutent leur œuvre, la paralysant lentement dans un étau invisible, effarouchant d’autant plus la digne créature qui lance un regard à son dresseur pour y trouver une solution à son emprisonnement. Bientôt les monstres de la nuit viendront réclamer leur dû, sous l’acclamation musicale de Mascarade dont le sourire s’est tordu d’une façon macabre. Maxwell observe son joli visage se déformer dans sa folie passionnée, impressionné malgré lui de ses machinations funestes. Il devra agir rapidement s’il veut sauver sa chère alliée, prisonnière et ainsi à la merci de l’armée ombreuse de leur adversaire.

Contrairement à lui qui s’inquiète constamment de son sort, la Momartik paraît tout à fait sûre d’elle-même, et plus encore. Dans son assurance, elle se trouve froissée de la moindre tentative de la brimer, et s’amuse du regard que lui lance l’hautaine challenger, de son cercle protégé, bien loin d’elle. Sa spectre de moindre de rang tout comme cette jeune femme à l’attitude détachée subiront son courroux. Si elle ne craignait pas que ce geste attise la colère de son dresseur d’ailleurs, elle s’empresserait de détruire ce violon dont le musique l’agace. Maxwell agit toujours ainsi, à canaliser ses émotions, à les affiner pour les rendre aussi affûtées qu’un diamant. L'ardeur de la Momartik se trouve compensée par la sagesse et le calme de son dresseur. Elle ferme les yeux, semblant pendant quelques instants triomphants aux yeux de Majesta avoir capitulé devant son attaque multiple. Une simple illusion qui a pourtant berné la bien naïve Spectrum. Le sol du terrain se met à trembler de nouveau, cette fois sous l’action d’Izobel, qui ouvre les yeux pour découvrir des prunelles d’un bleu unique, pur et glacial, ayant dévoré ses iris. Un regard qui affronte celui, d’un rouge flamboyant, de l’autre fantôme. La beauté gracieuse de la chimère des glaces se fane un instant alors qu’une intention nébuleuse obscurcit ses traits. Un rire pur et inquiétant vient alourdir l’atmosphère instaurée sur le terrain. L’heure de sa vengeance a sonné.

De la même manière que les rosaces d’ombres avant eux, des pieux de glace émergent du sol de sous les soldats vaporeux de Majesta, à une vitesse qui ne laisse aucun doute possible quant aux intentions de la cruelle princesse de ce terrain. Une à une, les assistantes funestes de la Spectrum se trouvent empalées par les armes glacées d’Izobel, qu’elle fait apparaître grâce à son esprit, cet esprit calculateur et vif que de simples jeux d’enfants n’arriveront pas à ébranler. Une à une, elle les retourne au monde d’où elles ont surgit sans la moindre méfiance. Le sourire amusé sur le visage de l’adorable spectre disparaît peu à peu et elle recule d’une longueur avant de considérer son adversaire libérée. Cette dernière s’avance dans un rictus satisfait alors que les derniers résidus d'ombress’écoulent contre ses cristaux de glace, substance poisseuse et sombre semblable au sang de ses victimes. L’armée terrassée, il ne reste plus que leur capitaine à corriger, ce que compte bien réussir la Momartik qui prépare sa contre-attaque en s’élevant sous la lueur des projecteurs. Un vent glacial s’est élevé sur le terrain, s’amalgame autour de celle qui l’a convoqué, la drape d’un éclat glacé alors que de petits cristaux, semblables à des flocons l’entourent. Majesta semble avoir perdu ses moyens devant l’efficacité placide de son adversaire. Il n’y a plus que la musique insolente du violon pour se mesurer encore à elle, comme une promesse déterminée de ne jamais abandonner, le rappel de la jeune Coordinatrice à la petite spectre qu’il leur en faudra bien plus pour les impressionner.

Une musique inspirante et pure et belle qui ne manque pas de redonner confiance à la Spectrum qui s’est mise à onduler au même rythme que la musique en suivant du regard la progression de ce vent nordique piqué de plus en plus de légers cristaux. Le sol tremble avec une fureur renouvelée, se déchire alors que les pics de glace en émergent pour s’élever dans le ciel, venant tourner autour de leur créatrice dans une onde protectrice. Izobel ouvre les bras en imitant le geste caractéristique de son dresseur en lui offrant un clin d’œil avant de reporter toute son attention sur les pics autour d’elle. D’un geste aisé, elle les manie à son bon vouloir et la glace se plie à sa volonté implacable. Leur rythme augmente de plus en plus autour de leur axe, le corps de la Momartik, alors qu’ils prennent la forme de diamants polis, dont le cœur s’est allumé d’une lueur surnaturelle. À l’intérieur de leur surface polie, une onde dansante et folle est apparue, une lumière dont les mouvements frénétiques absorbent la Spectrum, lui soufflant un discours qu’elle seule parvient à comprendre, ébranle à sa concentration, son emprise sur sa propre conscience. L’illusion qui la maintenait jusqu’à présent sous la forme d’un démon s’évapore et elle se surprend à avancer vers la couronne de glace tournoyante et irrésistible. Izobel la veut. Elle l’égarera dans sa tempête. Si elle y survit. Car dans un geste impétueux, elle fait pleuvoir sa création contre la Spectrum dans un chant suivant le fil du vent. Ses longs pics de glace s’écrasent les uns après autres contre le sol du Grand Hall, y répandant destruction et folie alors qu’explosent les créations glacées de la princesse spectrale. Majesta s’est perdue dans son tourbillon explosif. Aucun signe de sa présence.

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Un silence abasourdi s’abat contre le terrain qui se dresse dans un état lamentable. Les longs pics glacés de la Momartik se sont fichés dans le sol par endroits, illuminant la scène de leur éclat brutal et oscillant comme une folle promesse déchue. Les autres se sont défaits en grosses parts glacées, semblables à des rochers translucides qui offrent au terrain l’aspect d’une planète inconnue et aux mille secrets. Une fumée dansante s’échappe toujours du lieu de contact, là où se tenait un instant plus tôt la fidèle Spectrum de Mascarade qui, transie de surprise, a cessé sa mélodie pour constater devant elle la destruction occasionnée par la spectre des glaces. Son regard aux lentilles d’une teinte ambrée cherchent sous les longues lances de glace un indice de la présence de son alliée perdue, vaincue lui semble-t-il par la puissance dévastatrice d’Izobel. Pour sa part, le Maître Coordinateur a rivé son regard contre les traits troublés de son adversaire, cette jeune humaine qui, de toute évidence, se sent dépassée par la situation.  La Momartik, par un geste qui lui est devenu naturel de par les années passées à se côtoyer, revient auprès de son dresseur en surveillant elle aussi le terrain, où l’arbitre cherche toujours moyen de localiser le fantôme disparu. Le visage de Maxwell a pris des accents durs, tout comme sa camarade. L’un comme l’autre attendaient d’avantage de leur adversaire et se trouvent légèrement déçus de voir le Concours dont il rêvait depuis un moment s’achever de cette façon. La tension grimpe rapidement dans l’Amphithéâtre, la foule murmurant des hypothèses quant à l’état de la Spectrum toujours invisible. Ces marmonnements incertains braquent Mascarade dans une frustration qui fait étinceler son regard. Lentement, elle reprend contenance, entrant dans une rage qui assouvit de plus en plus ses sens mais qui lui offre, en contrepartie, une détermination ardente qu’elle compte bien déverser contre le terrain.

Avec une lenteur empreinte de colère, elle lève son instrument pour le coincer contre son épaule, avant de se mettre à jouer avec énergie, comblant le silence tendu qui règne désormais dans l’Amphithéâtre désabusé. Répondant à son appel musical, le sol se met presque aussitôt à trembler dans un grand fracas qui anime le visage de Maxwell et de sa compagne qui échangent un long regard significatif. Les deux élites ont bien sûr compris, par ce roulement sous leurs pieds, que ce combat tout juste engagé ne prendra pas fin aussi rapidement et que Mascarade, dans son couvert de brutale frustration, leur réserve encore une multitude de surprises dont ils se délectent d’avance. Un vrombissement s’échappe désormais à la base des éclats de glace qui, lentement, quittent le sol sous l’œil incrédule de la foule. Soulevés du sol par une force électrique dont les filaments bleutés oscillent entre le sol et leur proie, les fragments glacés semblent s’animer d’une vie propre en décrivant un cercle tournoyant autour de leur nouvelle maîtresse, une silhouette difficilement reconnaissable de par le mouvement de la glace et de l’électricité vrombissante autour d’elle. Une ombre qui se dessine tel un sourire, un sourire comme il en vient à apparaître sur le visage soulagé et ému de Mascarade, la première à reconnaître son alliée sous sa toute nouvelle forme ectoplasmique. Désormais, les deux spectres s’affronteront à forces égales. La danse des éclats glacés autour de Majesta, jamais prête à abandonner, se fait de plus en plus rapide, et le bruit de cette spirale électrifiée attire Izobel qui, maintenant convaincue de la valeur de son adversaire, se prépare à l’affrontement avec un rictus presque jovial, bien qu’un peu mesquin tout de même. On ne la changera jamais après tout, Maxwell en sait quelque chose.

Ectoplasma. Sa jeune dresseuse parvient à peine à croire que la haute silhouette qui a pris place dans le cercle vrombissant a remplacé la petite spectre qui l’accompagne depuis son retour sur cette île aux mille dangers. Mascarade entame pour elle une mélodie lyrique et épique, qui emplit l’Amphithéâtre d’une présence grandiose. Reconnaissant cet air, Majesta se met à rire, avant de déverser son pouvoir nouvellement acquis contre son adversaire dont il lui tarde d’effacer le sourire mesquin. De ses poings tendus s’échappent des formes noires terminées de mains venant frapper avec une exactitude sensationnelle les éclats glacés tournoyant toujours autour d’elle. Le choc spontané de ses poings ombreux avec la glace provoque une grande embardée qui projette les éclats dans tous les sens, projectiles gorgés d’électricité et d’ombres destructrices. Sous les projecteurs, ces obus glacés prennent une teinte surnaturelle, violacée striée d’éclairs bleutés. Izobel, surprise par cet éclat soudain, est touchée en plein cœur et atterrit lourdement aux pieds du Maître Coordinateur dans un nuage de fumée, tandis que son royaume de glace est détruit sous son regard vaincu et horrifié. La fatigue et le désespoir la clouent sur place, elle se sent paralysée, ses mouvements difficiles et lourds. S’agenouillant à ses côtés, Maxwell la redresse malgré le risque encouru à son contact encore électrifié. S’il grimace alors qu’une légère décharge le traverse, il n’abandonne néanmoins nullement son entreprise.

Ces mains douces et réconfortantes l’ont tant de fois troublée, ce fantôme au cœur glacé. Au fil des années, elle a appris à y puiser une force, à s’abandonner totalement à l’affection sincère que lui porte cet homme depuis leur rencontre. Portée par l’élan de son dresseur, elle se remet sur pieds, flottant au-dessus du terrain dont la terre s’est renversée, un champ de bataille digne des plus grandes guerres. Izobel prend lentement conscience de l’importance capitale de ce combat qui pourrait s’avérer décisif, qui pourrait marquer une victoire éclatante pour le Maître Coordinateur. Après cette année de longue souffrance, la Momartik a envie de lui offrir une réussite, elle veut qu’eux ainsi que leur équipe triomphent tous ensemble. Après le défi remporté contre Miss Anarchy, cette jeune Coordinatrice pourrait bien représenter le plus grand danger pour Maxwell et ses Pokémon. Rien ne semble être en mesure d’arrêter Majesta, ayant pris grâce et puissance dans cette évolution spontanée. Si le tableau qui se dresse à elle pourrait sembler accablant, voire impossible, jamais au monde la princesse des glaces envisagerait une défaite, et encore moins un abandon. Elle lève un regard sérieux vers son dresseur, dont les traits se sont couverts d’angoisse. Elle sait bien qu’il préférerait terminer cette aventure ici plutôt que de la voir souffrir. Cet humain, toujours avec ce grand cœur qui forme à la fois son plus grand atout et sa faiblesse la plus violente. Avec un sourire rassurant, presque affable dans son cas, elle reprend place face à son adversaire, narguée par la musique tentatrice de Mascarade qui n’a rien manqué de l’échange et qui souhaite en voir plus encore de chaque adversaire. Izobel lui promet un spectacle à la hauteur de toutes ses attentes et encore plus.

Le spectre glacé puise en elle les éclats électrifiés qui briment son être, cette paralysie qui devrait la condamner. Elle décide néanmoins de tourner cette situation à son avantage, profitant de la charge déjà continue dans son corps endolori pour  étendre de chaque côté de son être de longs filaments électrifiés d’un doré brillant, prenant lentement forme. De véritables ailes électriques battent bientôt l’air chargé dans le dos de la Momartik, lui conférant une apparence angélique. Une illusion bien sûr, car sous sa beauté féérique se cache bien sûr de bien nébuleuses intentions. Maxwell accueille la création de son alliée avec une pointe sceptique, sachant pertinemment qu’une esquisse aussi vulgaire ne pourrait constituer la forme finale de ce que je projette Izobel. Au contraire, il connaît son côté perfectionniste, qui en fait une véritable artiste. Constatant néanmoins l’inquiétude du Maître Coordinateur, l’élégant spectre hausse un sourcil complice en sa direction, presque rieur, comme pour le mettre au défi. Maxwell se surprend à sourire devant l’audace perpétuelle de son alliée, qui l’a toujours quelque peu désarçonné, tout en le poussant jusqu’à ses limites en Concours. Voilà ce qu’il apprécie tant de la présence de la Momartik, la stimulation qu’elle lui procure, le sentiment de détermination qui émane d’elle le contaminant de lui-même. Il se tient derrière elle, tout aussi farouche, moins calme qu’à son habitude peut-être. Sa poitrine se soulève dans la frénésie du moment, celle provoquée par le courage témoigné par son amie de longue date.

Comme pouvait s’en douter son dresseur, le fantôme des glaces n’en a guère terminé de sa création. Entre les plumes électrifiées formées un instant plus tôt, des pics glacés viennent se mêler, ajoutant aux ailes de la Momartik un réalisme tout en relief. Véritable sculpture d’électricité mêlée de glace, son travail s’achève finalement, les ailes luisant de mille feux sous les projecteurs, répandant contre le terrain leur lumière dévastatrice pour un être formé d’ombres telle que Majesta. Cette dernière doit reculer quelque peu en émettant un grondement agressif et courroucé lorsque toute cette lumière la percute, une distraction dont profite aussitôt la gracile Izobel. Pendant un instant, elle disparaît aux yeux de tous, ne laissant derrière elles que quelques filins électriques ressemblant à des plumes qui se meurent contre le sol dans un crépitement doucereux. Recouvrant ses esprits sous les encouragements tranquilles de sa partenaire Coordinatrice, l’Ectoplasma surveille les alentours en ne sachant comment réagir devant l’absence de son adversaire. Elle comme Mascarade reportent leur attention vers Maxwell qui, devant leurs expressions déconfites et curieuses, ne peut s’empêcher un rire qui dénoue sa langue tout à coup. Izo fut toujours la maîtresse des surprises à ses yeux, lui ayant même subtilisé son cœur bien malgré lui.

«Ceux qui entrent dans le royaume d’Izo sans se méfier en subissent les conséquences. Ma chère Mascarade, vous devriez le savoir.»

Au moment où le Maître Coordinateur termine sa phrase, une silhouette ailée s’échappe du plafond pour fondre à toute vitesse vers son adversaire. Les deux mains armées de longues épées de glace, elle fonce tout droit vers Majesta qui, n’ayant pas vu la Momartik s’élancer vers elle, relève la tête juste à temps pour l’apercevoir au commandement musical de sa dresseuse, un son strident provenant de son violon. Affolée, Mascarade voit l’Ectoplasma renversée d’un coup d’épée et s’écraser sur le sol. Dans un ralentissement gracieux, Izobel se pose à quelques mètres à peine de l’alliée de la challenger, levant de nouveau ses lames après les avoir fait tournoyer avec aisance. L’ange électrique s’avance avec lenteur maintenant que la gravité ne poursuit plus son œuvre pour lui conférer une vitesse adéquate. La paralysie rend chaque mouvement difficile, mais c’est avec bravoure, une bravoure que ne peut qu’admirer son partenaire Maxwell, qu'elle s'avance inexorablement. En silence, il l’encourage, sachant pertinemment que leur adversaire a déjà pris énormément de dommages. La créature céleste déploie en grand ses ailes qui crépitent telle une menace, prête à les détacher de son corps pour les propulser contre son adversaire. De longs filaments électriques dorés parcourent sa peau, jetant des ombres funestes contre son visage déformé par l’envie prenante de la victoire. En levant ses épées, il lui semble qu’il ne lui reste plus qu’à saisir cette occasion pour voir son projet se réaliser.

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Or, la lente avancée du spectre des glaces en direction de son adversaire a permis à cette dernière de préparer sa défensive. Le coup d’Izobel l’a laissée épuisée et forme à présent une ligne rouge contre sa poitrine, mais Majesta tient bon. La musique de sa dresseuse s’est fait très douce, une mélodie ressemblant de par sa délicatesse à une berceuse maternelle. Le Pokémon ectoplasmique reste étendue contre le sol, consultant le regard de sa dresseuse derrière elle qui lui offre un sourire presque enfantin, mais ferme et rassurant. Elles échangent un léger rire, comme partageant un secret. Ces derniers font partie de leur vie, de leur univers. Si le masque offre à Adélia une part encore plus grande de mystère dans son existence, bon nombre des secrets partagés avec Majesta n’ont rien à voir avec quelques jeux dérisoires ou illusions conçues pour un personnage. Depuis leur rencontre, elles partagent le poids des confidences l’une de l’autre, une capacité qui rend désormais aisé tout message entre elles. Il ne suffit que d’un simple regard pour que le fantôme formé de gaz et d’ombres comprenne la marche à suivre désormais, celle suggérée aussi par la mélodie de la musicienne. De s’agiter à présent la condamnerait aux attaques de leur assaillante. L’Ectoplasma ménage plutôt ses forces, restant immobile contre le sol, créant l’illusion qu’elle accepte finalement son sort. Difficile de remarquer sur son corps les premiers remous formés à la surface de sa peau diaphane, semblant s’étirer et se strier de vaguelettes invisibles pour son adversaire aveuglée par ses propres envies vengeresses.

Puis, Mascarade se tait. Figeant l’instant dans une immobilité intemporelle, un souffle venant à manquer, un frisson marquant une transition palpable entre deux événements contraires. Une force atteignant de plein fouet la foule dont les murmures s’estompent brutalement. Izobel enchaîne sur un mouvement empli de grâce qui hisse sa lame au-dessus de la tête de son adversaire d’apparence vaincue. Pourtant. Pourtant un soubresaut l’agite, la relève de façon soudaine. Son apparence a changée, sa forme insaisissable, nébuleuse, oscillant sous le feu intolérable des projecteurs. Une des lames ainsi que ses ailes électriques et glacées, détachées du corps de l’aînée, s’abattent en cette forme noirâtre et sans visage, sans rencontrer la moindre résistance. Absorbées dans la substance qui arrache l’épée aux mains de l’escrimeuse avant de la réduire en cendres, tout comme la création plumeuse de celle-ci. Une couronne lumineuse, constituée d’ombres semblables à des flammes, l’entoure et repousse la Momartik qui, furieuse de la défensive de son adversaire qu’elle croyait à sa merci, garde sa dernière épée entre ses deux mains tremblantes. Majesta se dresse devant elle, s’élevant lentement en les cieux, l’arc protecteur de son Vibrobscur tournoyant à toute vitesse autour d’elle, agissant tel un bouclier mouvant dans le cas où Izobel chercherait une fois de plus à la blesser. Alors, la musicienne reprend son air, un air presque trop doucereux pour la situation, une mélodie tendue que reconnaît sans mal l’Ectoplasma malgré la couverture d’ombres qui la recouvre entièrement à présent. Il semble même que dans les plis informes de cet amalgame ténébreux, un sourire se dessine. Mascarade n’en attendait pas plus, ni moins. Cet instant, elles en ont rêvé si longtemps, si longtemps. De vivre une finale à la hauteur de leurs attentes contre le Coordinateur le plus talentueux de toute l’île. Ensemble, elles ne désirent qu’une chose. Les détrôner, ce Maître et sa princesse.

Izobel comprend parfaitement ce qui l’attend. Son cœur s’emballe, au-delà de sa colère prétentieuse. Au-delà de la douleur qui alourdit sa substance, de la paralysie qui rend chaque mouvement bien ardu. Car ce qui la pousse à se battre aujourd’hui n’a rien à voir avec quelconque prestance qu’elle souhaite mettre de l’avant, quelconque gloire qu’elle souhaiterait obtenir. Cet instant se dessine avec un réalise brutal, et malgré la menace qui la guette au-devant, la spectre enneigée prend le temps de se retourner vers son dresseur pour lui offrir une dernière œillade complice pleine de sens. Pendant tellement longtemps, elle a cru ce genre de combats inaccessibles, impossibles de par la maladie de son compagnon qui la regarde avec respect et affection, lui aussi touché par l’importance de cet instant. Ils ont cru, aux heures les plus sombres, que ce moment n’aurait jamais lieu, que cette passion qui les habitait tous les deux devait s’achever, emportée elle aussi par la maladie touchant le Maître Coordinateur. Parfois, Izobel parvient à peine à y croire après l’avoir vu si faible, incapable de marcher ou de produire un son, vaincu il lui semblait. Pourtant il se trouve toujours à sa place habituelle, son grand sourire naïf aux lèvres, ses prunelles violettes luisant d’amour et de volonté. Un regard qui suffit bien à la spectre. Pour faire fi de l’urgence, de la douleur, de l’enjeu. Il est là, c’est bien tout ce qui compte à ses yeux… Même si elle ne cracherait pas sur une victoire, bien entendu.

Une victoire qu’il faudra arracher aux deux autres, qui se préparent déjà au dernier assaut. Les ombres entourant Majesta se résorbent peu à peu, même si l’anneau protecteur tournoyant autour d’elle subsiste. Ainsi elle se dresse, dévisageant son adversaire, un immense sourire aux lèvres, ses grands yeux rouges luisant de curiosité et de bravoure. Mascarade, derrière elle, s’est mise à danser, incapable de contenir l’énergie que lui procure cette adorable Ectoplasma, incapable de réprimer l’instinct qu’elle lui insuffle sans même le savoir. Sa mélodie prend en vitesse, devient joyeuse, bien que toujours un peu sinistre, mais plus festive, à l’image de son alliée. Izobel secoue la tête, amusée malgré elle par ces drôles de numéros, tout en contradictions. Décidant de prendre les devants, elle flotte elle-même pour se détacher du sol quelque peu, jouant de ses bras telle une chef d’orchestre, son épée de glace lui servant de baguette. S’élève tout doucement un vent sournois, coloré de violet, un vent frivole qui vient plonger le terrain dans une ambiance intense, lourde et sombre, tranchant visiblement avec la musique enjouée proposée par la challenger. Un vent qui déstabilise bien malgré elle Majesta, se trouvant au cœur d’une attaque dont elle ne peut vraiment se protéger. Sachant que ce vent la consumera rapidement si elle n’intervient pas, l’Ectoplasma se décide à tendre les bras, riant au nez de son adversaire alors que ses poings se déforment, s’élargissant pour devenir immenses et parcourus d’éclairs bleutés, les mêmes ayant paralysé un instant plus tôt la Momartik qui ne fléchit pas devant la nouvelle menace que prépare son adversaire.

Car dans son vent sombre, des silhouettes prennent forme, tel un mirage. D’abord si subtiles qu’on parvient à peine à les discerner, puis de plus en plus en plus définies. Une longue plainte s’échappe de la Momartik alors qu’elle déverse dans la tempête spectrale tout autour d’elle de nombreux cristaux de glace se brisant peu à peu sous l’effet du vent qui prend en violence. Les cristaux, réduits à leur forme poudreuse, rafraîchissent progressivement la brise qui continue de heurter leur adversaire, formant même un manteau de givre contre sa peau. S’accrochant aux silhouettes, la neige leur permet de prendre lentement forme, et bientôt de véritables soldats de glace et de plasma se tiennent devant Majesta, une bonne dizaine de guerriers qui attendent leur heure, lentement façonnés par leur créatrice. Malgré la fraîcheur ambiante, Majesta tient bon, étend ses poings dont les doigts se séparent, s’allongent, parcourus de longs filaments électriques. Les doigts de l’Ectoplasma rejoignent le sol, longues formes humanoïdes dont la noirceur vient trancher avec les soldats de neige d’Izobel. Leurs corps ténébreux se zèbrent de fils électriques, semblables à une armure grossière, illuminant leurs visages absents d’une lueur inquiétante. Leurs poings, imitant ceux du fantôme de gaz, luisent d’un éclat violet chargé d’énergie. Les six chevaliers en armure prennent place tout autour de Majesta qui les surplombe, toujours entourée de son disque ombreux, les poings tendus vers le terrain en étant prête à y déverser la fureur de ses ombres.

La Momartik sourit d’autant plus, finissant les derniers détails sur ses propres soldats, dont les regards s’illuminent d’une folie séductrice, leurs dos se couvrent de pics glacés et surtout, leurs mains s’emplissant d’armes hétéroclites mais complémentaires faites de glace, de la lance, à l’épée, et même à l’arc à flèche. Oscillant dans le vent, les silhouettes d’Izobel semblent à peine tangibles, mais elles manient tout de même leurs armes avec une grande dextérité, les pointant vers les chevaliers en armure. Leurs deux capitaines s’observent un moment, avant que le signal ne soit donné par un grand bruit de violon. Alors les deux armées fondent l’une contre l’autre dans un tapage qui fait trembler les estrades, se rencontrant avec une violence inouïe. Les guerriers de Majesta se défendent grâce à leurs poings chargés d’une puissance spectrale, se défendant du mieux qu’ils le peuvent des assauts des soldats de neige et de leurs armes de glace. Pour leur part, les créations d’Izobel adoptent une cadence presque militaire, toute en perfection. La bataille rage sous les deux générales qui n’en ont pas terminé. Elles-mêmes se bataillent dans les cieux dans un affrontement rapide et effréné, les poings ombreux de l’Ectopslama contre les assauts électriques de la Momartik. Derrière eux, les Coordinateurs ne peuvent que suivre le combat qui fait rage en les encourageant chacun à leur façon, Maxwell grâce à sa voix et Mascarade à sa musique qui accompagne magnifiquement cette finale épique. De nombreux soldats cèdent, se dissolvent, abattus par les attaques ennemies, mais aucun parti ne semble à même de céder un centimètre à l’autre.

Car la défaite est impossible. Les guerriers restants s’acharnent, luttent avec l’énergie du désespoir, avec la détermination qui seule appartient aux vivants, à ceux qui ont tant à perdre. Leurs générales ripostent et dansent inlassablement, multipliant coups et parades, jusqu’à leur deux puissance parviennent à leur paroxysme, se rencontrant à mi-chemin dans une explosion qui envoie l’une et l’autre au tapis, leurs corps encore fumants. Lentement, leurs armées se dissolvent dans l’oubli à mesure que la concentration de leurs créatrices s’amenuise. Même le vent destructeur de la Momartik a cessé, seule la musique empêche le silence complet de s’abattre. Le gong retentit alors sur ces deux créatures ayant offert le meilleur d’elles-mêmes, ces spectres qui se relèvent d’un même mouvement pour s’offrir un dernier regard empreint de respect. Ce combat, elles se le seront livré jusqu’à la toute fin. Leur sort en est jeté.

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Kaylie Monroe
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MessageSujet: Re: Codages   Mar 20 Oct - 0:01


Prières - Eliza

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feat. Vivaldi
On me préparait pour cet instant depuis si longtemps et pourtant. Je ne parviens plus à réprimer les élans désarçonnés de mes mains, enfouies profondément dans mes poches. Chaque mouvement, chaque vibration, chaque son, chaque battement, me parviennent dans une cacophonie qui assouvit mes sens. Je dois me concentrer sur ma propre respiration agitée pour vaincre ce tintamarre agressant, pour reprendre contenance au moment où on aura possiblement besoin de mon assistance. Pourtant je n’arrive plus qu’à penser à cette jeune mère, dans l’autre pièce, accompagnée de sa mère, sa sœur et son amoureux et père de la gamine, à cette famille que j’ai rapidement adoptée suite à nos quelques rencontres, celle que j’ai juré, dans un certain sens, de protéger. Et de voir Judith ainsi, ses traits fatigués, son désespoir criant, tous les jours… Je déteste la voir souffrir ainsi, tout autant qu’Eugène. Ces deux-là ont beau être jeunes, cet enfant conçu dans l’erreur, ce sont des parents, une véritable famille aimante qui mérite une petite fille en parfaite santé à leur côté. En couvrant mes mains et mes bras de désinfectant, je tente de réprimer la nausée, les tremblements, ainsi que les sueurs qui ont couvert mon front et mon dos de frissons désagréables. Pourtant la sensation étouffante m’ayant saisie à l’instant ne fait que s’accentuer alors que je vois la toute petite civière emporter notre patiente, celle qui à peine âgée d’un mois doit déjà subir une opération délicate.

Ainsi je la vois, gigotant dans son insouciance, sa seule vue nouant ma gorge en sachant ce qui pèse contre elle. Une épée de Damoclès qui tranchera sa destinée à tout jamais, ainsi que celle de toute sa famille. Je ne peux rien pour elle, rien de plus que les quelques soins déjà prodigués afin de stabiliser son état assez pour permettre cette opération qui pourra la sauver, une longue période d’angoisse dont je n’ai pas été en reste, toujours à me demander dans quel état je trouverais la petite à ma venue aux premières lueurs du jour. Très souvent lors de mes dernières semaines, j’ai consacré mes soirées entières au jeune couple ainsi qu’à leur bébé, ne quittant qu’à l’insistance de mes alliés en me voyant tomber de fatigue et accumuler des erreurs. Simplement pour m’écrouler sur mon lit sans parvenir à toucher ne serait-ce qu’à un peu de sommeil, hantée par la perspective de perdre aux mains cruelles du hasard ce petit être frêle auquel j’ai bien tenté de résister. Sans succès. Rapidement, je me suis attachée à ce bébé, d’autant plus qu’il s’agit de la nièce de celui qui, jour après jour, subtilise de plus en plus mon cœur. Incapable de me défaire de l’attraction de la petite, tout autant que celle de son oncle, je me condamne d’avance à une grande peine. Car dans mon monde, il n’existe que déceptions et décès. J’ai perdu tant de mes proches que j’ai presque cessé d’y croire, mon optimisme s’effritant dans mes doigts désespérés. En apparence, j’arrive à convaincre qui le voudra d’y croire fermement et pourtant… J’ai si peur de l’éventualité où je devrai perdre cette fillette qui m’est devenue chère pour tant de raisons.

J’aimerais tant faire d’avantage, forcer le destin ou simplement améliorer ses chances. Depuis ce fameux barbecue où j’ai rencontré la famille Weber, je me sens intégrée en son sein, participante… Et qui sait? Qui sait, peut-être un jour cette petite sera ma nièce, si seulement nous nous en donnons la chance à toutes les deux. Or, mon impuissance ici est complète. Je n’ai pu qu’apporter ma douceur, ma lumière et mon soutien à cette famille, tous ses membres confondus, que j’ai pris le temps d’écouter, multipliant quelques gestes qui dans la lourdeur de ces instants seront peut-être passés inaperçus. Offrant affection et compréhension aussi à Tristan, lui laissant tout le loisir de se préoccuper de sa famille avant de s’interroger sur notre situation, complexe et délicate. J’ai même prêté au couple ma petite Passerouge, qui dès sa rencontre avec eux a semblé les adopter, afin qu’elle leur prodigue un peu de bien-être. Une tâche à laquelle Tiana s’est grandement appliquée, je ne pourrais lui en être plus redevable. À présent, d’autres que moi, plus expérimentés, procéderont à l’opération d’où je ne serai qu’une vulgaire spectatrice, condamnée à assister à ce qui pourrait être ses derniers instants sans la chance d’intervenir. Aussi cruelle soit cette idée, je n’échangerais la situation pour rien au monde. J’ai parfaitement confiance en mes deux mentors et en leurs capacités, leur expérience permettra peut-être à la petite de s’en tirer. Un jour, j’aurai l’assurance nécessaire pour procéder moi-même à ce genre d’opération. Aujourd’hui je ne pourrai qu’offrir mon soutien silencieux et mes prières.

En terminant de désinfecter Vivaldi, mon Stari qui m’accompagnera aujourd’hui dans la salle d’opération, je jette un nouveau coup d’œil dans la salle où repose la petite. Bien sûr, le Pokémon aquatique ne manque pas de le remarquer, et m’adresse un léger mouvement, comme pour m’inciter à la rejoindre. J’ai désigné Vivaldi pour m’accompagner dans cette expérience difficile sans moindre hésitation, reconnaissant chez lui toutes les qualités qui me seraient indispensables pendant qu’aurait lieu la chirurgie. Optimisme, calme, joie pétillante, jamais il n’abandonne ou ne se départie de sa bonne humeur. Je me penche vers lui alors que nous allons nous préparer à entrer, lui tendant un objet qui brille un instant d’une lueur mythique. Une pierre que je me suis procurée il y a longtemps et qui aujourd’hui prend une signification toute particulière pour l’étoile de mer qui relève son visage qui, sans bouche, nez ou yeux, arrive tout de même à m’exprimer une surprise émue.

«J’ai besoin de toi Vivaldi. Je ne te consacre jamais le temps que tu mérites, mais tu as toujours été mon étoile, mon guide, celui qui me fait sourire alors que je n’en ai plus la force. Aujourd’hui plus que jamais, j’aimerais que tu illumines mon chemin. Le feras-tu?»

La lumière de son cœur se fait plus tamisée, ce qui se produit alors qu’il se trouve en proie de vives émotions. Sans hésitation, il saisit la pierre et prend aussitôt la forme d’un magnifique Staross étincelant. Une véritable étoile dont le cœur brille de mille feux. Une sur laquelle je pourrai compter, une qui me rendra espoir au moindre coup d’œil, une force indéniable sur laquelle je pourrai toujours compter. Si la joie de mon allié transparaît par chaque pore de son étrange peau, je considère ce don encore trop limité par rapport à toute ma reconnaissance. Je lui réserve un honneur plus grand encore, lorsque nous réglé cette histoire enfin, lorsque nous aurons l’occasion de vivre telle une famille à nouveau. Pour l’instant nous allons devoir écrire le reste du récit. Ainsi nous entrons dans la salle d’opération, vibrants d’espoir. Sans la moindre hésitation, je me dirige vers la table où on a posé le nourrisson. Je pose une main contre son petit bras, en caressant l’épiderme rosé. Je me penche à sa hauteur, surprenant de nombreux regards en ma direction, que je décide d’ignorer. À mes côtés, l’anesthésiste se prépare à l’endormir tandis qu’on procède aux derniers préparatifs. Un seul regard suffit pour lui expliquer ma démarche et, respectueuse, elle se retire quelques instants pour nous laisser notre intimité à tous les trois.

«Salut, petit bébé. C’est drôle, je n’avais jamais réalisé auparavant que tu ne portes toujours pas de nom. Je suis certaine que tes parents t’en ont offert un, probablement qu’ils attendent que…»

Ma gorge se serre. J’attrape sa minuscule petite paume.

«Tu es si petite, si jolie. Mais forte, une vrai Weber. Ils sont beaucoup à t’aimer tu sais? Ils t’attendent de l’autre côté et se font un sang d’encre pour toi. Tu as la chance d’avoir une famille pareille. Si tu décides de vivre, ma puce, ils seront une légion pour te protéger, te soutenir et te couvrir de tout l’amour dont tu pourrais avoir besoin. Et ils ne seront pas les seuls. Tatie Victoria sera là aussi, et Weston et Benjie, et tous les autres amis de la famille. Et… et moi aussi… Je veille sur toi depuis ta naissance, c’est vrai, ce n’est pas grand-chose mais je veux… Je veux que tu saches à quel point tu es aimée.»

Je soupire quelques instants, laissant Vivaldi s’approcher. Curieux de rencontre cette petite qu’il n’a vu que de loin jusqu’à présent, il l’effleure d’un de ses pattes avec une infinie douceur qui tranche avec son enthousiasme insouciant habituel.

«Ce que j’essaie de dire, petite puce, c’est… Bats-toi. Bats-toi jusqu’à la fin. Ce sera difficile, mais je serai là, juste à côté. Tu es entre les mains des meilleurs docteurs que je connaisse. Nous rêvons tous de te voir grandir un jour. Et rire. Et rendre fou ton oncle avec ton premier petit copain.»

Je rigole. Je peux déjà imaginer Tristan dans ce rôle.

«S’il te plaît, reste avec nous.»

Naïvement peut-être, j’ai la certitude que mes prières, que ma foi fervente et l’espoir conféré par mon allié ont guidé le chemin nébuleux de la petite jusqu’à la guérison. On se croit toujours concerné aux moindres réussites, probablement pour se convaincre autrement que notre propre impuissance. Car le bébé survit à son opération et bientôt il est remis à sa mère. Cette nuit-là, je rentre enfin pour un repos que je sais mérité, gorgée d’un espoir que je n’ai plus ressenti pendant des années. Et cette nuit en me couchant auprès de mes alliés dans mon lit froid, je pense à ma famille, à celle qu’on m’a brutalement arrachée, à celle que j’ai retrouvée et celle que je dois subir un peu plus tous les jours à ma plus grande joie. Je pense à Lucas et Carter, les deux véritables hommes de mon existence, ces lueurs que je chéris. Ma famille s’est trouvée déchirée et éparpillée et pourtant elle tient bon, elle survit, elle se développe avec mes retrouvailles inespérées avec deux cousins ayant changé le cours de ma vie. Je pense aussi à May, à celle qui manque toujours à l’appel, celle que je suis destinée à retrouver. Ce soir-là, éprise de fatigue, je me promets de la tenir une dernière fois dans mes bras, au moins une dernière fois, de lui souffler que je l’aime. Je me demande où elle se trouve, ce à quoi elle peut rêver et aspirer, je me demande si elle ne m’a pas oubliée. Je m’autorise à pleurer, pendant de longues minutes, avant de m’assoupir, vaincue par tant de fatigue accumulée.

Au lendemain, j’apprends une nouvelle qui me bouleverse tout autant que les événements de la veille. Judith et Eugène ont finalement nommé la fillette. Eliza Angie Watson. Un nom qui me laisse à croire que plusieurs forces ont œuvré pour maintenir cette gamine en vie. Si elle doit porter le nom deux illustres défuntes femmes, ce n’est que pour mieux vivre, probablement sous la supervision de ces deux anges gardiens qui, de là-haut, l’ont peut-être destinée à vivre. Dans tous les cas, je ne pourrais me sentir plus honorée de savoir la nouvelle venue dans la famille porter le nom de ma mère, celle qui me manque tant dans ces instants de doute, ceux qui nécessairement resserrent les liens familiaux. Mes parents me manquent, plus que jamais, cruellement, si bien qu’il devient presque impossible d’y survivre et pourtant, je tiens, dédiant ma vie aux autres. Voilà ce à quoi j’ai consacré ma vie, à répandre le bien et la santé. Je veux faire tout juste comme mes deux mentors, devenir un synonyme d’espoir, d’avoir la capacité d’aider ceux dans le besoin. Et quelque part, je crois qu’Eliza me permettra à jamais de me souvenir de cet objectif, celui qui ne m’a jamais paru aussi clair qu’en ce jour.  

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MessageSujet: Re: Codages   Mer 21 Oct - 12:33


Prières - Angela

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feat. Requiem
Et le vent oscille dans les branches des hauts palmiers entourant le cimetière aux pierres grises, mornes et tristes. Le ciel d’un bleu limpide où ne paraissent aucun nuage, aucune entrave, le soleil automnal abîmant ma peau de ses rayons insouciants. Insouciant, indifférent que ce portrait d’un jour d’apparence parfaite, une de ces journées qui rendent espoir et joie de vivre. Ces quelques instants où une température agréable, une brise caressante et un ciel dégagé parviennent à chasser la lassitude du quotidien et les peines provisoires qui ponctuent nos existences. Bien sûr, par une journée pareille, les morts reposent de façon solitaire, leur cimetière bâti en leur mémoire vidée de toute présence humaine autre que la mienne qui erre tel un souvenir, brandissant de derrière le grand chapeau qui couvre mes traits un regard amène à ce ciel paradisiaque, aux oiseaux qui osent encore chanter alors que tout en moi se trouve alourdi par le deuil. En passant entre les pierres tombales, j’en effleure la surface rugueuse, les prunelles se noyant déjà dans des larmes retenues à grand peine. Me demandant sans cesse comment l’univers peut-il se moquer ainsi de ma peine de par son soleil enivrant et les douces mélodies des oiseaux. Il me semble qu’il devrait se couvrir de gris, détériorer ces teintes qui m’agressent les yeux, il devrait pleurer avec moi plutôt que de se montrer sous son plus beau jour. Ainsi je présente dans ce cimetière aujourd’hui. Chancelante sous le poids de mon deuil égoïste, un énième depuis plusieurs années, alourdie par mes souffrances que j’ai décidé de plus retenir.

Et toujours la perspective de voir ces tombes se multiplier m’arrache des frissons d’horreur, de nous savoir tous si vulnérables, si bien qu’une première rencontre candide entre trois adolescents pourrait s’avérer la toute dernière. Je repense à mon passage en cette ville, lors d’un voyage d’affaires de ma mère, pendant lequel j’ai enfin été autorisée à sortir, pendant lequel j’ai eu l’impression de vivre pour la première fois. J’ignorais alors que la véritable liberté et celle de se laisser enchaîner par l’amour de ses proches. Car aujourd’hui ma mère n’est plus pour me protéger, pour remettre en cause mes décisions, mes rêves et aspirations, elle n’est plus là pour me dicter comment on fait pour vivre dans ce monde qui ne fait aucun sens, pour me souffler des baisers ou m’adresser ces rares «je t’aime» dans la pénombre de ma chambre avant de dormir, en ces quelques instants où elle s’autorisait à le dire. Elle n’est plus là avec sa force magistrale, son envie furieuse de se battre et de survivre. Tout comme papa, son sourire lunatique, sa douceur et ses mots toujours justes, ses grands câlins qui faisaient disparaître tous les monstres de placard au monde, et son rire avec lui. Ma tante Claire et ses regards énigmatiques, son cœur d’enfant et sa voix mélodieuse qui me berçait les nuits de cauchemars. Et May… May…

Je frissonne à l’idée. Celle qu’aujourd’hui elle approche l’âge adulte, que je n’ai pas eu le loisir de la protéger, d’être présente pour elle, de la voir grandir et s’épanouir. Si seulement elle en a eu la chance. Car encore aujourd’hui, j’ignore tout de son sort, j’ignore ce que ce destin sinueux l’aura épargnée ou si je devrai vivre avec son absence pour toujours. Cette perspective m’écroule finalement, contre la tombe que j’ai cherché, m’y raccrochant telle une bouée.

«Oh Angie, pourquoi il fallait que vous partiez?»

Un gémissement aigu me déchire la gorge quand les sanglots me secouent, les larmes contenues jusqu’à présent s’échappant lourdement de mes paupières closes.

«C’est égoïste. De nous quitter ainsi. Ce n’est pas juste. Vous ne réalisez pas? À quel point on a encore besoin de vous? Ce n’est pas juste, même sept ans après, il n’y a pas moyen de s’en remettre. Alors pourquoi vous? Pourquoi? Pourquoi il a fallu que ce soit vous? Il y avait d’autres sœurs à emporter… Angie j’aurais préféré que ce soit moi plutôt que de vous voir mourir.»

Si seulement je pouvais échanger ma vie pour sauver celle de tous mes proches. Si seulement je pouvais les protéger d’une façon ou d’une autre, mais encore mon impatience me tire un hurlement désespéré.

«Ce n’est pas ta faute. Ni celle de ma mère, mon père, ma tante ou de May. Mais vivre sans eux c’est un couteau en plein cœur tous les jours, c’est insupportable. Et je sais que pour ta famille, c’est la même chose, que tu lui manque, désespérément, que tes sœurs et ton frère tentent d’avancer malgré ce poids. Avancer pour aller où? Je ne sais pas. Sincèrement, je ne sais plus. Il y a des moments où tout me paraît si clair, Angie, puis d’autres tragédies s’abattent, d’autres innocents meurent entre mes doigts sans que je ne puisse y faire quoi que ce soit. Alors que me reste-t-il à faire? Accepter? Accepter votre mort? Impossible.»

Impossible. Jamais au monde je ne pourrais accepter la façon brutale dont on m’a arraché mes proches, ou même pardonner. Trop longtemps j’ai été en colère sans l’exprimer et pourtant mon cœur se trouve tout autant entaché par l’envie de la vengeance que mon frère aux idéaux scandalisés.

«Je n’ai pas la force nécessaire pour me battre dans un mouvement qui viserait l’égalité. Ou la conviction exigée pour prendre les armes. Je n’ai pas ça en moi, Angie, la violence. Et je suis convaincue qu’il ne s’agit pas d’une solution. Alors je fais de mon mieux pour rester forte, pour être à l’écoute, soutenir et guérir ceux qui m’entourent, et parfois j’en viens à croire que là aussi, je suis inutile. Ta nièce, je… Je fais tout en mon pouvoir pour aider à la sauver, mais j’ai peur qu’elle ne s’en sorte pas. C’est aussi pour elle que je suis venue aujourd’hui, je suis venue te demander de…»

J’inspire un bon moment. Mes paroles, mes pensées, mes émotions s’emmêlent. Je dois prendre une petite pause pendant laquelle je calme les élans effrénés présents dans ma poitrine, mes sanglots ainsi que ma respiration hachée, ainsi que de sécher les larmes abondantes contre mes joues. J’ai une requête à lui adresser, une prière sincère que je l’espère en mesure de réaliser.

«Je ne sais même pas si tu peux y faire quoi que ce soit, probablement que j’ai envie d’y croire. Je suis venue te demander de sauver la gamine. Ta famille a bien assez souffert, Angie, et ils méritent un peu de paix. Et… et si tu as besoin d’un peu d’aide pour que ce vœu se réalise, tu peux toujours demander à ma mère Eliza, je suis certaine qu’elle t’offrira un coup de main. Elle est très… convaincante lorsqu’elle s’en donne la peine et elle a grand cœur. Même si elle ronchonne, ça lui fera plaisir j’en suis certaine, et peut-être qu’à deux vous pourrez y faire quelque chose.»

Je souris en tentant d’imaginer l’équipe fabuleuse qu’auraient formée Angela ainsi que ma mère, deux femmes inspirantes et qui ont énormément marqué ma vie, pour des raisons divergentes. Ma mère pour sa force de caractère, sa détermination et sa dévotion toujours présentes, ainsi que de nombreuses autres qualités telles que son altruisme. Aujourd’hui j’ai envie d’être une source d’inspiration aussi, pour les autres. Quelqu’un sur lequel on peut compter. Quelqu’un d’apparence sereine, quelqu’un qui aurait conquis sa douleur. Mais j’y suis encore si loin. Avec un soupir apaisé, je décoche à ma ceinture la balle d’un de mes alliés, Requiem, au nom si adapté à la situation. Le spectre s’approche de la pierre tombale avec respect, sachant très bien ce que la jeune femme se tenant devant moi représente à mes yeux. Après tout, il était présent lorsque nous avons affronté sa mère en Amphithéâtre.

«Je te présente Requiem. Il a tenu à venir ici aujourd’hui et nous avons décidé ensemble de procéder à son évolution pour souligner notre prière. Je ne sais pas si ça fonctionnera, mais ce sera comme d’allumer une chandelle.»

Le spectre se retourne vers moi alors que je lui tends la pierre destinée à le faire évoluer. Avec solennité, il s’empare de l’objet qui provoque sa transformation à laquelle j’assiste dans un silence respectueux et tendu par la prière que j’adresse à quiconque sera en mesure de la recevoir et de la réaliser. Une fois la lueur estompée, le Lugulabre entoure la tombe de petites flammes colorés, comme un dernier salut offert par le spectre avant de disparaître entre les tombes. Ce dernier sait qu’il m’en reste à dire à la défunte, et pour cette raison il décide de se retirer et de m’offrir un peu d’intimité. J’en profite pour m’asseoir contre l’herbe devant la pierre où est inscrite son nom, posant devant moi un bouquet de fleurs éclatantes qui en accompagnent d’autres qu’on aura laissé pour elle en son souvenir. Je souris un peu, mes larmes taries à présent.

«Il fait quelques mois maintenant que j’ai appris ta mort et je n’ai trouvé le courage d’affronter ta tombe qu’aujourd’hui. Tu dois te demander ce que je fais ici… C’est vrai, nous ne nous sommes rencontrées qu’une seule fois étant adolescentes. Et pourtant j’ai le sentiment que nous aurions pu devenir de très proches amies toi et moi. Tu m’as tout de suite beaucoup plu. Tu m’as aussi inspiré à poursuivre mon rêve de Coordinatrice en m’offrant ce premier combat, et je ne suis pas prête de l’oublier. J’y repense très souvent, je pense à toi aussi. Puis j’ai appris que je n’aurais jamais la chance de t’affronter à nouveau ou de te connaître d’avantage et ça a été un dur coup. D’autant plus qu’à présent, je connais très bien ta famille et que je ne peux que partager leur douleur.»

Je me tais un instant en revivant l’image de l’expression attristée de Solène à la seule mention de sa jumelle de cœur. Je prends une grande inspiration pour faire passer le noeuf qui s’est formé dans ma gorge.

«Puis, je dois l’avouer, il y a une autre raison. Et je te défends de répéter mon secret, je t’en prie, c’est la première fois que je prononce ces mots à voix haute mais… Je… je crois que je suis en train de tomber amoureuse de ton frère. Et dans un sens, ça m’effraie à un point inimaginable. J’ai l’impression de ne pas le mériter, c’est un jeune homme en or et j’ai aussi peur de lui faire du mal que de me blesser dans cette relation. Alors j’hésite, je n’ose pas pousser plus loin ce qui pourrait avoir lieu. Mais si un jour j’ose le coup, peut-être que nous nous trouverons belles-sœurs toi et moi… C’est plutôt drôle n’est-ce pas? Le monde est si petit, il fallait que nous nous retrouvions d’une façon ou d’une autre. J’ai frappé à ta porte sans le savoir, mais c’est ton frère qui a répondu et maintenant…»

Oui, la vie fait parfois drôlement les choses. Je me surprends à en rire. Peut-être que de là-haut, elle a tout orchestré. Qui sait? Je soupire quelques instants, apaisés par mes confidences. Si Angela ne peut pas entendre, je sais néanmoins qu’elle écoute. Je peux presque deviner sans présence autour de moi, une sensation rassurante.

«Nous y voilà donc. Devant un beau gâchis. Ta famille doit composer avec l’absence d’une sœur et moi avec celle de toute une famille, alors je me dis que nous ne pouvons que nécessairement nous entraider. Je ne prendrai jamais ta place, Angie, jamais je ne pourrais même y aspirer ne serait-ce qu’un instant mais… J’aimerais être présente pour les tiens, pour Tristan au moins, et peut-être un peu plus si la chance joue de mon côté… Ou si j’ai enfin le courage de lui avouer ce que j’ai sur le cœur. Enfin, peu importe, je les ai un peu adoptés je dois avouer, alors qu’ils le veuillent ou non, je serai toujours là, juste à côté, pour les aider au besoin. Je… je veille sur eux, Angie… ou enfin je fais de mon mieux.»

Je me redresse finalement, en caressant sa pierre tombale comme s’il aurait s’agit de son épaule. Je peux presque l’imaginer me sourire.

«Merci d’entendre mes prières, Angie dans tous les cas, et sache que tu es grandement manquée. Adieu.»

Rejointe par Requiem, je rebrousse chemin sous le ciel d’un bleu limpide, le vent oscillant dans les branches et ce soleil aux rayons joueurs. L’univers me semble soudain bien moins impertinent.

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Kaylie Monroe
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MessageSujet: Re: Codages   Lun 26 Oct - 21:49

Je dois lui avouer. Franchir ce pas invisible et si ardu il me semble, alors que quelques mots suffiront. Mentir par omission, un art dans lequel je suis passée maître, parfaite manipulatrice d’une réalité que je parviens à plier à ma seule volonté. Semblants, faux-semblants, et surtout convictions erronées, facile de s’y adonner tant qu’on arrive encore à éviter la vérité. Dans un sens, je m’y suis condamnée dès le premier regard posé sur la situation; évitement puéril et constant qui m’ont mené ici à la croisée des chemins, cinq jours après le-dit événement, sans retourner un seul appel sur une île où tous peuvent disparaître à tout instant, s’éclipser sans donner les moindres nouvelles, dans un monde où je pourrais très bien m’éteindre à tout moment vu les risques encourus. Cet égoïsme me pue au nez. J’ai beau éviter mes proches, tôt ou tard je devrai être confrontée à leurs réactions respectives au sujet du gamin. Je devrai aussi me rendre à l’évidence. Cinq jours, cinq jours sans qu’on ne le réclame. Cinq jours dans l’abandon, cinq jours où Weston et moi avons pris le relai d’une femme sans visage ayant lâchement laissé son enfant à notre porte. Cinq jours où je m’improvise mère en connaissant toutes les conséquences qui peuvent en découler, toutes les plaies rouvertes suite à ces moments que je tente malgré tout d’éviter. Une véritable malédiction, sans la moindre issue. Et mes recherches pour retrouver la mère qui s’éternisent… Je jette un nouveau coup d’œil au téléphone qui, de sa base clignotante pour annoncer la dizaine de messages qu’on y a laissés, semble me narguer.

Vas-tu retrouver tes couilles, bordel, Mercy? Sincèrement, je commence à en douter. Ici, l’occasion rêvée. J’ai trouvé un moment de détente entre deux épisodes catastrophiques à composer avec la présence d’un enfant qui n’est pas le mien et toutes les gifles à mon psyché blessé qui l’accompagnent. Enfin une occasion qui se présente à moi, une que je réclame malgré moi depuis plusieurs jours déjà. J’ai besoin d’Adélia, de Faust et de Solène. D’eux dans ma vie, d’eux de savoir que je vais bien et que ce silence n’est dû en fait qu’à ma terrible stupidité et mes innombrables faiblesses et autres insécurités issues de mon passé. Blessures qui ne m’ont jamais semblé aussi irréparables qu’en ces derniers jours pénibles. Et plus encore, après tout ce bordel qui gronde, les jouets qui traînent, les repas, le bain, l’histoire avant de dormir et les cauchemars aux instants où on croit enfin à même de se reposer, il y a toujours ce côté de moi qui hurle et qui est totalement paumé, cette part de moi peut-être un peu moins fière qui nécessite une attention immédiate. Quelqu’un pour apaiser ma confusion autant du point de vue moral que celle de mon nouveau rôle, ce rôle que je refuse même de prononcer, alors je vous laisse l’imaginer. De toute façon cette histoire se terminera bientôt, du moins est-ce que je ne cesse de me répéter. Probablement pour apaiser mon envie lancinante de m’enfuir. Loin.

En contrepartie, ou du moins il est important de mentionner tout de même, mes Pokémon m’offrent un énorme soutien dans ma nouvelle occupation, celle de m’occuper du fils de Weston, Benjie. Errant toujours à mes côtés dans l’éventualité de me voir tomber peut-être, Aria et Golden cette fois qui guettent l’instant où je craquerai. Soutiens silencieux, mais aussi appréciation subtile du moindre de mes fait et gestes. La Roitiflam s’égare devant la table où j’ai laissé choir mes clefs, tout près de la machine au cercle clignotant, hésitant devant le combiné avant de le saisir entre ses grandes pattes si délicates, pivotant lentement en ma direction. Et pendant un instant nous nous jaugeons tous du regard, la guerrière, le renard psychique et moi, dans pression presque impossible à supporter. Ensembles, mes deux alliés se rallient à une cause qui m’est opposée et à laquelle je n’ai pourtant aucune issue. Il va me falloir obéir, tout simplement. Je saisis donc le téléphone avec un bref soupir, surprenant contre le visage de mon amie un mince sourire. Je compose le numéro connu par cœur avant de me détacher légèrement d’elle, comme pour m’offrir un peu d’intimité. Je tripote de ma main libre une mèche de cheveux pour éponger la nervosité qui m’a saisie au premier tintement dans la sonnerie au bout du fil. Les coups se multiplient, rallongeant l’attente déjà interminable et animant d’autre plus l’envie présente en moi de raccrocher, de reculer devant cette décision qu’on tente de m’imposer. Pourtant, je sais, dans une part encore raisonnable de mon esprit, qu’il n’existe aucune autre solution que celle proposée l’instant. Tant pis s’il faudra recommencer l’expérience dans quelques heures, tant pis si je devrai me contenter d’un bref message, simplement pour rassurer ma cousine, tant pis si…

«Hello?»

Une voix, masculine. Qui pendant un instant, me berne à penser qu’il s’agit de celle de Tristan Weber, oui. Qui pendant une fraction de seconde frivole et victorieuse, me laisse à croire qu’Adélia et lui en seront finalement venus à l’évidence, qu’ils auront enfin laissé parler leurs corps plutôt que de se brimer avec l’esprit. Ou peut-être encore que la brunette aura eu l’occasion de lui confier l’étendue de ses sentiments, ayant depuis longtemps la simple amitié. Euphorique, je m’apprête à saluer le garçon avec une blague appropriée qui suffirait probablement à le gêner pendant des semaines, le connaissant, quand ma voix s’éteint dans ma gorge. Une hésitation vient de me stopper net dans le fil de mes pensées débridées.

«Hum… hellooo?»

La voix reparaît, venant confirmer tous mes doutes. Cette voix masculine, je l’ai méprise pour celle d’un jeune homme tout juste au sortir de l’adolescence, et pourtant celle qui vient de paraître dans le combiné appartient à un homme d’âge mûr, rauque et profonde. Une bouffée de panique me saisit, que je tente d’apaiser d’une grande respiration.

«Bonjour euh… Est-ce que je pourrais parler à Lia, s’il vous plaît?»

Ma voix trahit mon hésitation, une hésitation que saisissent aussitôt Aria et Golden, se rapprochant de moi par inquiétude face au ton de voix utilisé. Je ne devrais pas demander à parler à ma cousine qui vit seule dans son appartement. Il ne s’agit ni de la voix de John, ou de son frère Lucas, encore moins celle du jeune Weber. Qui serait assez à l’aise pour répondre à son téléphone dans tous les cas?

«Lia? Elle est sortie, partie bosser. Je peux prendre le message?»

J’entends le bruit discret du téléviseur allumé, ainsi le «crounch» caractéristique de croustilles qu’on enfourne dans sa bouche sans se soucier des conséquences sur son poids.

«Je tenais simplement à prendre de ses nouvelles… Pardon je peux savoir qui vous êtes?»

«Je suis son père, Lionel. Et tu es?»

Ma main s’enfonce dans le tiroir du buffet sans la moindre hésitation, y retirant mon pistolet que j’attache à ma ceinture d’une main tremblante. Aussitôt, Aria accourt à la cuisine, où je l’entends fouiller avant de sortir par la porte extérieure, où elle cherchera à rappeler les autres à leur balle avant de toutes me les faire parvenir. Pour sa part, l’Alakazam n’a pas esquissé un geste, consciente des conséquences de mon comportement, de ce qu’il suggère. Elle sait tout comme moi qu’un inconnu se trouve chez Adélia et qu’il pourrait être en train de mettre sa vie en danger, qu’il pourrait aussi bien être un soldat du Régime sur ses traces. Ce qui signifie que je pourrais l’être tout autant qu’elle. Qu’un lien pourrait nous lier l’une à l’autre si seulement nous avons fait une seule erreur pour couvrir nos traces. Dans tous les cas, l’homme à l’autre bout du fil ment. Car Adélia n’a pas de père. Il a été assassiné il y a sept ans juste sous ses yeux.

«Oh son père? Enchantée de vous rencontrer, je suis Sophia, sa bonne amie. Écoutez, ne vous dérangez pas pour moi, je vais la rappeler dans quelques heures à son retour.»

Aucune hésitation cette fois, le mensonge est impeccable et parfaitement orchestré. L’homme à l’autre bout du fil n’y voit que du feu, semble même ennuyé par mon enthousiasme débordant.

«Ouais, d’accord, bye-bye Simone.»

«C’est…»

Il a déjà raccroché, probablement pour vaquer à ses occupations palpitantes. Pour ma part, j’attrape aussitôt ma veste et rejoins Aria à l’extérieur, où elle appelle toujours certains de nos compagnons manquant à l’appel, probablement égarés dans la jungle qui couvre une part de mon terrain. Lui indiquant que nous n’avons pas le temps de les attendre, je l’attire à moi en prenant sa main, saisissant au passage celle de l’Alakazam qui s’empresse de nous téléporter en plein milieu de l’appartement d’Adélia. La téléportation, ainsi précipitée, me laisse un peu confuse et étourdie. Je mets un moment avant de réaliser où nous nous trouvons, entre la cuisine et le salon tout près du couloir. Un inconnu se trouve assis contre le sofa et sursaute brutalement à notre arrivée, renversant son bol de croustilles contre le tapis moelleux de ma cousine et qui se couvre du orangé vif de la saveur fromagée. Un cri lui a échappé, alertant aussitôt le Pokémon à ses côtés, un Pharamp qui bondit en notre direction probablement dans l’espoir de défendre son dresseur. Or, Aria l’attend de pied ferme et le renverse sitôt parvenu à notre hauteur de son fameux Surpuissance. Vaincu d’un seul coup, le mouton termine sa course contre le plancher, assommé par la force colossale du cochon de feu. Son dresseur se redresse aussitôt et pivote pour nous faire face.

«Non mais ça va pas la tête?!»

Son ton, bien plus surpris qu’agressif, trahit son affolement. Il se dresse devant moi, frôlant probablement le six pieds, une main posée contre son torse. Il porte un grand t-shirt délavé ainsi qu’un caleçon très moche dont les motifs m’auraient probablement tiré un rire s’il ne représentait pas une menace imminente pour moi ainsi que pour le reste de mes proches. Une bande de canards flottant sur un océan noir couvrant ses cuisses presque jusqu’à ses genoux. Il s’agit d’un homme dans la mi quarantaine à la barbe hirsute et mal entretenue, une chevelure châtain parsemée de gris et deux grands yeux particulièrement expressifs d’un bleu-vert qui aurait dû m’être familier. Il s’approche rapidement de nous, malgré les grondements mécontents de la Roitiflam.

«Ne nous approchez pas ou je tire.»

J’ai pointé l’arme en sa direction. Aussitôt son regard se durcit alors qu’il constate le sort réservé à son compagnon quelques instants plus tôt, immobile contre le plancher de bois, surmonté par la silhouette impressionnante du Pokémon de type feu à mes côtés. Pour sa part, l’Alakazam prépare déjà une offensive, son corps vibrant d’une énergie qu’elle contient en cas de nécessité. Malgré la protection de mes compagnons, je m’avance en premier lieu, surprenant l’homme d’un coup de la crosse de mon fusil, en plein visage. Sous l’impact, animé par ma rage, il recule, titube et échappe un juron bien salé qu’il ferait mieux de ne pas répéter.

«Petite garce, c’est quoi ton problème?»

«Adélia n’a pas de père. Vous allez me dire tout de suite qui vous êtes et ce que vous avez prévu faire d’elle.»

Ma main tremble à peine lorsque je pointe le fusil contre ce visage que je viens tout juste d’abîmer. Mais tout en moi écume, bout, tout en moi m’intime à la violence. Pour protéger les miens, il n’existe plus aucune hésitation. Le regard de l’inconnu se pose sur moi, dur, et pourtant il sourit, presque amusé de mon attitude.

«Tu vas te calmer petite tigresse, hein? Je t’ai dit la vérité, je suis le père d’Adélia, je suis venu lui rendre visite et je vis chez elle depuis le mois de juillet. Demande-lui, elle te le dira. Lionel Frey, son père.»

«C’est faux! Nous le savons tous les deux, alors pourquoi ne pas plutôt vous montrer honnête, avant que je me mette à tirer?»

Il sourit une fois de plus, cette fois de façon plus sincère.

«Tu ne vas pas tirer, ma jolie. Alors pose ton jouet pour qu’on discute, tranquillement, comme deux adultes. Tu pourrais te blesser avec ça.»

À cet instant, je surprends un mouvement imperceptible à ma droite, dans le couloir adjacent qui mène à la chambre ainsi qu’à la salle de bain. Un mouvement auquel je n’ai pas le loisir de porter la moindre attention, car bientôt, l’homme revient à la charge.

«Tu me fais pitié, petite, tu crois pouvoir venir ici et faire ta petite andouille auprès d’innocents. C’est mal tu sais. Je ne te dirai rien au sujet d’Adélia, ni à aucun des misérables membres de ton espèce. Si tu crois que je vais te laisser faire, bordel, tu te goures complètement.»

À cet instant, une violente décharge me traverse le corps. Un courant électrique qui fait pulser mes veines, un feu ardent qui agite tous mes organes. Tout oxygène quitte mes poumons alors que je m’écroule là où, un instant plus tôt, le Pharamp nous a dupés. Prise de soubresauts douloureux, je cherche à retrouver à la fois mon air et mes esprits, cherchant mon arme qui m’a échappée à tâtons. Pendant quelques instants, je ne parviens plus à distinguer qu’un océan de ténèbres voguant devant mes yeux, jusqu’à ce ma vision s’éclaircisse sur une pièce aux murs qui tanguent, et un souffle hérétique parsemé de gémissements désespérés. Si j’ai déjà subis plusieurs électrocutions dans ma vie, subies majoritairement par l’intervention de ma Luxray par une erreur de parcours. Mais jamais au monde je n’ai dû endurer une telle douleur. Ma main se porte à mon visage, mes membres encore trop engourdis pour espérer me relever. Je laisse une traînée de sang contre mes doigts alors que je les passe sous mon nez. À mon tour de jurer, cette fois avec toute la fureur québécoise. Malheureusement, je ne parviens pas même à esquisser un geste, tant l’engourdissement, l’étourdissement et la nausée me briment. Je parviens juste avec horreur à assister au lourd combat que livre Golden contre un Zoroark, probablement l’ombre que j’ai surprise un instant plus tôt. Je lève un regard vers notre assaillant, animée d’une rage de vivre qui me pousse à tenter de me relever. La vie d’Adélia en dépendant, celle de Lucas aussi, de John, et de combien d’autres de mes proches si on doit les accuser de complicité avec un groupe tel que les Turnac? Affolée, je tente de crier, mais l’Alakazam tombe, terrassée par le renard au long pelage sombre qui me toise en montrant des dents aiguisées, et reluisantes de salive. Pour sa part, Aria doit être tombée lors de l’attaque surprise du Pharamp, juste derrière moi, car je sens son souffle affaibli contre ma nuque.

«Bon, on est calmé maintenant, ma jolie?»

Un regard noir. S’il pense s’en sortir aussi facilement.

«Ça fait longtemps que tu es sur son cas? J’imagine que tu veux la faire emprisonner puis pendre comme sa mère. Tu sais quoi? Je ne te laisserai pas faire. Non parce que c’est beau, exécuter les gens avec des moyens médiévaux, mais je crois qu’on connaît un peu la chanson, faut changer de disque. De toute façon, tu ne toucheras pas un seul de ses cheveux.»

Son ton a changé. Plus de place à la moquerie, ou à l’amusement. Son ton est dur, menaçant. Et je comprends enfin qu’il la protège. Que plutôt de chercher à lui faire du mal, il est celui la défendant contre la menace qu’il croit que je représente.

«Je vais t’offrir un petit quelque chose. Un dada sur lequel t’amuser, un truc qui va propulser ta carrière, tu vas voir, tu seras ravie, tu n’auras plus à travailler un jour de ta vie. Tu vas emmener à tes petits connards de patrons le frère d’Eliza Turnac. Tu vas voir, ça va être spectaculaire. Et le jour où ils me feront tuer, tu pourras même être là pour regarder si tu veux. À une seule condition. Tu la laisses filer. Tu oublies qu’elle existe. C’est un bon compromis je trouve. Ou bien tu vis une vie somptueuse et riche et tu as fait quelque chose pour ta dictature à qui tu lèches les bottes, ou tu ne vis plus tout court.»

Carter. Je cesse aussitôt de me battre, pour lever un visage incompréhensif en sa direction. Un à un, les événements et les différents indices se placent sous mon crâne pour former une seule réalité. Cet homme est celui des photos, celles sur mon dossier d’adoption. Et aussi un portrait craché de John.

«Oh putain, Carter Turnac.»

«Ouais, en chair et en os, bébé, pas mal hein?»

Je m’écarte quelque peu, la nausée empirant avant de se stabiliser alors que je me hisse contre le dos de la Roitiflam pour me retrouver en position assise. Je ne relâche plus un seul moment ma prise visuelle pour lui. Je n’ai jamais même imaginé le rencontrer et pourtant voilà qu’il se trouve juste devant moi. Mon père biologique. Je déglutis avec difficulté, venant passer une main incertaine dans ma chevelure rose avant de baisser les yeux vers le plancher. À présent que je sais, que j’ai même la certitude d’une autre vérité à laquelle j’ai tenté d’échapper, je ne parviens plus à l’affronter. J’ai prétendu pendant de longues années qu’il n’existait que dans les légendes d’Adélia, dans ce qui me semblait être de lointaines fantaisies, le personnage d’un récit plutôt que d’une véritable personne s’étant penchée à ma hauteur pour mieux contrôler mes mouvements et surtout protéger avec toute sa hargne sa nièce, celle que nous aimons tous les deux sans l’ombre d’un doute vu la violence avec laquelle nous venons de nous affronter. En constatant mon silence, l’homme soupire avant de se redresser sur ses jambes. Je sens son regard sur mon et surtout son impatience.

«Eh bien, on ne dit plus rien maintenant, ma jolie? C’est mon personnage qui t’intimide ou ma beauté légendaire?»

Je ne réponds pas encore une fois, le dévisageant à nouveau. Je n’ai plus envie de me trouver en sa présence. J’ai simplement envie de rentrer et de digérer l’information qu’Adélia m’a caché pendant tout ce temps la présence de mon géniteur chez elle. Et je me demande comment j’ai fait pour ne pas remarquer d’indices de son passage, ou de ne pas avoir surpris sa présence auparavant. Je me sens trompée et dupée par ma cousine qui, semble-t-il, n’a pas été la seule à dissimuler certaines choses. Pendant trois mois qui plus est. Maintenant ma rencontre avec mon père a lieu ainsi, après un combat qui aurait pu très mal se terminer, et nous n’aurions jamais su. Bordel, il ignore encore tout de la situation. De nouveau embêté par mon silence, il se met à arpenter la pièce.

«Écoute, je n’aime pas en venir aux menaces, tu sais. En fait j’suis un chic type… la majorité du temps. Mais tu vois faut pas menacer l’intégrité de ma nièce, ou aucun des foutus rejetons de ma sœur ou…»

«Et les tiens?»

«Pardon?»

Il se retourne vers moi, surpris d’entendre ma voix à nouveau et surtout pour prononcer ces paroles. Déconcerté, il s’approche comme pour s’assurer d’avoir entendu convenablement. Je soupire discrètement, réalisant peu à peu reprendre contenance sur mon corps et mes moyens, même si le sang bat toujours à mes tempes.

«Tes enfants. Tu en as toi aussi. Deux. Mercedes et John. Qu’est-ce que tu ferais si on s’en prenait à eux?»

Et soudain il pâlit, se recule d’un pas en échangeant un regard avec son Pharamp, tout aussi décontenancé que lui par mes affirmations, suivies de cette question sans équivoque. Le doute passe contre son visage alors qu’il tente de trouver une explication plausible à l’étendue de mes connaissances à son sujet. Ses sourcils se froncent et je cherche contre son visage figé d’incrédulité un indice génétique de notre parenté. Nous nous ressemblons, il n’en fait aucun doute, mais jamais autant que John, qui est son véritable portrait. Je frémis à nouveau, et entoure ma poitrine de mes bras dans un geste tout naturel de protection quand il pose finalement cette question par laquelle nous aurions dû débuter tout notre échange.

«Mais qui es-tu?»

Je soupire. J’aurais préféré qu’il le réalise plus tôt, mais j’imagine qu’il n’y aucune façon pour lui de le deviner.

«J-je suis ta fille, Carter, Mercedes. M-Mercedes Turnac.»

Je n’ose plus vraiment affronter son regard. Drôle comment toute ma férocité s’évapore lorsqu’il s’agit de moi. De rencontrer cet homme a toujours suscité une part de curiosité, mais aussi une crainte légitime d’en souffrir. Je n’ai pas vraiment envie de connaître les raisons l’ayant poussé à nous abandonner tour à tour, John et moi, mais paradoxalement je cherche désespérément une explication à son comportement, il y a vingt-quatre ans, quand il a décidé d’un commun accord avec cette femme sans visage étant ma mère, qu’il laisserait aux marches de l’orphelinat la petite fille conçue par erreur. Je l’entends soupirer, assimiler l’information, se tenir parfaitement immobile.

«Je vois.»

Il se contente de cette réponse. Le silence s’abat entre nous, lourd de tous les non-dits, des remords et de l’amertume peut-être. Qui sait.
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MessageSujet: Re: Codages   Mar 27 Oct - 14:01


Concours no°1

[Seuls les administrateurs ont le droit de voir cette image]
Immortels
Le carillon de l’horloge imposante présente dans les coulisses annonce le détour d’une matinée, dix heures tapantes. Dix fois, elle grince, s’échauffe et tinte sous l’œil attentif d’une drôle de créature voguant en périphérie des autres âmes présentes dans cette petite pièce armée de téléviseurs où elle n’a jamais daigné lever son regard hautain. Ses adversaires ne lui importent plus depuis belle lurette, depuis sa rencontre inespérée avec un Maître en parfaite maîtrise de ses moyens. Encore maintenant, elle tremble d’excitation au souvenir chérissant de leur rencontre, tout autant qu’à la perspective de l’y retrouver, une fois de plus, l’an prochain. Mieux préparée, plus ardue encore, plus ardente. Plus déterminé, plus affinée aussi et surtout plus passionnée que jamais. Elle erre dans l’attente de ce moment en sachant pertinemment que le chemin menant à leur nouveau face-à-face s’avérera déterminant et abrupte, parsemé d’embûches et d’autant de défis qu’elle se sent plus prête que jamais à relever. Aujourd’hui plus que jamais, elle entame sa renaissance, épiant sans la moindre incertitude le balancier de cette vieille horloge. Puis quand le dernier coup annonce l’instant auquel elle se prépare déjà depuis plusieurs mois, elle se redresse avec un sourire à glacer le sang de ses adversaires qui, connaissant sa triste renommée, s’écarte à son passage furieux. D’elle émane une force nouvelle, une aura de puissance à laquelle ils ont préféré ne pas se frotter. Cette deuxième lui appartient, cette rumeur plane telle une promesse dans la pièce qu’elle quitte promptement, laissant à sa suite l’odeur doucereuse de la vanille.

Dix heures tapantes. Quelques minutes glorieuses l’attendent, un souffle dans une éternité d’incertitudes, un apaisement grisant qu’elle recherche depuis plusieurs semaines déjà sans parvenir à trouver un seul instant de paix. La paix elle la cherche dans la guerre. Cette maîtresse des illusions n’a en ce jour plus rien d’autre à cacher que son identité véritable. Pour le reste, elle s’hisse dans un unisson prenant entre ses deux personnages, deux parts d’elle-même qui en ce jour de gloire assemblent leurs forces. Ainsi Mascarade paraît sur le terrain, dans une détermination animée de sa rage de vaincre, ses pas élégants et précipités teintant dans le silence qui s’est formé à sa suite. Sa robe aux teints enflammés parsemés de nuances violacées brille sous le feu implacable de ces projecteurs sous lesquels elle se met presque à danser, tournoyant dans une agitation colorée des voiles de sa longue traîne. Seule, pour le moment du moins, sans même un instrument de la musique à la main, la jeune femme s’offre toute en rire à ce public qui murmure déjà de sa présence, impressionnés par l’extase ayant pris la Coordinatrice. Cette dernière, d’un geste impérial, lève un doigt vers ses lèvres entrouvertes dans un sourire malicieux, intimant les autres au silence. Puis comme répondant à son appel, une musique cacophonique, distordue et animée envahit l’Amphithéâtre. Mascarade trône au centre de la scène, impératrice de son royaume musical.

Puis à ses pieds, la danse de flammes colorées vient surprendre le public, entourant parfaitement la Coordinatrice qui salue l’arrivée de son compagnon de spectacles d’autres étourderies, Requiem, jaillissant à même sa poitrine comme un cri du cœur. Mascarade s’écarte d’un pas en le désignant de la main, ce Lugulabre aux lueurs inquiétantes, qui commande aux flammes les entourant toutes les deux. Lentement, elles enflent, sifflent, chantent sous les commandements silencieux du spectre qui prend place au-dessus de sa dresseuse qui, d’une simplicité presque enfantine, ouvre les bras pour embrasser le dessin infernal des flammes tout autour d’elle, sa voix jaillissant ses profondeurs de son être.

They say we are what we are
But we don't have to be.

Mascarade veut tout oublier. Réécrire son histoire, celle de ses compagnons, celle d’une équipe unie que rien ne pourra plus arrêter. Dresseuse et Pokémon brillent d’une énergie non singulière et entièrement partagée alors que du léger cercle de flammes, le feu se répand contre le terrain, le couvrant d’une marée indistincte et dansante dont le cœur ardent serait la jeune femme et son spectre. Tout brûler pour repartir sur de nouvelles bases, Requiem et elles doivent accepter de tout détruire pour mieux revivre. Autour d’eux, la scène crépite, répandant contre eux des ombres inquiétantes. Puis ainsi, ils se mettent à valser.

I'm bad behavior but I do it in the best way.

Requiem, le filon d’énergie inépuisable, l’étincelle de vie protégeant et animant la jeune femme à ses côtés. L’onde de folie qui l’a contaminée, qui aujourd’hui lui permet de danser même dans un monde en perdition sous les flammes. Elle rit, consciente de la vérité s’échappant de ces quelques paroles. Oui, ensemble tous les deux, deux véritables âmes insaisissables et destructrices. Prêtes à tout pour vaincre et rayonner. Le corps du Pokémon se met à rayonner d’une énergie diaphane qui réchauffe son cœur de lueurs inespérées. Ses flammes bleutées s’animent d’autant plus alors que le sol se met à trembler.

I'll be the watcher, watcher, of the eternal flame.
I'll be the guard dog of all your fever dreams.

Et ici une promesse, celle de toujours veiller sur lui. Car Lugulabre n’est-il pas l’incarnation même de l’idée de flamme éternelle? Celui qui dans l’adversité, devant la mort même, n’a jamais cessé de se battre. Puis Mascarade, sa protectrice, son amie depuis plus d’un an désormais, s’engageant dans cette route alors qu’elle montre le chemin à son allié qui, quittant le cercle intact de flammes, rejoint l’inferno ardent du terrain. Les flammes dansent sous lui comme autant de mains cherchant à se saisir de lui. Requiem se penche vers l’océan de feu sous lui en y déversant le pouvoir ombreux l’ayant animé un instant plus tôt, son corps se couvrant d’ombres. Seul son regard brille d’une lueur sauvage pendant quelques instants où les ombres l’annihilent entièrement.

Oooooooh
I am the sand in the bottom half of the hourglass (glass, glass)

Les ombres déversées dans les flammes semblent crier de façon sinistre alors qu’elles se consument dans l’océan ardent ouvrant le terrain. Autant de cris qui semblent agir tels une part de la mélodie chantée par la jeune Coordinatrice, les chœurs venant agrémenter sa chanson. Requiem semble s’en amuser énormément, joignant à son tour son rire au chant de sa dresseuse, qui contient difficilement un sourire en poursuivant sur sa lancée.

Oooooooh,
I try to picture me without you but I can't

Pas ici, ni maintenant, ni jamais. Lui comme tous les autres, devenu indispensables à ses machinations créatrices tout autant qu’à son expérience quotidienne. Lui qui entend très bien ses dires alors que des flammes où viennent de disparaître ses ombres, de sinistres silhouettes se forment, comme autant de monstres enflammés menaçant la quiétude de cette étendue de feu. Et toutes se dirigent vers la même source de vie et de musique, toutes cherchent à s’en prendre à elle qui courageusement, poursuit sa danse dans ce royaume destructeur.

'Cause we could be immortals, immortals
Just not for long, for long.

Si Requiem a tenté de détruire les ombres de leur passé commun, il constate rapidement que leur pouvoir est bien plus grand qu’il ne l’aurait cru, se retrouve maintenant piégé dans l’océan de feu qui semble déterminé de le consumer à son tour. Or, il poursuit sa route en contournant ses adversaires, trouvant dans la cohue celle qu’il est venu chercher. Mascarade l’accueille de ses paroles, celles qui les proclame immortels. Immortels pour un temps probablement court, immortels pour laisser leur marque à jamais dans l’esprit collectif et l’imprimer de leur jeunesse et de leur talent. Immortels car ensemble, immortels dans leur désir de vaincre, dans leur naïveté et dans ce rêve qu’ils n’abandonneront jamais, pas même après la défaite. Requiem se dresse devant la Coordinatrice, prêt à la défendre, à en découdre, prêt à tout pour conserver ce qu’ils ont déjà, ce qu’ils construiront ensemble dans l’avenir. Tout autour de lui, des sphères aux teintes bleutées ou verdoyantes tournoient dans un avertissement clair qui ne semble pas impressionner les ombres enflammées se dirigeant à eux.

And live with me forever now,
You pull the blackout curtains down
Just not for long, for long.

Et tout autour d’eux pétille et grésille, de longs bras serpentins se dessinant dans les flammes dans une menace tout aussi imminente que celle des ombres de feu. Ces dernières tendent leurs bras avides à l’intérieur du cercle où se trouvent la Coordinatrice et son compagnon. Pendant un instant, les deux se trouvent dos à dos, comme dépassés par cette attaque. L’atmosphère se charge de détresse alors qu’une prise enflammée frôle la peau fragile de la jeune femme. Cette dernière offre un regard déterminé à son adversaire avant d’adresser un signe à son protecteur. Immortels, tu te souviens? Jusqu’à la fin.

We could me immooooooortals

Pas question de se laisser faire aux spectres du passé, pas question de se laisser consumer par les doutes et les remords. Requiem déverse contre ses adversaires les sphères énergiques tournoyant autour de lui. Mascarade l’accompagne, se mettant à danser pour lui montrer le chemin, comblant dans ses mouvements ses dernières directives.

Immooooooooortals
Immooooooooortals

La guerre. Masacarade mène son allié dans l’adversité, lui indiquant où et quand viser par sa danse aux larges mouvements. Elle fatigue, la chaleur des flammes autour d’elle en plus de celle comprise par l’effort déversé devant de plus en plus difficile à affronter et pourtant elle ne fléchit pas. Son visage masqué s’est couvert de sueur, sa chevelure en dégoûte également et pourtant elle n’abandonne pas. Pour ce qui est de Requiem, il déverse contre ses adverses ses billes colorées de bleu et d’émeraude qui consument les uns d’éclats glacés dans un nuage de vapeur, et les autres les enfermant dans la prise vivante de plantes qui finissent leur œuvre avant de brûler à leur tour. Un à un, les assaillants ombreux de flammes se désagrègent dans l’oubli. Ainsi il devait être, ainsi il doit être. Une année à se battre, certes, mais qu’il faudra éradiquer pour mieux avancer, pour mieux affronter celle-ci. L’inferno purificateur rage un instant avant de s’amenuiser lentement, accompagné du dernier chant de la dresseuse qui victorieuse, offre un sourire à son protecteur.

Immooooooooortals

Les flammes disparaissent en ne laissant derrière eux qu’un terrain vide parsemé de cendres. Une page vierge sur laquelle inscrire leur histoire à nouveau, cette fois différemment. Plus rien pour arrêter. Requiem suit sa dresseuse alors que prudemment, elle s’avance sur cette terre désolée. De la suie émerge doucement de douces plantes aux teintes spectrales, annonçant le renouveau promis par Mascarade et Requiem. Et leur souvenir, immortel.

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Kaylie Monroe
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MessageSujet: Re: Codages   Dim 8 Nov - 19:52

Et tout juste ainsi, le sourire qui a germé contre son visage se fane sitôt apparu, ne laissant derrière lui qu’une poignée de regrets. Des jours que je tente en vain de lui tirer, des jours épuisants mais surtout éprouvants, pendant lesquels j’ai cru la perdre. Lunatique, en déroute dans des pensées qui ne lui appartiennent, ma fiancée semble s’égarer de plus en plus à mesure que date limite approche, celle qui nous rapproche tous les deux de la parenté. D’ici une poignée de jours à peine, notre enfant doit naître, une perspective tout aussi déroutante qu’agréable. Si je n’en peux plus de compter les heures qui nous séparent de la date fixée par les médecins pour tarir mon impatience, Carla s’est murée dans un silence qui ne lui ressemble guère, son front plissé d’angoisse, souvent incapable d’avaler la moindre bouchée de plats préparés pourtant avec énormément d’amour et de soins. Tous les jours, ce même combat, toujours un peu plus difficile, de lui tirer un sourire qui illuminerait ce beau visage. Je sais bien qu’elle s’inquiète, que d’entre nous deux, je suis le plus préparé à ce qui va venir. Mais au-delà des angoisses habituelles torturant les nouveaux parents, la jolie blonde s’enfonce dans de bien sombres pensées dont j’ai l’espoir de voir se résorber à la toute fin de ce processus, lorsqu’enfin le fruit de notre amour sera mis au monde. Quand elle portera son regard sur elle pour la toute première fois, elle ne pourra plus angoisser, nécessairement. Alors je pourrai la retrouver telle que je l’aime, sachant que ce coup de bleu n’est que temporaire.

Pourtant cette fois, ce sourire est retombé bien trop brusquement, accompagné d’un geste ne faisant aucun doute vers son ventre distendu qui la tient à distance de la table où elle tente sans enthousiasme d’avaler son repas. Ses doigts s’y crispent d’une douleur qui me tire de ma propre chaise pour me précipiter à son chevet, inquiet. Cette fois, la contraction ne fait absolument aucun doute, annonçant la venue du bébé après plusieurs autres au courant de l’après-midi. Le visage de Carla se crispe alors qu’elle ravale un gémissement, probablement par fierté. Mes doigts viennent cueillir les siens contre son abdomen, les serrant avec une infinie douceur. Même en cet instant où la joie et l’espoir me traversent, je peux la sentir. Distante. À des lieux et des lieux de moi, comme une île sur son lac gelé. J’ai beau scruter le bleu de son regard, je n’y devine qu’une profonde confusion qui ne fait qu’animer la mienne. Pendant quelques secondes angoissées, j’en viens à me demander si elle ne regrette pas cette grossesse certes imprévue, mais qui nous a tous les deux comblés. Ou du moins je le croyais. Car mon amoureuse ne m’a jamais parue aussi loin, même lors de ces longs mois passés à chercher son affection pour me buter au mur qu’elle avait construit tout autour d’elle.

«Je vais chercher la valise, nous allons à l’hôpital.»

«Non. C’est trop tôt. Le docteur a dit que le bébé naîtrait dans dix jours.»

Sur ses traits maintenant soulagés, l’obstination s’installe. Je soupire en sachant pertinemment ce qui va suivre. Un autre de nos éternels combats, les instants épiques de mon existence et dont habituellement je retire une part généreuse de plaisir. Mais pas cette fois. Pas à ce sujet.

«Les bébés n’obéissent pas à un horaire, tu le sais bien Carla. Essaie de finir ton repas, je vais m’occuper de tout.»

En tâchant d’afficher un sourire assuré, je me redresse et lui file un baiser contre ses cheveux d’or, avant de prendre la direction de notre chambre. Je l’entends marmonner qu’elle n’a pas faim avant de se lever péniblement pour en jeter le contenu. Bien sûr, il en faudra bien plus pour la convaincre, mais je n’abandonne pas. J’ai confiance qu’au-delà sa peine et sa confusion, Carla saura retrouver sa voix au moment opportun. La grossesse fut pour elle plutôt pénible, accompagnée de nombreux effets secondaires tout à fait nuisibles et inconfortables. Des douleurs aux pieds et au dos, aux nausées constantes, les migraines ainsi que les sautes d’humeur (ô combien spectaculaires d’ailleurs, mais avec les Laurens ce n’est guère surprenant…), mon amoureuse a énormément souffert. Mais pire encore, tout le stress a fini de la torturer à savoir si le petit être présent dans son ventre se porte bien. Un stress tellement intense qu’il a, a de nombreuses reprises, mis la grossesse en danger, ainsi que sa propre santé. À cet effet, je n’ai pu qu’être un soutien salutaire, une épaule compréhensive et un sourire brave. Bien sûr, le bien-être de notre future fille m’interpelle tout autant qu’elle, mais Carla… Carla a atteint les tréfonds de l’angoisse et son moral n’a fait que dégringoler à mesure que les mois ont défilé. Entre son humeur changeante, ses symptômes désagréables et son manque constant de coopération, ces derniers mois n’ont guère été aisés pour moi, mais j’ai toujours su rester sincère et fidèle, et même au passage régler quelques conflits entre la blonde et sa jeune sœur, dont les tempéraments les poussent souvent l’un contre l’autre.

Dans l’autre pièce, je prépare la valise de ma fiancée en tâchant d’imaginer notre bébé. Nous avons parié, Carla et moi, au sujet du sexe dont nous avons refusé d’entendre parler jusqu’à la naissance. J’ai bien cru que je mourrais d’impatience de savoir, jusqu’à ce que ce petit jeu vienne pimenter d’autant plus la surprise. Si je suis convaincu qu’il s’agit d’une petite fille, ma copine, elle, pense que nous aurons un garçon. L’un comme l’autre, j’en serai ravi. J’espère quand même remporter mon pari… Il faut bien qu’une fois de temps en temps je gagne, moi aussi. La valise bouclée de tous ses effets, je m’égare à l’extérieur de la cabane pour rappeler Dexter et Agatha, ses deux plus proches compagnons afin qu’ils nous accompagnent jusqu’à l’hôpital. La deuxième rejoint rapidement sa balle que je glisse à ma ceinture, mais le Grahyéna refuse de laisser sa dresseuse vers laquelle il se précipite aussitôt rentré en ma compagnie. Ses jappements furieux m’interpellent alors que je le suis à la cuisine, où Carla s’est réfugiée contre le comptoir, blême et couverte de sueur. Visiblement, une nouvelle contraction l’agite, encore plus douloureuse que la précédente. Son regard me cherchent à l’improviste, se rivent vers moi alors que j’émerge du couloir. Elle déglutit dans une tentative vaine de ravaler ses larmes, de soustraire son émoi à mes yeux. Mais il est trop tard.

«Carla…»

«C’est trop tôt, Alexis… Et si quelque chose clochait? Et si l’accouchement devait mal se passer? Et s’il devait lui arriver quelque chose?»

Aucune hésitation. Je suis sur elle pour la blottir contre ma poitrine, où les larmes qu’elle se refuse coulent malgré elle.

«Tout va bien se passer. Promis.»

J’ai confiance. En elle, en moi, en nous. Dexter, à mes côtés, s’est tu, pour simplement gronder à voix basse. Il comprend pertinemment la détresse de sa maîtresse, de son amie de toujours. Il comprend aussi qu’elle souffre, que son calvaire ne fait que commencer. Il hésite, à l’orée de notre étreinte, avant de s’y mêler dans un rare témoignage d’affection qui semble apaiser quelque peu la jeune femme qui tremble dans mes bras.

«Je sais que tu as peur, Carla. Mais tout va bien se passer.»

Je sais qu’elle pense à eux. À ses parents, à son petit frère, qu’on lui a brutalement arraché. Si elle ne l’a jamais nommé, cette grossesse la remue d’autant plus de par le deuil qui l’incombe toujours. Car chaque événement particulièrement important de nos existences nous rapportent toujours, nécessairement, aux absents qui n’auront pas la chance d’y assister. Stephen et Tamiko ne vivront jamais le bonheur immense de devenir grands-parents, et Tomnen ne connaîtra jamais son neveu. Mais il faut continuer sans eux. Notre bébé en vaut certainement la peine. Carla, dans mes bras, semble s’être apaisée, ses pleurs moins amers. Même longtemps après ses larmes taries, je la berce dans mes bras en tâchant de lui insuffler toute la force nécessaire pour l’épreuve qui nous attend dans quelques heures. Puis, d’elle-même, elle vient cueillir ma main de ses doigts tremblants, dans une communication muette qui m’indique la marche à suivre. Elle est prête.

«Appelle Charlie avant de partir.»

Elle fuit mon regard en se dirigeant vers la voiture. Toujours cet orgueil qui la coupe du monde entier, qui la protège de cette vulnérabilité qu’elle refuse de voir en elle. Bien sûr, Carla aura besoin de sa jeune sœur pendant cette épreuve difficile, de ce soutien que jamais je ne pourrai lui procurer. Leur lien lui apportera toujours d’avantage que mes sourires et mes paroles légères et rassurantes. Et c’est bien normal. Après tout ce qu’elles auront traversé toutes les deux… Charlotte est bien tout ce qui lui reste au monde, au du moins c’était le cas avec ce bébé et notre mariage à venir. Carla a peur, peur qu’il nous arrive la même chose qu’à sa propre famille, et plus que jamais cette crainte se manifeste au moment où nous nous apprêtons à faire connaissance avec notre petite fille. Je connais bien son âme blessée et torturée, je l’ai côtoyée assez maintenant pour ne plus m’en alarmer autant. Elle ne nécessite qu’un soutien et passablement d’obstination pour la convaincre que tout ira bien. Or je comprends que cet accouchement représente probablement un des défis les plus considérables dans son existence et que nécessairement, cet événement la ramène à la tragédie qui a changé le visage de sa vie. Avec un sourire rassurant, je compose le numéro de la jeune femme, qui répond après plusieurs coups sans grande surprise. Avec plusieurs Pokémon dans ses jambes, la Championne est souvent occupée et plus ou moins disponibles aux appels. Mais en entendant la sonnerie spécifique à notre demeure, je la soupçonne de s’être précipitée le plus rapidement possible pour récupérer le téléphone de l’Arène.

«Qu’est-ce que Carla a encore fait?»

Dans son ton, une étincelle de malice et moqueuse qui me tire un sourire. Exactement le genre de commentaire qui aurait fait rager l’intéressée. Depuis quelques temps, j’entretiens une correspondance régulière avec Charlotte pour la tenir au courant de l’état de sa sœur. Et si elle blague, je la sais inquiète, et un peu irritée par la réclusion progressive de la blonde. J’ai beau tenter de la rassurer et de lui dire qu’il ne s’agit que d’inquiétudes temporaires, la cadette est dure envers elle.

«Bonjour Charlie… Cette fois elle a été sage, mais… Enfin comment te dire?»

Ma voix se brise d’émotion et de joie mêlés alors que je réalise peu à peu ce qui va se produire d’ici quelques heures.

«Le bébé s’en vient. Les contractions ont débuté, nous nous rendons à l’hôpital.»

J’entends la Championne s’affoler de l’autre côté, bousculer un Pokémon qui proteste (je crois reconnaître Zeus son Rhinocorne, ou peut-être est-ce son père Apollon?) et se diriger en cavale dans une autre pièce, tout en me parlant d’un ton paniqué.

«Oh Arceus… d’accord… d’accord je…»

J’aimerais comprendre ce qu’elle ajoute ensuite, mais mes connaissances en japonais ne me permettent que de deviner qu’elle s’affole inutilement. Sa réaction me fait rigoler, un rire qui reste pris dans ma gorge en entendant mon amoureuse se crisper sur son siège une nouvelle fois. Je fais signe à la future maman de respirer profondément afin de l’aider à faire fi de la douleur occasionnée par les crampes, un comportement repris par la jeune femme à mes côtés. Pour ce qui est de Charlie, je décide de couper court notre conversation. J’ai l’impression que ce bébé est un peu pressé.

«Tu pourras nous y rejoindre, d’accord? Je dois te laisser.»

«Okay. Okay. Okay. CESAR T’ES OÙ BORDEL?»

Oh le pauvre mec qui va devoir la calmer ce soir. Attendez… Je suis aussi ce mec en fait. Car Carla est elle-même d’une pâleur déroutante, son joli visage couvert de sueur. Je soupire en raccrochant avec ma belle-sœur qui, de toute façon, ne me manifeste plus aucun intérêt. Je démarre la voiture, et ensemble nous filons jusqu’à l’hôpital général de Zazambes, où notre docteur sera prêt à nous recevoir je l’espère.

***

«Vous devez rester calme, mademoiselle, Laurens, je vous en prie.»

Un nouveau coup d’œil du docteur vers les moniteurs qui indiquent les indices vitaux de la jeune femme allongée. Les contractions se font de plus en plus violentes, de plus en plus rapprochées, le col dilaté maintenant à dix centimètres qui annonce qu’elle pourra bientôt pousser. Sauf qu’elle ne poussera pas, comme vient de nous l’annoncer le médecin. Le bébé s’est déplacé et semble venir par le siège, maintenant en mauvaise posture, coincé quelque part dans ses entrailles où il a pourtant grandi jusqu’à présent. Le visage de Carla est complètement bouleversé, si bien que je m’affole moi-même malgré mon calme habituel. Elle souffre énormément, je le devine, autant du point de vue psychologique que physique. Elle a du faire son deuil d’un accouchement naturel, de son accouchement parfait pour lequel elle s’est mis tant de pression inutile. J’ai foi que ce bébé sera sorti d’affaire sous peu. Or, je ne peux en dire autant de la jeune mère affligée, tendue sur son lit en gémissant d’une peine qui dépasse simplement la souffrance occasionnée par les contractions. Carla est terrorisée par la césarienne qu’on vient de lui annoncer. Je suis les battements frénétiques et inégaux de son cœur sur le moniteur, en sentant la situation déraper.

«Carla, mon amour, écoute-moi, regarde-moi. Regarde-moi, Carla, ici, regarde dans mes yeux.»

Elle me fuit, elle m’échappe. Elle se terre dans ce monde où il n’existe qu’elle. Je crois même qu’elle a capitulé. Et moi, près d’elle, impuissant, et tellement inquiet. Moi qui refuse de la laisser faire, de la laisser s’engloutir elle-même dans la terreur occasionnée par ce moment. Elle n’écoute plus, plus rien que ses angoisses, elle me rejette tout comme cet enfant qui a désespérément besoin d’elle. Vaut mieux ne jamais l’avoir connu plutôt que de souffrir à l’aimer n’est-ce pas?

«Écoute-moi bien Carla Laurens. J’en ai assez. Je t’ai soutenu pendant neuf mois et tu n’en as fait qu’à ta petite tête. Ça suffit, tu ne peux plus agir ainsi.»

Mon ton s’est fait dur, presque agressif, un ton que je n’ai jamais employé avec elle à qui je n’ai toujours que réservé ma douceur et ma gentillesse. Je vais cueillir son bras et la tire pour l’allonger sur sa couche. Elle proteste, me résiste, grogne et gémit tel un animal blessé, mais elle n’a plus la force de me vaincre. Je la maintiens en place sur son lit et la force à me regarder.

«Tu veux voir notre bébé mourir, Carla? C’est ce que tu veux?»

Son regard croise le mien, y lit toute mon inquiétude, toute ma douleur de la voir ainsi, mais aussi ma détermination à voir ma fille mise au monde. Elle n’a pas le droit de décider pour nous deux. Son visage se couvre de larmes progressivement alors qu’elle réalise son erreur, qu’elle réalise sa sottise. Chacun de ses traits s’affaissent et je l’entends sangloter de terreur contre son lit immaculé, dans le silence respectueux de l’équipe médicale. La rage me consume encore, mais je me pose contre la chaise qu’on a rapprochée à mon intention en tenant sa main avec une poigne encore douloureuse. Elle se détache de la contemplation se mon visage aux traits figés pour finalement poser les yeux sur le docteur et acquiescer. Sitôt son accord donné que l’équipe se met en place pour préparer la césarienne en urgence, chacun de ses mouvements précis. Je nous sais entre de bonnes mains, ce qui ne suffit néanmoins pas à nous apaiser.

«Je… je suis désolée Alexis… Je suis désolée… S’il te plaît…»

Elle devine ma colère, mon désespoir. Elle sait que je ne lui pardonnerai probablement jamais ce qui vient de se produire, que toujours la perspective d’avoir pu perdre l’enfant à ses insécurités me hantera. Je n’ose même plus la regarder, pas encore, j’ai trop mal de savoir qu’elle aurait pu tous nous abandonner à l’instant où nous avions le plus besoin d’elle.

«Ne me refais plus jamais un coup pareil.»

Elle se tait. Incapable de promettre. Ou trop épuisée peut-être pour répondre. L’opération a lieu dans le plus grand des silences, seulement animé par quelques instructions échangées entre le médecin et les infirmiers à ses côtés, ainsi que les battements irréguliers du moniteur cardiaque de Carla. Une période intense, qui me transit d’angoisse. L’attente me paraît interminable, pénible, et si lourde que j’en oublie toute ma colère, pour guetter l’apparition de mon enfant de derrière ce pan de tissu qui nous coupe la vue. Finalement, j’entends le médecin pousser un soupir de soulagement avant d’annoncer fièrement :

«Félicitations, c’est un garçon!»

Un garçon. J’aurais dû m’y attendre, Carla a toujours raison. Nous échangeons un regard ému pendant lequel je me redresse légèrement pour apercevoir une masse ensanglantée dans les bras habiles du médecin. Mon fils. Mon fils qui est parfait, ses jambes battant déjà avec frénésie et ses petites mains se tendant dans le vide.

«Il ne pleure pas.»

La voix de Carla vient briser la magie et semer chez moi un doute vibrant. Le silence de l’équipe médicale me bouleverse et je cherche un regard du médecin qui, brusquement, se retourne et s’éloigne, emportant mon fils avec lui. Carla s’affole aussitôt, ses mains se crispant contre la table alors qu’elle tente de se redresser malgré la forte médication qui l’empêche de ressentir la moindre douleur.

«Il ne pleure pas… Il ne pleure pas Alexis! Mon bébé, où est-ce qu’ils l’emmènent, Alexis je veux le voir, je veux voir mon bébé, je veux le voir.»

Je tente de lui serrer la main, de la rassurer, mais rien de me vient. Lorsqu’elle se met à hurler, j’ai envie de l’accompagner dans ses cris, mes yeux luisant de larmes qui refusent de couler, ma cage thoracique envahit du doute, du doute impossible. Impossible. Carla s’affole de plus en plus, combattant l’effet engourdissant des médicaments pour tenter de le voir, son fils qui toujours ne pleure pas. Et moi, incapable de dire quoi que ce soit, j’assiste à la scène comme si je ne m’y trouvais plus, hors de moi, hors de mon propre corps, à la dérive en assistant à ce véritable cauchemar. Puis les cris de la mère s’estompent, et son corps s’abandonne à moitié contre le mien alors que le moniteur, lui, se met à biper dangereusement.

«Carla?!»

Aussitôt on accourt en ma direction, me bousculant au passage en entourant la jeune femme. Le médecin est parmi les premiers, jetant un regard inquiet au moniteur à son tour. Il échange quelques mots avec un infirmier, quand je tente de m’interposer entre lui et mon amoureuse.

«Qu’est-ce qui se passe? DOCTEUR?»

«Faites-le sortir. Je suis désolé, monsieur Jones. Nous viendrons vous chercher sitôt l’état de votre conjointe stabilisé.»

«Carla? Carla! Non, s’il vous plaît, vous ne pouvez pas…»

Or, on m’empoigne fermement, on me tire à l’extérieur de la pièce, dans ce long couloir immaculé et silencieux. Je m’écroule contre la porte en rugissant de désespoir, mes mains contrites s’abattant encore et encore contre celle-ci dans une tentative vaine d’y apporter quoi que ce soit. Je sens deux démarches me rejoindre de façon précipitée, des questions qui fusent de toutes parts, mais je n’y parviens plus, je laisse les larmes couler contre mes joues. Je vais les perdre. Je vais tous les perdre.

***

Je n’hésite pas un seul instant. Alors qu’il s’écroule contre le plancher du corridor où j’attends déjà depuis plusieurs heures en compagnie d’Akemi et de Cesar, de viens de le cueillir pour le presser contre moi retenant sa tête contre mon épaule. Il ne répond plus à mes innombrables questions au sujet de ce qui vient de se produire de l’autre côté. Néanmoins, je me doute, et mes propres yeux s’embuent alors que, finalement, j’abandonne ma quête de réponses pour simplement soutenir le père de ma nièce ou mon neveu. Je le laisse déverser sa peine en caressant ses cheveux châtains, n’osant pas ouvrir la bouche de peur de voir les sanglots que je retiens me consumer enfin. Je regarde la porte en tentant de deviner ce qui s’y profile de l’autre côté. Mais surtout, je prie de toutes mes forces, à qui voudra bien l’entendre. Que ma sœur s’en sorte, qu’elle nous revienne. Il y aura d’autres enfants dans ce monde, mais je n’ai qu’une sœur, elle est tout ce qui reste. Je refuse qu’on me la prenne, pas maintenant. Pas avant d’être vieille et abîmée par l’âge.

«Carla…»

J’entends sa misère, prenant écho en la mienne.

«Elle n’est pas… dis-moi qu’elle n’est pas…»

«Non. Je ne crois pas. On m’a demandé de sortir… le bébé ne pleurait pas… et ta sœur… ta sœur s’est mis à paniquer… puis le moniteur s’est mis à s’affoler… Et Carla elle est… Elle s’est évanouie je crois…»

Le bébé et la sœur. D’accord.

«Viens, allons nous asseoir.»
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MessageSujet: Re: Codages   Mar 17 Nov - 12:22

Assez. L’aube se dessine pour un troisième jour, douloureux. Le chat juché contre le promontoire, à l’orée de sa tanière, n’a pas dormi. Ni même fermé l’œil. Il l’a attendue, l’a cherchée dans l’obscurité opaque d’une nuit sans nuage. Inutile. La certitude frappant à sa nuque comme un long couteau glacé. Jamais elle ne reviendra. Il l’a vécu il y a plusieurs lunes déjà, il sait. Pour lui le cauchemar se répète. Aux premières lueurs du jour, son Clan devra se confronter à une nouvelle déception, à de nouveaux questionnements laissés sans réponse. Peut-être certains se mutineront, l’accuseront d’avoir causé ce tort aux siens en déclarant la guerre à un ennemi sans visage qui déjà les condamne à l'absence d’une bien-aimée lieutenante, d’une amie et d’une présence rassurante dans cette tribu. Peut-être le remettra-t-on en doute, peut-être le chassera-t-on. Il soupire en sentant les premiers rayons de l’astre solaire lui chatouille museau, un nouveau jour se lève dans une indifférence réservée. Les oiseaux printaniers chantent à nouveau de gazouillantes mélodies plutôt que de longues litanies comme il en serait plus approprié. Étoile Sombre s’extirpe de l’entrée de sa tanière pour s’aventurer contre le promontoire où vient observer les plus matinaux s’extirper de leurs rêveries nocturnes pour vaquer à leurs occupations quotidiennes. De nombreux regards se posent sur lui, sa silhouette telle une ombre contre ce rocher solennel, immobile et attentif.

Lierre Automnal. Disparue depuis deux jours entiers maintenant, après avoir entretenu un discours douteux au sujet de sa place parmi les siens. Étoile Sombre n’a pas su reconnaître les signes, il s’est contenté de la rassurer d’une blague habile sans vraiment se rendre compte de sa détresse. À présent, il reconnaît son erreur qui lui pèse un peu plus à chaque seconde qui s’écoule. Les siens l’observent, de plus en plus de regards s’élèvent en sa direction pour scruter ses traits ravagés par le doute. Or, il sait. Il sait au plus profond de lui-même qu’il doit continuer sur la voie dans laquelle il s’est engagé. Coûte que coûte, malgré la difficulté qu’ils doivent traverser, cet ennemi ne peut pas triompher.

«Chats du Clan du Tonnerre, approchez.»

Sa voix est profonde et grave. Il se tait dans un soupir lourd de sens, et l’ambiance se dégrade dans une sévérité palpable et douloureuse. Une attitude qui confirme le doute qui plane depuis quelque temps dans le campement du Tonnerre.

«Nous n’avons toujours aucune nouvelle de Lierre Automnale. Je sais. Vous êtes inquiets et je le suis aussi. Mais il n’est pas une raison pour abandonner. Pour céder à la terreur. Elle est ce qui alimente notre ennemi. Nous ne devons pas céder.»

Pourtant, il a peur lui aussi. La terreur lui fige les membres alors qu’il redresse pourtant la tête vers un ciel d’apparence limpide et dénué de toute forme d’obstruction. Pourtant, le représentant des Étoiles se sait surveillé, à chaque pas esquissé, à chaque mot prononcé. Il vibre du défi qui se présente à lui avec acharnement et détermination, tout en ressentant la peur toute naturellement associée. Il a trop à perdre désormais, et des responsabilités qui le dépassent encore.

«Ce matin, je pars à sa recherche. Nous couvrirons tout le territoire à la recherche de sa trace. Nous poursuivrons sa piste si nécessaire. J’aurai besoin d’une équipe pour m’accompagner. Ouragan Astral, Plume Bleue, Nuit d’Été et Nuage Matinal, vous vous joindrez à moi dans mes recherches. Je veux la présence d’un guerrier et d’un apprenti au camp en tout temps aujourd’hui, Hurlement de la Louve et Nuage de Fierté vous resterez ici aussi pour aujourd’hui comme je n’ai aucun moyen de garantir votre sécurité. Les autres, je vous prierais de suspendre les entraînements des novices pour favoriser la chasse.»

Il soupire avant de poursuivre. Il se sent si seul sans la présence de Lierre Automnal pour l’aider à organiser la vie commune du Clan.

«Je vous demande de garder la tête haute. Ces heures sont bien troubles pour toute la forêt, mais je vous demande d’y croire, de conserver votre foi en les Étoiles et en moi. Nous ne pouvons pas reculer devant la menace.»

Peu importe les conséquences. Étoile Sombre se laisse tomber du promontoire et rejoint le groupe formé par les siens avant de s’enfoncer dans la forêt qui l’a vu grandir sans la moindre hésitation.
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MessageSujet: Re: Codages   Lun 30 Nov - 21:25


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BADGE no°2
versus Kendra Wallace
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Je me souviens avec une pointe d’amusement de l’écœurement manifesté par mon allié lorsque j’ai évoqué l’idée d’apprendre cette attaque. Vous comprenez, quelle insulte que celle de développer sa force autour d’une technique d’apparence si… fabuleuse vous voyez? Ne me posez pas la question, je n'ai pas compris non plus en quoi s’armer de façon efficace contre un type pouvant mener à sa perte pouvait compromettre sa pseudo virilité. J’ai dû lui autoriser trop de temps en compagnie de mon ami Noah, dont la vision de la masculinité est tout aussi erronée et débile. Oui, Éclat Magique. Et rose. Et plein de paillettes. Et alors? Une fois que Ren a compris l’intérêt majeur de s’intéresser à cette attaque et qu’il a cessé son numéro de mâle insécurisé, il a finalement appris la technique avec son brio habituel. Le Mentali est puissant, très puissant, et je ne doute pas une seule seconde de ses chances contre un adversaire qui pourrait très bien le réduire en charpies pour peu qu’elle arrive à le toucher. Et voilà où est le problème pour notre adversaire. Mon ami de type psychique est fragile, vulnérable même aux attaques ennemies, mais il est aussi extrêmement rapide, si bien qu’il devient très difficile de même le toucher. J’ai l’intention de mener ce match de façon tout à fait impitoyable, de déployer toute la force de mon jeune allié qui n’attendait qu’une occasion de briller depuis son éclosion. Mon petit rayon de soleil. Ma tête brûlée obstinée aussi mais bon. Passons!

Je n’aime pas beaucoup que Kendra se taise à mes petites provocations. Quoi, on ne peut plus s’amuser désormais? Rah, elle est vraiment mignonne, c’est moi qui dois arrêter mes âneries et me concentrer sur ce match. Je souris et la laisse tranquille pour le moment, observant avec attention Ren qui s’est élancé avec une grâce impitoyable, suivi d’une longue traînée rosée parsemée de paillettes qui s’élèvent dans une explosion de couleurs. J’apprécie quelques instants la qualité visuelle de l’attaque, splendide et parfaitement orchestrée par mon ami, défaisant un peu mon masque de provocation pour simplement sourire avec une sincérité affectueuse vers le Mentali qui se démène. Il est beau à voir. Bientôt, il renverse son adversaire en un seul coup fulgurant de son Éclat Magique, avant de retomber habilement contre ses pattes, sa double queue dressée avec défi, le regard rivé vers la dresseuse. Il s’impatiente déjà du deuxième combat, il n’a envie que de la suite.

«Awesome, Ren.»

J’ai du mal à me retenir d’exploser de bonheur. Il n’est pas beau mon Mentali? Et le meilleur de tous? J’en suis tellement fière que je sautille d’un pied à l’autre en exposant un sourire de gamine. Tant pis ce qu’en pensera mon adversaire et ses airs de coincée du popotin, ce combat est celui de Ren et je ne voudrais pas qu’il en soit autrement.

«On est prêts, chérie, balance la sauce.»

Sur ce, je souris. Je crois que je commence vraiment à apprécier tout ceci.


Mentali ♂ - Ren - Synchro - Assuré - CT Éclat Magique reste au combat ^^
Merci beaucoup aux deux modos Very Happy

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MessageSujet: Re: Codages   Sam 26 Déc - 11:09


Les hippies domineront le monde

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feat. Natsume Shimomura
Il y a de ces moments, comme une longue respiration que l’on retient. Je les attends. Toujours en périphérie, à l’écoute, prête à tendre la main si nécessaire sans oser imposer ma présence, je ne souhaite que d’aider mes proches et les mener vers le bonheur si c’est possible. Mes ambitions me dévorent parfois, ont failli me coûter la vie à de nombreuses reprises, mais je ne parviens pas à m’en empêcher. Il s’agit d’un besoin tout aussi prenant que celui de manger, boire, respirer. J’ai besoin d’aimer et de rendre ce monde un peu meilleur, même si c’est au détriment de ma propre santé ou bien-être émotif. Et pourtant, je me sens fébrile à chaque moment où, contre toute attente, on s’avance bel et bien à moi pour me confier des paroles ou des impressions depuis longtemps enfouies. Un peu confuse aussi, car même si je l’ai souhaité très souvent, je suis toujours surprise qu’on finisse par me choisir. Je me sens privilégiée et un peu intimidée par la responsabilité qui l’accompagne. Je n’aurais jamais cru que Natsume pourrait se tourner vers moi pour y chercher du support. Nous sommes proches certainement, mais à ce point? Je n’aurais pas cru, du moins pas avec lui qui est si secret. Je ne regrette pas qu’il l’aille fait néanmoins, à lui de voir s’il s’ouvre véritablement ou s’il décide de nier ce que je viens de suggérer sans la moindre intention. S’il décide de se fermer alors je respecterai sa décision.

Le jeune homme choisit cependant de s’ouvrir, de saisir la main tendue. Je lui offre un petit sourire compatissant et légèrement amusé. D’ordinaire, il m’est plutôt difficile de le déchiffrer, mais cette fois ses soucis doivent le dépasser nettement car je peux effectivement ressentir sa détresse. Je ne suis guère surprise lorsqu’il évoque les événements du mois de juillet, en soupire néanmoins un peu en ressentant une pique froide envahir ma poitrine. Toujours aussi pénible que de revivre ces instants où j’ai erré dans les rues de mon enfance, ces mêmes rues parsemées de corps sans vie et du sang d’innocentes victimes. Je reste forte pour Natsume, qui semble y voir un autre problème. Faust. Évidemment. Protecteur avec lui au-delà des limites acceptables pour un adolescent en plein essor. Je peux l’imaginer, le visualiser même en ayant vu ces deux-là interagir à de nombreuses reprises. J’ai une pensée alors pour ma propre sœur, à imaginer ma réaction envers cette jeune femme si elle avait dû se trouver dans la même situation que le garçon à piques. J’en serais morte de chagrin. Je peux imaginer que c’est ce qu’a ressenti Faust, lorsqu’il a appris la terrible blessure de son cousin. Je peux aussi comprendre le point de vue de Natsume lorsque je considère la protection presque condescendante de mon propre frère à ses heures. Je soupire. Ce n’est pas une mince histoire que de s’aimer.

Non. De s’inquiéter n’y changera rien, évidemment, sauf de nous rendre un peu plus malades, un peu plus souffrants de ce mal qui nous consume, la dictature du Régime. Il s’agit d’un symptôme à mes yeux, et non vraiment d’une maladie en soi. Natsume a raison évidemment, mais il s’agit aussi de la nature humaine, de l’ordre naturel des choses. Surtout dans un monde où nous pourrions voir nos proches s’évaporer à tout instant.

«Je peux imaginer que ton cousin est inquiet. Je suis inquiète aussi pour toi, j’ai failli faire une crise cardiaque lorsque j’ai appris ce qui t’était arrivé. Au fond, je crois qu’il est simplement terrorisé de te perdre Natsume. Comme nous tous. Mais il ne fait pas arranger les choses et je ne peux que comprendre ta frustration. Je vis avec l’impression qu’on ne me prend pas au sérieux depuis tellement longtemps… Qu’on me surprotège de façon condescendante parce qu’on croit que je ne suis qu’une chose fragile, incapable de prendre soin de moi-même.»

Ma voix devient presque venimeuse, lourde d’une frustration depuis longtemps enfouie et facilement palpable. Natsume est venu cogner à la bonne porte. Je ne peux que comprendre sa situation. Je me tais quelques instants pour remettre de l’ordre dans mes idées avant de poursuivre.

«Je crois que ce qui s’est passé nous a tous ébranlés, beaucoup. Ton cousin se sent responsable de ton bien-être mais il doit comprendre que tu es très bien capable de prendre soin de toi-même. C’est dur d’accepter de lâcher prise néanmoins, parce qu’on se dit que si on le fait… l’autre pourrait en souffrir. Je ne sais pas si tu comprends?»

La situation est complexe, épineuse. Et amère. Injuste. Sans ce contexte, Faust agirait-il ainsi? Natsume et moi aurions-nous à nous sentir rabaissés et fragiles de par les agissements de nos proches, aussi bien intentionnés soient-ils?

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MessageSujet: Re: Codages   Sam 26 Déc - 16:33

Les mots prennent le sens que nous leur accordons. Un amoureux pourrait signifier pour un autre un compagnon de vie, un père de famille, un partenaire d’existence. Pour d’autres, un amoureux ne pourrait être qu’un baiser charnel, quelques gouttes de plaisir pour faire oublier les tracas quotidiens, un amant de la nuit. À mes yeux il s’agit à la fois d’un meilleur ami, d’un soutien immuable, d’une personne tout à fait unique dans ma vie. Quelqu’un en qui je pourrais avoir confiance, qui m’appartiendrait d’une façon, qui prendrait soin de moi. C’est ce que je souhaite voir Maxence devenir, ce pilier tranquille. Ce mot viendra changer ma vie pour peu qu’il accepte de le porter, il viendra changer ma définition même. Je ne serai plus cette jeune fille à la dérive qu’on ne parvient plus à réchapper. Je serai celle qui aura trouvé, dans le tumulte des jours et des nuits immobiles, le fruit de l’amour. C’est bel et bien ce que je ressens pour Maxence, une affection toute simple mais puissance, une attraction qui me pousse à lui tel un aimant. Il est mon nouveau centre de gravité, une perspective qui devrait m’effrayer mais… mais j’ai confiance. En lui, en moi. Les choses ne doivent pas être comme dans le passé, je crois qu’avec lui j’aurai le pouvoir de grandir, d’apprendre et de m’épanouir. Je réalise à présent à quel point j’ai changé à son contact. Est-ce donc ce qui a poussé ma sœur à revenir à moi? La pensée que je pourrais finalement m’en sortir, grâce à ce jeune homme que je tiens contre ma poitrine agitée de battements frénétiques?

Sa voix se fait entendre, apportant la réponse à ma question fébrile. Je m’y attendais, je n’aurais pas vu notre histoire changer de cap aussi rapidement. Nous le devions, de toute façon, peut-être était-ce écrit dans le ciel sitôt nos retrouvailles dans le parc. Je souris tout comme lui. Il doit le deviner dans la pénombre, on pourrait presque entendre mes joues craquer tant l’exercice m’est peu habituel mais sincère. Je me sens rougir alors qu’il me blottit contre lui, son nez enfoncé dans mes boucles dorées, son souffle se calquant au mien dans une symbiose majestueuse et silencieuse. Je soupire d’aise en venant dégoter sa main que je m’approprie en mêlant nos doigts. Le temps semble s’être figé, si bien qu’au retour de sa voix je sursaute. Si nous devrions sortir? Je n’en ai pas envie. J’ai envie de conserver ce secret, cet élan tendre que nous échangeons. Il fait chaud désormais dans ce placard, une chaleur rassurante et bonne. Néanmoins, je reconnais tout comme lui que notre absence attirera nécessairement les soupçons. Je soupire cette fois de déception en aventurant une main hésitante contre la porte. Maxence se décide à l’ouvrir et nous jaillissons dans le couloir où la lumière, pourtant tamisée, m’aveugle quelques instants. Je me recroqueville contre moi-même, les bras venant entourer ma poitrine. Ma déception est palpable mais effectivement, nous ne pouvions rester enfermés bien plus longtemps. Lorsque mon amoureux m’interroge au sujet de ce que nous devrions dire à ma famille, j’hausse les épaules, indécise.

«Il est peut-être encore un peu tôt… Je leur en parlerai bientôt. Mais pour l’instant j’aimerais que ce soit… notre secret.»

Je souris à ce dernier mot avant de presser rapidement ses doigts. Je n’ai guère le temps d’ajouter quoi que ce soit que mon père jaillit dans le couloir, visiblement mécontent. Il n’a rien vu de mon geste tendre envers lui, au moins. Je me sens toute excitée de cacher quelque chose à ceux qui m’ont mis au monde, comme s’il s’agissait d’un jeu. J’ai simplement envie, ne serait-ce que quelques instants, de conserver pour moi cette information.

«Hé bien, vous venez vous deux ou quoi?»

J’hoche la tête et suis mon père dans la cuisine. Là-bas nous attendent ma mère et ma sœur. Elles encadrent, de chaque côté de la table, un immense gâteau au chocolat et au caramel, où luisent une dizaine de chandelles colorées. Je m’en approche de petits pas délicats avant de souffler. Je n’ai qu’un vœu cette année, et il s’est déjà réalisé. Nous servons les parts et je goûte avec délice au gâteau préparé par ma mère. Un véritable délice.

«J’aimerais bien apprendre à cuisiner. Tu sais cuisiner, toi, Maxence?»

Ces dernières années, j’ai surtout concocté des plats congelés. Vous savez, les mettre au micro-ondes, tout ça. Très compliqué. J’observe le jeune homme, un sourire enfantin aux lèvres. Dans mon esprit, il sait tout faire, de la cuisine… jusqu’à réparer les cœurs les plus meurtris.
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MessageSujet: Re: Codages   Sam 26 Déc - 17:13

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CHARIKUis the best Pokémon ever
J’ignore où nous allons. Nulle part peut-être. Est-ce vraiment important la destination lorsqu’on vit une aventure? Paradoxal que ma tendance à toujours vouloir vivre de la manière la plus intense, la moins banale, de prendre les chemins épineux… tout en vivant dans la peur constante d’agir ainsi. Je m’inquiète, je ressasse, je m’imagine toutes sortes de scénarios impossibles. Je me demande pourquoi j’ai si peur, si j’ai peur depuis la mort de mes parents. Car lorsqu’on revient tranquillement de l’école une soirée ordinaire pour finalement trouver la porte entrouverte, et nos parents dans une mare de sang au salon, j’imagine que les éventualités, aussi banales soient-elles, finissent par provoquer une part de stress. J’aimerais me sentir autrement, j’aimerais suivre Riku sans avoir à craindre ce qui va se produire. Car en fait je me sens bien en sa compagnie. Elle m’est sympathique, différente de bien des jeunes filles de notre âge que j’ai rencontrés. Elle parvient à me rendre à l’aise, je me sens comprise aussi en sa compagnie. Je n’ai aucune raison de m’en faire et pourtant la nervosité est présente alors que nous nous mettons à déambuler dans ces rues que je connais par cœur. Je préfère ne pas y penser, bientôt absorbée, de toute façon, par notre conversation qui nous entraîne dans des terrains plutôt familiers pour moi. Je n’ai pas l’habitude des conversations sur les garçons, mais de discuter de Cesar m’est tout naturel… après tout il s’agit de mon meilleur ami.

Les questions de Riku m’amusent néanmoins. Je me demande un peu ce qui l’intéresse tant à savoir avec tout ceci… est-ce important de savoir à quoi il ressemble, vraiment? Il semblerait que oui, du moins pour elle. J’entreprends de dénicher mon téléphone dans mon sac. Je constate que j’ai loupé plusieurs appels, la majorité d’entre eux de la part d’Aeryne. Il semblerait qu’on nous cherche, ce qui me tire un petit sourire mauvais. Tant pis pour eux, tant pis pour le monde entier s’ils nous cherchent parce que nous, nous sommes libres et nous faisons ce qui nous plaît! Je trouve une photo de Cesar récente et lui montre en ressentant une bouffée de fierté que je ne parviens pas à m’expliquer.

«C’est lui. On se connaît depuis plus d’un an on s’est rencontrés de façon euh… Originale. Il a défoncé ma porte sans faire exprès à vrai dire. Puis on est devenus de meilleurs amis et j’ignore comment… on est tombés amoureux. En-enfin pardon c’est niais. Il est vraiment gentil, il est très sympathique et toujours souriant, c’est difficile de ne pas l’apprécier.»

Je conserve mon téléphone dans mes mains en me tournant vers la rouquine, qui s’est mis à me répondre au sujet de sa propre situation. Il semblerait qu’elle soit seule, et avec deux cousins lui prenant tout son temps, elle n’a pas trouvé l’occasion de s’en chercher un. Je souris un peu tristement. J’aurais bien aimé ne pas avoir une minute à moi avec la mienne, mais les événements en ont décidé autrement. Je pense beaucoup à mes parents et à mon petit frère ces derniers temps… ce doit être la grossesse presque à terme de ma sœur.

«Parlant de famille, regarde, ça c’est ma sœur. Elle est enceinte de huit mois, le bébé devrait naître d’ici quelques semaines… tu imagines, je vais être tata!»

Un sourire éclaire mon visage alors que nous tournons sur le grand boulevard. Autour de nous, la foule est compacte, pleine de visage rieurs, de kiosques de nourritures aux odeurs alléchantes, de boutiques spectaculaires et d’amuseurs de foule. J’aime bien la place des festivals. Toujours vivante, même si la foule me rend un peu nerveuse.

«Ce n’est pas essentiel un copain je me dis. Enfin, j’espère quand même que tes cousins te laissent l’occasion de sortir un peu et de penser à toi, parce que c’est vraiment important. Un jour tu rencontreras sûrement le bon gars… moi ça m’est tombé dessus sans que je ne m’y attende. Des fois, j’ai encore du mal à y croire!»

Je rigole. Je me sens mieux à présent. J’aime bien Riku décidément.

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MessageSujet: Re: Codages   Dim 27 Déc - 16:27

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NO ONEwants to be defeated
Le combat. Il s’agit d’une véritable passion chez moi, une passion qui se devine aisément à l’éclat sauvage de mon regard, aux tremblements agitant mes membres, et à ce pas que j’ai formulé en direction du terrain. Cette lutte que nous livrons est la première sous cette nouvelle forme et j’ai encore tout à découvrir. Chapignon est depuis longtemps un de mes préférés, j’ai du mal à rester concentrée sur ce qui se passe sur le terrain tant ma Gaiya est jolie ainsi. Heureusement, l’excitation me tient éveillée. Mon regard se perd sur chacun des mouvements de mon alliée, enregistrant mentalement tous les petits détails à corriger, ceux à améliorer, ceux parfaitement réussis. Nous aurons l’occasion de tout revoir ensemble, d’étudier la question et d’affiner ce qui doit l’être. Pour le moment, je me contente de vivre ce combat de toute ma passion dévastatrice. Les deux adversaires se dirigent l’un vers l’autre. Plus question d’éviter ou de parer, nous allons assister à un pur témoignage de force. Je retiens mon souffle quand les deux adversaires se rencontrent. Le silence envahit le terrain alors que les deux semblent se mesurer du regard, jusqu’à ce que finalement le fidèle Dino s’échoue contre le flanc, vaincu. Son dresseur s’empresse de le rejoindre et je le suis du regard avant de réaliser que nous venons d’emporter cette première manche. Une jolie victoire, mais mon alliée est complètement épuisée. Je m’approche à mon tour, l’entourant de mes bras avec précaution afin d’éviter d’être contaminée par le poison qui l’afflige.

«Bravo ma belle, je suis tellement fière de toi… tu as fait une très belle performance, mais il est temps de céder ta place à un autre maintenant et d’aller te faire soigner, d’accord?»

Gaiya, contrairement à énormément de mes compagnons, ne possède pas la même obsession de finir à tout prix ses combats même lorsqu’elle se trouve en mauvaise posture. Au contraire, elle accepte parfaitement ses faiblesses. Elle sait quand terminer pour se reposer. Elle ferme les yeux contre moi et je la rappelle dans sa balle avant de me redresser en direction du garçon. Ce dernier propose de terminer le combat ici, ce qui me surprend énormément. La majorité des jeunes dresseurs que je connais tenterait tout pour une cagnotte d’argent qui leur permet de subvenir à leurs nombreux besoins. Peut-être le jeune homme n’en a-t-il pas l’utilité. Dans tous les cas, j’hoche la tête pour accepter sa suggestion, bien qu’un peu déçue de savoir ce combat avorté. J’aurais bien aimé poursuivre jusqu’à la toute fin. Je devine néanmoins chez mon adversaire une sorte de trouve que je ne parviens pas vraiment à identifier… mais il semblerait qu’il remette en question sa perspective sur les combats. Je souris, satisfaite. J’aime bien apporter quelque chose à la vie de mes challengers, de les pousser au-delà de leurs limites. Je n’ose rien rajouter, il s’agit de sa vie après tout. Lorsqu’il propose de discuter un peu plutôt que de poursuivre, je suis un peu surprise, mais j’accepte d’un sourire. La foule se disperse, tout aussi déçue que moi de voir ce combat ajourné, nous laissant seuls.

«Ça me fera plaisir de répondre à tes questions, à condition que tu cesses de me vouvoyer. Viens par ici, j’ai un petit salon à côté. Je vais préparer du thé.»

Préparer du thé pour mes convives fait partie de ma culture profonde. Il s’agit d’une habitude que j’ai prise de mes parents, puis de ma sœur. Je vais à la cuisine après avoir dirigé le garçon dans le petit salon. Je reviens avec une théière encore fumante et odorante, ainsi qu’une assiette de biscuits et une de baies pour ses Pokémon s’ils en veulent. Akemi, ma Galifeu, se place à ma droite sur le sofa et pique pour elle-même une baie épicée dont elle raffole.

«J’ai l’impression que ce combat a été significatif pour toi… Tomy c’est ça? Tu peux me poser toutes les questions du monde, ça me fait plaisir.»

Je nous sers deux tasses avant de m’assoir confortablement sur mon sofa. Je regarde mon interlocuteur, curieuse de savoir ce qui le tracasse autant.
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MessageSujet: Re: Codages   Dim 27 Déc - 19:00


♦ IT'S A RAINY DAY ♦feat. Rainea Spring
La pénombre se referme sur nous. Il pleut si fort que je n’y vois que de quelques centimètres devant moi. J’avance à tâtons, en me fiant aux instincts affutés de mon compagnon qui glisse silencieusement à mes côtés. Il y a deux ans, la perspective de me retrouver au cœur de la nature sauvage m’aurait effrayée, confrontée à un univers tout nouveau et déroutant. Néanmoins j’ai changé d’opinion. Ici sur Enola, tout se dresse au rythme dicté par la nature. Je m’y sens à ma place, même si transie de froid sous mon imperméable. Je connais la route vers la maison, ma maison en symbiose avec cette jungle qui l’entoure. Je m’assure à de nombreuses reprises que la jeune femme perdue dans les bois sait suivre mes pas, mais il semblerait qu’elle n’ait pas perdu une seule seconde de son temps pour nous emboîter le pas. Je discerne à peine son visage sous ce déluge, mais devine aisément son soulagement devant ma proposition fort généreuse par ces temps troubles. Je nous guide jusqu’à la maison avec assurance, acceptant ce silence avec humilité. Je voudrais bien lui poser des tonnes et des tonnes de questions, mais la pluie aurait tôt fait d’avaler nos paroles. Je me contente donc d’avancer, émergeant finalement dans ma cour où nous accueillent quelques cris provenant de la cabane des Pokémon, cherchant à nous saluer à leur façon. Je nous dirige vers la véranda, couverte en partie par le toit. Sitôt je quitte la pluie diluvienne que je me sens bien mieux. Avec un soupir, je me retourne vers la jeune femme, dont je parviens finalement à percevoir les traits.

Il s’agit d’une jeune femme d’environ mon âge, aux longs cheveux rosés (ce qui bien sûr me tire un sourire… copine!). Elle est jolie et semble pleine de vie, d’ailleurs son enthousiasme me prend quelque peu de court. J’éclate de rire, elle me fait un peu penser à moi avec son énergie débordante. Je l’aurais laissée m’étreindre ce n’est pas vraiment ça qui me gêne, mais effectivement le moment est plutôt mal choisi. Je souris sincèrement en retirant mon imperméable alors qu’elle me remercie de façon sincère. J’abandonne le morceau de vêtement contre le pas de la porte et ouvre pour nous. Ainsi, la jeune femme s’appelle Rain… c’est plutôt comique de se rencontrer sous la pluie avec un nom pareil. Je rigole quelques instants avant de l’inviter à l’intérieur. Je cours à la salle de lavage nous dénicher des serviettes propres. Je lui en tends une.

«Je suis Victoria, bienvenue chez moi. Ça me fait plaisir voyons. Vous devez être frigorifiés… Je t’en prie, faites comme chez vous, ta Ouisticram et toi.»

Sirius, lui, est resté à l’extérieur. Je retire mes chaussures et m’empresse de préparer une boisson chaude pour mon invitée, cette fameuse Rain. Comme elle doit faire à peu près ma taille, je vais lui chercher de mes vêtements et les pose contre la table de la cuisine d’où nous sommes rentrés.

«Tu peux aller te changer dans la salle de bain qui est la première porte à droite de ce couloir. Je vais sécher tes vêtements dans la machine quand tu auras terminé. Tu as faim? Moi j’ai un petit creux.»

Je m’adresse à elle comme à une vieille amie. Elle est mon invitée après tout, je n’ai rien à craindre d’elle… surtout pas dans ma maison où tous mes alliés veillent sur moi. Je reste dans la cuisine pour préparer un petit goûter tandis que Rain va se changer. Je prépare des craquelins avec du fromage et des figues, rien de bien compliqué. Je prépare aussi du thé pour nous réchauffer. Je suis bien heureuse que la rose soit présente avec moi à vrai dire. J’ai enfin de quoi me changer les idées ce soir, puis de faire de nouvelles rencontres m’a toujours fait plaisir. Je regarde la pluie à l’extérieur en pensant à mon amoureux et à son fils. Je me demande s’ils vont bien, s’ils s’amusent tous les deux. Toujours en train de m’inquiéter… j’imagine que c’est ce que c’est lorsque nous aimons.
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MessageSujet: Re: Codages   Ven 8 Jan - 17:45

J’y ai longuement réfléchi, l’ai envisagé sous toutes ses facettes avant de trouver une solution parfaite. Il ne s’agissait pas vraiment d’un problème à proprement parler, mais je tenais à rendre l’événement spécial, à prendre le temps de faire les choses en grand. Il m’est venu l’idée en m’aventurant dans les rues plus résidentielles de la capitale, pas trop loin de mon quartier tout de même. J’aime bien ce coin d’Amanil, avec ses rues sinueuses ponctuées d’arbres et de palmiers, de terrepleins fleuris et de jolis sourires. Il y règne une certaine paix que je retrouve sur ses allées dallées, mais plus particulièrement à errer en son cœur dans ma voiture noire aux vitres teintées. J’y parais très souvent incongrue, le coin est plutôt familial et on y voit rarement ce genre de bagnole ici, au profit d’immenses camionnettes traînant une multitude d’enfants braillards. Mais le meilleur attrait de ce quartier est l’église, une grande bâtisse élégante entre deux maisons, un portrait incongru dans ces contrées. Une once de beauté austère que je me plais à épouser du regard pour une énième fois, comme je l’ai fait cette fameuse soirée où j’avais besoin de prendre de l’air, celle où j’ai enfin eu l’idée qui viendrait révolutionner l’existence de deux de mes compagnons. Je franchis les marches de l’édifice avec assurance, entraînant à ma suite deux êtres un peu nerveux certainement, chacun à leur façon. Pinto la Pikachu m’offre un regard assuré, déterminé voire batailleur, tandis que son ami l’Elektek, Zeek, se mure dans un silence solennel que je respecte. Pour ma part, je ne tiens plus en place.

Les grandes portes de l’église s’ouvrent sur une longue allée encadrée de rangées de bancs, vides. En entrant, je dépose dans un petit panier le contenu de mes poches, une quantité généreuse d’Opals, avant de m’avancer vers l’autel à l’effigie du dieu créateur, le saint Arceus. Pendant un instant, je me contente de l’observer, sa noble posture, l’éclat rougeâtre de son regard. Je m’y perds avec l’impression sordide qu’il m’y scrute, lui aussi. Qu’il juge le cœur même de mon âme, mes émotions, mes ambitions comme mes craintes les plus profondes. Je me défais de ma contemplation en m’ébrouant, avant de rejoindre les quelques marches qui mènent à l’autel devant lequel je m’accroupis quelques instants pour adresser prières et respect à l’être supérieur qui me surplombe avant de chercher du regard la gardienne des lieux. Sans grande surprise, je la remarque à quelques pas, son éternel sourire empreint de bonté et son regard enfantin. Je me redresse avec entrain avant de la rejoindre en quelques foulées énergiques. Avant même de la saluer, je viens l’entourer de mes bras avec affection et de la tirer contre ma poitrine. Je l’entends hoqueter de surprise, je l’entends sourire, j’entends son cœur qui bat contre le mien. Lentement, sa main envahit mon dos en y décrivant une caresse doucereuse qui me détend, qui m’apaise.

«Je savais que vous reviendriez vers la lumière, mon enfant.»

Je me détache d’elle, le regard humide. De longs mois nous séparent de notre dernière rencontre, la veille de ma tentative. J’ai pensé à elle souvent depuis, et j’imagine qu’il s’agit du cas pour elle aussi. Elle avait compris, à l’époque, ce que je préparais. J’étais loin, bien trop loin pour réaliser la main tendue, cloîtrée dans un monde tout en noir et désespéré. La jeune femme qui se présente à elle aujourd’hui a retrouvé le sourire, la rage de vivre. Mère Isolde, prêtresse de ces lieux, se détache de moi pour entourer mon visage de sa main, comme pour scruter mon âme.

«Qu’est-ce que vous a décidée?»

J’hausse les épaules en soufflant quelque peu. Je cherche encore la réponse à cette question. Bien sûr, l’intervention d’Alexander aura sans doute servi à me ramener sur Terre, mais ensuite? Rien de bien précis, j’imagine. J’ai simplement trouvé ma voie.

«Je l’ignore encore. Mais je vais mieux. Beaucoup mieux.»

Elle sourit sincèrement avant de se détourner en direction de mes Pokémon qu’elle considère un instant silencieusement. Je la sens absorbée par des pensées qui dépassent ma seule situation, mais je décide de ne pas la questionner, jusqu’à ce qu’elle avance ces quelques mots :

«Pour moi c’était Dieu.»

Incrédule, je la considère avec perplexité. Ces prêtres m’ont toujours parue inatteignables, inaccessibles, presque inhumains. Comme détachés du reste du monde, protégés par l’aura divine de leurs saints. Comment expliquer alors qu’une femme si sage ait pu se retrouver au pied du mur, tout comme je l’ai pu il y a plusieurs mois? Mère Isolde, plus encore que ses semblables, me paraît entourée d’une énergie paisible, comme si on l’avait préservée toute sa vie des horreurs qui se perpètrent hors de cette enceinte intouchable. Ma surprise lui est palpable car je la sens sourire en soupirant, avant de m’inviter à m’asseoir sur ces mêmes marches où j’ai trouvé refuge lors de notre première rencontre. Je n’avais pas réalisé à quel point cette prêtresse a pu être un personnage pivot dans mon histoire de la dernière année et pourtant… Pourtant je ne connais toujours rien d’elle. Pourquoi s’intéresser à la personne sous la toge, quand celle-ci fait tous les efforts possibles pour se distancer de son individualité en dédiant sa vie, ses rêves et autres aspirations à une divinité, à une cause qui a effacé ce qu’elle est véritablement? Plusieurs n’y verrais pas l’intérêt et pourtant je pense différemment. Cette femme m’a aidée, elle m’a soulevée, et encore aujourd’hui mes pas m’ont décidée vers elle.

«Vous vous êtes perdue aussi, Mère Isolde?»

Une sorte de tristesse et de honte envahit son regard alors que nous nous asseyons toutes les deux, dans l’ombre sacrée de l’autel. Je lève les yeux vers elle pour y guetter ses émotions. Elle ne parvient plus vraiment à les retenir comme à son habitude. Je la sens hésiter, formuler des paroles qui ne se décident pas à être prononcés. Puis elle hausse les épaules avant de m’offrir les mots les plus humains que j’ai jamais entendus de sa part.

«Comme nous tous j’imagine. Oui, je me suis perdue, Cassey.»

«C’est pour ça que vous êtes devenue prêtresse? Je veux dire… Ce n’est pas tellement une vie que plusieurs personnes choisissent. Il faut vivre seule, dans une église, dédier tout son temps aux autres, ne plus rien posséder pour soi, renoncer à une vie familiale, à un mariage… au sexe bonté divine!»

Pardon, mais c’est de dépasser certaines limites acceptables pour moi. Mère Isolde rigole et rougit un peu en m’entendant prononcer ces paroles, mais ses yeux jettent des étincelles. Mais oui, vous ne dupez personne, petite prêtresse, vous êtes humaine comme nous tous! Je m’explique néanmoins avec un peu plus de rigueur.

«Enfin, tout ça, ça a dû être justifié par quelque chose, pardonnez ma curiosité…»

«Oui, bien sûr. Je suis tombée si bas que je n’ai trouvé qu’une seule solution à mes problèmes, celle de me dédier corps et âme à Saint Arceus. J’ai fait beaucoup de tort à mon entourage durant ma jeunesse Cassey, j’y ai vu une façon de me racheter. J’ai menti, j’ai trompé, j’ai volé, j’ai déçu et blessé.»

Je l’observe, le regard brillant d’une sorte d’admiration. Il est difficile de reconnaître ses torts, et pourtant Mère Isolde m’en parle avec un détachement qui ne peut être qu’indicatif de son sentiment de paix par rapport à ses événements. Je comprends qu’elle devait se pardonner, que d’emprunter cette voie le lui permettait, pleinement. Je souris avec douceur, un peu amusée. Je découvre tout un pan de mon ange gardien, une part un peu plus épicée. Malgré sa douceur maternelle, la prêtresse semble cacher un côté plus sombre qui ne la rend que plus appréciable à mes yeux. Elle a fait des erreurs et je ne peux que la comprendre.

«Vous étiez quoi… une petite rebelle comme moi?»

Nous éclatons de rire simultanément. Il est vrai que j’ai eu mes moments aussi, surtout dans mon adolescence. Et que même aujourd’hui, je n’entre pas tout à fait dans le moule attendu par nos sociétés. J’ai du mal à imaginer la femme drapée de blanc comme moi, en train de s’insurger du monde entier et suivre son propre rythme, au détriment des autres.

«J’étais une junkie. Complètement dominée par mon addiction. J’ai fait des tonnes d’erreurs qui me hantent encore aujourd’hui, qui jamais ne me laisseront vraiment en paix. Ici, je me sens protégée contre moi-même, contre l’enfer que j’ai vécu. Je peux offrir un peu aux autres tout l’amour dont j’ai manqué, un peu de sagesse acquise pendant mon parcours.»

Je reste longuement silencieuse. Junkie. Ce mot tombe lourdement entre nous deux, lourd de sens. Sa situation m’apparaît alors clairement. Elle a dû mentir à de nombreux proches, voler pour obtenir sa dose, décevoir ceux qu’elle aimait. J’ai vu de nombreux amis s’égarer dans cette spirale infernale. Je soupire en devinant sa souffrance. Je me demande pourquoi elle accepte de m’en parler alors que nous ne sommes pas si proches, mais peut-être que ce soir, elle se sentait le cœur à parler, ce que je respecte totalement. Un peu par instinct, je porte mon bras derrière son dos et l’attire contre mon épaule pour un câlin bien mérité. Parfois les mots ne suffisent pas à exprimer quoi que ce soit. Dans tous les cas, j’aimerais lui dire que peu importe son passé, moi je l’aime bien ma Mère Isolde. Je me retire en regardant son visage, un peu comme pour la première fois. Je réalise qu’elle est moins vieille que ce à quoi je m’attendais, probablement vers la mi quarantaine tout au plus. Ses yeux sont d’un gris-bleu glacé et pénétrant, animés d’une lueur vivante et sage, probablement ce qui m’a dupée d’autant plus qu’un voile blanc recouvre ses cheveux.

«C’est vrai qu’on est bien dans cette église. J’aurais aimé que vous me disiez tout ça quand je suis passée pendant ma… crise. J’y aurais vu un espoir que je m’en sortirais.»

«Tu devais trouver la solution par toi-même, ma chérie. Nous avons tous un chemin à prendre. Tu avais bien trop besoin que je te dise ceci pour que mes paroles ne te soient utiles. Comprends-tu?»

Oui, bien sûr que je comprends. Personne ne pouvait daller le chemin devant mes pieds. Je ne pouvais pas avancer tant que je ne m’y décidais pas par moi-même. Peu importe ce que Mère Isolde aurait pu dire. Je ne l’aurais même pas crue. Je devais trouver ma propre solution, aussi cliché tout ceci peut bien paraître.

«Je comprends.»

Je reste ainsi, silencieuse, à tenir sa main. Zeek et Pinto, immobiles depuis le début de notre conversation toutes les deux, se décident à avancer, y voyant une opportunité de déclencher ce qu’ils attendent tous les deux avec énormément d’impatience. Je me redresse pour me diriger entre les deux, offrant un sourire enthousiaste à la prêtresse. Elle se lève à son tour et nous observe avec curiosité. Elle doit se demander ce que nous mijotons.

«Mère Isolde, mes Pokémon Zeek et Pinto et moi avions une requête à vous adresser. Nous aimerions procéder à une évolution ici, dans cette église, juste devant l’autel. L’opération ne devrait durer que quelques minutes, mais nous tenions à le faire dans un lieu significatif. Seriez-vous d’accord?»

Au sourire qu’elle nous adresse, je suis aussitôt rassurée.

«Mais bien sûr, je vous en prie.»

Elle fait signe vers l’autel duquel je m’approche, y posant les deux objets qui permettront à mes alliés de changer de forme vers leur stade suivant. Je respire un bon coup, fébrile et pleine d’excitation, avant de me retourner vers mes deux compagnons qui ont pris place, côte à côte, tout aussi impatients que moi. Je leur souris avant de prendre la parole.

«Ce soir, nous sommes rassemblés ici pour fêter le passage d’Elektek en Élekable, et de Pikachu en Raichu des deux Pokémon qui se trouvent devant moi. Zeek, tu as été très courageux et dédié envers ton équipe depuis ta naissance, et malgré ton jeune âge tu y a pris une position de leader très importante. Sans toi, rien ne serait pareil. Tu as aussi remporté notre tout premier Badge, tu es prêt pour cette évolution.»

Zeek illumine de fierté alors que des éclairs gênés traversent sa fourrure jaune. Une créature tout aussi puissante qu’attendrissante.

«Pinto, ma petite Pim. Tu as choisi notre équipe sur un coup de tête, et depuis tu es une tête de proue de notre bande. Ton énergie contamine tous ceux qui te côtoient. Tu es un atout considérable pour nous tous et une amie précieuse. Tu es prête pour cette évolution.»

Pinto ne sourit pas. Ses prunelles brûlent d’une conviction palpable. Je lui adresse un petit salut de tête avant d’inviter mes deux amis à changer de forme au contact des objets causant la transformation.

«Vous pouvez vous avancer.»

Ils ne se font pas prier. D’une démarche calquée l’une sur l’autre, ils avancent, pleins de solennité, avant de toucher l’Électriseur et la Pierre Foudre. Lentement, Élekable et Raichu prennent forme sous le regard de Mère Isolde et du Saint Arceus. Pour ma part, je regarde ailleurs, ne me retournant que lorsque la transformation est complétée. J’ai le souffle coupé devant la taille de Zeek, qui n’était qu’un petit bébé il y a quelques mois… Et que dire de Pinto, magnifique avec sa nouvelle fourrure orangée et sa longue queue prête à broyer ses ennemis.

«Amen.»

Je ne trouve rien à rajouter devant le miracle venant de s’opérer sous mes yeux.
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MessageSujet: Re: Codages   Dim 10 Jan - 16:43

Une partition? Peut-être. Mascarade a envie d’écrire leur histoire, tout en musique, ce lien qui inlassablement les a unis. Deux personnalités presque opposées ayant trouvé un terrain d’entente. Une façon de s’exprimer, un langage commun. Une mission personnalisée aussi, si peu on y porte une attention particulière. Pour une fois, Mascarade n’est pas venue pour gagner, pour vaincre ou écraser qui que ce soit, mais vraiment pour faire vivre un peu de la fantaisie qui nécessairement la saisit lorsqu’elle se décide à performer en compagnie de l’étoile de mer. Vivaldi ne fut jamais le membre de l’équipe le plus exigeant, le plus travailleur ou le plus affectueux. Il offre à sa dresseuse autre chose, une autre perspective sur elle-même et sur le monde qui l’entoure. Neptune et Kristoff ont juré de la protéger contre vents et marrées, Anika l’apaise, Majesta est sa confidente mais lui… Lui est la petite étincelle qui illumine ses jours lorsque les doutes l’étreignent, lorsqu’elle se sent trop petite ou trop insignifiante pour poursuivre son chemin. Encore aujourd’hui, il brille de mille feux sous les projecteurs et les gerbes colorées provenant des explosions des notes de musique, il brille avec une telle innocence, une telle candeur et une telle sincérité qu’elle peut que sourire avec la même énergie bienveillante bien que quelque peu provocatrice, comme une invitation au jeu. Avec une impossible précision, les notes de musique d’Anna explosent sous l’effet combiné du rayon aux multiples facettes et des bulles chargées d’énergie, causant une symphonie de sons distordus et chaotiques pourtant parfaitement agencés à l’air engagé par la Coordinatrice. Viens, viens si tu oses, semble dire Vivaldi alors qu’il laisse la fureur de ses attaques exploser près de lui, le long ruban explosif poursuivant son règne rythmique sur le terrain.

Mascarade et lui ne vivent plus que de l’extase du moment, une exultation provoquée non plus par l’ardeur d’une compétition insolite mais par la force d’une passion commune et pleinement réalisée. Ils invitent Anna à les rejoindre, son dresseur à ressentir lui aussi, cette grande animation qui les a saisis. Comme répondant à leur appel, la féline s’avance avec une assurance frisant la provocation face au danger encouru et qui pourtant ne semble pas la troubler outre mesure. La jeune Coordinatrice apprécie son courage, elle a toujours adoré des adversaires prenant des risques, et elle n’est pas déçue du résultat. Malgré les dommages qu’elle doit subir de par les éclats ardents des explosions, elle poursuit son chemin avant de provoquer, tout autour d’elle, un ballet étrange de vortex où viennent se perdre les derniers résidus des attaques explosives, comme aspirés par les ténèbres. En voyant ainsi ses créations disparaître, Vivaldi ne s’insurge pas outre mesure, sachant pertinemment qu’elles resurgiraient au moment où la Mystigrix le jugerait opportun, tel un emprunt de son pouvoir. Son pouvoir. La jolie chatte bicolore peut bien de permettre de canaliser son énergie destructrice, mais elle ne doit pas se bercer de désillusions. Ces bulles et rayons colorés lui appartiennent et finiront toujours par obéir à leur créateur et maître, l’étoile de mer qui s’est reculée pour mieux apprécier le spectacle offert par la femelle.

Car le spectacle est loin d’être terminé. Toujours à mi-chemin entre le sol et les airs, la féline poursuit sa prestation en s’entourant de frivoles feuilles aux teintes multicolores. Une part de cet essaim contrôlé par leur reine se détache du groupe pour venir entourer Anna, couvrant son corps d’une étoffe dont elle seule a le secret. Une robe se forme contre elle, costume élégant qui la met en valeur de son pelage blanc probablement encore humide de son passage dans les eaux furieuses de l’étoile de mer. Mascarade remarque avec une pointe d’amusement que son vis-à-vis se couvre progressivement, lui aussi, des mêmes feuilles colorées rappelant vaguement des paillettes. Son costume change, pour ressembler en tous points à celui de son alliée. Il fallait y penser avant, se dit la challenger qui, depuis le départ, arbore une robe rappelant l’océan avec des voiles scintillants et ses détails en forme de coquillages. Néanmoins, elle doit reconnaître la beauté du spectacle offert par Anna, qui éclipse son dresseur en s’hissant avec grâce sur un escalier de feuilles dont les marches se dissolvent à sa descente. Les lumières se sont tamisés, chaque éclat n’en est que plus profond et accrocheur. Vivaldi, dans cette pénombre, paraît presque inquiétant. La lueur de son joyau jette une aura rougeâtre tout autour de lui, qui contraste avec le spectacle multicolore de son adversaire. Les membres tremblants d’appréhension, il attend son arrivée sur ce même plancher humide où il repose. On devine, à la surface, quelques remous inconsistants, quelques traces subtiles de son excitation. Le sol se retrouve bientôt lui aussi couvert, sans toutefois toucher le Staross qui devine une menace imminente. Lorsqu’Anna cesse de chanter pour laisser tout le loisir à son dresseur d’adresser la parole à sa challenger, le Pokémon aquatique sait que la contre-attaque ne tardera pas à lui parvenir. Il s’impatiente.

À l’interrogation du Prince, Mascarade se contente d’une moue inaccessible et hautaine. Elle a autre chose à faire que de penser aux apparences, apprécie néanmoins par vanité l’attention prodiguée par le Champion Coordinateur. Ce qui l’intéresse sous ce masque, elle l’ignore, il lui semble n’avoir rien à lui offrir de plus que les tripes qu’elle déverse dans sa performance. La jeune femme reporte son attention sur les machinations de la féline, dont les feuilles ont repris leurs mouvements, s’élevant telle une ombre menaçant en emprisonnant à nouveau Vivaldi, cette fois en l’incluant dans le lot. Cette fois, l’étoile de mer ne se laisse pas aller à la panique, d’autant plus que, de l’autre côté, sa dresseuse vient d’entamer une autre vieille chanson bien aimée, I love rock and roll par Joan Jett & The Blackhearts, qu’elle joue avec une véhémence étonnante pour une musicienne préférant habituellement les longues chansons lyriques.

I saw him dancin' there by the record machine
I knew he must a been about seventeen
The beat was goin' strong
Playin' my favorite song

Le moment est venu. Leur finale en pleine préparation. À l’intérieur, Anna semble avoir d’autres plans pour eux, mais ils se fichent des rivalités. Ils suivront leur propre rythme jusqu’à la fin. Le rock and roll qui emplit leur cœur du désir de vaincre.
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MessageSujet: Re: Codages   Dim 17 Jan - 14:50

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OURAGAN ASTRALLieutenant • 30 lunes • Tonnerre
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    Nuage Ambré est un apprenti de six lunes du Clan de l'Ombre. Il est taciturne, calme et semble tout le temps pensif. Il s'ouvre aux gens à partir du moment où il les connait bien. Il est alors amusant, railleur et est un ami loyal. Son pelage est long de couleur marron et ses yeux sont verrons, l'un est bleu clair, l'autre vert clair. Nuage Ambré est un apprenti de six lunes du Clan de l'Ombre. Il est taciturne, calme et semble tout le temps pensif. Il s'ouvre aux gens à partir du moment où il les connait bien. Il est alors amusant, railleur et est un ami loyal. Son pelage est long de couleur marron et ses yeux sont verrons, l'un est bleu clair, l'autre vert clair.

♦ LIENS X
• Nom du personnage, ♀/♂, Clan
Description du lien.
• Nom du personnage, ♀/♂, Clan
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• Nom du personnage, ♀/♂, Clan
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♦ LIENS Y
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MessageSujet: Re: Codages   Sam 13 Fév - 18:14

Elles tapissent ce mur, le seul qui semble vraiment achevé dans cette grande maisonnée encore vide par cette heure matinale. Vide, sans vraiment l’être véritablement. Ses murs respirent d’une vie palpable, celle encore endormie de mes compagnons décidés à un peu de repos après de longues semaines éprouvantes. Nous ne nous sommes ménagés et à vrai dire, je ressens moi-même les effets néfastes d’une grande fatigue que seul un congé saura apaiser. J’entrevois la fin de ces travaux de plus en plus à mesure que la maison prend la forme que je lui imaginais, que les murs se peignent, que les planchers pourris se trouvent arrachés et changés pour de jolies lattes de bois, que les fenêtres sont remplacées par des neuves et que la cour se découvre peu à peu de son invasion de mauvaise herbe. Je remplis ma part du contrat. La vieille dame qui a accepté de me louer cette maison à un prix dérisoire n’avait qu’une seule condition, que je rénove l’endroit en très mauvais état, avec un budget préétabli avec elle. Depuis, je n’ai fait que répondre à sa demande en organisant les rénovations et en effectuant certaines par moi-même pour économiser des sous que j’ai pu investir ailleurs. Nous avons travaillé fort, nous avons travaillé durement avec l’aide précieuse de nombreux proches et amis, dont Reiko, Faust et son cousin Natsume, Léopold, mon frère ainsi que mes cousins Mercedes et son mari Weston et bien sûr John. Tous ont mis la main à la pâte, chacun à leur tour selon leurs disponibilités. Ce sont ces mêmes visages que j’observe maintenant, figurant sur ce mur d’une cuisine encore poussiéreuse et désordonnée, jonchée de boîtes de toutes les grandeurs et formes.

Leurs sourires capturés égoïstement le temps d’un cliché, je les observe avec une tendresse grandissante. Eux qui rendent mon rêve un peu plus accessible chaque jour, celui d’avoir un chez moi à mon image, un lieu de partage pour mes alliés et moi. Je prépare ce déménagement depuis de longs mois maintenant. Trouver l’endroit parfait ne fut pas aisé et le hasard finalement m’a permis de trouver cette perle au détour d’un rang peu fréquenté, en pleine campagne de Zazambes, non loin de la Pension de la ville. J’ai fait la difficile, j’ai refusé plusieurs offres pourtant alléchantes. Je devais chercher quelque chose de vraiment unique pour me convaincre de quitter ma ville natale. De me détacher de la capitale, cette ville qui recèle de tant de mes souvenirs d’enfance, des quelques fragments qui me restent encore de ma famille… Même encore j’ai du mal à me faire à l’idée en détachant mon regard de ce babillard de photographies que j’ai installé dans la cuisine pour m’offrir un peu de courage, pour m’empêcher de regretter ma décision. Difficile, surtout lors des moments de solitude, de considérer mon existence qu’ailleurs d’où je fus réellement heureuse. Mais après, j’ai dédié six ans de ma vie au Japon, là où je n’avais aucune raison d’être autre que ma survie. Je me fais du mal. Me raccrocher à un passé qui ne reviendra jamais ne fait que me détruire à petit feu, j’en ai conscience. Ce babillard est présent pour me rappeler que j’ai une famille à nouveau, toute nouvelle mais tout aussi aimante. Si je suis partie d’Amanil, c’est pour permettre à mes Pokémon d’avoir un chez eux aussi, un endroit où ils seraient en sécurité sans le confinement de mon petit appartement.

Zazambes. La ville du soleil. La brise qui s’engouffre par la fenêtre sent la mer, son délice salé s’attardant contre mes lèvres en y laissant un fin sourire. L’astre du jour dessine des arabesques dorées contre les herbes pâles qui entourent la maison. Il s’agit d’une vieille demeure, probablement datant des années vingt ou trente, sa devanture en bois et son toit coloré. Elle a trois étages, le dernier étant une sorte de grenier où Gotham et certains autres de mes alliés appréciant la noirceur ont élu domicile. Une clôture récemment repeinte encadre la maisonnée ainsi que la cour, plutôt spacieuse. Les fenêtres à volets, le porche à l’avant… Cette maison possède énormément de charme malgré sa vieillesse, et moi qui suis sensible au style, j’en suis tombée amoureuse au premier regard. Depuis le début des travaux, son état s’est grandement amélioré, non seulement au niveau esthétique, mais aussi pratique. La plomberie a dû être remplacée, l’électricité ajustée, des murs ont été détruits afin de créer un grand salon dont la cheminée est demeurée intacte, toute en pierre. Les rénovations s’achèvent enfin, il ne reste plus que quelques détails. J’ai entamé hier le déménagement de quelques boîtes et de meubles, il reste surtout à faire du ménage et faire la distribution des boîtes et l’installation progressive. Bientôt je pourrai me reposer. Et apprécier peut-être ce que ce nouveau départ signifie pour moi plutôt que de douter constamment. Est-ce seulement possible, de ne plus s’en faire?

Un autre sujet me tracasse, même si j’ai encore du mal à me l’avouer. Je me retourne vivement alors que mes pensées s’attardent encore une fois vers lui, occasionnant une douleur honteuse au creux de mon estomac. Je m’occupe les mains afin de l’oublier mais la culpabilité m’envahit, comme un vieux démon qui souffle contre ma nuque. En préparant un café, je parviens encore à diverger, mais le sujet revient, inlassablement, sous forme d’une question unique qui résume bien le débat interne qui m’habite depuis quelque temps. Ai-je bien fait d’avoir choisi cette ville… pour lui? J’aurais très bien pu m’installer à quelques pas de ma cousine à Anula, ou même rejoindre John vers Nuva Eja. J’ai choisi la ville du Sud, la ville soleil, des rires et du plaisir. Pour lui. Je voulais me rapprocher de lui, d’avoir plus d’occasions de le voir. Dans l’espoir vain de… Je sais très bien. J’ai encore fait l’erreur, celle de m’attacher à celui qui ne saura m’aimer. Des mois durant que j’attends un signe, j’attends une ouverture de sa part. Je le sais sincère dans son amitié auprès de moi, même que je suis convaincu qu’il a ressenti plus que ce nous avons à un certain moment. Mais est-ce suffisant? J’ai pris une chance incroyable en le rejoignant ainsi, peut-être dans l’intention de lui prouver en silence à quel point je suis prête pour quelque chose de sérieux avec lui. Je n’ai jamais désiré quelqu’un autant de lui, je le sais maintenant et cette pensée me détruit. Je m’étais jurée de ne plus m’imposer pareil supplice mais me voilà encore éprouvée et plus que jamais.

Je n’ai plus envie de ce célibat forcé. Je veux terminer mes études, entamer ma vie familiale, bâtir. Je me connais bien mieux désormais, je connais mes forces et surtout mes faiblesses. J’oscillerai toujours dans ma propre naïveté, mais j’ai plus conscience, mes sens se sont affinés et surtout… J’ai cessé de croire que tous ne me veulent que du bien. Je l’ai vu trop souvent. Si Tristan ne saisit pas sa chance, si jamais il doit vraiment partager ce que je ressens alors… Alors j’irai voir ailleurs. J’ai toute une vie devant moi, je ne la passerai pas à l’attendre. Mercedes dit que je dois lui avouer ce qui me pèse depuis si longtemps, mettre en mot ce que je ressens, lui dire que oui. Oui, je suis amoureuse de lui. Que ces candides baisers il y a presque un an maintenant sont bien loin, que mon affection a évolué. Mais n’ai-je pas laissé cette vérité à sa vue comme une évidence? Dans chacun de mes rires, dans tous mes sourires, dans mes regards? Comment peut-il prétendre ne pas savoir? Dois-je véritablement m’imposer l’humiliation de son refus? Non, son inaction en signifie tout autant. La semaine dernière, j’ai même ouvert un compte sur un site de rencontre. Je veux prendre mes chances, rencontrer de nouvelles personnes plutôt que de poursuivre une ombre. Mais plus je pense à aller voir ailleurs, plus je culpabilise. Plus je me raccroche à lui, plus la honte m’étreint. Je suis piégée.

Je tente alors le plus aisé, celui de le considérer comme un ami. Tenter de le voir ainsi est une véritable torture, aussi précieuse son amitié soit-elle. Chacun de ses sourires me fait fondre, ses mots provoquent des étincelles. Je peux m’imaginer à ses côtés avec une aisance telle qu’elle m’effraie. Je ne peux plus l’éviter à présent que nous ne nous trouvons plus qu’à une dizaine de minutes de marche l’un de l’autre n’est-ce pas? Je soupire en avalant une nouvelle gorgée de café. Aujourd’hui, il visite pour la première fois la maison en compagnie de Samaël. Ils doivent m’aider tous les deux à défaire des boîtes, une aide appréciée. La présence de l’adolescent me rassure. Nous n’aurons pas à nous retrouver seuls tous les deux ainsi. Je n’ai pas envie de discuter. Je veux avancer tout simplement. C’est un bon plan. Nouvelle maison, nouveau départ. Je passerai au-dessus de Tristan Weber, promis.

«Qu’est-ce que tu marmonnes comme ça toute seule?»

Je sursaute si violemment que je renverse presque le contenu de ma tasse et m’y brûle quelque peu les doigts. Je pose l’objet contre le comptoir et porte mes doigts à ma bouche avant de faire volte-face. Carter m’observe avec amusement de l’entrée de la cuisine, portant dans ses bras une boîte pleine de victuailles. Il a dû passer à l’épicerie du coin avant de venir. Je n’avais pas prévu sa visite, mais je suis contente de le retrouver. Je cours vers lui pour l’étreindre maladroitement, malgré la grosse boîte entre nous. Il la pose sur le sol et m’attire dans ses grands bras avec un rire.

«Par Arceus, je t’ai manquée tant que ce ça? Je te l’avais dit que tu pourrais plus te passer de moi une fois déménagée!»

Il rigole, ce qui provoque toutes sortes de ridelles tout près de ses yeux. Je me détache de lui avec un sourire contrit. Il est toujours très séduisant malgré son âge. Ses cheveux brillent d’or sous les rayons du soleil qui pénètrent par la fenêtre.

«Un peu. Je suis surtout heureuse d’avoir de l’aide. Tu vas rester aujourd’hui?»

«Oui c’est le plan, tant que tu ne me demandes pas de peinturer encore, j’en peux plus.»

«Seulement des boîtes aujourd’hui.»

«Parfait. Hum… Et Mercedes?»

«Victoria ne vient pas aujourd’hui.»

Son nez se plisse. Il déteste que je la nomme ainsi, sous sa fausse identité qui la protège. Il doit l’apprendre lui aussi, car son véritable nom la met en danger. Néanmoins, il ne se fait pas à l’idée de la nommer autrement que par le prénom qu’il lui a choisi il y a vingt-cinq ans. Une autre raison explique son désarroi. Il souhaite toujours s’entretenir avec elle, sans se douter que ma cousine organise toutes ses visites à la maison afin d’éviter de le croiser. La raison de son absence aujourd’hui d’ailleurs. Il hausse les épaules et saisit ma tasse en buvant une gorgée de café.

«Bon. Tant pis. Sinon, toi vas t’asseoir, je prépare le petit-déjeuner pour toi et tous tes travailleurs du jour. Essaie de te détendre d’accord?»

Je souris. Il arrive à Carter d’être adorable. Alors que je le vois défaire la boîte emportée, je remercie le ciel de l’avoir mis sur mon passage. Parce qu’il rend quand même les choses bien plus faciles parfois. Je quitte la pièce en lui laissant mon café (tant pis hein) en préparant la table pour Sam, Tristan, lui et moi. Déjà, mon estomac se tord de nervosité, une émotion que je combats tant mieux que mal, jetant des regards incessants en direction de l’entrée.
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MessageSujet: Re: Codages   Dim 28 Fév - 16:35

PETITE

L’air sentait encore la foudre. L’air saturé d’électricité. Les herbes sèches encore fumantes du passage de la tempête. Le soleil couvert derrière de pâles nuages. Le ciel d’un jaune âcre. La pluie empreinte de suie s’abattant sur le campement avec la brutalité d’un crachat inégal et indifférent. Les silhouettes se mouvaient à contre-courant, à contre-cœur, par nécessité là où l’ambiance lourde les poussait à l’inaction. Surtout que dans la quiétude passive de l’assemblée ne se brisait que de quelques cris étouffés d’une chatte dans la pouponnière. On les connaissait à présent, après six ou sept portées était-ce? Or, aujourd’hui, on ne pouvait plus ignorer la souffrance bestiale de la femelle fatiguée. La mise à bas se passait mal, ne l’épargnait pas en douleur là où l’habitude aurait pu l’apaiser. Son corps, abîmé par de trop longues années de sévices, brûlait à l’agonie. Cet été-là, il ne naquit de Fumée qu’un seul chaton, une femelle si petite qu’on crut rapidement qu’elle ne s’en sortirait jamais. Frêle, d’apparence malade, plusieurs vinrent pour la voir, la tâter du bout de la patte comme pour accélérer sa mort. Mais sa mère chassait les imprudents avec une hargne qui arracha une oreille à un imprudent et aveugla d’un œil un autre. Depuis le second incident, on n’osa plus l’approcher. La menace planait néanmoins, tel le sifflement d’une vipère invisible avant qu’elle ne vise votre gorge. On attendait, on réclamait la vie de la petite. Que ferait-on d’une carcasse de plus, d’une empotée malade? Ils étaient nombreux, à l’entrée de la pouponnière, assoiffés de sang, à attendre que Fumée ne se détache de sa protection doucereuse.

On ne l’alimentait plus. Elle savait bien quel sort on lui réserverait, à elle, à sa fille aussi, dès qu’elle oserait esquisser ses premiers pas hors de leur repère. La faim la tenaillait, la forçait dans ses hallucinations souffrantes. Elle naviguait souvent en plein délire, ses rires et murmures arrivant aux oreilles de ceux qui s’amusaient de sa douleur. Fumée devait produire des petits, des petits en santé. Elle se faisait vieille avant son âge, sa démarche déjà lourde, ses traits creusés et exténués. Bientôt, elle serait trop âgée pour produire des petits pour leur Meute, probablement l’était-elle déjà. Il n’y avait qu’à jeter à sa petite dernière. Néanmoins elle s’acharnait auprès d’elle. Avec un amour si pur, si véritable, qu’elle se muta en véritable force pour la petite qui grandissait à son flanc. Il devint bientôt évident qu’elle s’en sortirait, qu’elle rattraperait peut-être même son retard de développement sur les autres chatons de son âge. Ce fut peut-être ce qui sauva Fumée, mais pas longtemps. Si on l’autorisa à manger, à sortir sans craindre pour sa fille, la menace planait toujours sur elle, surtout lorsqu’on la surprenait en train de boiter ou encore de dormir de trop longues heures. La vieille femelle se dédiait à sa petite, que l’on avait nommé Petite Disgrâce à son insu, pour oublier. Un nom pour lui rappeler néanmoins, toujours, quel genre de vie attendrait le chaton lorsqu’elle grandirait. La même qu’elle subissait avec une résignation épuisée.

Fumée pouvait passer des heures entières à la regarder. Disgrâce l’avait charmée dès le premier regard, malgré sa petitesse, ses tremblements et ses cris pathétiques. Il y avait quelque chose dans cette petite qui lui plaisait, qui lui rappelait sa propre mère, une noble chatte à l’énergie débordante. Ainsi elle était, à constamment explorer et découvrir, ses grands yeux d’un vert profond absorbant tout ce qu’elle pouvait encore apprendre. La reine l’aimait, c’était interdit pour elle. Elle courrait à sa perte, mais celle-ci se dessinait avec une telle netteté dans son avenir prochain qu’elle s’accordait ce petit répit. Pendant trop longtemps elle avait regardé sa progéniture imposée avec dédain, puis avec indifférence. Néanmoins elle ne pouvait résister au charme de Disgrâce. Celle-ci n’avait pas deux lunes lorsque sa mère se défit de sa couche pour ne pas revenir. Elle ne se souvient encore que vaguement de la seule l’ayant un jour véritablement aimée. Peut-être ce souvenir l’a-t-elle préservée pendant les lunes qui suivraient. Elle se rappelle avec une netteté brutale néanmoins de ses cris, de ses appels et de ses pleurs, jusqu’à ce que la faim l’emporte et ne la convainque d’accepter le lait d’une autre reine l’ayant pressée contre ses propres petits. Un lait qui goûtait amer. Tellement amer.

DISGRÂCE

«Enseigne-moi, Croc Dense. Je veux apprendre.»

«Tu es trop petite. Tu es trop frêle.»

«J’en suis capable.»

«Tais-toi. Tu ne sais rien. Tu n’es rien.»

Mais elle ne démordait pas. Sept lunes déjà et on lui refusait toujours l’apprentissage auquel elle avait le droit en tant que membre à part entière de cette Meute. Disgrâce s’impatientait. Croc Dense la considérait avec le même calme implacable que toujours, l’œil indifférent. Pourtant elle s’acharnait, lui tournait autour tous les jours avec le même acharnement ardent, ses prunelles à elles dansaient d’une vie qu’il ne pouvait contenir. Mais lui comme les autres connaissaient sa destinée, celle qu’on lui réservait depuis sa naissance. Il se contenta de lever la tête vers elle sans énergie.

«Tu es Disgrâce. Tu ne mérites pas ta place parmi mes élèves. Tu te briserais au premier combat. Je ne t’aiderais pas à te lever, Disgrâce. Je me tiendrais parmi les ombres à attendre que les corbeaux te dévorent lorsque tu me supplierais de t’aider. Tu es trop faible. Cesse de perdre mon temps.»

Ses mots l’abîmaient, un peu plus chaque jour. Même si elle ne se laissait pas abattre, même s’ils alimentaient sa conviction ardente. Malgré toute sa force, les paroles des autres laissaient en elle des blessures qui ne guériraient probablement jamais. Mais toujours elle avançait car elle ne connaissait que cette route. La colère brouillait son jugement, brûlait en elle avec une telle puissance qu’elle ne put qu’obéir à l’instinct primaire qui la prit aux tripes. Alors elle s’élança vers lui, le mordit à la patte arrière alors qu’il se détournait d’elle dans toute son indifférence mesquine. L’enfant mordit si fort qu’il fallut se mettre à plusieurs pour l’en déloger alors que le guerrier tentait de ne pas hurler. On la poussa brutalement dans la poussière, sa petite tête heurtant le sol avec force. Une ombre se dessina sur sa petite carcasse, surmontée de deux yeux jaunes injectés de sang. Elle sut alors qu’elle regretterait. Elle ne cria pas un seul instant alors qu’il la battit, mais elle se défendit avec une hargne égale à celle de son assaillant. Bien sûr, elle ne put lui infliger autant de mal, mais son courage ne passa pas inaperçu. Alors qu’un énième coup la laissait pour morte dans poussière, Croc Dense s’arrêta, malgré les cris bestiaux de ses comparses l’incitant à terminer ce qu’il avait si bien commencé. Il se détacha d’elle et souffla au soigneur de s’occuper d’elle. Lorsqu’elle fut remise sur pieds, quelques semaines plus tard, il l’emmena à l’extérieur du campement pour la première fois de sa triste vie et lui enseigna tout ce qu’elle souhaitait savoir.

Le guerrier avait eu raison. Disgrâce, de par sa faible constitution, s’avéra une bien piètre élève. Néanmoins elle témoignait d’un acharnement que le chat gris avait rarement observé chez ses novices. La petite ne se plaignait pas, jamais. Son courage inspirait son aîné, effleurait même son cœur de pierre. Néanmoins lorsque le moment vint, un peu plus d’une lune plus tard, il ne s’interposa pas. Croc Dense et son apprentie s’entraînaient à la chasse près d’un ruisseau lorsqu’ils arrivèrent, cinq de leurs chasseurs. Le mentor les vit arriver dans le reflet du courant, su alors ce qui se préparait pour elle. Disgrâce s’était concentrée sur un mulot qui grignotait dans un buisson et s’apprêtait à lui sauter à la gorge quand un coup de patte sur sa nuque lui coupa le souffle et la projeta sur le sol. Elle eut beau lever un regard gorgé d’incompréhension vers Croc Dense, il ne réagit pas lorsque les coups la clouèrent contre le sol, lorsque le plus gros des mâles l’immobilisa sous son poids, son haleine fétide venant lui chatouiller la nuque. Son regard se détourna lorsqu’elle cria alors qu’on la prenait de force. Encore et encore elle l’appela, sollicitant son aide alors qu’elle n’était plus qu’objet de désir entre les pattes de ses geôliers. Un à un. Ses supplications s’atténuèrent alors qu’elle perdit conscience, la douleur devenue insupportable. Sa vie ne serait plus jamais la même. On venait de la marquer, d'en faire une Étrangère. Ce soir-là, le matou au pelage gris ressentit pour la première fois la poigne amer des remords l’étreindre alors qu’il tentait de dormir.

ÉTRANGÈRE

Étrangère n’était qu’une enfant lorsqu’on lui retira ce qui lui restait de sa dignité. Elle ne quitta plus le campement depuis ce jour. Elle ne vit plus son ancien mentor. Qui viendrait visiter ce petit corps brisé, enfermé dans cette même pouponnière où elle avait cru vivre ses moments les plus paisibles, près du flanc de sa mère? On la laissait seule, dans le noir, alors que son ventre grossissait, que la douleur se répandait en elle tel un poison. Tous les soirs, elle appelait, mais on ne vint pas. Il y avait ces mâles qui lui apportaient à manger, comme une offrande ou une façon de se faire pardonner de leur action inavouable. Elle les chassait avec tout ce qui lui restait encore de haine. Terrorisée. Les heures passaient avec une lenteur intemporelle. Elle tentait encore de comprendre ce qui s’était passé, pourquoi personne ne l’avait jamais aimé, pourquoi on la traitait encore ainsi alors qu’elle se savait destinée à bien plus. Pourquoi son corps changeait. Pourquoi elle souffrait autant. Puis une nuit, la douleur explosa en elle. Elle avait si peur, si peur. Pourtant on ne vint qu’au matin lorsque ses cris se sont tus, après que son sang aille maculé sa litière souillée, lorsque près d’elle, trois petites boules de poils tétaient avec énergie. Le résultat escompté avait été atteint et Disgrâce Étrangère venait de fournir à la Meute trois nouveaux petits en parfaite santé. On osa s’en féliciter devant elle. Comme un prix à réclamer. Puis on la laissa seule avec ses enfants, ceux qu’elle n’avait jamais commandé, ceux-là même qui lui rappelaient à chaque regard l’événement qui avait provoqué leur mise au monde.

Toutes les nuits, elle envisagea de les tuer. Ils étaient si petits, probablement moins que ce qu’elle fut à leur âge et pourtant. Un seul coup de croc aurait suffi à compléter sa vengeance sur ceux qui venaient de la détruire. L’énergie vint à lui manquer, la terreur la paralysait. Elle pleurait, beaucoup, cherchant une once d’espoir dans un océan de ténèbres. Peut-être, malgré elle, se mit-elle à les aimer. Mais lorsqu’on vint les chercher, quelques semaines plus tard, elle ne tenta pas de les arrêter. Elle se contenta de les regarder avec une haine mortelle, une haine qu’ils finiraient par connaître tôt ou tard.
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MessageSujet: Re: Codages   Mer 2 Mar - 21:19


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REASONING
feat. Reina
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Une porte fermée. J’aurais dû m’y attendre et suivre l’instinct de Musi qui, ce matin, m’a parue bien agitée pour sa quiétude habituelle. J’ai jeté de nombreux regards en direction de l’oiseau dans l’espoir de la voir chanter et pourtant elle s’est tue, se contentant de passer d’un meuble à l’autre de façon nerveuse. J’aurais pu y voir un présage, après tout il s’agit de la spécialité de la petite femelle. Néanmoins je me suis acharnée dans mon idée de visiter Zazambes, la fameuse ville du sud, afin d’y rencontrer une bonne amie qui semble avoir perdu son chemin. Je connais assez Riku pour savoir que toute cette histoire avec son cousin l’affecte, même si j’ignore encore jusqu’à quel point. Loin de moi l’idée de forcer ses confidences, je n’en ai rien à foutre des détails mélancoliques de sa souffrance interne. Non. La rouge n’a pas besoin de mots pour la stabiliser, mais bien de gestes, un domaine où je suis particulièrement douée lorsque je m’y mets. Quel geste plus significatif que de l’emmener sortir loin de celui qui l’a fait sentir brimée pendant si longtemps? À vrai dire, je me fiche des raisons ayant poussé les deux Nagel à la séparation. Je ne compte pas m’en mêler et encore moins prendre parti entre les deux cousins. Néanmoins je ne laisserai pas ma jumelle cadette toute seule. De partir n’est jamais aisé et peut-être qu’elle aurait besoin de sentir que quelqu’un est présente pour elle dans toute sa débilité. Musi ne semble pas convaincue alors qu’elle rejoint mon épaule pour nous téléporter en lieu connu, au Centre Pokémon de la cité.

«Arrête de t’en faire! C’est qu’une petite naine rouge de rien du tout, de quoi tu as peur, hein?»

Mon alliée ne me répond que d’un roucoulement inquiet. Une fois devant cette porte close néanmoins, je réalise mon erreur. J’ai dû cogner six ou sept fois en obtenant le même résultat. Un silence obstiné. Je recule de quelques pas et tente d’apercevoir quelque chose par les fenêtres de l’Amphithéâtre où mon amie s’est recluse comme une reine blessée. Je ne jugerai jamais son ambition de rester seule, surtout dans un moment pareil qui doit déclencher toutes sortes de pensées confuses et déroutantes. Je peux comprendre, mieux que quiconque, l’envie de solitude qui accompagne les profondes périodes de doute. Sauf que son absence de réponse à mes textos, appels, puis à ma présence devant chez elle m’inquiète. Je ne peux m’empêcher de l’imaginer à ma place au mois d’août lorsque j’ai pensé l’impossible. Et si je devais être cet Alex pour la sauver? C’est stupide, futile. Riku n’en viendrait jamais à de telles mesures, du moins je ne parviens pas à y croire. Je jette une œillade à Musi à nouveau. Je lui demande d’un mouvement de tête si mon amie se trouve bien à l’intérieur, ce qu’elle confirme dans un sifflement triste. Je me redresse, mécontente, avant de me remettre à frapper avec un peu plus de vigueur, voire de hargne.

«Hé petite garce, tu vas te décider à m’ouvrir ou je parle à travers ta porte comme une imbécile? Ça suffit, tu m’as assez boudé, je ne suis pas là pour te faire chier mais pour te sortir pauvre andouille, mais si tu préfères faire ton emo dans ton coin tant pis pour toi, call me when you’re done!»

J’ajoute quelques mots moins gentils à mi-voix dans ma barbe avant de me retourner vivement, prenant le chemin du retour. J’hallucine encore de l’attitude de Riku. J’aurais préféré qu’elle ne sorte pour me hurler à la tronche de m’en aller plutôt que de m’imposer son silence. Malgré moi, je m’en sens quelque peu blessée. Perdue dans mes pensées, je manque de renverser quelqu’un qui vient en sens inverse à une vitesse semblable à la mienne. Je redresse la tête en entendant un grondement agressif, comme un avertissement. Un Lucario me fait face, aux côtés de sa dresseuse. Je me perds un instant dans le noir profond de ses prunelles sauvages, impressionnée par l’aura puissante et assurée qui se dégage de lui. L’argent zébrant sa fourrure azurée trahit son expérience et sa sagesse, sa forme et sa posture suggèrent une force non négligeable forgée par un entraînement rigoureux. J’en perds mon expression boudeuse pour afficher une moue admirative, interrompue par la jeune fille qui l’accompagne qui apparaît finalement dans mon champ de vision.

«Hé! Mais c’est Charlotte Laurens!»

Je reconnais sans mal la jeune femme affichée dans les magazines concernant la Compétition. Après tout, une part de mon travail est d’en farfouiller les pages. Un sourire sincère éclaire mon visage alors que la petite semble un peu gênée d’avoir été reconnue. Je n’ai pas eu la chance de l’affronter lors de mon passage dans cette ville, arrachant le Badge Force à sa collègue, la jolie Kendra.

«Hum… Oui.»

«Tu allais voir Riku là? Parce que tu perds ton temps. La miss a décidé qu’elle boudait la planète entière… À moins qu’elle ne t’aille invitée?»


Je peux imaginer qu’entre Élites, les deux jeunes femmes se connaissent et même entretiennent une amitié. Néanmoins je le prendrais mal si la rouge se décidait à répondre à la Championne plutôt qu’à moi qui me suis pourtant acharnée bien plus qu’elle ne le mérite.

«Non, je m’inquiétais en fait alors j’ai décidé d’aller jeter un coup d’œil. Sais-tu ce qui s’est passé?»

Ainsi, ma vis-à-vis ignore tout des circonstances ayant mené à cet enfermement de la part de la Coordinatrice. J’essuie un rictus s’étant peint sur mon visage en me sachant mieux informée qu’une Championne. Voilà qui met un petit baume sur mon cœur après ma défaite à Vanawi.

«Une histoire familiale un peu compliquée. Je ne crois pas que c’est à moi de t’en parler, Championne.»

La rouquine hoche la tête, pensive.

«Effectivement. Si Riku veut m’en parler, alors elle le fera. J’espère seulement que tout va bien, elle m’inquiète.»

Je soupire amèrement en réalisant que, moi aussi, je ne peux m’empêcher de me soucier de son bien-être. Malgré le coup qu’elle nous fait à s’enfermer ainsi, j’angoisse à l’idée qu’elle pourrait souffrir seule de son côté, aussi conscient son choix soit-il.

«Tu… tu ne serais pas Flow, par hasard?»

Je sursaute en entendant mon nom de Compétitrice, dans la bouche d’une Championne d’autant plus. Je cligne des yeux en la considérant un instant, surprise d’être reconnue par elle ou même par quiconque. Je m’imagine souvent être une étrangère, tout en cherchant la gloire de par ces matchs. Je soupire avant de regarder brutalement le sol alors qu’un fort sentiment de honte et de ressentiment me submerge.

«Ce l’était. Plus maintenant.»

«Hein? Pourquoi?»

«Parce que c’est fini la Compétition pour moi.»


Mon annonce laisse un silence rempli de confusion planer entre nous deux. Je n’ose plus la regarder, cette gamine pourtant qui n’a aucun droit de me juger. Pourtant j’ai l’impression de la trahir, en quelque sorte, ou plutôt de me trahir moi-même en prononçant ces quelques mots. J’entends Musi roucouler tristement. Si la Natu n’a aucune prédisposition quelque qu’elle soit envers les combats, elle apprécie énormément nous observer faire, l’équipe et moi. Le Lucario près de Charlotte arque un sourcil lui aussi, ce qui ne fait qu’attiser ma frustration. Je me sens lever les armes alors que la jeune fille n’a encore rien dit. Lorsqu’elle répond, sa voix est teintée de sincérité.

«C’est… dommage. Tu as une excellente équipe et d’excellents liens avec tes Pokémon, ça se sent. Peu importe ta défaite à Vanawi, tu as tout ce qu’il faut je crois pour récolter tous les Badges. Un peu plus de prudence et de stratégie et tu…»

«Nah mais ça va hein, gamine, pas la peine de me faire un discours. C’est fini de toute façon, je ne retournerai pas me faire humilier par Gloria Davidson.»

«Humilier? Tu t’es super bien battue! Tu n’as pas eu beaucoup de chance mais tu as mené un bon match. Il n’y avait rien d’humiliant dans ta performance. Puis si perdre est difficile, ce n’est pas humiliant. C’est simplement… une occasion d’apprendre.»


Lorsque je vois le hochement de tête assuré du Lucario, je me sens ébranlée et confuse. J’ai honte, tellement honte d’avoir perdu, tellement que ç’en fait mal. Mon amour-propre s’est pris un dur coup, un coup duquel je ne crois pas en mesure de me relever. Je me sais trop fière, probablement obstinée et même puérile, mais c’est trop difficile de m’imaginer retourner là-bas où je pourrais perdre à nouveau devant ce Cotovol et ce Feuilloutan.

«Accepterais-tu de me combattre? J’aimerais te montrer quelque chose.»

Je relève la tête pour surprendre une œillade entre Charlotte et Musi. J’hausse les épaules avant de la suivre au Centre Pokémon où nous dénichons un terrain d’entraînement vide. J’ignore ce qui prend à la Championne, mais je n’ai pas la foi de lui refuser un combat amical. Ici au moins nous n’avons pas de public, je peux passer inaperçue. Aussi, j’ai l’ambition d’observer le Lucario en pleine action… et pour un vieux sage comme lui j’ai exactement l’adversaire à lui proposer. Je libère nonchalamment Reina ma Scobolide. Cette dernière ne perd pas de temps à faire face à son adversaire, lui tournant autour avec énergie. Ce vétéran a beau avoir l’avantage de la force et de l’expérience, mais il pourrait être déstabilisé par la jeunesse énergique de l’insecte. Le combat éclate entre les deux participants, rapidement d’une intensité exaltante. J’oublie rapidement mes frustrations envers la Nagel ou même l’amertume de ma défaite à Vanawi. Reina est fascinante à observer, chacun de ses mouvements d’une rapidité étonnante. Les deux adversaires sont totalement absorbés par la lutte vers la victoire, et nous les dresseuse tentons du mieux que nous le pouvons de les diriger. La Scobolide se défend magnifiquement bien, profitant de sa mobilité pour éviter les rudes offensives du Lucario. En d’autres circonstances, nous aurions pu empoisonner notre adversaire mais celui-ci est insensible aux attaques de ce type. Après de longues minutes de combat acharné, c’est finalement Reina qui tombe dans la poussière, vaincue. Soren le vainqueur s’approche d’elle, le souffle court, comme pour la jauger avec respect.

J’ai perdu. Encore. Pourtant je ne me sens pas amère. J’ai apprécié chaque moment de cette rencontre. Je vais vers l’insecte qui se relève péniblement, surprise de voir briller dans ses yeux une telle étincelle de vie et de joie. Elle aussi semble avoir aimé cet instant. Je crois qu’elle a beaucoup appris et mes impressions s’avèrent fondées lorsque, sous mes yeux, elle change de forme. Bientôt, elle surplombe tout le terrain de son impressionnante carrure de Brutapode. Je suis restée à ses pieds, admirative et bouillante d’enthousiasme devant sa grandeur terrifiante. J’entends Charlotte applaudir tandis que je félicite Reina chaleureusement. Sa voix retentit dans mon dos.

«Ta Brutapode vient de prouver exactement ce que j’ai tenté de te dire tout à l’heure, Flow. Je… je ne suis pas très bonne avec la défaite moi-même. J’ai mis longtemps à accepter mes échecs mais depuis que je suis Championne, j’ai appris à m’y faire… Ça ne sert à rien de bouder, l’important est de continuer à se battre et à apprendre. C’est ainsi qu’on évolue après tout.»

Reina vient me mâchouiller la chevelure avec un air satisfait sur le visage. On dirait que ce dit Charlie est effectivement vrai. C’est par sa défaite que mon amie a réussi à évoluer, juste pour prouver son stupide point. Urg. Elles m’énervent.

«Okay, Charlotte. J’ai compris. Je dois arrêter de faire mon gros bébé et continuer.»

«Ce n’est pas ce que j’ai dit, je ne te pousse à rien. Mais ce serait dommage de tout arrêter pour une seule défaite. Ça fait partie du jeu.»


Alors qu’elle s’éloigne avec son Lucario, je soupire. Je déteste quand les autres ont raison, c’est fatiguant. Au moins cette visite à cette stupide Riku Nagel aura servi à quelque chose. Eh ben.

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Dernière édition par Kaylie Monroe le Mar 8 Mar - 19:15, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Codages   Mar 8 Mar - 18:08


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Portrait d'une famille foireuse
feat. Alexander Nagel
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La question me taraude bien malgré moi. Quelque part, j’ai formulé l’hypothèse que le malaise apparent de mon ami n’est pas lié seulement à la présence de l’enfant à ses côtés. Riku manque à l’appel, je sais qu’elle n’aurait jamais oublié une occasion parfaite de faire la fête jusqu’aux lueurs primaires du jour et pourtant. J’arrive en pleine zone sinistrée, la cuisine sans dessus-dessous, un Alexander qui tente de conserver les apparences là où, bordel, je ne suis pas prête de tout assumer, et finalement un gamin dont il avait oublié de me parler depuis de nombreux moi… Toutes ces informations s’entrechoquent sous mon esprit. J’ai beau tenter d’y mettre un peu d’ordre, je n’avais aucune intention de me présenter ici pour y jouer les arbitres entre deux cousins déchirés, ou la gardienne d’un adorable gamin de cinq ans. Je ne sais plus où me mettre à vrai dire, ou encore quelle est mon utilité ici. Peut-être devrais-je laisser la petite famille entre elle, le temps de régler ses histoires? Le souvenir encore trop vif dans mon esprit de cette fameuse soirée où on m’a trouvée suspendue à la rambarde de mon balcon, où on m’a convaincu de passer de l’autre côté et de vivre, me retient de prendre la fuite alors que mon instinct m’y porte. Peut-être que je devais être ici ce soir pour assumer un rôle difficile à porter, celui de soutien à un ami. Après tout, il l’a fait pour moi, à sa manière… N’est-ce pas mon rôle de lui rendre la pareille? Malheureusement, j’ai encore trop peu d’information entre mes mains pour véritablement lui venir en aide.

L’histoire qu’il me raconte me foudroie. Il parle de tout ce que je ne connais pas encore, d’une famille brisée et éparpillée, de fugues, de conflits et de remords. De responsabilités non assumées, de brisures qui peut-être ne pourront jamais être réparées aussi. J’avais donc raison. Alexander, même sans être son géniteur, agit tout de même en tant que père auprès de son jeune frère. Une tâche que je peux imaginer bien lourde à porter, autant pour lui que pour sa cousine qui a dû pour sa prendre revêtir le masque maternel par extension, par défaut. À la place de Riku, aurais-je agit différemment? À tenter de me débarrasser d’une responsabilité pareille? Je soupire, ne sachant que répondre ou dire pour estomper un peu la confusion d’Alex. Sa rancœur est palpable et tout à fait fondée. Et pourtant. Il n’y a personne qui a raison ici, seulement une bande de perdants. Cette pensée me tire une grimace amère alors que je me souviens du départ de mon père pour la France. Je me souviens de nos cris, de nos longues luttes téléphoniques jusqu’à ce qu’il abandonne. Oui, je peux comprendre Alexander, probablement mieux qu’il le soupçonne. Mais de lui raconter ce que j’ai vécu avec mon géniteur afin de l’apaiser est hors de mes forces. Alors je reste silencieuse plutôt que d’agir comme Ludwig «pour consoler» l’allemand.

«Ou-ouais… comme tu dis, c’est la vie. Ça sert à rien de brailler toute la soirée hein, si elle veut bouder dans son coin c’est son problème. Ouais Ludwig, on a le château rien que pour nous ce soir et on va avoir des tas de plaisir.»

Même à mes paroles me sonnent fausses, forcées. Je soupire un instant en scrutant la paire de blondins en tâchant de reprendre contenance. La vérité est que, lentement, je me sens me retrancher derrière d’épais murs défensifs pour aucune raison logique. Ouais, la soirée a commencé de façon moche, mais maintenant tout va bien, le chat est sorti du sac et je sais à peu près tout ce qui s’est passé ici. Alors calme-toi, la rouge. Comme pour répondre à mon appel, Alex propose une tournée de la maison, ou encore une discussion au sujet du fameux dresseur nommé un peu plus tôt. Ce connard s’imagine déjà des histoires.

«T’as le feu au cul ou quoi? Je peux plus dire quoi que ce soit sans que tu ne t’imagines un truc! Va pour la visite de la baraque, comme ça je vais tous nous éviter un récit endormant sur une histoire inexistante.»

Un peu trop sur la défensive? Peut-être, m’en fiche. Je me lève et me plante devant ce stupide allemand avec un grand sourire d’idiote en mode «alleeeeer, fais-moi visiter!».

«Y’a une piscine dans cette piaule? Oh, je veux descendre l’escalier par la rampe! Tu viens Ludwig?»

Oui, vous avez parfaitement le droit de vous demander qui a cinq ans ici.

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MessageSujet: Re: Codages   Mar 8 Mar - 20:12

F O I - Bird Set Free
Son humeur fluctue, capricieuse, changeante. Le museau qu’elle lève vers un ciel limpide se met à espérer les nuages, lourds et denses, emmenant à leur suite une pluie fraîche au goût de rosée. Elle attend l’orage, les vents furieux de la tempête, ou le rire sinistre du tonnerre. Ou encore le spectacle magistral d’une nuit étoilée, constellés de joyaux éclatants trop lointains pour les saisir. Foi vibre de l’envie de voir ce paysage changer, s’épanouir puis se briser pour mieux revivre. Elle veut s’imprégner de toutes ces saisons où elle ne put pas voir le prodige orchestré par la nature et le temps qui passe. Elle se languit de ces expériences qu’elle tarde encore de vivre, aussi éphémères puissent-elles être aux yeux d’un autre ayant assisté au spectacle des saisons changeantes année après année. Ses prunelles scrutent la lune avec l’innocence d’un chaton, celui qu’on ne lui a jamais laissé la chance d’être. Avant d’espérer, de construire des projets, d’apprendre et d’aimer, la chatte au pelage de terre et de cendre doit expérimenter la force des éléments à son état le plus pur et sauvage, découvrir ce monde par elle-même. Un jour, elle forgera son identité propre, ses ambitions, ses joies et peines. Pour l’instant, un simple lever de soleil embrasant la lande lui suffit, lui suffit amplement. Son souffle se mêle à celui, impénétrable, du vent. Son esprit tourmenté enfin se vide, se délivre de ses liens et se perd dans une contemplation béate et paisible.

Une paix rapidement mis en péril lorsqu’une force brutale la repousse jusqu’aux confins du rocher où elle a trouvé refuge. Son corps se trouve violemment projeté contre le sol heureusement meuble à quelques longueurs de queue d’où elle se trouvait quelques instants plus tôt. La rage émanant de ce coup lâche l’étourdit quelques instants alors qu’elle se relève en cherchant le coupable des yeux, sa vue reprenant finalement sa précision alors qu’une silhouette écumante se dessine devant elle dans une hargne qui attise aussitôt chez elle une froide frustration. Son poitrail se redresse, digne, son regard le dévisage ce mâle tempétueux au pelage qui lui rappelle celui de sa mère, mais aux prunelles qui inspirent la violence gratuite et faible. La même qui brillait dans celles, absentes, de ses bourreaux. Néanmoins derrière celle de ce guerrier, elle devine plus que de simples envies nébuleuses, mais bien de la pure stupidité dans sa plus glorieuse hypocrisie. Devant l’évidente menace que le mâle représente pour elle, Foi décide de ne pas reculer. Plus jamais. Elle est libre.

«Non mais ça ne va pas? Ils vous apprennent quoi dans vos Clans? D’abord, bonjour, monsieur, comme il faut t’enseigner la politesse.»

Une once de satisfaction passe sur ses lèvres. Que risque-t-elle réellement de ce chat qui se prétend sauvage, qui se croit fort et puissant, imprévisible et protecteur d’une doctrine imparfaite lui apportant la misère d’une servitude? Une fois de plus, Foi remet en doute l’utilité d’un code supposé apaiser les esprits échauffés d’une bande de félins étroits d’esprit, de les soumettre à une volonté inexistante de fausses divinités. La femelle se drape d’une condescendance amusée.

«Mon pauvre, ai-je osé pénétrer dans ton territoire? Ne me dis pas que ce rocher t’appartient? Oh, je suis désolée, j’ignorais que ton Clan possédait la terre et le ciel. Petite nature. S’il te suffit que d’un seul chat complètement inoffensif pour t’affoler... Réalises-tu que je suis seule, que je dois faire la moitié de taille en plus? Que je ne chassais pas ce gibier que tu t'appropries mais que je me reposais au soleil?»

Un rictus méprisant lui échappe. Pour qui ce prince gâté se prend-il? Déterminée à lui faire réaliser sa propre bêtise, Foi sourit de façon presque provocatrice en se léchant une patte distraitement. Elle ne sait pas encore espérer, construire des projets, apprendre ou aimer. Néanmoins elle s’est promis, promis de ne plus jamais se laisser prendre de haut. Elle tient à réaliser cette promesse parmi tant d’autres.
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MessageSujet: Re: Codages   Mar 8 Mar - 20:49

F O I - Wild Things
Rôdeuse. Ainsi on la décrit désormais. Un nom qui lui plaît, énonçant une certaine liberté loin des responsabilités plus élaborées des Maîtres, ces enseignants aux jeunes âmes de la tribu. Un nom sauvage, synonyme de longues expéditions loin d’un campement trop souvent trop petit, trop bondé pour elle, pour son cœur avide de découvertes. Foi assume sa fonction sans véritablement d’ambition ou d’acharnement, se contentant de suivre les élans de ses envies plutôt que de dédier tout son temps au développement de l’Astre. Trop longtemps elle a vendu son corps et son âme à une cause en laquelle elle n’a jamais cru. Murée égoïstement derrière ses caprices, la femelle a besoin de prendre du temps pour elle désormais, une pause, un nouveau souffle, pour lui permettre de vivre un peu. Et d’apprendre à se connaître une fois libre. De déployer ses ailes. Même si son histoire n’est connue que de peu, ses actions ou plutôt son manque de sérieux dans la réalisation de ses tâches et responsabilités reste pour le moment sans conséquences véritable. On n’ose pas enfermer cette âme libre, même si Foi ne rapporte habituellement qu’une ou deux proies pour les siens pour des heures et des heures de chasse. Parfois des jours. La femelle au pelage gris ne leur appartient pas, ils en ont conscience et respectent ses envies solitaires. Une fois de plus, la Rôdeuse leur a échappé aux premières lueurs du jour pour s’égarer dans ce vaste monde. Si elle reviendra, on l’ignore. Mais elle vivra.

Ses pas la mènent tout naturellement en direction de la ville, où elle a l’intention puérile d’agacer un chat domestique ou deux. Néanmoins au détour habituel menant à la cité des êtres bipèdes, une odeur caractéristique de sa tribu attire son attention et la fait bifurquer de son chemin original. La femelle suit la trace de son semblable jusqu’à une région jamais explorée, florissante de vie et d’animation. Au-dessus de sa tête, une ribambelle d’oiseaux voltige entre les branches. Toutes sortes d’insectes font entendre une musique inégale et rauque, ou peut-être est-ce grenouilles et crapauds, dissimulés entre les herbes émeraudes ondulant au vent? Foi sent l’excitation la gagner alors qu’elle devine, au loin, une étendue d’eau. Elle s’approche avec enthousiasme de l’étang, fascinée par les fleurs qui semblent y pousser sur leur embarcation feuillue. Elle ignore l’humidité sous les coussinets pour se jucher à la limite de l’ondée, la patte tendue vers une de ces drôles de plantes aquatiques en tentant de la saisir dans un rire naïf. Néanmoins l’odeur reconnue tout à l’heure lui revient, plus insistante cette fois, et l’arrête dans sa tentative. Alors elle le voit. Ce chat, le nouvel arrivant. À Foi, on a raconté un mensonge, qu’il est un Rôdeur ayant disparu un certain moment, qu’elle ne l’a pas connu. Elle se fiche bien de son histoire pour poser des questions de toute façon. Son regard se pose néanmoins sur lui alors que d’un mouvement impossible, il tire un poisson hors des flots pour l’achever d’un claquement de dents. Le souffle de la guerrière vient à manquer. Elle veut apprendre. Elle veut savoir.

Sans-Terre qu’il s’appelle, il vient la voir. Il parle fort, il sourit, il semble heureux de la voir. Voilà qui suffit à faire plaisir à Foi, qui recherche encore bien malgré elle de l’attention positive de la part de ses compagnons. Qu’elle cherche encore tout ce dont elle manqué pendant toutes ces lunes dans les ténèbres. Elle le considère avec amusement, incertaine de la réponse à fournir. Chasser en compagnie d’un autre ne lui plaît guère comme idée, la perspective de poursuivre ses explorations solitaires bien plus tentatrice. Cependant cet inconnu à l’amabilité sympathique a piqué sa curiosité, lui offrant une raison pour elle de daigner lui offrir un peu de son attention. Il sait pêcher. Elle veut s’approprier son savoir, en connaître d’avantage. Elle ignorait même qu’une telle compétence existait.

«Hum, bien sûr, d’accord.»

Sans ajouter un mot, elle se retourne, abandonnant déjà l’étang l’ayant captivée quelques instants plus tôt afin de s’aventurer à nouveau dans la végétation luxuriante de ce boisé tout près de la ville. La vie se devine ici à chaque détour. Foi entend une souris farfouiller près d’un rocher, le piaillement d’un oiseau à quelques pas. Pourtant elle ne s’arrête pas. Elle accélère la cadence vers une destination inconnue.

«Tu dois me dire comment tu as fait ça, Sans-Terre. C’était magique, ce coup d’une précision incroyable… Où as-tu appris à pêcher ainsi? Qu’est-ce que ça goûte, le poisson?»

Les questions se multiplient avec une énergie enthousiaste qui rappelle aisément l’enfant qu’elle fut avant la sombre époque de sa vie.
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MessageSujet: Re: Codages   Jeu 10 Mar - 20:39


A part a me with you

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feat. Camélia S. Queen
Il est de ces instants dans une vie où une décision s’impose. Parfois, le choix s’éternise sur une longue période lourde de vas et viens constants entre deux opinions ou options. Parfois, la décision s’enclenche en une fraction de seconde, trop rapidement pour que nous n’en prenons véritablement conscience… Comme lorsque j’ai décidé de m’interposer pour venir à une jeune fille aux prises avec un soldat aux mains bien trop longues. Comme lorsque Tristan a fait le mouvement vers moi, cette tentative de baiser, qui est venu tout changer entre nous. Parfois, le cœur d’amie sincère s’exprime à sa place. Non, je n’ai pas réfléchi aux conséquences de cette proposition. Néanmoins à mesure que le silence grandit entre nous, laissant la bleue réfléchir à ce qui vient de jaillir de ma bouche avec véhémence, je réalise l’implication d’une telle cohabitation. Tout d’abord, ce projet de me retrouver seul avec moi-même et mes Pokémon serait quelque peu mis à l’épreuve. Il fait un moment que j’ai envie de me ressourcer après tout. Ensuite, je devrai partager mon existence avec un bébé qui demande temps et énergie, dont je dispose déjà si peu. Ensuite, je me porterai garante d’une jeune femme déjà lourdement hypothéquée du côté émotionnel, quelqu’un qui pourrait bien me prendre tout ce qui me reste de santé mentale pour espérer s’en sortir. Pourtant, je ne regrette pas, pas un seul moment ma décision. Car elle vient du cœur, malgré son côté précipité.

Je sais que je pourrai bien m’entendre avec Camélia en dehors de nos simples visites. J’ai confiance en elle, même si je devrai tout de même conserver en sa présence les nombreux secrets qui ponctuent mon existence… et c’est bien ce qui m’inquiète le plus, au-delà de me trouver en compagnie d’une autre personne. Tenir le secret sera difficile, mais j’y parviendrai. J’ai eu l’occasion de me pratiquer après tout. De m’occuper d’un bébé ne m’indispose nullement, ni venir en aide à une amie précieuse qui en a tellement de besoin. Je ne suis guère surprise d’ailleurs de la voir accepter ma proposition, tout en me disant qu’il lui faudra un ou deux mois pour me rejoindre. Bien sûr, elle peut prendre tout son temps. La maison est spacieuse, et permettra amplement d’y vivre à trois sans se marcher sur les pieds, même avec la panoplie de Pokémon que nous avons. J’espère qu’elle appréciera l’endroit tout autant que moi. D’ailleurs, je souris chaleureusement à la jeune femme enceinte, tout en scrutant son ventre un peu arrondi. Un jour, ce sera à mon tour moi aussi. J’espère que les circonstances seront différentes cependant. Une pointe d’inquiétude me tord l’estomac quand je pense que Tristan pourrait disparaître ainsi, lui aussi, à tout moment. Même si nous ne sommes pas un couple, je ne pourrais imaginer mon existence sans lui désormais.

«Prends tout ton temps, Camélia. Attends, je vais te montrer l’endroit, il va te plaire. La maison se trouve en campagne de Zazambes, un peu à l’écart. C’est tranquille et très ensoleillé. J’ai un grand jardin aussi. Attends.»

Je récupère dans mon sac mon téléphone portable où j’ai emmagasiné quelques photos. Je lui présente la demeure, rustique mais possédant énormément de caractère. Sur trois étages elle se dresse, fière dans sa devanture de bois, sa véranda entourée d’herbes folles et de fleurs sauvages. Une fois que j’y serai passée, l’endroit aura encore plus de charme.

«La maison doit être rénovée et le terrain travaillé bien sûr, mais j’ai un budget de la part de la propriétaire afin rendre son charme d’antan à la propriété. Pas mal hein? Tu pourras visiter quand tu le souhaites. Et si tu changes d’idée, ne sois pas gênée non plus. Dans tous les cas, je serai heureuse de t’avoir, toi et ton enfant.»

Je lui souris avec énormément d’affection avant de prendre sa main timidement. Je la retire ensuite avant de soupirer.

«Et toi en contrepartie, tu pourras peut-être m’aider avec ma situation amoureuse… Mais c’est un sujet pour un autre jour! Tu vas pouvoir m’aider dans le jardin aussi, je sais combien tu aimes jardiner!»

Soudain la perspective d’avoir une colocataire m’enchante. La maison sera plus vivante ainsi. Oui, j’ai pris une bonne décision.

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MessageSujet: Re: Codages   Mer 16 Mar - 20:46

Senshi s’élance tel un véritable ninja, animé d’une vie vibrante. Je comprends l’engouement de Natsume pour les insectes, ces créatures qui ont peuplé mon existence depuis mon arrivée en terre enolianne. En symbiose avec la nature, ingénieux, de véritables bâtisseurs pour certains, des survivants à tous les points. Le Couverdure ne fait pas exception alors que ses longs bras élastiques terminés de lames rotationnelles se dirigent avec une certaine brutalité vers un adversaire qui, transi de peur, ne parvient pas à se dégager alors que les épées végétales le heurtent de plein fouet. J’ai appris, par les branches, que les types des deux Pokémon ne changent rien à la partie dans un Concours et pourtant, je reconnais chez le timide Strassie des signes évidents d’une fatigue non négligeable, une fatigue qui pourrait fort jouer en notre avantage. Pour sa part, mon partenaire semble en parfaite forme, un mur de confiance assurée qui a remplacé progressivement sa mauvaise humeur originelle. Tant mieux, ce petit grincheux semble avoir trouvé tout comme moi une façon de canaliser ses frustrations. Une énergie pure se dégage de lui, si bien qu’elle m’inspire à le suivre dans cette drôle de bataille que nous semblons mener pour le moment. J’ai assuré à mon ami aux piques que sur un terrain, je reste l’experte en la matière, malgré le format différent de ces luttes. Avec une confiance égale à celle de mon allié, je souris de façon un peu fanfaronne. Mon regard luit d’une agressivité enfantine et puérile, qui attire bientôt l’attention du petit insecte.

Tandis que le japonais prend un instant pour s’adresser à la fée à ses côtés, je m’intéresse de plus près au Couverdure qui m’accompagne aujourd’hui. Je me demande pourquoi il a paru si mécontent de me voir au premier abord, alors qu’il semble si calme et paisible, concentré avec une telle intensité qu’il en devient presque inaccessible. J’en viens à me douter que dans ces Concours, il apprécie prendre les rennes, le contrôle total même. Je repense à notre première altercation, lorsque je lui ai demandé de combiner deux attaques pour créer ce que nous appelons une combinaison. Je remarque que le petit n’a pas totalement écouté mes commandes, et a plutôt créé quelque chose à sa propre sauce… Ce qui ne m’indispose pas en soi. Néanmoins, je crois qu’il ne me fait pas encore tout à fait confiance, et que bien malgré moi, mon inexpérience me trahit. Je vais devoir me montrer plus forte dans l’avenir, plus créative aussi, si je veux convaincre ce guerrier à l’armure feuillue de nous laisser former une équipe. J’ai connu de nombreux Pokémon indépendants, voire carrément sauvages. Je respecte cette distance, cette indépendance, tant qu’elle reste saine et constructive… Mais ici elle est encore inacceptable. Alors que Natsume et Strassie semblent très bien se débrouiller tous les deux, même que la timide roche l’écoute avec un dévouement attendrissant. J’ai un tout autre spécimen devant moi, il va falloir procéder autrement que les mots doux de Natsume.

«Senshi, je sais que tu es un guerrier, mais laisse-moi t’aider. Laisse-moi être ton partenaire. Peut-être que d’autres avant moi ont tenté de te brimer, je ne le ferai pas. Je vais plutôt t’aider à briller. Prépare-toi, nos ennemis préparent une contre-attaque.»

Pendant ces quelques mots, Senshi s’est tourné vers moi, son regard curieux plutôt qu’indifférent, ce qui me rassure. J’ai parlé avec une assurance qui me correspond désormais, avec passion et entrain. Les oreilles de l’insecte oscillent puis se dirigent en direction du terrain où je l’ai recentré. Le Couverdure semble un peu moins tendu, un peu moins enragé. Je veux simplement qu’il aille du plaisir, qu’il voit l’intérêt de procéder à deux. De ma position, j’ai tout le loisir d’observer la progression de l’attaque de Strassie, qui fait émerger du sol des piliers de pierre couverts des restes de la technique utilisée par l’insecte. Le Mur Lumière du Pokémon de type Roche et Fée vient compléter la toile retenue par les colonnes de roc, comme une immensité de miroirs reflétant l’éclat émeraude de la végétation. La structure rappelle les sculptures naturelles issues des forêts, une vision qui ne va pas sans me tirer un sourire. Voilà un intérêt de mon ami à piques, un point commun à vrai dire. J’ignore ce qu’il prépare, et pour Senshi, je reste parfaitement concentrée sur ma tâche, cherchant déjà des solutions à un problème qui n’existe pas encore. Si cette forêt volante semble inoffensive pour l’instant, je sais que mon ami a bien compris le but de ce genre de combat. Il faut passer à l’attaque, ce qu’il ne tarde effectivement pas à faire.

Sitôt le miroir central brisé que mon corps se met lui-même en action. Senshi ne semble pas se douter de ce qui se prépare, mais j’ai bien anticipé le mouvement qui s’apprête à le déchiqueter en morceaux s’il ne réagit pas. À la limite du cercle grossièrement dessiné entre les herbes pour délimiter le cercle de l’adversaire, je m’adresse une fois de plus à mon partenaire, cette fois avec l’intention véritable de me faire connaître de lui, qu’il le veuille ou non.

«Roule et utilise Sécrétion, MAINTENANT!»

Un pilier de roc le manque de peu alors qu’il se jette de l’avant, utilisant son attaque Sécrétion. La toile collante s’imprègne à sa peau alors qu’il roule de plus en plus rapidement, évitant les piliers sous ma directive. Le terrain inégal et la végétation sauvage rendent sa progression difficile, mais il s’acharne, tout en poursuivant son œuvre. Les derniers piliers basculent et s’écrasent en frôlant ou heurtant le Couverdure à de nombreuses reprises, mais la couverture de toile gluante le recouvrant de plus en plus alors qu’il poursuit sa roulade le protège des assauts et autres débris qui jonchent à présent le pré devant nous. Lorsque Senshi s’arrête finalement, en haleine, on ne discerne plus de lui qu’une paire de yeux flamboyants, un sourire animé, ainsi qu’un corps entièrement habillé de blanc. Son regard s’est rivé vers moi, un nouveau respect y brille. Je crois que mon idée lui a plu, et il n’en a vu que la moitié. Je compte bien poursuivre sur cette route. Entre les fleurs multicolores du terrain, l’insecte ressort de façon surnaturelle, son corps ouateux et collant immobile alors qu’il semble déchiré entre la perspective d’écouter mon conseil à nouveau ou celui de suivre sa propre voix. Je sens son regard se poser sur les débris de roc contre le sol, prenant conscience qu’il souhaite les utiliser. Voilà qui pourrait être intéressant.

«À notre tour, mon guerrier! Récupère ces débris de pierre, Senshi!»

La surprise l’anime un instant alors qu’il comprend où je veux en venir. L’insecte bondit avec une énergie impossible à canaliser, roulant rapidement sur les débris laissés par la précédente attaque de notre adversaire. Rapidement, la toile l’entourant se couvre de morceaux de roc, en faisant une armure qui le protège, une deuxième peau tout aussi dure que celle du Strassie. Le Couverdure, ainsi affublé, me fait penser au dos crevassé d’un Grolem. Le résultat semble beaucoup l’amuser comme je vois enfin un sourire sincère se poster contre son visage sérieux. Moi-même j’en viens à éclater de rire à son allure. Il est magnifique. Je fais signe à mon ami et ce dernier se précipite en direction du Strassie, à pleine allure. Foncer sur notre adversaire serait néanmoins trop simple. Nous allons devoir faire d’avantage. Une fois assez près, j’appelle Senshi une nouvelle moi.

«Mur de Fer, pleine puissance!»

Cette technique n’a rien d’une offensive, néanmoins elle provoque une étrange réaction sous la coquille recouvrant le Couverdure. Des crevasses entre les morceaux de roc s’échappe une lueur vive et argentée, prenant de plus en plus d’ampleur. Alors que l’insecte ne se trouve plus qu’à quelques pas de son adversaire, l’impossible se produit, comme je l’avais préparé. La force contenue du Mur de Fer sous la Sécrétion, provoque une grande embardée lumineuse qui détache d’un seul coup l’armure de toile et de roc. Les morceaux de pierre, encore illuminés d’une lueur étrange, spectrale et argentée, sont propulsés dans tous les sens, certains me manquant même de peu. Heureusement, Natsume semble hors de portée. Le coup détonne avec puissance, les débris projetés à une vitesse effarante avec la puissance d’une explosion. Le corps du Couverdure en fume encore, maintenant débarrassé de son armure mais le corps encore animé de la puissance défensive du Mur de Fer. Son regard s’est posé avec excitation vers l’avant, où il espère constater le résultat de nos efforts réunis.
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MessageSujet: Re: Codages   Lun 21 Mar - 20:58

La pluie, la pluie depuis des jours et des jours, inlassablement. Mes doigts se perdent contre les carreaux, à la recherche d’une lueur ensoleillée. Les murs craquent, sombres murmures oppressants. Je déteste la peur dans ma poitrine, celle qui me hante sournoisement depuis que cette pluie s’abat sur l’île, comme un sinistre présage annonçant des changements, des changements brutaux. Mes doigts s’égarent contre mes poignets avec une nervosité palpable alors que je pense à Weston, pris dans sa propre vie, qu’il vit presque parallèlement à la mienne, ses responsabilités le prenant au plus fort de la Compétition. Je pense à lui que j’aimerais à mes côtés en ce moment. Ses baisers, ses bras qui me rassurent malgré tous ses défauts, sa présence qui me serait salvatrice à cet instant. Dans l’obscurité grandissante de la maison, je me sens vulnérable, malgré la présence de mes alliés, presque tous rassemblés autour de moi. Dot, la jeune Porygon, ne me quitte plus alors que je me mets à arpenter la pièce sous le regard inquiet d’Aria la Roitiflam. Dehors, les autres assurent la protection de la maisonnée de façon acharnée depuis qu’est retombé mon article il y a quelques jours, cet article qui est venu tout changer. Dans les rues, les combats ont repris, comme emmenant un second souffle à la lutte que nous menons contre l’oppression. Si seulement les choses étaient si simples. Ce que prépare le Régime dans l’ombre ne me dit rien qui vaille, au contraire. J’ai peur.

J’étais présente auprès du Résistant responsable de la cyberattaque contre le Régime lorsque celle-ci s’est produite. Penchée sur l’écran pendant les interminables secondes qu’ont duré notre intrusion en territoire ennemi, le front ruisselant de sueur pendant que mon partenaire s’amusait à mes dépends. Dot elle-même a stabilisé et protégé notre réseau pendant que nous récupérions les fichiers qui nous ont permis de découvrir les intentions véritables de la dictature qui plane sur notre île oppressée. Si je regrette un seul instant mon implication dans cette attaque? Si je regrette de l’avoir quelque peu provoqué, avec l’intention de porter un coup décisif sur notre ennemi? Non. Bien sûr que non. Néanmoins, je suis hantée par la terreur des représailles qui pourraient s’en suivre. Peur qu’on retrace jusqu’à moi. Qu’on ne vienne, armé jusqu’aux dents, pour me descendre sur les marches de mon propre porche. Qu’on s’en prenne ensuite à Weston et son fils, qu’ils subissent tous les conséquences de mes actions dangereuses. Je me sens bouleversée comme à mes débuts dans la Résistance, alors que j’hésitais encore, que je me trouvais confrontée à mes valeurs à chaque détour. Je sais qu’il fallait agir ainsi, que le résultat en valait clairement la chandelle. Mais l’inquiétude me ronge, sans cesse. Terrorisée d’avoir perdu une partie damnée d’avance, peur de m’être trop avancée. N’avais-je pas promis des mots? Voilà une implication qui me convenait au départ. Un minimum d’implication pour un impact saisissant. Quelque part en chemin, j’ai décidé de porter des actions indélébiles, une tendance qui m’inquiète.

Puis la menace, elle plane. Encore et toujours au-dessus de ma tête, animée d’autant plus par le traumatisme vécu dans les prisons du Régime il y a deux ans maintenant. Car je n’ai pas oublié. À quel point j’ai eu mal, à quel point j’ai eu peur. Le danger me suit pas à pas, fiévreux, insipide. Je n’ose plus, j’étouffe. Non, les regrets ne me retiennent pas, mais la crainte subsiste. Si bien que lorsque le téléphone portable sur la table sonne, je sursaute brutalement avant de m’emparer nerveusement de l’appareil. Même si c’était prévu. Même si je l’attendais. Le numéro est privé, confirmant mes doutes. Je porte le téléphone, qui sera détruit quelques instants après avoir raccroché, à mon oreille.

«Félicitations, ma chère. Très impressionnant.»

Je soupire en entendant la voix de l’autre côté, rassurée. Il s’agit bien de mon collègue Résistant surnommé Grayson. Il s’agit d’un homme d’âge mûr, rencontré à plusieurs reprises. Il fait partie de mes informateurs mais aussi de mes confidents. Son expérience m’inspire, tout comme le calme dont il fait preuve à tout instant. De l’entendre maintenant, dans la cacophonie de mes sentiments, m’apaise quelque peu. Soudain la pluie bat contre les carreaux avec un peu moins d’intensité. La pièce s’est raidie néanmoins, et déjà Peach et Dot s’activent à la protection de notre conversation et la surveillance de la maison.

«Je ne sais pas si on peut me féliciter véritablement. Les cousins sont sortis dehors et j’ai la crainte de les voir trébucher et se faire du mal.»

Langage codé. Malgré la protection offerte par les pouvoirs de Dot, je préfère toujours parler en indices plutôt que de risquer qu’on nous surprenne. Les cousins, mot souvent utilisé parmi les Résistants pour nous désigner les uns les autres. Depuis la parution de mon article, une vague de frustration s’est abattue sur l’île et avec elle des manifestations et des combats souvent sanglants. Encore une fois je me sens coupable, responsable du sort de chacun de mes frères et sœurs qui périt par ma faute.

«Tu sais bien que tu n’es pas responsable ma chérie. Les rues ne sont pas sûres. Les cousins ont besoin de sortir, tu ne peux pas les en empêcher. Ce doit être fait pour leur… développement.»

Je soupire. Je n’ai pas envie de l’entendre, qu’on me rassure à ce sujet. Parfois j’ai envie de m’octroyer un moment pour m’en vouloir d’influencer le visage politique de l’île, un article à la fois. Parfois j’en ai besoin pour mieux accepter par la suite. La culpabilité m’aide à vivre avec moi-même, à poursuivre dans cette voie malgré ma crainte. Elle me rassure sur ma propre humanité. Le jour où les conséquences de mes articles ne provoqueront plus que de l’indifférence chez moi, alors je saurai que j’aurai péri quelque part en chemin, que j’aurai failli à mes valeurs les plus profonde. Je change de sujet. Cette conversation ne doit pas s’éterniser de toute façon.

«Hum. Avais-tu des nouvelles de la famille à me transmettre?»

Je l’entends soupirer. Je peux presque voir de vieilles rides fatiguées alourdir ses traits, la grisaille s’insinuer dans son regard. Je devine qu’il n’approuve pas cette façon que j’ai de culpabiliser sans cesse. Qu’il la pense malsaine et qu’il souhaiterait me voir poursuivre dans mes actions sans me laisser hanter par les remords. Néanmoins il abandonne l’idée de me convaincre et se met bientôt à parler.

«La surveillance des enfants se passe bien, il n’y a pas eu d’incident, Arceus soit loué. Néanmoins, nous avons remarqué quelque chose d’étrange. Plusieurs camions sont sortis de la garderie et nous ignorons ce qu’ils contiennent. Ils viennent vides et sortent chargés.»

Les ruines du Titak, «la garderie». Depuis que nous détenons l’information fournie par les extraits de journaux de Mazinkaizer, une surveillance accrue a été déployée autour des ruines, d’un parti comme de l’autre. Une série de Résistants se relaie jour et nuit pour espionner les actions de notre ennemi et obtenir d’avantage d’informations au sujet de la puissance cachée qu’ils auraient trouvé. Ainsi des camions entrent et sortent du site pour y récolter quelque chose.

«Il faudrait découvrir ce que c’est afin d’éviter que les enfants ne se fassent mal. Et pas seulement eux.»

«Indeed. La garderie est inaccessible néanmoins, il va falloir trouver une autre façon de se procurer l’information. Peut-être que nous pourrions faire comme avant et envoyer une lettre?»

Envoyer une lettre, pirater le système. Encore. Je frémis.

«Grayson… R2 prend des risques inutiles, je ne veux pas risquer que…»

J’ai parlé trop vite et nommé les pseudonymes de mes partenaires. R2 est le Résistant qui a piraté le système du Régime et nous ayant permis d’obtenir les extraits de journaux. Il est aussi fan de Star Wars qu’imprudent. Un véritable génie, un nerd incroyablement attachant, mais qui a beaucoup trop d’ambition pour son propre bien. Et voilà que Grayson me propose de faire appel à lui à nouveau. Sauf que cette fois, ils nous attendrons, ils seront préparés.

«Je vais en parler à ma grande cousine, mais je ne crois pas que ça plaira. Une nouvelle lettre pourrait être très mal interprétée. Il va falloir y réfléchir.»

«Je suis d’accord. Dans tous les cas nous allons devoir agir rapidement pour les enfants.»

«Oui. Soyez prudents surtout. S’il te plaît.»

Un léger rire me parvient de l’autre côté. J’ignore qui de lui ou de moi devra se montrer le plus prudent dans les semaines à venir, surtout si «la grande cousine» Soledad approuve une nouvelle cyberattaque sur nos ennemis. J’ai peur qu’en faisant appel à nouveau à mon intrépide collègue, de me retrouver prise au piège. Ou encore de le voir tomber aux mains du Régime. Car je l’aime bien cet idiot.

«Bien sûr, princesse. Et toi arrête de t’en faire pour les…»

«Attends.»

Un grondement vient d’attirer mon attention à l’extérieur de la maison. Un bruit venant couvrir la fureur des éléments contre la vitre, totalement familier et assez pressant pour me raidir. Aussitôt m’apparaît, comme un souvenir lointain refaisant surface, l’image d’une voiture noire aux vitres teintées tournant lentement sur le sentier menant à la demeure. Un message télépathique de Golden l’Alakazam qui a pris soin de surveiller l’entrée depuis sa cachette favorite, un vieil arbre aux branches retroussées.

«Je te parlerai une autre fois, mon frère.»

Je raccroche aussitôt, sachant que mon interlocuteur aura compris le danger d’être découverts. Je tends l’appareil à Aria qui d’un claquement sec, le détruit entre ses mains puissantes. Je reporte ensuite mon attention sur l’entrée, tentant de percer le couvert de la pluie pour apercevoir le chauffeur de la voiture qui vient de faire éruption devant la maison. Lentement, l’automobile se gare, rapidement rejointe par Kinu. Mon cœur bat à tout rompre et lentement, ma main va chercher dans un tiroir d’une armoire du salon le pistolet que j’ai dissimulé là. Je suis du regard l’Aligatueur alors qu’il se penche vers la vitre de la voiture pour mieux jeter un coup d’œil à l’intrus. En voyant la créature aquatique se raviser et reculer de quelques pas, je soupire de soulagement avant de déposer mon arme là où je l’ai trouvée. Mon ventre gargouille d’un stress intense, traversé d’épines douloureuses alors que je m’avance vers l’entrée. Même si mon allié m’assure par son geste que je n’ai plus rien à craindre, la présence d’un inconnu à ma porte si peu de temps après l’article, en plein milieu d’un appel important avec la Résistance… Je frémis alors que la sonnette retentit, jetant un coup d’œil à Aria derrière moi. La Roitiflam hoche la tête lentement, un sourire aux lèvres. Elle connaît parfaitement mon inquiétude, la terreur qui m’habite. Néanmoins elle fait confiance au reptile. Et moi aussi. Si quelqu’un devait se présenter à mon porche avec des intentions peu louables, Kinu le saurait. Et mettrait brutalement fin à son existence.

J’ouvre la porte, l’estomac douloureux. Un visage familier m’apparaît, un visage que je mets plusieurs minutes à reconnaître. L’homme m’offre un sourire froid avant de me tendre la main, que je sers avec méfiance. Sentant mon hésitation, il s’empresse de se présenter, M. Gaudreault, représentant des services sociaux. Alors je me souviens de lui. Il n’en est pas à sa première visite. Il est venu quelque fois s’assurer des bons soins octroyés à l’enfant qu’on aura abandonné ici, Benjamin. Je l’invite à entrer, un peu détendue maintenant que je sais à qui j’ai à faire. Je le poste au salon avant de préparer du thé ainsi qu’une assiette de biscuits pour mon invité improvisé. Je vais ensuite le rejoindre dans la pièce et lui sert une tasse chaude de la boisson favorite des enolians. Je m’assieds face à lui en le dévisageant de façon presque désagréable, irritée de sa présence soudaine.

«Qu’est-ce que je pouvais faire pour vous, monsieur Gaudreault? Weston et Benjie ne sont pas ici si vous espériez les rencontrer. Nous n’avons pas été prévenus après tout.»

Le visage stoïque de l’homme se peint d’une sorte de malaise alors que j’évoque sa pauvre conduite. Évidemment, il aurait été plus avisé de sa part d’au moins prévenir. L’impolitesse de cette intrusion n’est pas responsable de ma mauvaise humeur néanmoins. Je n’ai rien contre lui bien sûr, j’aurais simplement aimé me retrouver seule. Je ne me sens pas particulièrement en sécurité ici avec lui, seule, malgré la présence de tous mes alliés autour de nous.

«Pardonnez-moi, madame Hills. Je n’ai pas voulu troubler votre journée de ma visite. Je venais m’enquérir de la progression des choses avec Benjamin.»

Je considère l’homme avec une impertinence qui pourrait devenir fort gênante pour lui. Je me sens blasée d’être confrontée à lui alors qu’il ne s’agit même pas de mon fils. Je n’ai pas à répondre de lui; voilà une tâche qui incombe à mon mari. Nous avons beau juré de tout partager à la vie et à la mort, il est des responsabilités que je n’ai pas envie de prendre sur mes épaules, y compris celle de convaincre les services sociaux de l’adéquaté de notre demeure pour y recevoir le bambin.

«Je n’ai pas grand-chose à vous dire. Son père pourrait répondre à vos questionnements bien mieux que moi.»

Je sens l’homme se raidir devant mon irritation visible, mon manque de tact flagrant. Il tente un sourire en m’observant, puis sourit.

«Je suis désolé, madame Hills, mais vous êtes aussi bien placée que votre mari pour répondre à mes questions. Non seulement vous vous occupez régulièrement de l’enfant, mais vous êtes aussi la personne vers qui nous nous tournerions si jamais mal devait arriver à monsieur Elric.»

Pardon? Nous avons cherché, et cherché, en vain. Une famille à cette mystérieuse femme, sa mère. Une famille pour recevoir Benjie, pour s’en occuper là où nous n’étions que des inconnus pour lui. Il semblerait qu’elle était seule, seule au monde. Alors qui pour accueillir l’enfant? Les parents de Weston l’ayant renié il y a plusieurs années de cela? Sa sœur dont la seule vue de son frère l’écoeure et qui le retrouvait à chaque regard vers le petit? Non, ce qu’il m’apprend est parfaitement logique et pourtant j’en ressens une certaine nausée. Il a été si facile jusqu’à maintenant de considérer l’enfant comme celui de Weston seulement jusqu’à présent, de m’éclipser dès que la panique se faisait trop intense, trop cruelle. Estomaquée par ses mots, je laisse longuement silencieuse à le considérer. Encaisse, Mercy. De toute façon il n’y a pas d’autre solution.

«D-d’accord. Okay. Ouais.»

Ma surprise est palpable. Surprise ne résume pas même la moitié de l’intensité de ce que je peux ressentir. Une vague de stress me renverse et je referme la main nerveusement sur ma tasse, manque de me brûler à de nombreuses reprises alors que je trempe mes lèvres dans le liquide ambré. Le regard de monsieur Gaudreault s’adoucit quelque peu en considérant ma crainte palpable.

«C’est pourquoi je voulais m’adresser à vous en tout premier lieu. Je sais que votre adaptation à la venue de l’enfant n’a pas été très aisée. Il est tout un choc d’apprendre que son époux avait un fils avant même votre rencontre, sans le savoir lui-même. Puis d’apprendre à devenir mère…»

«Ne dites pas ce mot.»

«Mère?»

Je grimace avant d’avaler une nouvelle gorgée dans l’espoir de faire passer la tendance amère qui s’étend dans ma gorge. Sans succès. Ce mot me terrorise depuis le premier moment où je l’ai entendu pour me désigner. Je ne suis pas la mère de Benjie. Je n’ai rien d’une mère, au contraire.

«Je ne suis pas sa mère.»

«C’est vrai. Néanmoins vous agissez avec lui à ce titre, et il devient évident qu’il vous apprécie à peu près de cette manière.»

Benjamin. Cet enfant m’adore, un sentiment qui me contamine un peu plus chaque jour. Le gamin a beau ne pas être bien brave, il a un cœur d’or, et une naïveté qui ferait fondre un cœur de pierre. Lorsque les cauchemars le secouent, lorsque la nuit l’effraie, je ne peux m’empêcher de le protéger. Ou de m’inquiéter pour lui lorsque je prends des risques susceptibles de lui causer du tort. Plus rien n’est pareil depuis sa venue. Je secoue la tête dans une lutte inutile contre la vérité énoncée par le travailleur social qui connaît parfaitement son métier. J’ai laissé mon regard courir contre le mur derrière lui afin d’éviter de croiser son regard.

«L’aimez-vous?»

La question m’atteint comme une gifle. Je redresse mon regard fuyard pour le plonger dans les sombres prunelles de mon interlocuteur qui me considère avec calme. Si je l’aime? Si j’aime Benjie? Je ne me suis jamais posée la question, pourtant mon cœur s’emballe de simplement le considérer. Si j’aime cet enfant au regard si pur et innocent? La réponse s’impose à moi comme une évidence pourtant je n’ose pas la nommer, pas devant lui et son regard scrutateur. Je l’observe dans toute ma réserve, toutes défenses levées, incapable de prononcer un mot. Mais l’azur de mon regard me trahit, j’en ai la certitude.

«Il aura besoin de vous. Particulièrement de vous.»

Encore abasourdie par la réalisation brutale de mon amour pour le petit, je ne comprends pas tout de suite le sens de ses paroles. Je reste silencieuse, absorbée par les souvenirs qui m’assaillent les uns après les autres, des instants tout simples de vie commune avec le petit. Toutes les histoires que j’ai pu lui lire avant le coucher, les sorties au parc, les moments blottis l’un contre l’autre à regarder des films. Son rire, unique, franc, qui ressemble tant à celui de son père. Je redresse le regard vers lui, quand je réalise enfin ce qu’il vient de dire.

«Pourquoi?»

Son soupir, las, fatigué, m’interpelle aussitôt. Un mauvais pressentiment m’étreint. Je repose ma tasse pour me pencher vers lui, sans oser insister sur ma question. De toute façon je le sens rassembler ses mots.

«Nous avons retrouvé mademoiselle Douglas. Elle s’est enlevé la vie chez elle le 17 mars dernier. Je suis vraiment désolé.»

La pièce tangue. La mère de Benjie s’est suicidée.

«C-comment?»

«L’information est confidentielle, je le crains.»

Mon cerveau poursuit sa course dans une tentative désespérée d’absorber ce qu’il vient de dire. La mère que j’espérais retrouver depuis des mois et des mois, cette femme qui toujours m’a échappée, celle que j’ai poursuivie dans l’espoir, dans l’espoir… d’être libérée. De me retirer le fardeau de cette prétendue maternité, de cette vie dans laquelle j’ai l’impression de n’être qu’une étrangère.

«Comment? Lorsqu’il sera assez vieux pour obtenir des réponses à ses questions, je veux être en mesure de lui répondre.»

Une once d’hésitation passe sur son visage, suivie d’un bref soupir. Il soupèse l’argument quelques instants avant de céder.

«Elle s’est tranchée les veines.»

Je ferme les yeux, nauséeuse. Je mets un long moment à reprendre contenance, le cœur au bord des lèvres, à imaginer cette femme inconnue et pourtant si significative, dans une marre de son propre sang. Je lève une main tremblante jusqu’à mon visage en réalisant que je devrai l’apprendre à Weston et encore pire, à Benjie. Que celle qu’il a tant attendue ne reviendra pas. Ne reviendra jamais.

«Putain.»

Je me recroqueville contre moi-même dans le sofa, mes bras entourant mes genoux alors que je les ramène près de moi. Je voudrais le préserver de cette peine, ce pauvre qui a déjà subi son lot de déceptions dans les derniers mois, de changements et de bouleversements.

«Cela fait de monsieur Elric son seul parent et de vous sa famille officielle. Il sera placé chez vous de façon permanente désormais. Vous comprenez, madame Hills?»

J’hoche la tête avec lenteur. Je ne parviens plus même à réfléchir à m’imaginer le petit visage de l’enfant se couvrir de larmes. Comment expliquer à un bambin de quatre ans que sa mère est décédée de sa propre main?

«Je… je vais vous laisser digérer cette nouvelle et l’apprendre au reste de la famille. Je vais vous appeler dans quelques jours afin de vous sonder sur l’état des choses. J’ai pensé à amener quelques brochures pour des consultations familiales, si vous en sentez le besoin. Je sais que ce ne sera pas très facile pour Benjie, si seulement il comprend ce que vous lui annoncerez. Sachez que je suis disponible en tout temps si vous en ressentez le besoin, pour de l’écoute ou des conseils.»

«Ouais. D’accord. Merci monsieur Gaudreault.»

«Vous… vous tenez le coup?»

«Oui. Bien sûr. Je vous en prie, laissez-moi vous escorter jusqu’à la porte.»

La porte se referme. La voiture quitte le sentier. J’ai déjà fait demi-tour, retenant les larmes alors que je cherche, dans le placard, mon manteau. J’entends une voix, celle de Dot, à mes pieds. Je l’entends protester. Non, je ne devrais pas sortir, pas dans cet état, pas la tête pleine d’explosifs, le ventre à moitié barré par le stress, pas alors que je réalise à peine ce que je fais. Pourtant je passe le manteau sur mes épaules, je rappelle quelques alliés à leurs balles avant de les accrocher à ma ceinture et je m’empare des clefs suspendues à l’entrée, celle de la moto. Dehors, la pluie bat toujours, bat toujours. Dot me poursuit, dans l’espoir de m’arrêter. Je lui cries de rentrer avant de récupérer la moto sous le garage. J’engage le moteur et je bondis dans la tempête. Je réalise à peine la pluie battante sur mon visage, la route défilant sous les roues, Amanil qui se dresse à l’horizon après une heure d’errance. Pourtant, je sais où je vais, je sais ce qui m’attend à la fin de cette escapade. Lorsque j’abandonne la moto devant la chaussée de l’immeuble, je suis trempée jusqu’aux os, tremblante et transie de froid, mais je m’avance, insensible, jusqu’à l’escalier où je trébuche à de nombreuses reprises. Je me redresse une nouvelle fois devant la porte où je cogne avec une frénésie désespérée. Je cries et attends qu’on vienne m’ouvrir. Bientôt, il apparaît dans l’entrebâillement de la porte, son regard dur, son regard si semblable au mien.

Sitôt que je le vois que la pièce se renverse. Je m’effondre, prise d’un vertige, rapidement rattrapée par ses bras qui m’agrippent pour ne pas me laisser tomber. Je suis tirée, molle et docile, jusqu’au fauteuil où il me repose. Je m’y écrase, étourdie, nauséeuse. On m’entoure d’une serviette mais j’en ai à peine conscience si ce n’est de la chaleur qui m’envahit.

«Mercedes putain. Qu’est-ce qui t’es arrivé?»

Sa voix m’éveille. L’inquiétude qui y vibre comme un mensonge. Je me redresse, saisit son collet avec une force surprenante pour mon état, approche son visage du mien alors que la question me traverse la gorge.

«Pourquoi? Pourquoi tu m’as abandonnée, Carter?»
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